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02 octobre 2010

Evitez ce chemin, c’est du suicide !

C’est de la bêtise tout simplement. Bêtise quand des individus qui ont la vie des gens entre leur main, s’en foutent et préfèrent gagner du temps à nos risques et périls.

«Monsieur, ne vous inquiétez pas », me lance le conducteur du taxi que j’ai emprunté des 2-plateaux à la Riviera (deux quartiers chics de la commune présidentielle d’Abidjan). Normalement, le trajet classique ne présente aucun danger. Seulement, depuis quelques mois, la voie campus-riviera est fermée à la circulation. La raison : le pont qui relie ces deux points menace de s’effondrer. Après les pluies diluviennes qui se sont abattues ces vacances sur la capitale et les inondations qui ont suivie, des parties du bitume se sont effritées. L’alerte a été donnée par plusieurs médias. Et même si elles ont réagit un peu tardivement, les autorités abidjanaises ont décidé de se pencher sur ce cas. Première mesure : « Accès interdit ! ». Et pour bien signifier cette interdiction, de grandes barres de bétons (colorées de rouge et de blanc) ont été dressées à chaque extrémité du pont. Qu’à cela ne tienne ! Les chauffeurs de taxis (et même de véhicules personnelles) ont décidé de braver néanmoins cet interdit.

Ce mardi donc je suis assis dans le taxi, plongé dans mon téléphone, quand soudain, je le vois rouler en direction de la « route interdite ». Je m’étonne. Et en colère, j’intime l’ordre au chauffeur de faire demi-tour. «C’est un bon raccourci. On va éviter les embouteillages », se justifie t-il. Quand à savoir s’il n’a pas conscience du danger il me répond : «Où est le danger, tout le monde passe par ici… même les gros camions ».

Je décide alors de tenter l’expérience pour avoir le film. Mais ce que j’ai vu m'a donné à réfléchir. Au niveau de la partie affaissée, vous sentez bien la voiture descendre puis remonter. De part et d’autre de la route, on peut s’apercevoir que le pont ne tient qu’à un bout de terre. Qu’à cela ne tienne ! Tant qu’on peut vite passer, gagner du temps et donc de l’argent, notre vie et celle des personnes qu’on transporte n’a plus trop d’intérêt.

Alors que nous atteignons l’autre bout du chemin, je vois une file de véhicules qui n’attendait que nous libérions la route pour passer. Et parmi ces véhicules, un camion chargé de sable ronfle son moteur prêt à affronter ce pont à ses risques et périls. Bêtises tout simplement !

 

15 janvier 2008

Où est notre troisième pont ?

7dcf60d8c508847cf5b8fe69588719e1.jpgAnnoncé (en fanfare) à l’arrivée de l’actuel Chef d’Etat au pouvoir, le projet de réalisation du troisième pont d’Abidjan avait suscité beaucoup d’espoir et de soulagement dans le cœur des uns et des autres.
Puisqu’aujourd’hui, «circuler à Abidjan n’est pas une chose aisée». Les embouteillages – on ne parle plus d’heures de pointe car toutes les heures, les voies sont ‘‘inondées’’ de véhicules – sur toutes les artères de la ville sont de plus en plus longs (en kilomètres comme en heures). Depuis les quartiers huppés jusqu’aux «quartiers précaires», les routes se sont rétrécies. Sur les deux ponts qui existent déjà, d’énormes fissures commencent à se former entre les barres qui relient chaque morceau de ces ponts. Le bitume quant à lui porte encore les stigmates de l’attaque de l’armée française en novembre 2004.
Après les évènements de 2002, l’on a cru comprendre que le marché de notre pont devait être arraché aux mains d’un groupe français et remis aux chinois (qui voulaient le réaliser à moindre coût). Et puis…les rumeurs ont circulé disant que les caisses étaient vides… «à cause de la guerre».
Avec un dos très large donc, la crise ivoirienne a encaissé tout sorte de manque(ment)s financiers.

Et puis, il y a eu des évènements comme l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. La Côte d’Ivoire (si je puis me permettre) s’en est tirée avec la ‘‘modique’’ somme de 100 milliards reparties entre l’Etat de Côte d’Ivoire et les victimes. L’on s’est dit «cette fois ça y est ! Le bon Dieu nous offre cette ‘’manne’’ afin que notre cher troisième pont soit (enfin) construit». Et puis rien… les jours et les mois, même les années se sont égrainés depuis.

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Et puis, il y a eu l’accord politique de Ouaga. Avec son corollaire de retour des bailleurs de fonds (FMI, Banque mondiale, Union européenne, les firmes chinoises et Libyenne etc.). «La paix est là… l’argent aussi»…mais point de pont.
C'est clair, les autorités semblent avoir abandonné l’idée de la réalisation de notre troisième pont. Qui, même s’il était construit aujourd’hui ne suffirait plus à contenir la circulation abidjanaise avec ses feux éternellement en panne. Il nous faudrait alors un quatrième pont.
Récemment, j’ai ouïe dire qu’il y avait un autre projet de construction… d’un quatrième pont …à Jacqueville (60 km, sud ouest). Mais rien sur notre troisième pont.
Entre temps, ce sont des centaines (voire des milliers) de véhicules qui entrent (légalement ou de façon illicite) sur le territoire ivoirien chaque mois. Engorgeant davantage nos rues si étroitement construites et si mal entretenues.

Ou est donc passé le projet de notre troisième pont ?
Certainement dans un très grand tiroir capable de le contenir et l’enfermer jusqu’aux prochaines élections d’où il ressortira pour occuper l’essentiel des programmes de gouvernement.
Mais le peuple n’est plus dupe. «Premier gaou n’est plus gaou !»

Ce qui m’intrigue (et m’irrite) le plus, ce n’est pas tant que cette promesse ne soit pas tenue – nous nous sommes habitués avec le temps –, mais c’est le mutisme des autorités sur la question. Il y a eu les gouvernements de Seydou Diarra, Albert Tévodjéré, Charles Konan Banny et…de Guillaume Soro.
Hélàs, notre troisième pont n’a jamais été à l’ordre du jour. Hélas, c’était une belle farce. Et elle a bien marché !