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15 octobre 2008

Ce que je crois pour l'Afrique



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Je crois fondamentalement que la lutte contre la pauvreté doit être l’affaire des Africains eux-mêmes.

Je crois aussi que nous avons des ressources riches et un potentiel humain et intellectuel immense et diversifié. Il nous faut donc l’exploiter avec sagesse.

Pourtant, je crois que nous vivons dans un monde où désormais «les cases» du village planétaire se rapprochent définitivement. Dans ce contexte donc, où les termes «Globalisation» et «mondialisation» résonnent partout, les Africains doivent utiliser la coopération.

Je ne crois pas en cette coopération aveugle où on échange miroir contre femmes et filles, où on livre fils et terres pour quelques gouttes de rhum. Mais je crois en une coopération qui permettrait de mieux appréhender les dimensions multiformes de la pauvreté, afin d’élaborer des stratégies (pour en sortir) qui tiennent compte du cadre environnant et international.

C’est pour cela, je crois qu’il faut que les coopérations sud-sud soient plus développées et les rapports nord-sud plus sincères et équitables.

Je crois que les guerres (et les coups d’Etat) nous ont toujours retardé.

Je crois que nous devons arrêter d’accuser «les blancs» d’être la cause de nos malheurs. Si nous étions plus soudés que pouvaient-ils faire ?

Mais… Je crois en la nouvelle génération que nous sommes (en train de construire). Je crois en une jeunesse panafricaine dynamique responsable et résolu à bouter hors du continent les maux qui nous minent et qui favorisent l’émergence d’une pauvreté accrue.
J’ai foi aux valeurs que nous devons embrasser : Travail, solidarité, responsabilité, intégrité.

Je crois en une jeunesse africaine digne, débout et capable de changer le visage sombre de l’Afrique.

L’Afrique d’aujourd’hui est l’œuvre des «gens d’hier».

Mais (je crois que) l’Afrique de demain nous appartient... nous les "gens d'aujourd'hui".
Commençons dès à présent, à en bâtir les socles afin de montrer à nos descendants le chemin du succès... l’image d’une autre Afrique.

Celle d’une Afrique qui tourne le dos aux guerres et aux conflits, mais qui marche dans les voies de la démocratie et des solutions pacifiques. Celle d’un continent sans sida, sans famine, ni génocide. Celle d’une terre politiquement, intellectuellement et économiquement indépendante. Celle d’une famille unie autour d’idéaux de développement.
L’image d’une Afrique riche.

Voir le bilan partielle de cette journée.

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23 septembre 2008

La pauvreté justifie t-elle la corruption ?

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Transparency International diffuse le classement des pays les plus corrompus au monde. (A voir ici)

L'Indice de Perception de la Corruption évalue la perception du niveau de corruption affectant les administrations publiques et la classe politique. C'est un indice composite fondé sur différents sondages et enquêtes réalisés par des organismes indépendants. L'IPC 2008 couvre 180 pays, soit un nombre de pays équivalent à celui couvert en 2007. Il classe les pays sur une échelle de 0 (haut degré de corruption perçu) à 10 (faible degré de corruption perçu).
Le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Suède, obtiennent la note la plus élevée avec 9,3, suivis par Singapour, avec une note de 9,2. En bas du classement, on retrouve Haïti avec 1,4, l'Irak et Myanmar avec 1,3, et enfin la Somalie avec une note de 1.
Bien que, au sein du classement IPC, les notes n'évoluent que lentement d'une année sur l'autre, des différences statistiques significatives ont pu être relevées pour des pays situés en haut et en bas du classement. Si l’on compare les données ayant servi au calcul de l’IPC 2007 et de l’IPC 2008, les notes de la Bulgarie, du Burundi, des Maldives, de la Norvège et du Royaume-Uni enregistrent une baisse importante.
À l'inverse, une amélioration significative par rapport à l'année précédente peut être constatée dans les notes de l’Albanie, Chypre, la Géorgie, Maurice, le Nigeria, Oman, le Qatar, la Corée du Sud, Tonga et la Turquie.
(...)
Avec la Somalie et l’Irak perçus comme les pays les plus corrompus, l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2008 de Transparency International, publié aujourd’hui, met en évidence le cercle vicieux liant pauvreté, faillite des institutions et corruption. Les pays développés ne sont pas en reste. Les mauvaises performances dans l’IPC 2008 de certains pays industrialisés indiquent que les mécanismes de contrôle ne sont pas non plus infaillibles dans les pays riches.


Nb
: Remarquons que la Côte d'Ivoire occupe le rang de 151eme sur les 180.

Commentaire:
corruptionj.jpg“Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, lorsque, par exemple, elle touche aux ressources destinées aux hôpitaux ou aux réseaux de distribution d’eau potable,” déclare Huguette Labelle, Présidente de Transparency International. “La persistance d’un niveau élevé de corruption et de pauvreté dans de nombreux pays pauvres conduit à une situation humanitaire désastreuse et ne peut être tolérée. Mais même dans les pays les plus riches, la mise en œuvre inégale des mesures de lutte contre la corruption est préoccupante. L’adoption de politiques plus strictes de lutte contre la corruption est nécessaire.”

02 septembre 2008

Rendez-vous important: Blog Day du 15 octobre

Après avoir manqué le rendez vous du Blog Day du 31 août dernier (certains pour une raison ou pour une autre), je voudrais vous inviter à la suite de Cartunelo , à prendre part à la "réunion" du 15 octobre prochain.
"Après l’environnement en 2007, le thème 2008 est la pauvreté", nous apprend t-on sur le I-monde.
Ce thème doit nous inciter à participer afin que chacun puisse dire ce qu'il entend par pauvreté et comment l'Afrique peut en sortir. Ou si elle ne va plus en sortir comme le pense les afropessimistes.

Je pense que le point de vue de plusieurs bloggeurs africains serait intéressant. On pourrait par exemple avoir des témoignages, des analyses, des podcasts, des reportages...bref, il faut participer.
Participer, c'est aussi faire passer le message à nos différents "villages de blogs" pour que tous les "villageois" se rassemblent pour parler de pauvreté...mais aussi de richesses.
Le principe est simple. "Tous les blogueurs sont invités à faire (simplement) un billet sur leurs blogs".

Pour cliquez sur
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et vous aurez toutes les informations utiles.

14 août 2008

Après la paix, l’anarchie

J’ai fait trois nuits et quatre jours dans la ville de Ferkessédougou ville frontalière au Burkina Faso.
Ferké présente un tableau qui est le propre de la majeure partie des villes ex-assiégées par les Forces nouvelles (ex-rébellion).

A chacun son «courant»

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Selon ce qui nous avait été annoncé, la Compagnie Ivoirienne d’électricité (Cie) avait commencé à exercer et à recueillir auprès des populations, les fonds de règlement des factures d’électricité. Pourtant, le constat que nous avons fait tend à démentir cette information.
Dans le «quartier Douane» (comme dans bien d’autres quartiers populaires de la ville) sur les bois de bambous qui servent de mats, des fils électriques de plusieurs couleurs sont suspendus à seulement quelques mètres de la tête. Personne ne semble s’en soucier.
«En général, deux ou trois maisons servent à alimenter tout le secteur», explique Silué. «Une trentaine voire une quarantaine de ménage peuvent être connectés à ces quelques maisons», poursuit-il.
Exempts de factures, ces riverains reversent une modique somme (allant de 300 f à 500f par mois) au propriétaire du compteur principal.
Quand à certains propriétaires rencontrés, ils disent payer leurs factures chaque fin de mois auprès des agents de la Cie.
«Chaque fin de mois je me rends dans leurs locaux pour payer ma facture d’électricité», affirme avec empressement Doubouya B.
Nous avons cherché à rencontrer les agents de la Cie de Ferké en vain. Mais de source sûre, l’on nous a laissé entendre que les agents de la (seule) compagnie d’électricité en Côte d’Ivoire «ne mettent pas trop de pressions aux propriétaires de compteurs par peur de représailles des éléments des forces nouvelles (encore en service dans la zone)». En réalité, les auteurs de ces délits sont des «amis» de certains membres du cabinet civil de Ferké.
En ce qui concerne les dangers qu’elles encourent, les populations de Ferkéssedougou nous rassurent. «Nous prenons toutes nos dispositions pour ne pas que quelqu’un soit électrocuté», rassure Matthieu N. Soro, forgerons dans un français teinté de sénoufo (la langue locale).
Pourtant, pendant les saisons pluvieuses les drames se comptent par dizaines.

L’essence sur le marché noir
e950516146c037b7bd94880a5dc74168.jpgDans une des stations services les pompistes sont assis la tête entre les mains. Vêtus d’uniformes noircis par le fuel, ces gérants de ces stations d’essences donnent l’impression de s’ennuyer. Pas du tout. Il n’ y a plus de carburant !
En réalité, elles sont rares les stations où l’on peut trouver encore du gasoil. La raison ? Il existe à Ferké un gros trafic d’essence qui se fait entre les stations et des revendeurs.
Les premiers livrent du carburant aux seconds dans des fûts en plastic (généralement de couleur jaune) aux prix de gros. (C’est-à-dire le prix fixé en zone ex-assiégés : 681 f pour le gasoil). Les revendeurs à leurs tours vont séparer leurs acquisitions en trois. «Il y a le super, le gasoil et le mélange que nous faisons pour les cyclomoteurs», explique un détaillant.
Pour le litre de super et pour le gasoil il faut débourser entre 700 et 775 francs chez les détaillants. Quand au mélange le litre est à 650 francs.
Les quelques automobilistes rencontrés se plaignent de cette anarchie occasionnée par les stations d’essence. «Quand vous vous rendez dans une station d’essence pour prendre du carburant, ils vous diront qu’il y en a plus. Soit parce qu’ils ont tous donné aux détaillants, soit parce qu’ils en ont mais que c’est réservé à leurs clients favoris que sont les détaillants», dénonce en colère J. Aké fonctionnaire redéployé à Ferké.
Selon des informations recueillies, les détaillants reversent une rente journalière (en fonction du nombre de litres vendus) aux gérants des stations. Ainsi, ces derniers gagnent autant que les détaillants.

Prolifération des produits de contrefaçon
En s’arrêtant dans une boutique pour prendre de quoi à boire, l’on peu se rendre compte de la prolifération des produits de contrefaçon. Tout y passe. Cigarettes, boissons, chocolats, biscuits, riz, laits, huiles, piles électriques… en provenance (en général) du… Burkina Faso.
Vous lirez sur les canettes de boisson gazeuse de «Fanta» ou de «Coca» - de goûts médiocres – «un produit de Coca Cola Compagny du Burkina Faso».
Le trafic ne se limite pas qu’aux produits comestibles. Vous trouverez sur le marché des marques de chaussures «Naike», «Abbiba» ou «ebbebas», des postes à radio de marques «Naiwa», «Sonica», «Sunny» ou même «Soni», et pourquoi pas des piles «Every Day», «Duravell» ou «Energie vraie».
Dans le domaine des motos c’est le même constat. Les noms des marques se font la concurrence les unes aux autres. Idem pour les habits, les boissons alcoolisées et les médicaments. Et tout ceci «pour des prix défiant toutes concurrences».C’est sûre, il n’y a pas encore de service de douane dans cette zone. Et en la matière, ce sont les éléments des forces nouvelles qui font la «collecte (journalière) de fonds» auprès des vendeurs et commerçants.

L’hôpital général à l’abandon
f5e2db19517a486a8c13d82adc7b1887.jpgSi nous parlons d’anarchie, nous parlerons également de délaissement et d’abandon des services publiques encore fonctionnels. L’hôpital général de Ferké en est un prototype.
Bâtit sur une superficie de quelques hectares, «l’hôpital Général de Ferké» est en piteux états. Ces bâtiments délabrés et «repeints» par la crasse sont le témoignage de sa non activité pendant la guerre.
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Aujourd’hui malgré que certains médecins et infirmiers y ont été redéployés, les malades «boudent ce service» et se tournent vers l’hôpital Baptiste tenu par les américains. Un hôpital dont les populations apprécient le cadre, la qualité des soins et l’efficacité des services.
Alors que nous faisions une petite visite au sein de l’hôpital général, nous avons compté 13 malades. «3 en médecine générale, 8 en chirurgie et une en maternité», nous confirme Monsieur Kéita, l’économe dudit hôpital.
Même si le service minimum est assuré «les gens préfèrent aller (voir) "ailleurs"», se lamente l’infirmier général du service «médecine générale».
Dans la cour de l’hôpital, une ambulance a du mal à démarrer. Après quelques "éternuements", elle s’arrête. «Et il faut souvent la pousser. Vous comprenez que ces difficiles quand il faut évacuer des malades au Chr de Korhogo», explique meurtri le chauffeur de l’ambulance. «Pourtant, c’est le village de Guillaume Soro (le chef des Forces nouvelles et premier ministre)», indiquent certains «Ferkois» pour montrer que «leurs autorités» ne s’occupent pas d’eux.

Force est d’observer que la vie en zone ex-assiégée n’est pas reluisante. La pauvreté est «couchée à la porte» des populations. Des zones où pour (sur)vivre, tout le monde vit dans l’anarchie totale.
C’est vrai que l’on crie partout la réunification du pays. Mais mon constat est que c’est seulement dans les textes. Elle n’est pas effective en réalité.
Parce qu’il n’y a aucune administration «loyaliste» qui fonctionne.
Bien qu’elles aient été redéployées, ces différentes administrations sont obligées de fermer les yeux sur certaines situations afin de ne pas entrer en "collision" avec les Forces nouvelles.
Il faut sauvegarder la paix à tout prix. Il faut entretenir la flamme de la paix au prix de …l’anarchie.
Quel avenir pour cette partie de la Côte d’ivoire où les postes de police (des FN) sont des nids de mendiants en uniformes (voir prochain post)?
Chantons la paix, mais souvenons-nous que quelque part en Côte d’Ivoire, il y a une anarchie qui tourne le dos à l’unicité des caisses de l’Etat. Mais il y a aussi des populations qui sont parfois contraints d’emprunter des raccourcis pour vivre et faire vivre leurs familles.
Il faut sauver la paix, il faut aussi sauver les caisses de l’Etat. Mais il faut surtout sauver les hommes et les femmes de ces zones toujours assiégées.