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18 septembre 2012

Le CNP lève les sanctions contre les journaux Pro-Gbagbo

Les journaux bleus sont réapparus depuis mardi 18 septembre. L'organe de régulation de la presse écrite ivoirienne a décidé lundi soir la levée provisoire de la mesure de suspension de parution qui frappait les quotidiens proches de Laurent Gbagbo, selon un "communiqué officiel" du Conseil national de la presse (CNP).

"Nous avons décidé de suspendre la sanction qui frappait ces journaux, dans e cadre des médiations en cours avec le Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire (patronat) et la Commission dialogue, vérité et réconciliation", a déclaré à lAFP le président du CNP, Raphaël Lakpé en ajoutant: "Nous voulons donner une chance à ces médiations, afin de voir quels sont les engagements que les responsables des journaux sanctionnés ont pris et les garanties qu`ils les respecteront".

Lire l'intégralité du Communiqué du CNP.

(Avec AFP)

 

 

13 septembre 2012

CNP : Vers un musellement unilatéral de la presse bleue

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[Mise à jour 14 septembre 2012 16h11

Les quotidiens pro-Gbagbo suspendus vont porter plainte

Les responsables des journaux ivoiriens proches de l`ex-président Laurent Gbagbo, suspendus pour une durée de une à deux semaines, ont annoncé vendredi qu`ils allaient porter plainte contre l`organe de régulation de la presse, qu`ils accusent de "partialité". Ils demandent également la démission du directeur de CNP, Raphaël Lakpé. Lire l'article]

 

[Mise à jour 14 septembre 2012 11h04

RFS appelle le CNP à la retenue

Reporters Sans Frontières s'inquiète de la décision de suspension le 12 septembre, de tous les quotidiens de l'opposition, proches du Front populaire Ivoirien de l'ancien président Laurent Gbagbo, par le Conseil National de la Presse (CNP), l'instance de régulation de la presse écrite. (...) et appelle le CNP et son Président Raphael Lakpé à de la retenue. Voir  la déclaration de RSF.

[Mise à jour 13 septembre 18 h45. 

Communiqué de l'ambassade des Etats Unis à Abidjan

L’Ambassade des Etats-Unis s’inquiète de la suspension de journaux par le CNP

 L’Ambassade des Etats-Unis s’inquiète de la suspension le 12 septembre dernier par le Conseil National de la Presse de six journaux. Le public est mieux servi lorsque la diversité d’opinions est librement exprimée à travers les médias. La liberté de la presse est inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et le peuple Ivoirien doit 

avoir le droit de déterminer de lui-même de la validité des différents points de vue politiques, déclarations et arguments relayés par la presse.]

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En faisant ma revue de presse ce jeudi, j’ai lu avec surprise que tous les journaux proches du Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo ont été suspendus.

[L’Inter raconte que « le Conseil Nationale de la Presse (CNP) a infligé une suspension de 6 parutions aux quotidiens Le Nouveau Courrier, LG infos, Le Temps, Aujourd’hui, Le Quotidien d’Abidjan respectivement édités par les entreprises de presse Avenir Média Sarl, Cyclone, les éditions Aujourd’hui Sarl. Quant au quotidien L’alternative du groupe  de presse de 12 parutions. »

L’Expression revient sur « ce que leur reproche Raphael Lakpé ».  Selon le  journal, « la décision du CNP est motivée par ce qu’il a appelé un cas de « défiance à son autorité ».

« Les légendes de photos des personnalités pros-Gbagbo en prison » publié par Notre Voie  et  «  jugé non-conforme » par l’organe de régulation de la presse ont été reprises par les autres confrères en solidarité à Notre Voie et en protestation contre la décision de suspension  du CNP. » ] Revue faite par Infopresse.

journaux bleux, pro-gbagbo, presse, presse écrite, CNPIl est vrai que la presse bleue n’est pas tendre avec le pouvoir en place. Et que par moment les propos tenus ne sont pas de nature à faciliter le climat de paix. Mais force est de constater que la presse Pro-Ouattara n’est pas du tout exempt de ces pratiques anti-paix. A chaque décision du Conseil national de presse (CNP) contre les journaux Pro-Gbagbo, je souris. Parce que le même jour, dans un autre journal proche du pouvoir on retrouve les mêmes dérives et sinon parfois pires. 

« A quoi joue le CNP » ? Cette question je me la suis posée il y a quelques années.

Pourquoi l’organe de régulation doit toujours faire la chasse aux sorcières contre les organes de l’opposition ? Comme si elle était un instrument du pouvoir pour contrer toute forme de presse contraire. C’est en tout cas le sentiment que j’ai.

Les garanties du pouvoir Ouattara pour une presse plus libre, semblent avoir du mal a décoller. Elles s’enfoncent… Gravement ! Et cela est nocif pour la liberté de la presse et la liberté d’expression. Car dans un pays où il n’y a qu’un seul son de cloche qu’on ne me parle pas de démocratie.

Les têtes ont changé à la CNP, mais les habitudes sont restées les mêmes. Et la cible aussi : L’opposition. A ce rythme là, le train de la réconciliation a de fortes chances de dérailler et de faire des victimes.

 POur info: Les missions du CNP


13 octobre 2011

Ces Unes qui tuent

l'inter.JPG

Pour ceux qui ont acheté le journal « L’inter » de ce jeudi 13 octobre, Ils ont dû être deçu par l'attitude adoptée par le quotidien en question. En effet, il y avait "une affiche" qui annonçait : «Camp des réfugiés ivoiriens : 2 présumés espions de Ouattara tués au Ghana ».

Avec un tel titre étalé de la sorte à la Une, le lecteur s’attend à ce que le reporter lui explique ce qui s’est passé dans ce camp et dans quelles conditions ces « deux présumés espions » ont été assassinés. Mais en fait, voici en quoi se résume ce qui nous a valu une telle « affiche publicitaire ».

« (…) C'est d'ailleurs cette psychose qui a été fatale à deux individus taxés d' « espions de Ouattara » : ils ont été tués en septembre dans le camp d'Elubo, à la frontière ivoiro-ghanéenne (…). ».

Et c’est tout. Rien sur le sujet annoncé comme vous pourrez vous en rendre compte en lisant l’intégralité du papier.

Dans un climat où les cœurs peinent à être consolés, où les mémoires gardent encore les stigmates de la guerre qu’à connue la Cöte d’Ivoire, dans une période où l’on parle de réconciliation, je pense que de telles actions sont de nature à jeter l’huile sur le feu et à attiser les tensions.

Dans ce processus de réconciliation et reconstruction de la paix en Côte d’Ivoire les journalistes ont un rôle important à jouer. Et ils le savent. L'excuse de "c'est pour vendre" n'est pas bonne. Elle est à bannir. Surtout que ici, sous nos tropics, la "Titrologie" (néologisme du jargon ivoirien signifiant l'action de regarder les titres de journaux) règne en maître absolu.

Assumons notre mission sérieusement en évitant de jouer avec les mots, avec les "Unes". Surtout pas maintenant. Surtout plus maintenant. Voilà, j’ai dit.