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16 octobre 2008

Année blanche à l’université de Côte d’Ivoire ?

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L’univesité de Cocody va-t-elle renouer avec l’ère des années blanches ?
Les évènements de ces derniers jours tendent à favoriser cet état de fait.
Hier, les cours sur la «Fac» de Cocody ont tourné au ralenti. Dans les facultés de lettres et de langues les cours ont été quasiment suspendus. (Et ce depuis le lundi).
Selon les informations glanées ça et là, les professeurs d’université ont décidé de ne plus dispenser les cours parce que l’un de leurs collègues à été battu par les éléments de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).
Retour sur des évènements qui ternissent davantage l’image d’un syndicat qui est sensé défendre les droits et intérêts des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire.

fesciiii.jpgLundi 13 octobre. Il est un peu plus de 7 heures 30 minutes et le soleil peine à se lever sur le campus universitaire de Cocody. De loin, on peut entendre des bruits de pas qui se mêlent à une "chorale" de "militaire". Ce sont les éléments de la Fesci, qui font leurs footings en vue de préparer le salut aux couleurs. En effet, comme tous les lundis, les éléments de cette fédération montent le drapeau national dans un espace aménagé à cet effet.
Il est un peu plus de 8 heures. Les «fescistes» sont en rang et le drapeau prêt à être monté. «A cet instant, ils exigent que personne ne bouge par respect pour l’emblème national», nous apprend un étudiant inscrit en faculté de sciences juridiques.
L’hymne national est prêt à être entonné quand les «éléments» de la Fesci aperçoivent un individu, sac à la main qui passe tout près d’eux… sans s’arrêter. L’homme visiblement pressé, est interpellé par les «fescites» qui suspendent du coup la cérémonie de salut aux couleurs. Ceux-ci demandent à l’individu de s’arrêter jusqu’à la fin de la cérémonie.
Le quidam se présente comme étant un professeur, et leur fait remarquer que au regard du fait qu’il est «un peu plus de 8 heures déjà» et qu’il est en retard à son cours (qui est sensé débuter à 8 heures) il ne peut participer à la cérémonie. Il tente alors de poursuivre son chemin.
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Cet acte sera considéré comme un "péché capital" pour les hommes du principal syndicat des étudiants et élèves. Ils le séquestre, puis le batte comme un voleur. Le professeur ensanglanté, n’aura la vie sauve que grâce à l’intervention de certains étudiants qui décident de le sortir de là… La cérémonie n’aura plus lieu.
Les professeurs de la faculté de langues informées qu’un des leurs a été «sauvagement battu» décide de suspendre les cours «pour une période indéterminée» à partir de ce lundi 13. Cette grève va progressivement gagner toutes les autres facultés. Car les professeurs ont décidé par solidarité de ne plus dispenser de cours afin de «protester contre ce genre d’agissements».
L’université est donc partiellement paralysée depuis ce lundi et le mouvement de grève des professeurs risquent de s’étendre à toutes les facultés et durer les 12 mois à venir. «Cette fois-ci, il faut que la Fesci comprenne que nous ne sommes pas à leurs ordres mais que nous sommes là pour servir l’Etat, pour servir la nation», affirme en colère un membre de l’administration de l’université joint au téléphone.
La Fesci a toujours et été au cœur de ce genre de méfaits. Et l’on avait espérer qu’avec l’arrivée du nouveau Secrétaire général (national), Mian, les choses changeraient. Hélas ! L’image de La Fesci laisse encore des traces de barbaries et d’atteinte aux droits de l’homme.

Lire aussi l’article sur la grève des enseignants du secondaire.

28 septembre 2008

Le classement des grandes écoles et universités privées

Il est bon (et important) de savoir dans quel établissement supérieur (et/ou technique) on compte s'inscrire ou on inscrire son enfant.
Selon un classement fait par le ministère de l'enseignement supérieur et celui de l'enseignement technique (sur la base de certains critères à voir sur fiche_notation2008.pdf), quelques établissements ont été félicités. Cependant, elles sont nombreuses ces écoles techniques et supérieures qui devront fermer parce que ne remplissant pas les normes en vigueur.
Je vous propose de télécharger la liste des grandes écoles et universités privées qui ont subit cet "examen".

Pour les grandes écoles cliquez sur gdesecole_2008.xls et pour les univesités privées cliquez sur univ_2008.xls .

En fin de compte, que pensez-vous de ce classement ?

26 février 2008

Quand sonne l'indépendance de la Fesci !

7529487338fdd15b937c006e5d7c5d19.jpgDans un article paru dans le «Jeune Afrique n°2459», Augustin Mian, nouveau Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), annonce la «rupture» avec l'ancienne image que la communauté ivoirienne (et internationale) s'est faite de cette organisation depuis sa création le 21 avril 1990.
Le nouveau ''général'' de la Fesci, a réussi un certain nombre d'actions qui laissent penser que l'ère du changement est peut-être arrivée.
Déjà, il a réussi avec son prédécesseur, Serge Koffi, à tenir le pari d'organiser des élections «fescistes» sans effusions de sang. Ensuite récemment, environ 550 chambres détenues par les éléments de cette organisation estudiantine, ont été rendues au Centre régional des oeuvres universitaires (Crou) afin que les ayants droit en bénéficient.
Pour Augustin Mian, 32 ans étudiant en Licence de droit privé, «la Fesci a 18 ans. C'est l'âge de la maturité». «Il faut jeter les bases d'une lutte responsable, qui reflète nos valeurs : une Fesci qui respecte tout le monde et se fait respecter», affirme t-il.
Il n'est donc plus question pour la Fesci de «s'acoquiner avec un quelconque parti». Mian veut une fédération indépendante, libre de ses choix politiques qui n'auront que pour but l'amélioration des conditions de vie des étudiants. «Les élections ne nous concernent pas», rassure t-il. En ajoutant que «chaque étudiant vote selon sa conscience».
Pourtant Augustin Mian avoue que la Fesci est une voix électorale à vendre au prix du bien être des étudiants. «Nous soutiendrons celui qui nous mettra au centre de ses préoccupations et nous nous réservons le droit de nous prononcer sur les questions qui engagent l'avenir du pays», souligne t-il. Cette affirmation de Mian semble crépiter comme un air de rupture. Rupture avec les tendances politiques, mais également rupture avec les comportements traditionnels que l'on reconnaît à la Fesci. «Nous devons rompre avec les vielles méthodes qui donnaient de l'étudiant l'image d'un être inintelligent, violent, violeur, voleur et casseur (...) Je n'accepterai pas de m'humilier devant un commissaire de police pour demander la libération d'un étudiant qui a violé ou violé», lance t-il. Pour Mian, la Fesci doit redevenir correcte mais également il faut que les étudiants aient les moyens pour être épanouis. C'est pourquoi il ne manque pas de dénoncer les lacunes qui subsistent sur le grand «U» (Campus universitaire). «À peine 5 milliards de F CFA de bourses et seulement 9600 lits pour 250 000 étudiants... les bibliothèques universitaires sont vides (...) tandis que les professeurs vendent des fascicules et que le ''photocopillage'' fait florès...».
Le nouveau ''Général'' n'y va pas avec le dos de la cuillère : c'est le temps de la rupture. «... il n'est plus question que la Fesci soit financée par les hommes de pouvoir», assure t-il. Quant à savoir d'où viendra l'argent qui fera vivre l'organisation, Augustin Mian répond : «nous bénéficions de dons, de legs et des cotisations des membres».
Cette annonce d'indépendance de la Fesci intervient alors que - sans que le ton ne soit donné -, les campagnes électorales ont démarré. Et cette atmosphère ne rassure pas les ivoiriens sur la crédibilité de ce qu'avance le nouveau Secrétaire Général de la Fesci.
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Avec ses 522 sections, 10 000 adhérents (officiels) et plus d'un million de membre de facto, la Fesci fait peur. Car, elle est une organisation puissante. Une force de mobilisation.
Depuis 18 ans elle a toujours fait ''danser'' le pouvoir en place et la classe politique en général à son rythme. En plus, ce syndicat s'est dignement présenté comme une milice, mieux, une mafia. Longtemps la chasse gardée du Front populaire ivoirien (FPI, Parti au pouvoir), la Fesci (version Augustin Mian) semble vouloir s'affranchir de «ses maîtres» et devenir indépendante. Mais à quelles fins ? Serait-ce pour faire monter les enchères à l'occasion des prochaines élections ?. Car libre, elle pourra juger les offres et choisir celle qui lui convient. Seulement espérons que cette convenance sera à l'avantage des étudiants et élèves de Côte d'Ivoire. Et que Augustin Mian et son bureau ne vont pas se bâtir un empire riche et puissant avec l'argent des politiques, la faim des étudiants et le sang d'innocents.
Les souvenirs des barbaries ''fescites'' sont encore trop vivaces dans les esprits pour que les déclarations du nouveau «patron» de cette organisation trouvent des oreilles crédules.