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10 juillet 2012

Webolitique : Cyberactivistes Pro-Gbagbo, la bataille sur le Web (2)

Cet article fait est la suite de la serie "Webolitique" dont le premier épisode portait sur "comment le pouvoir en place utilise le Web". sitegbagbo.JPG

Un an après l'arrestation de leurs mentors, les membres de l’opposition ivoirienne n’ont pas baissé les bras sur les réseaux sociaux. Même si par moment, les sites web et les réseaux sociaux de l’ancien président ivoirien semblent en agonie, ceux de ces partisans se vivifient. Coupés des médias locaux et ne jouissant pas de plages dans la presse internationale (comme ceux du pouvoir en place) les « Pro-Gbagbo » se trouvent un espace plus large et plus instantané : les réseaux sociaux. Face à un pouvoir qui veut prendre du terrain sur le Web, l’opposition organisent la « résistance » sur le web. Parcourons, les couloirs des plus actifs sur Internet. C'est une liste non exhaustive  

 

Les comptes de Laurent Gbagbo abandonnés ? 

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLaurent Gbagbo même s’il reste enfermé, est toujours présent sur la toile. C’est vrai, l’ancien site officiel de la présidence n’est plus fonctionnel. Mais son espace personnel est régulièrement mis à jour. On y retrouve toute l’actualité sur les différents exilés ou emprisonnés politiques. Mais aussi des infos sur l’état de Laurent Gbagbo lui-même. Et sur les réseaux sociaux aussi, le patron du FPI est bien vivant. Deux pages « Facebook Officiel ». Laurent Gbagbo qui compte plus de 7200 fans ou Gbagbo Laurent qui totalise plus de 9700 « j’aime ». Deux comptes « Twitter » aussi qui, pour l’heure, sont au point mort. Le premier qui a arrêté d’être alimenté depuis le 15 mars (plus de 1000 abonnés) et le second est à plus de 1700 abonnés avec le dernier « tweet » qui remonte au 13 avril. Tout comme le site Web Lgconnect qui lui-même est en berne. Le deuxième compte « Twitter » s’est arrêté le 13 avril. 2 jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Il totalise un peu plus de 3000 abonnés.

Alain Toussaint et les autres… sur tous les fronts

Il est certainement le plus actif de la “résistance” dans les manifestations qu’il initie ou auxquelles il participe. Mais également, sur la toile. Alain Toussaint est fortement présent. Son compte « Twitter » qui compte plus de 2000 « followers » est son média personnel. Il y met les photos, des liens sur ses activités. Pour le porte-parole de Gbagbo en Europe,  c’est aussi le lieu pour débattre. Idem pour son compte « Facebook ». 17 882 Fans. Véritable média en ligne. Où sont déposés textes, photos, vidéos etc.  Sur cet espace, Alain Toussaint livre les comptes-rendus de ses tournées, mais aussi des activités des partisans de Laurent Gbagbo en Europe ou ailleurs dans le monde. [NB: Mise à jour par Alain Toussaint sur Twitter. 2 700 followers sur Twitter / 5 203 Amis et 17 895 abonnés sur Facebook au 10 juillet 2012.]

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueAutre hyperactiviste engagé sur la toile : Steve Beko.  C’est son surnom. Il est perçu comme «celui qui se positionne, aujourd’hui, comme l’un des grands défenseurs, sur le réseau social Facebook, des idées de l’ancien président, Laurent Gbagbo ». Son profil « Facebook » mais également sa page « Twitter » ou minutes après minutes les idées, pour galvaniser les troupes, sont émises. http://twitter.com/#!/stevybeko. Et il n’est pas seul à mobiliser.

Abel Naki, est l’Initiateur de « FACEBOOKERS POUR GBAGBO », "Directeur de Campagne Adjoint du Président Laurent GBAGBO" en France chargé de la communication. Sa page « Facebook » lui sert également de lieu de promotion des évènements organisés et des idées pour « continuer la lutte ».

Avec Abel NakiMande Massa ou en encore Wazi Guepié ou encore le journaliste Théophile Kouamouo investissent la toile de fond en comble. Le patron du journal (désormais en ligne) « Le Nouveau Courrier » marque sa présence sur « Facebook » ou sur « Twitter » sur lequel plus de 3000 comptes sont abonnés au sien. Mais son espace de prédilection reste son blog où ses idées anticolonialistes restent à la page. C’est là qu’il diffuse ses éditos, ses coups d’gueule. C’est là aussi qu’il fait la promotion de ses voyages ou de ses ouvrages.

Et si on parlait des groupes de pression !

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLe plus dynamique reste le « ACC ». Action Concrète de Communication. Sur cette page « Facebook » la plupart du temps, ce sont des vidéos et des photos qui sont mises en valeur. Rassemblement, reportage, émission… Ce groupe est un relais de toutes les activités des partisans de l’ancien Chef de l’Etat. 

Il y aussi et surtout « La majorité présidentielle ». Avec ses 31260 fans, elle est certainement la plus célèbre page « Facebook » des cyberactivistes Pro-Gbagbo. Constamment mis à jour, cette page suit de près l’actualité en Afrique tout en indexant ouvertement la « Françafrique » et en mettant en avant leur poulain : Laurent Gbagbo

Mon point de vue

De cette ballade, je retiens que depuis avril 2011, l’offensive des partisans de Laurent Gbagbo a baissé. Cela est certainement dû au fait que la plupart des cyberactivistes qui résistaient pendant la crise post-électorale sont en exil, emprisonnés ou séquestrés. Je ne revois plus, par exemple, le célèbre Facebooker pour Gbagbo (et mon ami personnel) Claudus. Si les Cyberactivistes de l'opposition se font discrets sur « Twitter », ils sont bruyants sur « Facebook » qu'ils ont décidé d'investir de fond en comble. Il leur faut, à mon sens, mieux synchroniser leurs actions pour plus d'efficacité dans la communication On Line. Quoiqu’il en soit, et comme je l’avais affirmé lors de mon premier article, le Web reste incontestablement l’aire de bataille politique en Côte d’Ivoire aujourd’hui. C’est là que tout ce gagne. « Tweet » après « tweet », « post » après « post » sur « Facebook » et/ou sur les blogs. 

 

22 juin 2012

La Côte d’Ivoire à l’heure de la « Webolitique » (1)

 

4m.JPGJe suis à Montpellier, invité par CFI et l'ESJ-PRO, pour participer à des tables rondes et des ateliers autour du thème "E-Politique après les révolutions, les élections". Il est vrai que l'ombre des "révolutions arabes" plane encore sur ce colloque. Avec une nuance faite par la "révolution soft" du Sénégal. 

Au delà des débats enrichissant du 4M et des participants de qualité que j'ai pu rencontrer, un fort constat est ressorti. Désormais les pouvoirs politiques s'emparent des médias sociaux pour "contre-attaquer" les citoyens.

Le web est neutre, m'a lancé Pierre Haski, le fondateur de Rue89 lorsque de je lui ai demandé s'il ne craignait pas une récupération des réseaux sociaux par les pouvoirs politiques, qui ont bien pris conscience de la force de ses outils Online. Pour lui, tout le monde a le droit de les utiliser. Même les politiques. Et cela se voit de plus en plus en Côte d'Ivoire avec le nouveau régime. C'est comme s'ils s'étaient passés le mot. "Si tu n'est pas sur Facebook ou twitter tu peux être grillé"

Les élections de 2010 en Côte d’Ivoire et la crise post-électorale qui s’en est suivie a laissé des traces et des habitudes sur le web. On a encore en mémoire comment les différents groupes politiques – et leurs partisans – s’étaient affrontés par réseaux sociaux interposés. Au fil du temps, du web comme outil de guerre – et de guérilla – on est vite passé au web comme outils de débats en ligne.  Utile pour les citoyens, (désormais) nécessaire pour les hommes politiques qui ont (com)pris tout le poids de ces outils numériques. Le web qu’ils ne quittent d’ailleurs plus, depuis le sommet de l'Etat jusqu’aux ministres. Je me suis donc autorisé à faire une petite ballade sur la toile et voir ce que le régime en place fait du web en général et des réseaux sociaux en particulier. C'est l’ère de la « Webolitique » !

C'est la mode ! Et tout le monde la suit. Il y en a qui savent ce que s'est et comment s'en servir, et d'autres qui créent juste des profils ça et là pour juste pouvoir crier à haute voix: "facebook, je connais; Twitter, j'y suis". Pour l'heure, je vais me contenter de ce qui utilisent les nouveaux médias, parce mesurant effectivement la pertinence.

ados.JPGLe président de la république ivoirienne donne le ton avec un site web constamment mis à  jour. Une page Facebook et un compte twitter gérés bien entendu par son service de communication. [petite confidence qui ressort des bruits de couloir. Depuis qu’on l’a vu apparaître avec son Ipad, tous les ministres s’y sont mis].

Le plus (pro)actif est Alain Lobognon. Ministre de la promotion de la jeunesse et du service civique. Ipad à la main droite, Galaxy Note dans l’autre, le « jeune ministre » n’hésite pas à interagir quasi en temps réel surtout avec ses 3000 « abonnés » sur twitter. Initiant des débats, répondant aux questions. Il sait que les jeunes sont sur les réseaux. Et c’est là qu’il veut aller les « évangéliser ». Taguez-le, il vous répondra illico. Alain lobognon n'hésite pas parfois à s'érriger en "porte parole de l'actuel gourvenement" lorsqu'une question est soulevée. Ce fut le cas lors de mon article sur le pont de Bouaflé. 

Au parlement aussi

Les réseaux sociaux sont devenus un lieu de consultation pour les députés ivoiriens. Pour avoir le point de vue des citoyens les parlementaires n’hésite à poser des questions via twitter et Facebook. L’ancien premier ministre et désormais chef du parlement GUILLAUME SORO est de plus en plus actif sur la toile. Avec des grandes séances de discussions à tweets ouverts. Un compte twitter qu’il gère lui-même depuis (aussi) son Ipad. Un autre compte « piloté » par son service de Com’ vient appuyer ses discussions et parfois réagir quand il ne le fait pas aussitôt. Et pour chaque activité du « PAN » comme on le surnomme, un compte rendu multimédia est aussitôt disponible sur son « Blog officiel »

Les femmes politiques dans le bain

yasYes.JPGElles ne sont peut être pas très nombreuses mais elles font parler d’elles. MAH SOGONA BAMBA a été la porte parole du président ivoirien pendant la campagne. Elle c’est « Madame Facebook ». C’est son outil préféré d’expression Online. La député de Tafieré donne son point de vue sur les sujets d’actualité d’ici comme ailleurs. Sa page Facebook est un peu devenue son carnet de bord. Parfois les réactions sont violentes. Mais en générale la parlementaire préfère ne pas les supprimer et y répondre.

Elle est plutôt discrète. Yasmina Ouégnin, la jeune député de la commune de Cocody (commune présidentielle), a utilisé les réseaux sociaux surtout durant les élections législative. De l’outil de campagne Twitter et Facebook sont devenus son « espace perso » où ses électeurs peuvent suivre ses déplacements. Après elle... j'en oublie certainement. 

Un tel accaperement des réseaux sociaux par les pouvoirs politiques visent-ils réellement à ouvrir un VRAI débat politique sur la toile ? Je reste convaincu que de plus en plus de citoyens doivent se mettre on line. Qu'ils soient ici à Abidjan, ou ailleurs dans les villes de l'intérieur du pays ou dans la diaspora, les citoyens doivent participer à cet agora en ligne auquel se sont invités les hommes politiques. Car le gros risque réside dans l'unilatéralisation des idées, si les plus connectés et les plus réactifs sont ces pouvoirs publiques (ou leurs services de communication). 

Je le repère, il faut un vrai débat. C'est pour cela que s'impose la formation et l'évangélisation de toute la Côte d'Ivoire. Pour que les citoyens des villes réculées donnent leurs points de vue via twitter ou Facebook (on peut maintenant twitter via SMS). Et les autorités en place, ont le devoir de favoriser d'aider ces idées de formations. Ne pas le faire, serait donner raison à ceux qui disent que le pouvoir publique veut désormais rester seul maître de la parole sur la toile. Et ça, c'est inacceptable !