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14 juillet 2009

Treichville sous tension ce 14 juillet

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Un quartier d'Abidjan était mardi sous tension après que, selon des sources policières, un jeune Ivoirien y a été tué par un ressortissant libanais.
Dans le quartier de Treichville (sud d'Abidjan), où de nombreux commerces appartiennent à des familles libanaises, plus d'une centaine de membres des forces de l'ordre étaient déployés dans l'après-midi tandis que plus de 200 jeunes étaient dans les rues, selon la même source.
Des jeunes armés de gourdins ou de cailloux s'en sont pris à des magasins, qui avaient tous baissé leur rideau, et d'autres manifestants ont élevé des barricades faites de pneux de voitures.
Des hommes des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser ces jeunes, ramenant un calme précaire dans le quartier, a-t-on constaté.
Selon des policiers interrogés sur place, cet accès de tension a été provoqué par la mort mardi matin à Treichville d'un jeune Ivoirien, "tué par balle par un Libanais".
La communauté libanaise de Côte d'Ivoire, très implantée dans le commerce et forte de plusieurs dizaines de milliers de personnes, est la plus importante d'Afrique.

Source AFP

22 avril 2008

Affaire "Lycée libanais", toute la lumière

258a7752d3ba2bcb4dd620c5ceb863a7.jpgRetour sur une enquête qui est jusque là restée inachevée. Mais au finish, les portes du lycée libanais nous ont été ouvertes. Et tous les secrets ont été découverts. Aujourd'hui nous sommes en mesure de nous faire une idée précise de ce qu'est le lycée libanais Al Ghadir.

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02 avril 2008

Le Lycée Al Ghadir est-il interdit aux Noirs ?

Enquête…inachevée...
aafa96bf735f9c61d32e5e975655e405.jpgDans un quartier d'Abidjan, l'on raconte qu'il existe une école qui est strictement interdite aux Noirs. C'est le Lycée libanais «Al Ghadir». Il est situé à un endroit perdu de la Riviera 3 (un quartier huppé de la commune présidentielle de Cocody).
Nos efforts pour tenter de rencontrer les responsables de cet établissement d'enseignement afin de vérifier l'information sont restés vains.
«Vous ne pouvez pas entrer si vous n'êtes pas parents d'élèves», nous apprend le vigile chargé de surveiller le portail. C'est un noir, un Ivoirien.
Pendant ce temps, l'on aperçoit un ballet interminable de véhicules (car et voiture personnelle) qui entrent «pour déposer les élèves». Il est quasiment 7 heures 45.
Nous décidons d'attendre afin de pouvoir interroger les chauffeurs (qui sont noirs). Mais en observant tous les véhicules l'on peut facilement constater que les élèves qu'on vient déposer sont tous libanais (du moins ont tous la même couleur de peau et les mêmes traits).
Renseignement pris néanmoins chez le vigile (qui souhaite garder l'anonymat), l'on apprend que le lycée libanais Al Ghadir comprend un niveau préscolaire, primaire et un collège. Mais concernant l'information selon laquelle elle serait réservée aux libanais, le gardien refuse toujours de la confirmer (ni de l'infirmer).
8 heures 30, un chauffeur venu descendre les enfants de son employé stationne à quelques mètres pour vérifier l'état de ses pneus. Nous nous dépêchons pour l'accoster avec un grand sourire en lui proposant notre aide. L'homme visiblement heureux nous répond qu'«il n'y a rien de grave». Alors, nous engageons une causerie qui aboutit à la question qui suscite notre intérêt. «Est-ce que le Lycée Al Ghadir est interdit aux Noirs ?». Notre interlocuteur réfléchit et lance sans balbutier : «Je sais qu'il n'y a que des libanais dans cette école. Depuis deux ans que je viens déposer les enfants de mes patrons je n'ai jamais vu d'autres élèves que ceux des libanais». Pour le chauffeur, tous les élèves sont libanais mais, il ne peut confirmer que le lycée est uniquement réservé aux libanais.

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Un peu plus de 20 minutes après que notre homme nous ait laissé, nous nous rapprochons du portail central du Lycée Al Ghadir. Un seul bâtiment (gigantesque et rose) est visible. Et la clôture s'étend à une centaine de mètre.
Pendant que nous ''contemplons'' l'école, nous sommes interpellés par un homme (un libanais sûrement). Il est éducateur et il a été alerté par un vigile, selon ce qu'il nous dit.
Nous nous présentons et nous lui posons notre préoccupation. Il fronce les sourcils et répond dans un français impeccable : «écoutez, que les gens racontent ce qu'ils veulent, ce qui est sûre nous avons un programme spécial». «Donc, les élèves autres que les libanais ne peuvent pas suivre ?», demande t-on. Visiblement agacé, l'homme refuse de nous répondre et de se prêter à d'autres questions. Poliment mais avec un ton énervé qu'il cache difficilement il nous demande de partir. Ce que nous faisons d'ailleurs.
Notre montre affiche 9 heures 15, nous quittons les lieux sans avoir eu la confirmation (ni l'infirmation) de ce que le Lycée libanais Al Ghadir ne reçoit que les élèves libanais. Pourtant, c'est la rumeur qui éclabousse tout le quartier. Et l'attitude des membres du personnel ne fait que confirmer qu'il y a beaucoup de choses à cacher. Parce qu'en réalité, il n'est pas admissible que dans un pays, un établissement scolaire soit interdit aux enfants de ce pays.
Pour l'instant en tenons nous à la rumeur. Mais nous suivrons cette affaire.