topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

14 février 2011

Avec des mots (bien) de chez nous

mortderire.jpgCes dernières semaines de nouvelles expressions sont apparues sur facebook pour exprimer les joies, les rires, les étonnements et les colères. Avec cette mention en prime «mintnan la on fè en ivoirien, c bouclé sur les...» (Traduction : Maintenant on fait en version ivoirienne. Fini les…) lol, Mdr, vdr, ptdr...

Pour ceux qui ont raté le train il n’est pas tard. Je vous propose de vous abreuver de ces nouvelles lettres qui traduiront tout ce que vous ressentez. Avec des mots tirés des expressions quotidiennes et urbaines des Ivoiriens. Lool. Euh, je voulais dire ysvdrrrrrrr

YR = yé ri (je ris)

YRJYM = yé ri jikaaaa yé mourir (Je vais rire jusqu’à je vais mourir)

YRJYMOV = yé ri jikaaa yé mal o ventre (Je ris jusqu’à j’ai mal au ventre)

......TMD = ta me dja ou ta me douf (tu me tue)

TMK : ta me kill ou tu me kill (Tu vas me Kill, tu me tue)

YREF = ya rien en face (Il y a rien en face) à completer avec CM : cé maïs (C’est maïs, je sais pas comment traduire ça hein)

YRJYC = yé ri jikaaa yé chiéééé (Je ris jusqu’à je chie)

YRJYP= yé ri juska y péter (Je ris jusqu’à je pète)

YSV= yé si versé (Je suis versé, euh je crois que ça veut dire je suis dépassé non ?)

YSVDR = yé si versé de rire (Je suis versé de rire)

YSF = yé si fan - yé si fier (Je suis Fan, Je suis fier)

CPA = cé pa affaire (C’est pas affaire, à comprendre aussi par « C’est terrible ! »)

MD = Mal doux (Très intéressant)

CCS = Cè Cohan SAHé (C’est comme ça ça y est, on peut pas (le) changer)

RML= Rehade Mogo La (Regarde Môgô là, regarde ce gars là)

CR= Ca Roule (ça roule)

YSE= Ye sui enjailéé (Je suis enjaillé, je suis content)

CG= Cè Gatéé (C’est gâté, tout est mélangé ou C'est du bon selon les cas)

La liste n’est pas exhaustive et je laisse à votre imagination le soin de nous dénicher de nouvelles trouvailles que je completerai volontiers.

19 septembre 2009

On s'enjaille en Nouchi !

nouchi.jpgIls ne s'amusent pas, ils "s'enjaillent". Cette personne à la mode, ils la trouvent "choco". Eux, ce sont les adeptes du nouchi, un langage né dans les "glôglô" (quartiers précaires) d'Abidjan et qui a conquis jusqu'aux responsables politiques.

Prenant le français comme base, le nouchi y ajoute mots et expressions tirés des nombreuses langues parlées à travers la Côte d'Ivoire.
"Faut blè-blè", qui signifie "calme-toi", associe français et baoulé, langue d'une des principales ethnies du pays (centre). "Ya fohi" (pas de problème) puise dans le malinké (nord). Quant au néologisme "s'enjailler", il trouve son origine au-delà même des frontières, dans l'anglais "enjoy".

"C'est un langage qui s'autogénère, chaque jour il y a de nouveaux mots qui naissent", explique à l'AFP Jérémie Kouadio, professeur de linguistique à l'université de Cocody-Abidjan. "Il évolue d'une commune à une autre et d'une région à une autre"."Quand un mot d'une langue sonne bien, la rue se l'accapare", résume le percussionniste Julien Goualo.

Né au début des années 80 dans les "ghettos" de la capitale économique ivoirienne, le nouchi était alors "un langage codé" utilisé par les voyous, raconte-t-il. Dans ce monde de gangs, "on reconnaissait les nouchis à leur manière de marcher la poitrine bombée, comme si le monde leur appartenait".

Aujourd'hui encore, "le nouchi, c'est aussi et surtout les gestes qui accompagnent chaque mot", souligne la rappeuse Nash.
Visage juvénile et résolu, cette étudiante en anglais met à l'honneur à travers sa musique cette façon de parler, également illustrée par des artistes comme Magic System et des humoristes comme Adama Dahico. Loin de l'image du "gros bras" des débuts, Guillaume Bossé, employé bon chic bon genre, évoque un moyen de "s'identifier en tant qu'Ivoirien".

Source Angola Press

Lire aussi "Le Nouchi et nous"

Bété a réussi !

Billy Billy confirme tout le bien qu'on pense de lui. Humour & vérité dans un rap à la sauce ivoirienne. J'ai eu beaucoup de plaisir à écouter "Bété a réussi"!

Bonne écoute

06 septembre 2008

Rions un peu...en Nouchi

cotocoli.jpg

C'est l'histoire d'un concours de traduction en nouchi quelque part à babi (Abidjan). Trois communes sont dignement représentées. Un loubard de Treichville, un "Bella" d'Adjamé et puis un "Coxer" d'Abobo.

La phrase à traduire en nouchi est la suivante.
"Les oiseaux se cachent pour mourir".

Le loubard de Treich :
les Kôtôkoli se gbré pour dja.

Le "Bella" d'adjamé :
Le zizia se krou pour douf.

Dévinez ce qui sort de l'"Abobolais"
Les hohoo! se hohoo! pour hohoo.


Alors et vous ? Avez-vous une meilleure traduction en nouchi de cette phrase ?
Pour vous aider voici le dictionnaire nouchi en ligne ici

29 janvier 2008

Le Nouchi et nous

702bd9ae12c66214fe718f07e2a32e9a.jpgLoin d'être un langage vulgaire et un assemblage d'expressions "d'hommes-bon-à-rien", le nouchi est un véritable argot, propre à la Côte d'Ivoire.
Ce langage dont on retrouve certains mots dans des dictionnaires de langue française, évolue avec le temps et les circonstances. Et de plus, il est en train de s'imposer comme la «langue nationale» du pays au point où l'on se demande s'il ne faudrait pas l'intégrer dans l'enseignement.

Le Nouchi est né en Côte d'Ivoire et s'est inspiré de toutes les influences que subit le pays, carrefour de l'Afrique de l'Ouest. Ce langage est la transformation du français au contact de l'Afrique pour mieux traduire les réalités du quotidien.

Il est vrai qu'il y a des situations que la langue française n'arrive pas à traduire ou traduit mal.
Par exemple, lorsque énervée, une personne estime que ce qu'elle a fait (de mal), elle l'a bien fait et qu'elle recommencera, la langue officielle ne donne pas d'expression qui puisse le traduire clairement. Alors, cette personne dira «j'ai djin, j'ai loupé (lèpè) ou j'ai gô !».
Facilement repérables, les phrases seront privées de leurs articles et des adverbes du type «là» viendront ponctuer les fins de phrase. Un «Faut laisser affaire-là» fusera pour demander à quelqu'un d'accorder son pardon au regard d'un tort qui lui aura été fait.

cfb5aa8719e22bb01523bc8f636fa4c7.jpg

Au-delà du langage imagé, il est aussi question de traduire la sagesse de l'homme de la rue qui s'inspire de son quotidien. Pour exprimer le fait qu'à Abidjan, le «système D» prévaut, on affirmera : «Abidjan, c'est technique !». Pour exprimer également que quelqu'un parle dans le vide (pour ne rien dire) on emploiera «c'est discours, c'est hobahoba».
40d16815fcb9a869f95ac3e623b4cab5.jpgLe Nouchi, tout en s'inspirant du français, magnifie aussi nos langues africaines (le Baoulé, le Dioula ou le bété) qui ont besoin d'être promues parce que de plus en plus délaissées par la jeunesse.
"Awoulaba" est un terme tiré du Baoulé qui désigne la plantureuse femme africaine. Exemple tiré d'une chanson populaire : " Bôtchô, awoulaba. Qui n'aime pas ça ? " (Une paire de fesses, une jolie nana... Qui n'aime pas ça ?). «Ya (nan de) Foyi» (en Dioula), «ya likéfi» (en Baoulé) pour signifier qu'il n'y rien ou que rien n'arrivera.

Le Nouchi est aussi un langage de jeunes. Parler Nouchi traduit le fait qu'on est " branché ". Pour illustration, un étudiant évoluant en dehors de la Côte d'Ivoire pendant l'année scolaire s'attachera à se renseigner sur les dernières expressions à la mode pour ne pas se faire traiter de "gaou". Un mot qui a d'ailleurs évolué. Au lieu de gaou, on emploie désormais «brézo», >«gnata» et aujourd'hui «souahé».

Vocabulaire immensément riche et composite, langage facile à apprendre et à comprendre, le Nouchi se présente comme une volonté manifeste de notre génération de s'affirmer, mais surtout de rejeter la colonisation linguistique que veut imposer l'occident. Véritable créole ivoirien, il développe toute une philosophie qui nécessite de connaître l'environnement ivoirien pour percer ses mystères.
8f2b15e8c3bd07f0c7d593993223179f.jpg

Le Nouchi, c'est la langue de demain. L'interdire serait occulté à notre jeunesse, une culture propre à elle-même qui épouse notre temps, nos langues locales et les situations que nous vivons. Le Nouchi n'est pas une langue morte, mais elle vit de génération en génération. «Celui ki nè pas enjaillé na ka béou !».