topblog Ivoire blogs

03 septembre 2008

Ordures à Yakro : Les populations menacent

ordures-a-Williamsville.jpgDans une précédente note, je vous parlais des ordures que j'avais vu (et senti) à Yamoussoukro, notre capitale politique.
Il semblerait que la situation soit pire que je le pensais. Certaines voix donnent de plus amples témoignages et accusent les autorités municipales.
C'est l'Union des consommateurs de la région des grands lacs (UCRL) dirigée par Charlotte Bohoussou - qui «s'est réunie dimanche dernier (...) pour manifester son mécontentement vis-à-vis de la municipalité, qu'elle accuse d'être à l'origine de cette situation» catastrophique - qui fait le plus entendre ses "cris" de détresse.
«Les ordures, on n'en trouve partout. Sur les trottoirs de la gare routière, en face de la sous préfecture et dans les quatre coins du grand marché. L'eau usée (provenant) du CHR (Centre hospitalier régional) et de la morgue traverse la voie pour finir dans les lacs», explique la présidente de l'UCRL.
Les majeures parties des quartiers sont assaillies par des "montagnes" d’ordures. Le quartier "Mo Fêtai" rafle à lui seul la palme d’or des quartiers les plus sales de la ville de Yamoussoukro.
Les quartiers Dioulakro, Kakrenou, Pkangbassou et Assabou ont aussi leurs décharges à ciel ouvert.

SDC10948.JPG

Selon un article paru dans le numéro 170 du mardi 2 septembre du journal ivoirien «Le Quotidien», «les sociétés de ramassage des ordures ménagères sont en grève. Pour non paiement de leurs salaires par la mairie». Et ce depuis six mois.
Aujourd'hui, les populations craignant de plus en plus pour leur santé lancent un appel à l'endroit des autorités municipales afin que la question des salaires des agents de la mairie soit vite réglée.
«Si le maire se trouve désormais incompétent, qu'il démissionne, lui et son conseil municipal. Nous ne pouvons plus continuer de vivre avec les ordures. Si rien est fait d'ici une semaine, ça ne sera plus nous qui allons respirer ces odeurs, mais plutôt lui et son conseil», menace Charlotte Bohoussou dans les colonnes du quotidien ivoirien, exaspérée par le laxisme des autorités de ladite mairie.

Pour mémoire, cette association n'est pas à sa première manifestation.
Selon des témoignages, la dernière qui s'est tenue il y a trois mois au domicile du maire de Yamoussoukro, visait à protester contre le déversement des ordures.
Peut être que le salut viendra d'autres autorités telles que le gouverneur de la ville, le préfet ou encore les chefs traditionnels sur qui désormais, tous les regards désespérés sont rivés.
Alors que cette ville abritera bientôt les grandes institutions du pays, il est tant que tout le monde se penche sur cette question cruciale pour Yamoussoukro.
Eh Yakro…YAKO !

Ps:Le site web de la ville de Yakro ici

01 septembre 2008

Priorité à la propreté

SDC10946.JPG

«Houphouet est vraiment mort !», a dit quelqu’un à la vu de ce "rond point".
Destination «hautement touristique», Yamoussoukro est en train d’être gagnée par la "carie" de la saleté.
Dans la capitale politique de la Côte d’Ivoire et ville natale du premier président Félix Houphouët Boigny, il n'y pas seulement que la Basilique, la Fondation et le lac aux caïmans. Il y a désormais ce fameux "rond point" qu'il faut passer "admirer". Un dépotoir qui si rien est fait, peut être la source d'une épidémie.

Les vendeurs et les populations qui habitent à proximité du marché déversent ordures - ménagères comme commerciales - sur une voie principale.
Au fur et à mesure ces ordures se sont transformées en un rond point.
SDC10948.JPG

Ce tas d’immondices qui sert aussi à certaines heures de «WC public» dégage une odeur insupportable.
Cette poubelle géante désormais devenu un sens giratoire où les véhicules observent les règles de la «priorité à droite».
Et les règles d’hygiène qu’en fait-on ?

01 août 2008

Sur un air de typhoïde

941c3d72eb9882f0d840f909a556e717.jpgJ’ai appris aujourd’hui une nouvelle triste au sujet d’un ami qui a perdu sa fille cadette à la suite d’une maladie : La fièvre typhoïde.
J’ai été choqué d’autant plus que c’est la ixième nouvelle de décès dû à la cette maladie que j’entends pour le mois de juillet uniquement.
Et franchement j’en suis troublé de plus en plus. Est-ce une épidémie ou des coïncidences trop macabres ?
Personnellement, je penche plus pour le fait que nous devons faire face à une épidémie (silencieuse) de fièvre typhoïde (une maladie du reste très contagieuse).
Et cela n’est pas étonnant vu les odeurs de déchets qu’il y a ici à Abidjan… vu l’environnement trop crasseux de tous les coins de rue (on en parlera jamais assez).
J’ai fait un tour dans la cour de la mairie de Cocody. Une poubelle à ciel ouvert s’est formée à l’intérieur de ladite mairie. Pourtant, la commune regorge d’espaces verts et de routes (approximativement) (ré)peaufinées.
Je ne vous parlerai même pas des communes d’Adjamé et d’Abobo ou même de Yopougon ou d'Attécoubé. Des zones (populaires) où les caniveaux rejettent les eaux usées sur les routes, tout près des vendeuses de nourritures. Et vous verrez des enfants patauger à cœur joie dans ces "piscines de la mort".

Certains gestes élémentaires semble t-il, peuvent limiter les dégâts et nous sauver la vie. «Se laver les mains une fois rentré à la maison avant toute autre activité, éviter de manger dans les rues, éviter d’acheter des aliments non couverts», conseille le docteur Assouman, médécin généraliste.
Pour le Pr. Alexandre N'Guessan, du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, la montée en puissance de cette maladie est due au «fait que l'amélioration du niveau de l'hygiène n'ait pas suivi la prolifération des établissements de restauration. Qui sont fréquentés par bon nombre de travailleurs ivoiriens». «La non application des mesures d'hygiène dans ces endroits est, à l'origine de certaines épidémies dont la fièvre typhoïde», a-t-il regretté lors du 2è symposium des sciences et hygiènes alimentaires qui s’est tenu en avril 2008 à Abidjan.

Pourtant, même si l’attitude hygiénique des Ivoiriens change, le risque demeurera tant que l’atmosphère n’aura pas été assainie par ceux que nous avons choisis pour cette tâche.
Selon Pr Loukou, chef du département de microbiologie à l'UFR des Sciences pharmaceutiques et biologiques, l'incidence de la fièvre typhoïde en Côte d'Ivoire est évaluée à 35 pour 100.000 habitants. Et le taux de mortalité est estimé à 5%. Il est donc important, au dire de Pr. Eba Aoussi , enseignant à l'UFR des Sciences médicales «d'assurer la sécurité alimentaire» des Ivoiriens.

Que chacun donc joue sa partition et prenne ses précautions pour ne pas que nous suffoquions tous – et succombions – à cet air de typhoïde.