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19 janvier 2012

Sylver Konan présente sa « Raison d’Etat »

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Un stylo à bille signant « Nadia » dans un livre. Sylver Konan, n’hésite pas à lancer à sa lectrice du jour : « J’aime les critiques, parce que moi-même je touche des thèmes à polémiques ». Cela fait rire la jeune femme. Son « amie de facebook » qui n’hésite pas à être un peu dur avec lui en ligne. Pourtant, ce mercredi 18 janvier, elle a tenu à rejoindre les locaux de la Librairie Aleph, au Plateau (centre des affaires d’Abidjan) où le journaliste dédicace son tout nouveau roman : « Raison d’Etat ».

Un titre provocateur ? Non, répond Sylver. « Au moment où j’annonçais mon ouvrage en mars 2010 aucune émission n’était à l’antenne », précise t-il en levant légèrement le ton. « Je ne regarde pas la télé pour les mêmes raisons d’hier qu’aujourd’hui. Et donc je ne pouvais pas savoir qu’une telle émission existait». Le titre de l’œuvre, rappelle une émission de la télévision ivoirienne de la période post-crise électorale.

Pourtant, Sylver n’hésite pas à sourire quand on revient à son livre. Un roman dans lequel « un mort, Eric Moyé, raconte sa vie ». Le journaliste ne veut pas faire comme les autres. «C’est un ouvrage d’outre-tombe » souligne l’actuel reporter de Jeune Afrique. « La vie ce n’est pas un film brésilien. Parfois, les méchants triomphent, les gentils et les honnêtes meurent pauvres …» constate t-il en justifiant pourquoi son livre peut sembler un peu triste. «Les lecteurs auraient voulu que Eric ne meurt pas » affirme t-il avec un sourire.

« Écrivain prometteur, auteur au style particulier et vigilant dans le traitement des thèmes ». Les éloges ne manquent pas de la part de Charles Pemont, le directeur de « Encre Bleu » la maison qui a édité le roman. Sylver, c’est aussi la langue acerbe et le verbe tranchant. Et pour lui, ça ne risque pas de s’arrêter. Il faut continuer à dénoncer les tares des dirigeants africains. Et tous les moyens sont bons. Dans un journal ou dans un roman. « Il nous faut des sociétés fortes qui influencent les décisions politiques. En Europe on en trouve, ici en Afrique ça manque », dénonce l’écrivain. « Je suis du côté du peuple. Je ne suis ni pour un groupe politique ni pour un autre. J’ai dénoncé ce qui se faisait hier, je dénonce ce qui se fait aujourd’hui et je dénoncerai les mauvais agissements des dirigeants de demain ».

Un prochain ouvrage bientôt ? « Oui » répond l’auteur avec force en se réjouissant de l’affluence à la librairie Aleph ce mercredi. Lui qui souhaite être le plus proche possible de ses lecteurs. « Depuis 9 heures que je suis là je vois du monde » jubile t-il. « Dans quelques temps, je ferai sortir de mes manuscrits un autre ouvrage. Peut être un roman qui revient sur les évènements de 2002» annonce Sylver Konan en donnant des pistes sur le titre : « 19 septembre ».

Il est 15 heures à la librairie Aleph. Sylver profite de quelques minutes de calme pour souffler quelques minutes en attendant d’autres lecteurs. L’occasion pour lui et ses amis venus le soutenir et assis autour de « sa » table de revenir sur les derniers développements de l’actualité en Côte d’Ivoire. Le journaliste n’aura le temps d’aller bien loin dans les discussions, un autre lecteur se présente avec « Raison d’Etat » en main. Sylver Konan doit expliquer la belle femme en face du monsieur en prison sur la couverture du livre.

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