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12 juillet 2012

De passage à Guessabo

Guessabo. Carrefour bruyant. Contrée ou se croisent et se recroisent routes et détours. Véhicules personnels ou de transport en commun. C’est le passage obligé pour les ceux qui vont dans le Far-West. Ville où se rencontrent les peuples Wôbê, Bété et parfois même Gnanboa.

A 440 kilomètres environ d’Abidjan, la « cité du poisson » se dresse. Toujours avec ses étables de vendeuses. Des vendeuses, jeunes ou vielles qui courent après les véhicules à peine stationnés. Les passagers sont tout de suite envahis par une quantité diverses de fruits d’eau douce. Des poissons de tout genre, de toutes formes… fumés, séchés, frais, avariés. « Ça marche plus oooh !  » n’hésite pas à répondre une vendeuse quand le client négocie le prix du poisson. Pourtant, les prix proposés dans cette localité défient toute concurrence. Même si, fait remarquer un voyageur habitué de ce carrefour, il y a une forte hausse. Les raisons : Baisse du niveau des cours d’eau, augmentation du prix du carburant (et donc du transport). Et puis, depuis que l’Ouest est devenu « une zone dangereuse », les voyageurs sont une denrée rare. Certaines vendeuses ont donc rendu le tablier. Celles qui restent essaient de sauver la réputation légendaire de Guessabo. Carrefour-Marché !

De jour comme de nuit, vous rencontrerez toujours cette ambiance de marché qui n’a pas varié malgré les fortes crises qui ont aussi touché la localité. 

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Crédit Photo Jacques Kouao & Israël Yoroba

13 septembre 2010

Abidjan-Lomé: récit d’une traversée tumultueuse

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C’est parfois plaisant de faire des voyages par la route. Surtout quand vous devez traverser deux pays (Côte d’Ivoire et Ghana) pour atteindre un autre. Mais des fois, un tel voyage peut s’avérer ennuyeux, voire périlleux. D’Abidjan à Lomé en passant par Accra, le chemin n’est pas toujours facile à aborder. Des surprises peuvent vous attendre dans ce tourisme qui peut vite se transformer en cauchemar. Récit d’une traversée qui peut servir de « code de la route d’Abidjan à Lomé ».

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22 avril 2010

Le ciel se dégage, les habitudes reprennent

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Ce mercredi soir j’ai pris mon vol d’Abidjan à Paris via Tripoli en Libye. Pourtant, jusqu’à la veille rien ne laissait prévoir que mon voyage aurait effectivement lieu. L’épisode du volcan islandais avait créé la panique chez de nombreux voyageurs qui craignaient d’être bloqués à Abidjan. Moi en premier. Jusqu’au Mardi matin, l’agence de la compagnie que je devais emprunter ne pouvait me confirmer l’effectivité du vol.

Finalement, tout semble rentré dans l’ordre. Mon avion décolle d'Abidjan avec quelques heures de retard (comme d'habitude). Je retrouve les fouilles intempestives de l’aéroport de Tripoli, les longues files d’attentes, les questions dans un français avec une dose d’arabe. Je retrouve la même ambiance dans les files d’attente. Des voyageurs énervés qui se crient dessus...

Je survole comme d’habitude le désert puis la mer. Je ne sais pas si nous avons emprunté un de ces couloirs aériens pour atterrir enfin à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle de Paris. Là, tout est normal. Comme s’il n’y avait jamais eu cette semaine difficile. L’effet du volcan semble s’être dissipé. L’ambiance est la même. Avec des voyageurs qui arrivent et d’autres qui sont sur le point d’embarquer. Avec des quidams qui cherchent des voyageurs « légers » pour leur confier des colis à transporter vers l'Afrique. La « vie aéroportuaire » a bien repris.

 

 

22 août 2009

Le calvaire des passagers de la R.A.M

Dur dur aujourd'hui d'effectuer un voyage par avion avec certaine compagnie telle que la Royale Air Maroc (R.A.M). J'en ai vécu l'expérience lors de mes différents déplacement hors de la Côte d'Ivoire. C'est une compagnie que plusieurs préfèrent parce qu'elle offre des tarifs très intéressants.

Pourtant les passagers qui empruntent cette compagnie gardent toujours de très mauvais souvenirs de leurs voyages à bord des avions de la R.A.M. bJ'en veux pour preuve le témoignage d'un de mes amis qui a fait le parcours Paris-Abidjan en 24 heures de vol.

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"En route vers Abidjan pour une dizaine de jours, j'ai cru que je n'y arriverais jamais. Tout commence le 19 août vers 12H au métro château d'eau à Paris. La Compagnie Royal Air Maroc m'appelle pour m'annoncer que le vol de 19H30 est annulé. 2 choix s'offrent à moi.

Tenter celui de 15H15 ou attendre celui de 21H. J'opte pour la première option. Un taxi me lâche à Roissy. 24 euros. Tout ça pour entendre que le vol de 15H15 a été finalement annulé. On nous annonce que le vol de 21 heures est aussi compromis. La raison: une grêve importante des pilotes de la RAM.

Direction Orly en bus pour attendre celui de 21H. Là, une hôtesse de l'air de la RAM nous informe très tranquillement qu'un avion pour Casablaca va décoller dans 20 min. "Mais vous êtes en retard messieurs", nous dit elle.
Je lui deverse toute la rage que j'ai en moi. Histoire de me défouler même rien n'est régler. J'aurais pu lui faire une version Joey Starr, sans problème.

Finalement, on embarque à 22H30 pour Casa. Le temps passe plus vite. On arrive à 00H30 à Casablanca. Un douanier nous apprend que la liaison est assurée sur Abidjan. Un vol est prévu pour 5H30. Ceux qui doivent aller à Brazzaville (Congo) devront attendre 3 jours ici.

Les passagers d'Abidjan reprennent le sourire. FOUTAISE !!! Il est 7H00 rien a bougé. Nous sommes toujours là à dormir, écouter les annonces, fumer des clopes, boire des cafés ( à nos propres frais). Tout est figé. Avec nous 400 pèlerins qui doivent s'envoler pour Médine.

Les esprits s'échauffent. Un des passagers pour Abidjan, motive les troupes et appel au rassemblement. Une course à l'interlocuteur de la RAM est lancée. On s'unit. Ensuite, on commence à menacer les quelques petits pions envoyés au charbon pour l'occasion. Ils sont pris en otages.
Au bout du compte, vers 9H00 nous décollons enfin.

Je pensais que nous avions tout vécu mais..arrivé à Abidjan, nous sommes 20 personnes à qui il manque des Bagages.

Pendant ces 24 heures de transit, pas de communication de la part de la RAM. Des hotesses qui racontent des choses contradictoires. 3 pauvres tranches de pains saumonnés et une gazzouze pas fraiches. Aucun ravitaillement d'eau.
Pas un sourire d'encouragement, les enfants des passagers laisser pour compte à même le sol. Pas un remboursement opéré pour ces longues heures d'attentes. RIEN !

C'est certain. La prochaine fois j'irai voir ailleurs...

Le problème c'est que cette compagnie à le monopole des destinations vers l'Afrique de l'ouest. Un autre problème!"

13 mars 2009

Saly, une ville «aux mains» des touristes

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19 heures. Les rues sont encore inondées des rayons du soleil qui refuse sa chute quotidienne. La mer rugit comme pour réclamer la présence de la nuit. Le vent souffle. Les corps frémissent. Les dents grincent.
Saly, est une jolie cité balnéaire qui fait la fierté des Sénégalais. Les rues d’une propreté sublime imposent l’admiration et révèlent la détermination des populations à conserver leur cité accueillante. De belles maisons affichent leurs parures. Peintures chaudes, décorations féériques. Paradis sur plage. Saly est ce qu’on pourrait appeler «la perle rare».

Partout, les coins et recoins font plaisir à regarder.
Mais cette ville-paradis semble être «l’otage» des touristes. Ils y ont investit. Ils s’y sont investit. Certains y vivent depuis des années. D’autres sont là depuis quelques mois. Ceux-ci semblent vouloir ne plus repartir. Dans tous les endroits on les retrouve. Plage, bar, restaurant, hôtel, boutique etc. Ces «envahisseurs» ont l’intention de marquer leurs présences. «Ces blancs» sont déterminés à se faire remarquer.
Sur la mer, on peut apercevoir leurs bateaux de fortunes qui narguent les pirogues des pêcheurs. Sur terres, ce sont leurs motos et autres véhicules 4x4 qui "inondent" les rues. Les taxis communaux sont parfois perdus. Au cœur de cette cité, l’on découvre un bâtiment flambant neuf de la représentation du «Consulat de France». Ils sont Français, Britanniques, Allemands, Russes… peut importe. Ils sont blancs… Ils sont touristes. Des bruits courent dans la ville que la plupart de ceux-ci sont recherchés dans leurs pays pour divers délits. Peu importe. Ils sont là, et on bien l’intention d’y rester et de jouir de ce panorama féérique que leur offre la ville.

La bonne affaire des habitants
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S’ils se sentent parfois envahis, les chaleureux habitants de la cité s’en sortent en matière d’affaire. Les boutiques et autres magasins n’hésitent pas à gonfler les prix. «Ici nous faisons une robe à 25 Euros et un simple sac à 10 Euros», confie madame Dior Bâ, la trentaine et propriétaire d’un «Dress Shop». «Les prix qui sont affichés sont pour les touristes blancs. Pour les autres on peu négocier», avoue t-elle avec un sourire.
Dans les hôtels, les prix sont les mêmes pour tous. «A cause de la présence des touristes européens que les nuitées reviennent chères», affirme Abdoulaye N, gérant d’un hôtel quatre étoiles de la ville. «Les tarifs des chambres d’hôtel varient en général entre 50 000 et 90 000 francs en fonction du type chambre que vous voulez», revèle t-il avant de préciser : «les affaires tournent bien puisque nous affichons toujours complets en semaines comme le week end».
La situation est la même pour les maisons de Safari. «Nous mettons en location des véhicules, des motos et des vélos pour les touristes qui veulent faire un tour». Les prix sont hors normes. 70 000 francs la journée pour une voiture, 35 000 francs pour une moto et 10 000 francs si vous voulez utiliser une bicyclette pour la journée. Si vous souhaiter effectuer une randonnée sur un site touristique, il vous faudra débourser beaucoup plus. Sur les prix, les touristes refusent de se prononcer. Pourtant, ils n’hésitent à reconnaitre qu’ils s’y sentent bien. «Ici ont est loin du temps glacial de notre pays et l’air est agréable à respecter», confie sans vouloir révéler son nom, une européenne. Elle est en vacance dans la ville depuis deux semaines

On se plaint quand même
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«Tout est cher», ne manque de se plaindre un jeune «Saliens» (j’utilise ce mot pour désigner les habitants de Saly). «Et cette situation ne nous arrange pas forcément», ajoute t-il. Conséquences, les populations de la ville ne fréquentent pas les restaurants, les bars et autres commerce du coin. «Les prix sont faits pour les blancs, pas pour nous», ne manquent t-il pas de souligner.
Ils préfèrent de loin se plonger dans des séances de thé qui leur revient moins cher et qui leur donne de se retrouver entre eux. «Quand on prend le thé on parle de nos problèmes, et de la vie en général. L’avantage c’est que nous sommes entre nous», affirme N Diaye, 26 ans. Il est percussionniste dans un groupe traditionnel.
Si certains habitants de Saly grognent contre l’occupation de leur espace, nombreux sont ceux qui se réjouissent quand même que l’argent entre dans la cité. «C’est vrai que pour nous les choses sont chers, mais si tu entreprends une activité, tu es sûr de t’en sortir», ne manque pas de dire une «Salienne». Elle a ouvert un salon de coiffure et de massage qui est fréquenté à 90 % par les touristes. «Ils sont partout ici, mais ils font tourner les affaires. Ce sont des envahisseurs nécessaires», ironise t-elle avec un éclat de rire.
Saly la belle, Saly envahie. Alors que vers 21 heures le soleil s’est enfin couché, la vie continue avec ses touristes et leurs manies de bourgeois. Mais à Saly, on espère que la ville sera continuellement "occupée"… pour le bonheur des affaires.

10 novembre 2008

Paysage d'un voyage au centre-ouest

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J'ai effectué un petit voyage ce week end dans l'ouest du pays et j'ai retrouvé avec plaisir ce paysage si beau et cet air si pur.

Je partage avec vous quelques photos...choisies.

Nous sommes au "Carrefour Lakota". C'est la saison des "blissi"...
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Il y a aussi ces moyens de transports peu ordinaires "pour nous qui venons d'Abidjan". Les populations des villages sont habituées à effectuer le déplacement sur ces motoculteurs.
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01 septembre 2008

Qu'est ce que c'est ?

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Si vous voyagez ces temps-ci en direction du Nord de la Côte d’Ivoire, (et si vous ne dormez pas durant le trajet) vous remarquez de grands tuyaux qui sont en train d’être installés le long de la route. Des installations qui s’étendent sur des centaines de kilomètres.
Certaines personnes prétendent que ce sont des gazoducs, d’autres pensent à des oléoducs.
Quoi qu’il en soit les travaux semblent avancer rapidement. Et il serait bon que les Ivoiriens soient informés. Surtout qu’à certains endroits, les ouvriers sont obligés de faire de grandes fentes dans le bitume pour faire passer ces canaux tuyaux sous la terre.

21 août 2008

Note de fin

Fn.JPG«C’est nous qui tenons la paix, il faut que vous le sachiez !» Cette menace lancée par «Ablo», un des hommes en uniforme (des Forces nouvelles, Fn) au barrage (sud) à l’entrée de Bouaké m’a beaucoup fait réfléchir.
Alors que nous avions une «autorisation du cabinet civil des Forces nouvelles» signée de leur Secrétaire Général – et Premier ministre ivoirien –, les soldats au barrage exigeaient que nous payions le droit de passage de… «5000 F cfa». «On s’en fout de leurs signatures», ont-ils hurlé tout le temps.
Les discussions furent rudes et souvent couvertes de menaces de la part de ces hommes en armes. Pour qu'en fin de compte nous leur laissions la somme de 2000 francs et que nous nous en allions.
La menace de «Ablo» était sérieuse et au sortir de ce voyage, riche en tourisme, il faut relever que la paix est encore trop fragile dans l’autre Côte d’Ivoire.
Une paix qui balance aux rythmes des humeurs des anciens rebelles qui sont devenues (trop) changeantes ces derniers temps.
Les hommes en armes postés aux différents barrages jurent que c’est eux qui maîtrisent la situation. Mais dans cette atmosphère, les populations ne se sentent plus en sécurité.
Il y a ceux qui sont restés dans les zones du centre et du nord pendant les cinq années de guerre. Ces populations voyaient en l’accord de Ouaga l’espoir d’un retour à la normale. Elles qui ont tellement souffert. «Aujourd’hui, c’est la désillusion !», confesse Seydou O. «Chaque fois que les soldats des Fn se révoltent, nous avons le sentiment que la flamme de la paix est en train de mourir à petit feu», poursuit cet étudiant en faculté de sciences juridiques à l’université de Bouaké.
La peur est encore plus grande chez ceux qui ont été redéployés ou ramenés. Ce sont les fonctionnaires de l’Etat, mais également ceux qui avaient fuit les combats et dont le ministère de la Réconciliation nationale (et des Relations avec les institutions) a favorisé le retour. «Nous avons accepté de revenir ici parce qu’on nous avait garanti que le calme serait revenu. Mais de plus en plus nous avons peur. Est ce que nous ne devions pas attendre le désarmement total des anciens combattants rebelles avant de revenir ?», se demande encore Faustin N, employé dans une banque de Bouaké qui a ouvert ses portes récemment.
Plusieurs d’entre les habitants de Bouaké font de plus en plus l’amer constat que «les chefs des Fn ne contrôlent plus rien». «Ici c’est nous qui tenons la ville», lance fièrement un des ex-rebelles. «Les autres eux, ils sont assis dans les bureaux et dorment dans des maisons luxueuses à Abidjan (…) Ils ne savent pas ce que nous vivons comme problèmes ici», reproche en colère un garde au "poste de Niakaramadougou" (ville situé à une centaine de kilomètres au nord de Bouaké).
Et les «réclamations musclées» de ces derniers jours à Bouaké en sont peut être la confirmation.
Les zones du centre et du Nord ressemblent en réalité à des territoires sans lois véritables. Tout semble être dirigé et géré par les biais militaires des Forces nouvelles «qui règne en maitre absolus dans la zone».

En somme, je crois qu’aujourd’hui la paix est à la merci des anciens rebelles (encore en arme) qui obéissent de moins en moins à leurs mentors. Il peuvent la défaire à tout moment.
Si de "notre côté", nous avons l’impression qu’il y a un air de paix qui plane, ce n’est pas tellement le cas de l’autre côté. Car en réalité, la partition du pays en deux est toujours effective et les ex-rebelles n’ont toujours pas désarmé. Loin de moi l’idée d’être pessimiste, mais parler de paix (durable) dans cette ambiance c’est se voiler la face.

19 août 2008

Epilogue en photo

Après un très long voyage...quelques photos.

A Yamoussoukro, beaucoup de nostalgie.

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Il y a aussi Bouaké, la plus grande ville du pays après Abidjan.
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Et puis Katiola, la ville fantôme.
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Et...Ferkessédougou
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Tout ce périple donne soif !
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14 août 2008

Après la paix, l’anarchie

J’ai fait trois nuits et quatre jours dans la ville de Ferkessédougou ville frontalière au Burkina Faso.
Ferké présente un tableau qui est le propre de la majeure partie des villes ex-assiégées par les Forces nouvelles (ex-rébellion).

A chacun son «courant»

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Selon ce qui nous avait été annoncé, la Compagnie Ivoirienne d’électricité (Cie) avait commencé à exercer et à recueillir auprès des populations, les fonds de règlement des factures d’électricité. Pourtant, le constat que nous avons fait tend à démentir cette information.
Dans le «quartier Douane» (comme dans bien d’autres quartiers populaires de la ville) sur les bois de bambous qui servent de mats, des fils électriques de plusieurs couleurs sont suspendus à seulement quelques mètres de la tête. Personne ne semble s’en soucier.
«En général, deux ou trois maisons servent à alimenter tout le secteur», explique Silué. «Une trentaine voire une quarantaine de ménage peuvent être connectés à ces quelques maisons», poursuit-il.
Exempts de factures, ces riverains reversent une modique somme (allant de 300 f à 500f par mois) au propriétaire du compteur principal.
Quand à certains propriétaires rencontrés, ils disent payer leurs factures chaque fin de mois auprès des agents de la Cie.
«Chaque fin de mois je me rends dans leurs locaux pour payer ma facture d’électricité», affirme avec empressement Doubouya B.
Nous avons cherché à rencontrer les agents de la Cie de Ferké en vain. Mais de source sûre, l’on nous a laissé entendre que les agents de la (seule) compagnie d’électricité en Côte d’Ivoire «ne mettent pas trop de pressions aux propriétaires de compteurs par peur de représailles des éléments des forces nouvelles (encore en service dans la zone)». En réalité, les auteurs de ces délits sont des «amis» de certains membres du cabinet civil de Ferké.
En ce qui concerne les dangers qu’elles encourent, les populations de Ferkéssedougou nous rassurent. «Nous prenons toutes nos dispositions pour ne pas que quelqu’un soit électrocuté», rassure Matthieu N. Soro, forgerons dans un français teinté de sénoufo (la langue locale).
Pourtant, pendant les saisons pluvieuses les drames se comptent par dizaines.

L’essence sur le marché noir
e950516146c037b7bd94880a5dc74168.jpgDans une des stations services les pompistes sont assis la tête entre les mains. Vêtus d’uniformes noircis par le fuel, ces gérants de ces stations d’essences donnent l’impression de s’ennuyer. Pas du tout. Il n’ y a plus de carburant !
En réalité, elles sont rares les stations où l’on peut trouver encore du gasoil. La raison ? Il existe à Ferké un gros trafic d’essence qui se fait entre les stations et des revendeurs.
Les premiers livrent du carburant aux seconds dans des fûts en plastic (généralement de couleur jaune) aux prix de gros. (C’est-à-dire le prix fixé en zone ex-assiégés : 681 f pour le gasoil). Les revendeurs à leurs tours vont séparer leurs acquisitions en trois. «Il y a le super, le gasoil et le mélange que nous faisons pour les cyclomoteurs», explique un détaillant.
Pour le litre de super et pour le gasoil il faut débourser entre 700 et 775 francs chez les détaillants. Quand au mélange le litre est à 650 francs.
Les quelques automobilistes rencontrés se plaignent de cette anarchie occasionnée par les stations d’essence. «Quand vous vous rendez dans une station d’essence pour prendre du carburant, ils vous diront qu’il y en a plus. Soit parce qu’ils ont tous donné aux détaillants, soit parce qu’ils en ont mais que c’est réservé à leurs clients favoris que sont les détaillants», dénonce en colère J. Aké fonctionnaire redéployé à Ferké.
Selon des informations recueillies, les détaillants reversent une rente journalière (en fonction du nombre de litres vendus) aux gérants des stations. Ainsi, ces derniers gagnent autant que les détaillants.

Prolifération des produits de contrefaçon
En s’arrêtant dans une boutique pour prendre de quoi à boire, l’on peu se rendre compte de la prolifération des produits de contrefaçon. Tout y passe. Cigarettes, boissons, chocolats, biscuits, riz, laits, huiles, piles électriques… en provenance (en général) du… Burkina Faso.
Vous lirez sur les canettes de boisson gazeuse de «Fanta» ou de «Coca» - de goûts médiocres – «un produit de Coca Cola Compagny du Burkina Faso».
Le trafic ne se limite pas qu’aux produits comestibles. Vous trouverez sur le marché des marques de chaussures «Naike», «Abbiba» ou «ebbebas», des postes à radio de marques «Naiwa», «Sonica», «Sunny» ou même «Soni», et pourquoi pas des piles «Every Day», «Duravell» ou «Energie vraie».
Dans le domaine des motos c’est le même constat. Les noms des marques se font la concurrence les unes aux autres. Idem pour les habits, les boissons alcoolisées et les médicaments. Et tout ceci «pour des prix défiant toutes concurrences».C’est sûre, il n’y a pas encore de service de douane dans cette zone. Et en la matière, ce sont les éléments des forces nouvelles qui font la «collecte (journalière) de fonds» auprès des vendeurs et commerçants.

L’hôpital général à l’abandon
f5e2db19517a486a8c13d82adc7b1887.jpgSi nous parlons d’anarchie, nous parlerons également de délaissement et d’abandon des services publiques encore fonctionnels. L’hôpital général de Ferké en est un prototype.
Bâtit sur une superficie de quelques hectares, «l’hôpital Général de Ferké» est en piteux états. Ces bâtiments délabrés et «repeints» par la crasse sont le témoignage de sa non activité pendant la guerre.
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Aujourd’hui malgré que certains médecins et infirmiers y ont été redéployés, les malades «boudent ce service» et se tournent vers l’hôpital Baptiste tenu par les américains. Un hôpital dont les populations apprécient le cadre, la qualité des soins et l’efficacité des services.
Alors que nous faisions une petite visite au sein de l’hôpital général, nous avons compté 13 malades. «3 en médecine générale, 8 en chirurgie et une en maternité», nous confirme Monsieur Kéita, l’économe dudit hôpital.
Même si le service minimum est assuré «les gens préfèrent aller (voir) "ailleurs"», se lamente l’infirmier général du service «médecine générale».
Dans la cour de l’hôpital, une ambulance a du mal à démarrer. Après quelques "éternuements", elle s’arrête. «Et il faut souvent la pousser. Vous comprenez que ces difficiles quand il faut évacuer des malades au Chr de Korhogo», explique meurtri le chauffeur de l’ambulance. «Pourtant, c’est le village de Guillaume Soro (le chef des Forces nouvelles et premier ministre)», indiquent certains «Ferkois» pour montrer que «leurs autorités» ne s’occupent pas d’eux.

Force est d’observer que la vie en zone ex-assiégée n’est pas reluisante. La pauvreté est «couchée à la porte» des populations. Des zones où pour (sur)vivre, tout le monde vit dans l’anarchie totale.
C’est vrai que l’on crie partout la réunification du pays. Mais mon constat est que c’est seulement dans les textes. Elle n’est pas effective en réalité.
Parce qu’il n’y a aucune administration «loyaliste» qui fonctionne.
Bien qu’elles aient été redéployées, ces différentes administrations sont obligées de fermer les yeux sur certaines situations afin de ne pas entrer en "collision" avec les Forces nouvelles.
Il faut sauvegarder la paix à tout prix. Il faut entretenir la flamme de la paix au prix de …l’anarchie.
Quel avenir pour cette partie de la Côte d’ivoire où les postes de police (des FN) sont des nids de mendiants en uniformes (voir prochain post)?
Chantons la paix, mais souvenons-nous que quelque part en Côte d’Ivoire, il y a une anarchie qui tourne le dos à l’unicité des caisses de l’Etat. Mais il y a aussi des populations qui sont parfois contraints d’emprunter des raccourcis pour vivre et faire vivre leurs familles.
Il faut sauver la paix, il faut aussi sauver les caisses de l’Etat. Mais il faut surtout sauver les hommes et les femmes de ces zones toujours assiégées.

11 août 2008

D'une pompe à l'autre

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«700» ! C’est le prix du litre du gasoil à Bouaké et à Katiola.
Nous avons été désagréablement surpris alors que nous avions presque épuisés notre réserve d’essence. Pourtant sur les pompes, il y a une affiche qui indique «681 F». «C’est pour le service des contrôles», explique le gérant de la station située à la sortie de la ville. «Sinon, tout le monde connait le prix ici», poursuit-il.
Selon les informations données par plusieurs personnes, le carburant, même s’il est de mauvaise qualité, est «une denrée extrêmement rare». Au point où «pour toute la ville Katiola il y a une seule station service qui fonctionne». Cela fait donc grimper les enchères. Simple logique d’économie. Une logique qui crée beaucoup de désagréments aux usagers qui sont excédés par cette hausse qui varie d’une station à une autre.
De ce point de vue, Abidjan et «l’autre côté» de la Côte d’Ivoire sont au même niveau de souffrance.

La vie dans l’autre Côte d’Ivoire

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Une semaine après que l’on ait soufflé la première bougie de «la flamme de la paix», le nord essaie (à sa façon) de suivre le chemin inexorablement lancé de la paix.
De Bouaké à Ferkessédougou, les populations savent désormais que «leur» Côte d’Ivoire est engagée dans un processus qui doit aboutir à la réunification véritable du pays. Pourtant, les évènements nationaux ne sont pas forcément vécus et (suivis) là-bas comme ici à Abidjan la capitale économique.
J’en veux pour preuve la 48ème édition de la fête nationale de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Bouaké lentement dans la danse
La deuxième plus grande ville s’est parée aux couleurs nationales. Quelques artères principales ont été revêtues des plus beaux «orange-blanc-vert».
Quelques défilés et cérémonies ont marqué cette journée du 7 août 2008 à Bouaké.
Dans le fief des Forces nouvelles (ex-rébellion) les autorités ont tenues à être dans le (bon) ton.
Cependant, pour les populations, cette journée a été vécue comme bien d’autres. «Les populations ont vaqué tranquillement à leurs occupations sans forcément se soucier que «aujourd’hui est un jour exceptionnel», ne manque pas de relever un «Bouakois».
Le marché ne s’est pas désengorgé comme à son habitude. «Les commerçants ne sont pas restés chez eux», comme l’indique le correspondant à Bouaké d’un quotidien abidjanais. «Ils ne veulent pas perdre quelques sous en restant chez eux rien que pour une fête dont ils n’en voient pas forcément la teneur», explique t-il.
Bouaké pourtant semble prendre son indépendance des anciennes Forces nouvelles. Les banques et les quelques agences d’entreprise de télécommunication ont repris du service. Même si ce jour elles ont fermé, on peut se rendre compte de la récente rénovation de leurs bureaux. Signe que la vie reprend peu à peu dans cette ancienne cité de «la vallée du Bandama» fortement assiégée pendant 5 ans. Aujourd’hui, même si les «FN» sont toujours présentes – avec leurs uniformes sombres – «les gens sont plus libres de circuler sans se soucier», se réjouit une jeune commerçante d’origine burkinabé.

Katiola ville morte.
Situé à quelques kilomètres au nord de Bouaké, Katiola est la capitale des «Tagbanas» (nom du peuple et de l’ethnie vivant dans cette ville).
La ville n’a pas célébré le 48ème anniversaire de la Côte d’Ivoire.
«Nous profitons pour nous reposer», se réjouit un vendeur de motocyclettes.
Les rues désertes de Katiola en disent long sur comment on vit les évènements nationaux ici. «C’est important pour nous mais je ne sais pas pourquoi je vais faire tout un ‘‘boucan’’ pour l’indépendance», se demande Yayoro B. Pour lui, comme pour beaucoup d’ailleurs, les «affaires d’Abidjan» sont des «choses pour accorder des congés aux gens».
Katiola a respecté le «jour férié», sans pour autant accorder une quelconque importance à l’évènement lui-même. Pas de rues pavoisées, pas d’atmosphère de fête : l’air est au repos.

Ferkessédougou joue le jeu
A Ferkessédougou, à la frontière du Burkina Faso, le mouvement a plutôt été bien suivi. Quelques cérémonies pour «saluer les couleurs» en présence des autorités de la ville ont ponctué cette journée.
Cela n’a pas pourtant pas gêné le caractère «jour de marché» de cette ville. Après les différentes cérémonies les populations ont vaqué normalement à leurs occupations en ce jour de marché.
Bien que les rues soient joliment vêtues aux couleurs nationales l’indépendance ne semble pas intéresser beaucoup. Cependant, les «Ferkois» ont tenue à jouer le jeu en sacrifiant à la tradition.

Le nord n’a pas encore (totalement) l’habitude des «bonnes habitudes». Mais il (pour)suit le chemin de la paix. Doucement, la vie administrative et politique reprend son souffle. Suivant de loin l’actualité d’Abidjan qui est désormais le point de repère du chemin à suivre pour la côte d’Ivoire de demain.
De l’autre côté de la Côte d’Ivoire ont vit parfois sans les couleurs nationales, mais la vie continu.

PS: Il n' y avait pas de connection internet à Ferkessédougou où j'ai séjourné 5 jours durant. C'est pourquoi ce post "atterrit" aujourd'hui.

06 août 2008

En route !

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Il semble que c'est l'été et beaucoup de bloggeurs en profite pour prendre des vacances.
Eh bien, pourquoi pas moi ?
Je serai en "vacance" (de quelques jours). Mais pas totalement. Je m'en irai quelque part dans la Côte d'Ivoire (très) profonde pour vous faire découvrir l'autre Côte d'Ivoire. Vous comprendrez bientôt.
Alors souhaitez-moi bon voyage et attendez-vous à faire (avec moi) une traversée passionnante (du moins je l'espère) en partant du sud vers le nord.

A bientôt alors.

18 avril 2008

Tourisme

Découvrons quelques sites touristiques et symboliques d'Accra...

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Le Ghana et l'Alliance française

c2be07b2f6509ba8f7dacf0e392246ef.jpgDepuis plus d'une décennie déjà, la République du Ghana a décidé de s'ouvrir au monde francophone. Et à ce titre, elle fait partie des pays de la coopération francophone. C'est-à-dire bien que n'utilisant pas le français comme langue officielle, ils sont associés aux activités de la francophonie.

Ainsi, il a été inauguré depuis le 20 mars 1998, les locaux de «l'Alliance Française». Cet édifice est «le résultat de la coopération fructueuse entre le Ghana et la France», indique la plaque à l'entrée du bâtiment principal.
L'Alliance française dispose de plusieurs salles d'études de la langue françaises, de dactylographie et d'informatique (pas plus de 15 par salle). On y trouve également une bibliothèque, une audiothèque et une vidéothèque (tout en français). L'Alliance Française c'est aussi son amphithéâtre de plus de 1000 personnes à ciel ouvert.

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Cette institution de langue française est surtout ouverte aux Ghanéens (étudiants, travailleurs ou sans emploi) qui souhaitent apprendre la langue. Avec un horaire de 2 heures de cours par jour (chacun selon sa disponibilité et son emploi du temps), les études sont sanctionnées d'un «certificat d'étude linguistique» de langue française.

Le Ghana entend de faire de ces citoyens des bilingues capables d'appréhender le monde dans ses facettes aussi bien anglophones que francophones.

17 avril 2008

Sos pour l'ambassade de Côte d'Ivoire

2cbad51d0934208fe1edffabad13c204.jpgReportage - Située à Osu (le quartier commercial d’Accra), l’ambassade de Côte d’Ivoire semble avoir été touchée par les épisodes de ces cinq dernières années de crise.
L’entrée de l’ambassade est marquée par un caniveau dont la mauvaise odeur oblige les visiteurs à s’attraper le nez. Et celui qui y vient pour la première fois risque de peu de ne pas retrouver l’ambassade. Aucune indication dans les rues ni sur le mur vieilli par le temps et sali par la poussière. Seule une petite pancarte dont les couleurs ont fait place à un blanc délavé, indique «Embassy of de Republic of Côte d’Ivoire». Même le portail nouvellement peint en vert ne peut camoufler les quelques toiles d’araignées qui ont décidé d’élire leurs résidences sur le mur de la clôture.
En franchissant le portail, l’on est accueilli par un gardien qui semble s’ennuyer et dont le trop grand sourire semble réclamer quelque chose en retour des visiteurs. Ghanéen d’origine, il ne parle le français que pour dire «Bonjour, merci et aurevoir».

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Pourtant à l’intérieur, une cour semble redonner le sourire aux premiers déçus. Une belle pelouse qui abrite en son sein le drapeau national rappelle que la Côte d’Ivoire c’est tout de même «la dignité relevée».

Mais hélas, la joie et la fierté de «la maison des Ivoiriens du Ghana et du Togo» est toujours de courte durée lorsque le visiteur franchi le seuil du hall d’accueil et d’informations.
f7c739f454f49ff7aa94a7fb1559772f.jpgLes tableaux affichés aux murs rappellent la belle époque du parti unique. Photos blanc et noir, carte géographique datant de «1985». L’on n’y trouvera pas d’images neuves. Comme si le temps s’était arrêté depuis les années 80.
Dans un coin du hall, une grande image du footballeur international Ivoirien Didier Drogba – tenant en main le «chocolat du planteur» – semble dire «Yako !».

Pourquoi un symbole footballistique en lieu et place du portrait du Président de la République comme on le constate dans de nombreuses ambassades ?

La courtoisie et la chaleur de l’accueil du personnel de l’ambassade, ne sauraient empêcher le visiteur de constater que le bâtiment à étage de l’ambassade est continuellement enfumé. Et pour cause, l’arrière-cour entretient le (bon) voisinage avec une décharge d’ordures qui sont brûlées en permanence. Et cette fumée tient, chaque fois qu’elle est ‘‘sollicitée’’, à ‘’saluer’’ les quelques passants dans l’ambassade qui sollicitent le visa ou qui viennent pour «une carte de résidant».
Avec un tel accueil en fumée, l’on ne devrait pas s’étonner que le taux de fréquentation ait considérablement diminué.
Au rez-de-chaussée du bâtiment, l’on retrouve les bureaux des «Counsellours» qui sont les plus proches collaborateurs de l’Ambassadeur, dont le bureau est à l’étage.
8a2384c21cacecb55bec7cc672db1fcd.jpgLe hall de l’étage est un peu mieux décoré que celui du bas. Sur une table vernie en noir, est disposé un petit éléphant aux ivoires (pas vraiment impressionnants) près duquel flotte un drapeau tenu par mat en bois. Sur le mur au dessus de l’éléphant(eau), une photo (encadrée) du Président Gbagbo est affichée.
Au bout du hall, un petit salon est sobrement aménagé avec quelques vieux fauteuils pour faire patienter ceux à qui l’ambassadeur va accorder une audience. Florent Ekra Kouassi, Ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Ghana, ne manque pas de rassurer : les choses vont évoluer. Pourtant, dans son bureau superbement décoré, aucun ordinateur n’est disposé. Et selon certaines indiscrétions, l’ambassade ne disposerait pas (encore) de connexion internet. Les ordinateurs, semble-t-il, sont une denrée rare.

A la fin de la promenade au sein de l’ambassade de Côte d’Ivoire au Ghana, le visiteur est convaincu qu’il faut faire quelque chose pour l’image de ce territoire ivoirien. Car après être passé devant l’ambassade du Niger, du Togo, de Cuba, de la France, de l’Italie, du Canada, des USA…, il est urgent de réhabiliter «la maison des Ivoiriens». Et si l’intérieur ne peut être changé (maintenant), que l’extérieur paraisse beau et ne donne pas l’impression d’une maison abandonnée et hantée (pourquoi pas)… par la vieillesse et la détérioration.

16 avril 2008

Interview de l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire au Ghana

9c48a98c9815562d17f9f2a9721252c1.jpgInstallé dans le salon de son bureau, Florent Ekra Kouassi, «Ambassadeur plénipotentiaire de la République de Côte d'Ivoire près la République du Ghana et du Togo», de façon chaleureuse, tient à serrer la main à tous ceux qui lui rendent visite. Toujours souriant, l'homme marque son arrivée au Ghana (depuis 3 mois) par sa discrétion. «Je n'aime pas me répandre partout», aime t-il dire. Le plus important pour le «chef de mission» de la Côte d'Ivoire au Ghana, «c'est de travailler, mais surtout de produire de bons résultats». Homme cultivé et aimant les débats contradictoires, il n'hésite pas pourtant à refuser les interviews aux journalistes. «Les journalistes, ils peuvent vous faire ou vous défaire en un jeu de mots», se justifie t-il en insistant sur le caractère officiel de tout ce qu'il dit même quand il ne parle pas sous le manteau de diplomate. «On ne peux pas se détacher de la fonction diplomatique. Même quand ce n'est pas devant des journalistes il faut savoir parler...moins. Parce qu'on dira que l'ambassadeur a dit ceci ou cela, alors que vous partagiez un point de vue personnel», prévient-il.
Attaché aux valeurs patriotiques et persuadé de la réalisation certaine de ses convictions, Ekra Kouassi Florent, partage avec nous, dans cette interview exclusive, sa vision pour la Côte d'Ivoire de demain. Une nation pour qui il a «beaucoup d'espoirs».

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15 avril 2008

L’art et le design au service des morts

f95bd5d6633f7ad11d3998e138d3bdc6.jpgExposées sur une plate forme en hauteur, des caisses joliment décorées retiennent toujours l’attention. Soit pour leurs formes ou pour leurs décorations. Sculptées en bois, elles sont de petites ou de grandes tailles ayant les allures aussi multiformes qu’atypiques : Chien, poisson, panthère, lion, bateau, avion, voiture, bouteille, fruits et légumes…
Mais ne vous y méprenez pas. Il ne s’agit point d’objets décoratifs, mais de cercueils.
Allant des formes les plus simples aux plus inimaginables, les «fabricants» font preuve d’imagination et de créativité. Jefferson 30 ans, fabricant et vendeur de cercueil nous livre quelques informations.

Pourquoi faire des cercueils avec ce genre de forme ?
«En fait, les Ghanéens aiment enterrer dignement leurs morts. Et pour eux, offrir au mort un cercueil pareil, c’est l’honorer».

«Les choix sont faits en fonction de la vie de l’individu ou de ce qu’on retient de lui ou de ce qu’il aimait. Par exemple s’il aimait la boisson ou travaillait dans une usine de boisson on le mettra dans un cercueil à la forme de bouteille mais décoré aux couleurs et aux motifs de sa boisson préférée ou de la marque pour qui il travaillait. Si le mort était pêcheur ses parents vont souhaiter qu’il soit enterré dans un cercueil en poisson. Et s’il rêvait un jour de prendre l’avion et qu’il ne l’a jamais fait, ses parents lui offre la possibilité en le mettant dans un cercueil en forme d’avion. Ainsi de suite…»

C’est long à fabriquer ?
«En moyenne, il faut entre trois jours et une semaine pour finir la première étape qui est celle de la confection de la forme et de la décoration des cercueils. La deuxième étape consiste à mettre les tissus mortuaires à l’intérieur. Cela peut se faire en une seule journée (…)
Cependant, il y a des commandes qui peuvent nous prendre jusqu’à deux semaines, lorsqu’on doit ajouter d’autres matières comme l’or, le bronze ou autre chose».


Et pour le prix…
«Tout le monde ne peut pas s’offrir un cercueil de ce type. Car le prix varie entre 400 et 700 dollars (environ de 200 000 à 1 500 000 CFA)».
A ces prix-là, on peut bien dire l’on tient à honorer le mort.

Un travail de tant d'efforts

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Avec des formes...
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...aussi delirantes les unes...
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...que les autres
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14 avril 2008

Favoriser l'écologie et "rétrécir" les routes

b43546bc8b6c3ee35c4fca4f3d2e383f.jpgAvoir une voiture au Ghana, n'est plus réservé aux «riches». Pour preuve à Accra, 2 personnes sur 10 ont un véhicule.
En effet, l'Etat encourage l'achat des voitures d'occasion. Et ce, en réduisant considérablement les taxes de dédouanement. Ainsi, avec un peu d'économie tout individu peut s'offrir une voiture neuve...d'occasion.
Au-delà des prix, l'Etat encourage surtout la vente et l'achat de véhicules neufs. Ainsi, plus le véhicule est neuf moins il coûte cher.
La politique d'achat de véhicules d'occasion est l'une des rares en Afrique qui tient compte de l'aspect écologique. C'est pourquoi la majorité des véhicules (y compris les transports en commun) sont de plus en plus neufs. Il semblerait qu'ils polluent moins.

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Pourtant, les routes ne sont pas forcément construites pour contenir ce flux de véhicules qui ne cesse de s'accroître au fil des années.
Ainsi, la circulation est pénible sur les grandes artères (et même les petites voies). L'on assiste à des embouteillages pouvant s'étirer sur un voire deux kilomètres tous les jours aux heures de pointe (entre 6 et 8 heures et entre 18 et 20 heures).
Mais cela ne semble pas préoccuper les autorités ghanéennes pour qui le plus important est de rendre accessibles les voitures à tous.

En Afrique en général, on pense plus à aujourd'hui qu'à demain. C'est pourquoi, si c'est une bonne politique de promouvoir l'achat de véhicules neufs "non polluants", l'Etat ghanéen gagnerait à trouver une solution pour ce que seront les routes d'ici cinq ans. Car, à quoi servira t-il d'avoir un véhicule, s'il n'y a plus d'espace pour le conduire ?

Petite visite au "Centre for National Culture d'Accra"

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Situé au coeur de la ville et bâti sur une superficie d'environ 6 hectares, le "Centre for national culture" est l'un des lieux les plus prisés par les touristes.
A l'entrée, les vendeurs de masques traditionnels exposent leurs marchandises et interpellent leurs clients. Des masques superbement sculptés. «En général, les sculpteurs ne sont pas ici. Ils envoient leurs apprentis pour la vente», explique un guide ghanéen qui s'exprime dans un français aproximatif.
Un peu plus loin, ce sont les potiers et les orfèvres qui dans des caisses (construites en bois et en vitres) disposent de façon ordonnée leurs vases et leurs bijoux. «Des produits de grande valeur», vantent les vendeurs pour retenir ceux qui s'approchent pour regarder.
A Accra, l'or a une valeur traditionnelle et l'on ne l'expose pas de la sorte. C'est pourquoi, les touristes sont toujours pris au piège et achètent de «l'or faux» en lieu et place du vrai qui est réservé aux connaisseurs. «Une fois que vous doutez de l'authenticité du bijou, il (le bijoutier) fera tout pour vous convaincre et vous le faire acheter. Les connaisseurs ne restent pas dehors pour demander, ils entrent et dans la discrétion parlent avec le vendeur qui a une caisse où il cache les bijoux fabriqués avec de l'or pur», témoigne le guide. «C'est pourquoi, conseille t-il, c'est mieux de venir avec un Ghanéen. C'est plus facile».

A quelques encablures du site des orfèvres, se trouve le lieu où il y a le plus de monde. Vendeurs et touristes sont confondus. Les langages aussi. Une cacophonie faite d'anglais, de français et de twui (langue populaire, appelée communément ashanti). C'est le site des vendeurs d'habits traditionnels. «Et c'est ce que les touristes aiment le plus», affirme un vendeur dans un anglais teinté de twui.
5c652445b0bba06b84501c0c7a61ba5c.jpgOn retrouve à cet endroit, des pagnes fabriqués aux couleurs des régions ghanéennes, des robes tissées et brodées. On y trouve également des chapeaux crées à la main ou à la machine.
Tous ces articles donnent une ambiance très colorée. Car les vêtements exposés sont faits de nombreuses couleurs chaudes : rouges, jaune et souvent le rose et le violet. A ces vêtements, les vendeurs du «Centre (lire centa) for National Culture» ajoutent les colliers et autres parures qui vont avec. Il y a également les chaussures traditionnelles faites de cuir et (le plus souvent) de caoutchouc.
Si les touristes (Européens, mais surtout Africains) trouvent en général que les articles sont à bon prix, les vendeurs eux, s'en tirent toujours à bon compte. Ceux qui vivent dans la capitale estiment que «les vendeurs du centre artisanal font toujours de la surenchère quand il s'agit des étrangers». En effet, «un habit pour homme vendu habituellement à 80 000 Cedis (environ 2000 F CFA) atteint facilement la barre des 250 000 Cedis (environ 12 000 F CFA) à la vue d'un touriste», explique Alain Y, burkinabé, de passage (fréquemment) à Accra.
Le «Centre for National Culture» est l'une des fiertés d'Accra. Et la mairie qui perçoit des taxes ne manque pas d'éloges à son sujet. «Tous les vendeurs ici sont à jour dans leurs paiements journaliers et ils ne posent pas de problèmes quand c'est l'heure de la collecte (14 heures) comme c'est la cas dans les autres marchés de la capitale», témoigne Johnson, agent de mairie, chargé de collecter les taxes chez les commerçants du centre artisanal.

En fin de compte, tout le monde est satisfait au sortir du centre : les touristes qui trouvent des articles beaux et variés. Les vendeurs parce qu'il savent qu'ils font d'énormes bénéfices sur chaque article achété. Mais aussi les caisses de la mairie pour qui le centre artisanal est une véritable mine d'or.

13 avril 2008

Accra une capitale qui bouge

5d4ac17d5c7c3b010d297378ddf6ea58.jpgEntre bruits de klaxon et vrombissements de moteurs, Accra marque le visiteur qui y entre pour la première fois. Larges rues, véhicules de toutes sortes (souvent très extravagantes dans les couleurs comme dans les modèles), la ville semble chaque jour en construction. Tant les bandes sont fortement blanches et les voies profondément propres. De toute part, des habitations s'élèvent vers le ciel, comme pour dire qu'Accra veut désormais atteindre les sommets.

91ddaf3bde9de1f7794715909a6cfc5a.jpgAccra, ville aux milles charmes, tient toujours à capter l'attention du passant. Entre deux rues, des vendeurs ambulants interpellent leurs clients. Accra, c'est le commerce... le centre des affaires. L'endroit rêvé pour tout individu qui veut faire de bonnes affaires.
La capitale du Ghana a toujours conservé sa réputation d'être une terre d'accueil. Mais également d'être un pôle d'attraction où se rencontrent gens de diverses nationalités.
A tous les endroits, l'on entend que de la musique locale. Dans les restaurants, les bars, les taxis etc. les autres musiques ne sont nullement entendues. «Que du highlife», prévient quelqu'un. Néanmoins, cette musique séduit au point où l'on pourrait se surprendre à fredonner quelques mélodies. Et quand cette musique se mêle aux tintamarres provoqués par les embouteillages, cela crée une ambiance de jour de fête. Une atmosphère que l'on ne saurait décrire si on n'y est pas.

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En effet, Accra c'est aussi les bouchons interminables. Et ce, comme dans la plupart des grandes capitales africaines. Des bouchons qui rendent la circulation pénible. Pourtant, les conducteurs sont patients. Et la discipline caractérise ces chauffeurs qui, même s'ils klaxonnent pour entretenir le rythme et l'ambiance, savent qu'il faut être patient pour ne pas aggraver la situation.
Malgré les nombreux feux tricolores (relayés par endroit par des agents de la police), les grandes voies de la capitale ghanéenne ne désemplissent presque jamais. «La majorité des gens ici ont un véhicule. Et le transport en commun est très développé : bus, minicar, taxi», explique Romaric O, burkinabé, informaticien dans une banque internationale.

Quand les religions rapprochent les hommes.
5ba8fdc307bf16b4f1d6f86d9225d82b.jpgAvec environ 2 000 000 d'habitants, Accra reste la ville la plus peuplée du Ghana (22,5 millions, population totale du Ghana). Une population qui se caractérise par sa forte appartenance religieuse. Près de 63 % des «Accrarois» sont chrétiens (catholique et pentecôtiste) et 37 % sont repartis entre les musulmans (en grand nombre) et les animistes. Ainsi, Accra peut se vanter de la cohabitation (parfaite) entre ces différentes religions. «Vous ne manquerez pas de trouver sur un même site ou à quelques dizaines de mètres près, une église catholique, une église pentecôtiste et une mosquée», témoigne Noël A., Ivoirien, il exerce dans le secteur des affaires. «Pour les Ghanéens, poursuit-il, c'est indispensable de vivre en paix les uns et les autres et quelques soient les différences religieuses. f1dde956832fc886d84f19c8035ec448.jpgC'est pourquoi, ils estiment que le plus important c'est respecter la religion des autres».
Si pour vivre en paix il faut respecter les différentes religions auxquelles l'on n'appartient pas, il y a néanmoins quelques normes (même si elles ne sont pas toutes codifiées) qui guident le quotidien des populations. «Je vous donne deux exemples. D'abord, vous verrez rarement un Ghanéen fumer. Ici ce sont les étrangers qui le font. Parce que si un Ghanéen est aperçu en train de le faire, c'est qu'il se drogue», affirme Alex, gérant d'un «Internet Café» (cyber café). Comme deuxième exemple, il explique que à Accra les relations entre jeunes filles et jeunes garçons «ne se font pas de façon désordonnée». «D'ailleurs, explique t-il, il est interdit à une jeune fille de passer la nuit chez son petit ami». Plusieurs autres règles dirigent ainsi la vie des populations d'Accra : autochtones ou allogènes.

Accra c'est aussi la solidarité entre les Ghanéens.
Une attitude très critiquée par les étrangers (surtout les francophones) qui se sentent écartés et préfèrent s'organiser entre eux pour ne pas sentir cette "mise à l'écart". Fêtes, rencontres, sorties détentes... tout est mis en oeuvre pour se sentir «francophonement» ensemble.
«Ici, faites tout pour ne pas avoir affaire à un seul Ghanéen. Si vous avez raison, ça n'ira nulle part. Mais si vous avez tort, sachez que vous aurez toute la communauté contre vous», prévient une jeune dame camerounaise, la trentaine, employée dans une entreprise de télécommunication.
En effet, cette attitude de «discrimination» est un fait courant et vécu quotidiennement. «Et cela c'est dans tous les secteurs d'activités. Ils favorisent leurs frères et méprisent les autres», se plaint la jeune dame.
Ce qui pourrait être dénoncé comme un comportement discriminatoire est apprécié différement par les Ghanéens. Pour eux, c'est "la matérialisation de leur unité".

En définitive, visiter Accra, c'est ce rendre compte que l'Afrique a de nombreuses potentialités. Que chaque pays a son charme et ses spécificités (qui sont perçues diversement). Mais surtout, que les villes africaines sont belles et méritent d'être montrées aux yeux du monde.
Accra à la croisée du Togo et de la Côte d'Ivoire ne se lasse pas de séduire et de retenir le passager...le plus pressé.
Au carrefour de la musique et de la religion, entre ses hommes qui la constituent et son expansion à grande échelle, Accra, la capitale ghanéenne, en dépit de tous préjugés, finit (toujours) par séduire.

11 avril 2008

Frontière ivoiro-Ghana-: «Masta toi pas payer pas passer !»

d39d8147349f466e1975006b716a2272.jpgL'un des épisodes les plus redoutés par tous ceux qui empruntent l'axe Abidjan-Ghana en passant par Noé, c'est bien l'autre versant de la frontière. C'est-à-dire le côté Ghanéen. Au-delà des arnaqueurs qui se dressent et qui attendent leurs proies, le poste à passer est lui-même un véritable «poste à payage».

Premier ''obstacle'': le contrôle sanitaire.
De la longue file d'attente qui s'étend à quelques dizaines de mètres, de nombreuses personnes s'impatientent et commencent à grogner. Certains se plaignent de «la lenteur des choses» quand d'autres (et c'est le plus grand nombre) refusent de payer ce qu'on leur demande.

Dans un bâtiment peint en bleu et blanc, deux policiers ghanéens réclament aux voyageurs leurs carnets internationaux de vaccination. Dans un français approximatif, les deux hommes en tenues aussitôt le contrôle fait, vous intiment l'ordre de payer. «500», crie l'un deux avec sa corpulence impressionnante qu'on peut apercevoir derrière la grille qui sépare les voyageurs des "contrôleurs". Les plus pressés s'exécutent. Certains par contre préfèrent négocier «comme on fait à Abidjan». D'autres encore (moins pressés sûrement) n'hésitent pas à faire des histoires. «Moi, je ne peux pas payer. J'ai fait tous mes vaccins et encore je dois payer», se plaint une jeune dame, la vingtaine, de teint claire.

Comme elle, ils sont nombreux à ne pas vouloir s'exécuter. Et cela entraine une lenteur dans le rang qui ne finit pas de s'allonger.

Un peu plus en arrière, des individus crient pour que les premiers dans le rang se dépêchent. «Si vous ne voulez payer laisser nous passer», hurle une voix forte. Après quelques bousculades et quelques injures, chacun finira par passer cette première étape. Car les policiers Ghanéens ne démordent pas «500 ou rien».

Le contrôle d'identité

A l'extérieur du bâtiment ''bleu blanc'' deux tables sont posées les unes à côté des autres. Deux hommes vêtus de leurs uniformes verts (parés de leurs galons "2 ou 3 étoiles") sont assis et attendent patiemment les passagers qui ont pu passer le «heal control». Les pièces sont tout de suite demandées avec «des billets de CFA» à la suite.

L'ambiance est toujours la même. Et la chaleur ( dans les 38 à l'ombre) ne fait qu'augmenter la nervosité des voyageurs.

«Pour ceux qui ont le passeport c'est 1000 F et ceux qui n'en n'ont pas paient 2000F», informe un homme. C'est un ivoirien qui a l'habitude de faire la traversée. Mais cette situation irrite encore plus les voyageurs. «Pourquoi doit-on payer alors qu'on a tous nos papiers au complets ?», s'interroge une dame, une commerçante. «C'est comme ça», lui répond le contrôleur ghanéen qui semble bien comprendre le français. Pourtant, ce calvaire n'est pas seulement réservé à ceux qui vont pour le voyage. Certains entreprennent la traversée pour faire quelques achats et revenir quelques heures après. Pour ceux-là, les pièces sont confisquées et il leur est demandé la «petite somme» de 100 francs.

Et à ceux qui refusent de payer, les hommes en tenues leur répondent gentiment «...toi pas payer, toi pas passer». Dès ce moment, le passant sait que quoi qu'il fasse (dans la colère comme dans le silence) il paiera avant de traverser.

En plus du périple que les voyageurs vont entreprendre entre Elubo (première ville ghanéenne) et Accra (la capitale) - et qui leur coutera quand même 130 000 ... cedis par personne (hors «taxe» environ 6000 Frcs CFA) - ils savent (ou peut être pas pour les novices) qu'ils devront débourser de l'argent à certains endroits.

Ainsi, le Ghana conserve sa légendaire réputation...

Ps: Quand on sqit que 1000 frcs CFA font environ 23 000 cedis. Faites le calcul des gains recoltes en une journee.