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25 octobre 2008

Bilan d'un vendredi (pas comme les autres) à Abidjan

Quatre policiers ont été blessés vendredi et deux civils tués à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, suite à des soulèvements des populations dans des enlèvements d’enfants. C'est le bilan qui ressort de la journée d'hier vendredi 24 octobre. Une journée que beaucoup (pour une raison ou pour une autre) n'oubliront pas de sitôt.


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La police dresse dans un communiqué le bilan et fait quelques recommandations

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La Société de Transport Abidjanais (Sotra) déclare dresse aussi un bilan sombre de cette folle journée.

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Podcast réalisé à partir du dernier journal de la 1ère chaîne de télévision ivoirienne.

10 juillet 2008

La ville va t-elle mourir ce jeudi ?

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J’ai reçu de nombreux coups de fil me demandant si la journée de ce jeudi serait réellement «ville morte», ici à Abidjan.
J’ai cherché à vérifier l’info, mais en vain.
Il semblerait que ce soit à cause de la hausse des prix que les consommateurs et les transporteurs fatigués et en colères auraient décidés de rester chez eux demain…et vendredi.
Déjà au début du mois d’avril une première tentative avait été annoncée et n’avait pu se tenir parce qu’«un communiqué de la présidence de la République, lu sur les plateaux de la 1ère chaîne de la Radio télévision ivoirienne (RTI), a annoncé la baisse de certaines taxes à l'importation pour plusieurs produits de première nécessité».
Dans la presse ce matin un syndicat de transporteurs annonçait les couleurs et menaçait de tenir des manifestations «si d’ici à samedi, rien n’est fait pour revoir ces prix à la baisse». «Nous déclencherons dès lundi nos mouvements de protestation (…) Nous allons paralyser la capitale, les stations d’essence seront fermées, jusqu’à ce que les autorités reviennent sur leur décision», ont menacé plusieurs syndicats de transporteurs.
Rumeurs ou faits avérés, Bluff ou réactions certaines, il faudrait que cela arrive un des ces jours !

26 janvier 2008

La rumeur qui a failli le tuer

e3eb96207cb6dfc85e19908ee063ea37.jpgVous vous souvenez sans doute de cette folle rumeur qui s’est répandue hier dans tout le pays.
Eh ben, elle est partie d’une seule personne (une fille) qui a fait des suppositions. De bouche en bouche, l'information est tombée entre les oreilles de "lyncheurs", qui ont voulu en finir avec ce prétendu "sorcier".
Un "scoop" pour certains, à voir tout le remue-ménage qu'il a créer au Plateau et dans tout Abidjan. Toute la presse était là pour couvrir "l'évènement".
Un "scoop" qui en fin de compte a failli coûter la vie au pauvre N’Cho Qwachi Léon, 76 ans, père de huit enfants, natif de Dabou.

Selon l’article que j’ai lu dans le numéro de ‘’Frat-mat’’ de ce week end :

«L’homme dont il est question (…) est à la retraite. Ce septuagénaire, selon sa fille Qwachi Micheline, souffre de la maladie d’Alzheimer (maladie qui fait perdre à l’homme la mémoire). Depuis trois jours, le vieux qui vit chez sa fille à Cocody était porté disparu et faisait l’objet d’un avis de recherche. Alors que ses parents faisaient le tour des postes de police, des hôpitaux et des morgues, le vieux Léon errait dans les rues du Plateau. A jeun (il n’a rien mis sous la dent depuis qu’il est parti de la maison), malade et très affaibli, N’Cho Qwachi Léon s’est endormi très tôt hier matin sous l’un des grands manguiers situés derrière le palais de l’Assemblée nationale au Plateau. C’est là qu’une jeune femme de passage, qui ne sait pas tenir sa langue, s’est exclamé en fixant des yeux l’homme qui n’avait plus de force pour parler : « Ce vieux m’a l’air de quelqu’un qui n’est pas clair. On dirait que c’est un sorcier qui s’est transformé en chauve-souris et qui, tombée de l’arbre, a retrouvé son aspect normal. » Tout est donc parti de là. En un clin d’œil, un grand attroupement s’est formé autour du vieil homme devenu, du fait de la rumeur amplifiée, un sorcier qui s’est transformé en une chauve-souris et qui a retrouvé son état d’homme en tombant de l’arbre. Les commentaires fusaient de toutes parts et les gens accouraient de partout pour voir et vivre le phénomène. Autour du vieux traité de grand sorcier, des gens ne demandaient qu’à lui porter le coup fatal. Fort heureusement, le CeCOS, informé, déploiera ses hommes sur les lieux et, c’est le cas de le dire, réussira à exfiltrer le prétendu sorcier de la foule qui ne cessait de grossir. A la Préfecture de police où l’homme a été conduit, les badauds y ont déferlé pour voir le sorcier transformé en chauve-souris. A la police, les choses vont s’éclaircir avec l’arrivée des enfants du vieux, avec à leur tête, Mlle Qwachi Micheline. Celle-ci tenant en main la pièce d’identité de son père, a tout expliqué au préfet de police et ses collaborateurs. C’est sous bonne escorte du CeCOS que les enfants ont pu ramener leur père à la maison».

Et dire qu’il a failli y laisser la vie !
Décidément, Abidjan sera toujours le numéro "Un" des rumeurs qui tuent!
L'on se souvient encore qu’une année, Abidjan s’est réveillé dans la nuit avec la folle interdiction de boire de l’eau. «Elle aurait été empoisonnée». L'on se souvient aussi qu’il y avait cet homme-serpent qui embarquait les filles et les transformaient en cadavres.
Quelqu’un disait hier «Je crois aux sciences occultes mais j'ai conscience qu'elle ne s'adresse qu'aux initiés, à ceux "qui voient" comme on dirait dans mon patois.
Dans le cas présent je pense que certains journalistes en mal d'inspiration exploitent jusqu'à la moelle un filon qui sera toujours lucratif en Afrique et particulièrement en RCI… là preuve, on en parle...»
.
Eh oui, et là je lui donne raison. Le quotidien de notre chère cité aime se nourrir des «il parait que». Abidjan est fait ainsi. «Quand y'a rien à se mettre dans les colonnes, il faut trouver la moindre étincelle pour en faire un feu», me disait quelqu’un. Il avait encore en mémoire la rumeur sur «la mort de Chirac».
Cette fois quand même, ils y sont allés un peu trop fort, je trouve.

25 janvier 2008

Batman ‘‘tombé’’ d’Alépé

36a1e25ea14712a48a90fb91d7e1b0b7.jpgOn n’en vient toujours à se demander si ce genre de choses sont réelles.
En tout cas, ceux qui étaient ce matin au plateau, centre des affaires d’Abidjan, on pu apercevoir un sexagénaire assis en bas d’un arbre, prêt à être lynché.
En réalité, il a eu la vie sauve grâce à l’intervention des forces de l’ordre. Il est accusé de sorcellerie. Et il semble qu’il l’aurait avoué et qu’il se serait perdu au milieu des immeubles du plateau. D’accord.
Mais les langues disent aussi qu’il s’est transformé d’une chauve-souris à un homme vers 3 heures du matin. Elles disent aussi, que c’est dans sa chute que sa métamorphose a eu lieu.
Mais au fait, qui était présent quand les faits se produisaient à cette heure là ? ...
Récemment, une femme (nue) avait été découverte de façon extraordinaire (et aux mêmes heures) dans l'enceinte d'un baffle disposé à l'intérieur d'un dépôt de boissons. Elle venait de Issia (centre ouest). Elle disait s’être égarée en venant tuer sa fille qui vit à Yopougon (quartier populaire).
Quand on a pas vu ces choses, on en vient toujours à ce demander, si elles existent vraiment ?

15 janvier 2008

Où est notre troisième pont ?

7dcf60d8c508847cf5b8fe69588719e1.jpgAnnoncé (en fanfare) à l’arrivée de l’actuel Chef d’Etat au pouvoir, le projet de réalisation du troisième pont d’Abidjan avait suscité beaucoup d’espoir et de soulagement dans le cœur des uns et des autres.
Puisqu’aujourd’hui, «circuler à Abidjan n’est pas une chose aisée». Les embouteillages – on ne parle plus d’heures de pointe car toutes les heures, les voies sont ‘‘inondées’’ de véhicules – sur toutes les artères de la ville sont de plus en plus longs (en kilomètres comme en heures). Depuis les quartiers huppés jusqu’aux «quartiers précaires», les routes se sont rétrécies. Sur les deux ponts qui existent déjà, d’énormes fissures commencent à se former entre les barres qui relient chaque morceau de ces ponts. Le bitume quant à lui porte encore les stigmates de l’attaque de l’armée française en novembre 2004.
Après les évènements de 2002, l’on a cru comprendre que le marché de notre pont devait être arraché aux mains d’un groupe français et remis aux chinois (qui voulaient le réaliser à moindre coût). Et puis…les rumeurs ont circulé disant que les caisses étaient vides… «à cause de la guerre».
Avec un dos très large donc, la crise ivoirienne a encaissé tout sorte de manque(ment)s financiers.

Et puis, il y a eu des évènements comme l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. La Côte d’Ivoire (si je puis me permettre) s’en est tirée avec la ‘‘modique’’ somme de 100 milliards reparties entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les victimes. L’on s’est dit «cette fois ça y est ! Le bon Dieu nous offre cette ‘’manne’’ afin que notre cher troisième pont soit (enfin) construit». Et puis rien… les jours et les mois, même les années se sont égrainés depuis.

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Et puis, il y a eu l’accord politique de Ouaga. Avec son corollaire de retour des bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale, Union européenne, les firmes chinoises et Libyenne etc.). «La paix est là… l’argent aussi»…mais point de pont.
C'est clair, les autorités semblent avoir abandonné l’idée de la réalisation de notre troisième pont. Qui, même s’il était construit aujourd’hui ne suffirait plus à contenir la circulation abidjanaise avec ses feux éternellement en panne. Il nous faudrait alors un quatrième pont.
Récemment, j’ai ouïe dire qu’il y avait un autre projet de construction… d’un quatrième pont …à Jacqueville (60 km, sud ouest). Mais rien sur notre troisième pont.
Entre temps, ce sont des centaines (voire des milliers) de véhicules qui entrent (légalement ou de façon illicite) sur le territoire ivoirien chaque mois. Engorgeant davantage nos rues si étroitement construites et si mal entretenues.

Ou est donc passé le projet de notre troisième pont ?
Certainement dans un très grand tiroir capable de le contenir et l’enfermer jusqu’aux prochaines élections d’où il ressortira pour occuper l’essentiel des programmes de gouvernement.
Mais le peuple n’est plus dupe. «Premier gaou n’est plus gaou !»

Ce qui m’intrigue (et m’irrite) le plus, ce n’est pas tant que cette promesse ne soit pas tenue – nous nous sommes habitués avec le temps –, mais c’est le mutisme des autorités sur la question. Il y a eu les gouvernements de Seydou Diarra, Albert Tévodjéré, Charles Konan Banny et…de Guillaume Soro.
Hélàs, notre troisième pont n’a jamais été à l’ordre du jour. Hélas, c’était une belle farce. Et elle a bien marché !