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05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

16 février 2009

Ces Samedis qui brûlent

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Le Nouveau Réveil, quotidien proche du PDCI (parti démocratique de Côte d'Ivoire, ancien parti au pouvoir) est revenu ce lundi, comme toute la presse sur l'incendie qui a ravagé les bureaux du président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. C'était le samedi dernier en début d'après midi.
Ledit journal constate que ce sont les samedis que les marchés et autres bureaux partent en fumée.
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(...) Après l'incendie criminel qui a ravagé les 9ème et 10ème étages de la cité financière un samedi de l'année dernière, les bureaux de Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée Nationale et sa secrétaire sont partis en fumée tôt samedi dernier. Selon nos reporters sur les lieux ce samedi. Encore un samedi comme la plupart des marchés qui brûlent depuis peu sous la refondation dans le district d'Abidjan. Les enquêtes en cours qui permettront de déterminer l'origine de l'incendie devraient aussi permettre de comprendre pourquoi, seuls les bureaux de Koulibaly Mamadou ont brûlé ? Que contenaient ses bureaux qui ont vu défiler les présidents Philippe Grégoire Yacé, Henri Konan Bédié, Charles Bauza Donwahi et Emile Brou ? Pourquoi c'est sous Koulibaly que ce bureau part en fumée un autre samedi ? Etait-ce le seul bureau vétuste de l'Assemblée nationale ce samedi-la ? Que veut-on véritablement cacher ? L'enquête peut-elle vraiment éclairer les Ivoiriens sur les causes de l'incendie de ce samedi ?


Attention donc à ce que vous allumerez les samedis !

Petit affairage à l'ivoirienne: Il se dit depuis ce samedi que Mamadou Koulibaly s'est débarassé de ses fonctionnaires fictifs avec l'incendie de son bureau. Qu'en pensez-vous ? On me souffle qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

Lire l'intégralité de l'article.
(Photos prises ici)

11 février 2008

Une nouvelle monnaie pour la Côte d'Ivoire ?

a20a3dee1d9a42b6aee27c7babf80256.jpgEn meeting à Bouaflé, le Président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibay, s'est encore élevé contre les agissements diaboliques de la France. Selon lui, le gouvernement français ne laisse pas "les chefs d'Etat africains travailler tranquillement".
Pour le 3e vice-président du parti au pouvoir, la France a peur que l'Afrique prenne des décisions d'elle-même. Et il en veut pour preuve le récent refus de la France de voir le ministre Bouhoun Bouabré accéder à la tête de la BCEAO. Mamadou Koulibaly a donc encouragé les ivoiriens, et les africains à s'engager sur la voie qui permet d'affirmer leur dignité et leur liberté (qui passent certainement par l'abandon du Franc CFA). "Il faut créer notre propre monnaie", a t-il souhaité.

"Vous nous voyez en costume, comme présidents mais nous avons les pieds et mains enchaînés. (...) Et c'est valable pour tous les présidents africains. Ils sont présidents, mais ils ne peuvent pas tout faire. Il y a certaines choses que pour faire, il faut qu'ils demandent d'abord à Paris. Si Paris dit je ne veux pas, on ne fait pas, si tu veux faire, on te saute du pouvoir. Vous là, vous servez à quoi alors ? C'est ce qu'il se passe au Niger ou le président Tandja a voulu voir clair dans l'exploitation de l'uranium de son pays. Ils ont créé une rébellion avec les Touareg ; Idriss Déby paye aujourd'hui parce qu'il a jugé les Français dans l'affaire de l'Arche de Zoé et en Côte d'ivoire, ils ont voulu renverser Gbagbo à cause des contrats de la CIE, de l'eau, du port et de la télécommunication. Ce n'est pas possible, nous sommes des hommes, nous avons des droits. Regardez le ministre d'Etat Bohoun qui est là. On voulait le nommer Gouverneur de la Banque centrale à Dakar. Si c'était entre nous les Africains, il serait Gouverneur, mais on dit que ce sont les Français qui ne veulent pas de lui. Les Français ont quoi à avoir dans notre banque centrale? Ont posé la question, certaines personnes. Mais c'est pour eux la banque, pour ceux qui ne le savent pas. Ils ont peur de Bohoun Bouabré. Oui, parce qu'ils disent que les gens d'Abidjan avec leur théorie bizarre d'économie, ils vont venir tout chambouler à la BCEAO. Ils ne perdent rien pour attendre. On ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvri. On a une monnaie digne de l'Allemagne d'aujourd'hui, alors que nous sommes une économie pauvre d'Afrique. Une industrie qui doit emprunter de l'argent à la banque pour investir, les banquiers lui demandent à Abidjan, 14 à 15%. Quand les mêmes entrepreneurs français vont à la banque pour chercher de l'argent, on leur demande 3 à 4 %. Comment ici, vous allez prendre crédit à 15 % et construire des usines, embaucher des jeunes pour travailler et avoir des bénéfices avec ces 15 % ? Quand on ouvre son compte là-bas, ils sont les premiers à dire, ce sont des folies, ils ont ouvert des comptes en Europe. Il faut qu'on sache ce qu'on veut. Notre franc CFA, il faut qu'on en finisse avec. Ça peut être dur, mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria, la Guinée, le Liberia, etc. ont leurs monnaies. Les mêmes écoles qui ont formé leurs cadres pour créer leur monnaie, nous avons aussi ici, les mêmes compétences. Mais nous là, on dit non, la France dit qu'elle ne veut pas. Il faut qu'on arrête de dire qu'est-ce que la France veut, avant qu'on fasse. On est des gens, on est des responsables, on est un pays, il faut qu'on s'assume entièrement. Le gouvernement français n'a qu'à gérer la France, c'est son droit et puis ils n'ont qu'à nous laisser gérer notre continent. C'est tout.
La période coloniale d'esclavage, c'est fini ! On ne va pas leur demander des comptes immédiatement, mais ce serait bien aujourd'hui qu'on nous dise, Messieurs les ministres d'Etat qu'on fasse l'audit du compte d'opération. Depuis 1960, il y a combien de francs, on a eu combien et à quel taux d'intérêt sommes-nous ? Il faut qu'on fasse l'audit de la coopération monétaire, de la coopération économique. Mais si on est en guerre comme ça là, on ne peut pas s'asseoir et penser à ça. Il y a un qui dit, on veut l'audit et l'autre passe pour dire moi, je ne veux pas de l'audit si vous me donnez le pouvoir, vous faites ce que vous voulez en Afrique. En Europe, ils sont solidaires, lorsqu'un pays vous dit non, l'autre pays ne va pas accepter. Avec cette guerre, je suis allé voir les Allemands pour dire de nous aider contre les Français, ils ont dit non. Les Belges, les Italiens, les Américains, pareils. Mais si c'est en Afrique, nous sommes prêts à vendre nos parents. Les gens qui sont bien, ne vendent pas quelqu'un. Vendre l'homme, c'est interdit moralement. Et pourtant, leurs Parlements ont voté des lois pour nous vendre. C'est aujourd'hui qu'ils savent qu'il y a des droits de l'homme. On dirait “qu'avant nous n'étions pas des hommes".