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16 juillet 2008

La galère des candidats au Bac à l'heure de la grève

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Les résultats du baccalauréat sont désormais disponibles dans les centres d’examen.
Depuis cet après midi, la nouvelle a «envahi» la ville d’Abidjan.
Le seul hic, c’est qu’il n’y a pas de moyens de transports pour ceux qui voudraient s’y rendre. Et ce, du fait de la grève des transporteurs pour dénoncer la hausse du prix du carburant.
A l’arrêt de bus où nous nous sommes rendus (à pied) autour de 15 heures, le spectacle est pitoyable. «Ça fait deux heures que j’attends en vain le bus pour me rendre au plateau afin de voir mes résultats», lance Alfred Dakoury le visage tendu le cœur serré.

7dacef7b5cede3d04d22a13cb204a976.jpgComme Alfred, ils sont une trentaine à attendre un moyen de transport afin de se rendre au centre dans lequel ils ont composé. Mais point de bus.
A la rumeur, les engins de la Société des transports Abidjanais (Sotra) – qui étaient les seuls à ‘‘rouler’’ jusque-là – auraient décidé d’arrêter de travailler à partir de 14 heures ce jour. Cette nouvelle n’est pas encore officielle. Mais la désertion des bus à leurs quais semble le prouver.
Pendant ce temps, les élèves qui attendent impatiemment leurs résultats sont partagés entre incertitude, angoisse, colère et inquiétude.

02 juin 2008

Méthode (d'Ange) pour lutter contre la corruption

D'après une interview reprise par Henri Gossé

"Pour schématiser, je vous présente trois cas. Le premier, un véhicule arrive à un barrage ou à un corridor. L’agent ne siffle pas, mais l’automobiliste s’arrête, se dirige vers lui et lui remet de l’argent. Pour faciliter la compréhension, nous prenons le cas d’un chauffeur de gbaka. Dans ce cas précis, il n’y a pas d’infraction. Dans le deuxième cas, l’agent siffle, le chauffeur s’arrête, se dirige vers l’agent et lui remet les pièces qui, malheureusement, ne sont pas au complet. Le chauffeur remet de l’argent et on lui remet ses pièces et il repart sans être contrôlé. Vous constatez que là, l’agent n’a pas fait son travail. Il a reçu de l’argent en contrepartie du travail qu’il devrait faire. C’est comme vous journaliste, vous avez à faire un article et quelqu’un estime que l’article en question ne fait pas son affaire et vous demande de ne pas le faire en vous donnant en contrepartie de l’argent. Et alors vous ne faites pas l’article ou vous en faites un qui se détache complètement de la réalité des faits. Ça, c’est la corruption. Dans le 3ème cas, l’agent siffle et l’automobiliste s’arrête. Je précise que cette fois-ci, le chauffeur est en règle, il a toutes ses pièces. Comme le prescrivent les dispositions en la matière, il attend que l’agent vienne vers lui. Je précise ici que c’est l’agent qui va vers l’automobiliste et les passagers pour procéder au contrôle.
(...)
Avant de remettre les pièces à un agent, exigez qu’il vous remette un papillon. C’est un échange. Vous lui donnez les pièces et lui, il vous remet un papillon, c’est obligatoire. Et si l’agent refuse de vous remettre un papillon?
Dans ce cas, vous ne lui remettez pas vos pièces. Et s’il refuse de vous restituer vos pièces, vous le suivez partout où il va. Et s’il s’agit d’agents en patrouille, suivez-les. Ecoutez ! Il faut avoir une dose de courage pour aller jusqu’au bout. Moi-même, je sais qu’à tout moment, à cause de mon engagement, je peux être abattu. Mais, je fais mon travail."


l'intégralité de l'interview ici

Petit constat

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C'est aujourd'hui 02 juin que débute l'opération «Stop au racket des FDS». Ce qui avait été annoncé comme une situation difficile pour les policiers - et autres corps des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire -, l'a été pour certains transporteurs, mais surtout pour les usagers.

Le constat a été fait ce matin dans la commune de Cocody. En effet, les taxis communaux (Wôrô wôrô) ont déserté les lieux vers 8 heures 30. La raison ?

«Dès 7 heures, les policiers se sont mis sur la route pour réclamer les pièces des véhicules. Ceux qui n'en avaient pas, ou qui avaient leurs pièces incomplètes ont vu leurs véhicules prendre la direction de la fourrière», témoigne Y. Sangaré chauffeur de wôrô wôrô. «Etant donné que la majorité des véhicules n'est pas en règle, les chauffeurs ont décidé ne pas ''rouler'' aujourd'hui», explique t-il.

Les usagers de la commune de Cocody qui paient les frais de cette perturbation routière sont pourtant (pour la plupart) d'un même avis. «Il faut que les chauffeurs se mettent en règle afin que l'ordre revienne en sur nos routes», lance Mme Dépri, caissière dans une banque. Elle attend depuis une trentaine de minutes un Wôrô wôrô pour se rendre à son lieu de travail situé au centre de ladite commune.

Pourtant, certains estiment que pour un premier jour «c'est trop sévère !». «Les policiers doivent procéder de façon progressive. Ils doivent donner des avertissements aux chauffeurs durant les premiers jours. Comme ça les jours suivants ils pourront mettre en fourrière les voitures de ceux qui n'auront été en règle», souhaite Jerôme Kouamé, mécanicien.

Apparemment, les FDS semblent déterminés à mettre en exécution les nouvelles dispositions de lutte contre le racket.

Pour une première journée «c'est pas mal». Attendons les jours suivants pour voir !