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11 juillet 2012

Revue de presse. La Cpi et le RHDP font les grandes Unes

 

fatouCpi.jpgLa réaction de la Cpi enflamme la presse ce matin. Si dans un camp on se réjouit que les propos de Guillaume aient été démentis, dans l’autre on jubile de l’inculpation de 8 pro-Gbagbo pour Génocide. Dans un autre camp, celui du RHDP, c’est le rassemblement qui se dessine. (Cette revue de presse est fournie par Infopresse)

4 jours. C’est le temps qu’il a fallu à la Cour Pénal International pour répondre aux déclarations du président de l’Assemblée Nationale, Guillaume Soro qui avait annoncé des « mandats d’arrêts contre Simone Gbagbo, Blé Goudé et Dogbo Blé ». « Nous ne confirmons pas ces annonces. Le bureau du procureur (…) laisse aux acteurs politiques le soin de faire leurs propres déclarations. Nous ne commentons pas les rumeurs et les allégations (…) », rapporte Notre Voie, reprenant les propos de Pascal Turlin, Conseiller en coopération internationale au bureau du procureur de la CPI.  « Le collaborateur de Fatou Bensouda par cette déclaration contredit ainsi le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire », constate L’Intelligent d’Abidjan. « La CPI n’a émis aucun mandat d’arrêt », interprète le journal du FPI en jubilant : « La CPI humilie Ouattara et Soro ».
« Deux hypothèses se dégagent à lumière de la réaction des représentants officiels de la CPI » analyse Soir Info. « Soit l’ancien premier ministre et actuel chef du parlement faisait fausse route dans sa révélation au sujet de mandats d’arrêts (…), soit la Cpi est juste une institution qui a sa façon à elle de communiquer » écrit le journal des faits divers.

Une réaction de la Cour pénal internationale qui intervient le jour même de la condamnation de Thomas Lubangan. Cet « ancien chef de guerre de la république démocratique du Congo, indique Notre Voie, à été condamné par la Cpi à 14 ans de prison ».  « Seulement 14 ans ! » lance l’air déçu, L’Intelligent d’Abidjan. Lire toute la revue de presse de ce jour.

 

10 juillet 2012

Webolitique : Cyberactivistes Pro-Gbagbo, la bataille sur le Web (2)

Cet article fait est la suite de la serie "Webolitique" dont le premier épisode portait sur "comment le pouvoir en place utilise le Web". sitegbagbo.JPG

Un an après l'arrestation de leurs mentors, les membres de l’opposition ivoirienne n’ont pas baissé les bras sur les réseaux sociaux. Même si par moment, les sites web et les réseaux sociaux de l’ancien président ivoirien semblent en agonie, ceux de ces partisans se vivifient. Coupés des médias locaux et ne jouissant pas de plages dans la presse internationale (comme ceux du pouvoir en place) les « Pro-Gbagbo » se trouvent un espace plus large et plus instantané : les réseaux sociaux. Face à un pouvoir qui veut prendre du terrain sur le Web, l’opposition organisent la « résistance » sur le web. Parcourons, les couloirs des plus actifs sur Internet. C'est une liste non exhaustive  

 

Les comptes de Laurent Gbagbo abandonnés ? 

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLaurent Gbagbo même s’il reste enfermé, est toujours présent sur la toile. C’est vrai, l’ancien site officiel de la présidence n’est plus fonctionnel. Mais son espace personnel est régulièrement mis à jour. On y retrouve toute l’actualité sur les différents exilés ou emprisonnés politiques. Mais aussi des infos sur l’état de Laurent Gbagbo lui-même. Et sur les réseaux sociaux aussi, le patron du FPI est bien vivant. Deux pages « Facebook Officiel ». Laurent Gbagbo qui compte plus de 7200 fans ou Gbagbo Laurent qui totalise plus de 9700 « j’aime ». Deux comptes « Twitter » aussi qui, pour l’heure, sont au point mort. Le premier qui a arrêté d’être alimenté depuis le 15 mars (plus de 1000 abonnés) et le second est à plus de 1700 abonnés avec le dernier « tweet » qui remonte au 13 avril. Tout comme le site Web Lgconnect qui lui-même est en berne. Le deuxième compte « Twitter » s’est arrêté le 13 avril. 2 jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Il totalise un peu plus de 3000 abonnés.

Alain Toussaint et les autres… sur tous les fronts

Il est certainement le plus actif de la “résistance” dans les manifestations qu’il initie ou auxquelles il participe. Mais également, sur la toile. Alain Toussaint est fortement présent. Son compte « Twitter » qui compte plus de 2000 « followers » est son média personnel. Il y met les photos, des liens sur ses activités. Pour le porte-parole de Gbagbo en Europe,  c’est aussi le lieu pour débattre. Idem pour son compte « Facebook ». 17 882 Fans. Véritable média en ligne. Où sont déposés textes, photos, vidéos etc.  Sur cet espace, Alain Toussaint livre les comptes-rendus de ses tournées, mais aussi des activités des partisans de Laurent Gbagbo en Europe ou ailleurs dans le monde. [NB: Mise à jour par Alain Toussaint sur Twitter. 2 700 followers sur Twitter / 5 203 Amis et 17 895 abonnés sur Facebook au 10 juillet 2012.]

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueAutre hyperactiviste engagé sur la toile : Steve Beko.  C’est son surnom. Il est perçu comme «celui qui se positionne, aujourd’hui, comme l’un des grands défenseurs, sur le réseau social Facebook, des idées de l’ancien président, Laurent Gbagbo ». Son profil « Facebook » mais également sa page « Twitter » ou minutes après minutes les idées, pour galvaniser les troupes, sont émises. http://twitter.com/#!/stevybeko. Et il n’est pas seul à mobiliser.

Abel Naki, est l’Initiateur de « FACEBOOKERS POUR GBAGBO », "Directeur de Campagne Adjoint du Président Laurent GBAGBO" en France chargé de la communication. Sa page « Facebook » lui sert également de lieu de promotion des évènements organisés et des idées pour « continuer la lutte ».

Avec Abel NakiMande Massa ou en encore Wazi Guepié ou encore le journaliste Théophile Kouamouo investissent la toile de fond en comble. Le patron du journal (désormais en ligne) « Le Nouveau Courrier » marque sa présence sur « Facebook » ou sur « Twitter » sur lequel plus de 3000 comptes sont abonnés au sien. Mais son espace de prédilection reste son blog où ses idées anticolonialistes restent à la page. C’est là qu’il diffuse ses éditos, ses coups d’gueule. C’est là aussi qu’il fait la promotion de ses voyages ou de ses ouvrages.

Et si on parlait des groupes de pression !

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLe plus dynamique reste le « ACC ». Action Concrète de Communication. Sur cette page « Facebook » la plupart du temps, ce sont des vidéos et des photos qui sont mises en valeur. Rassemblement, reportage, émission… Ce groupe est un relais de toutes les activités des partisans de l’ancien Chef de l’Etat. 

Il y aussi et surtout « La majorité présidentielle ». Avec ses 31260 fans, elle est certainement la plus célèbre page « Facebook » des cyberactivistes Pro-Gbagbo. Constamment mis à jour, cette page suit de près l’actualité en Afrique tout en indexant ouvertement la « Françafrique » et en mettant en avant leur poulain : Laurent Gbagbo

Mon point de vue

De cette ballade, je retiens que depuis avril 2011, l’offensive des partisans de Laurent Gbagbo a baissé. Cela est certainement dû au fait que la plupart des cyberactivistes qui résistaient pendant la crise post-électorale sont en exil, emprisonnés ou séquestrés. Je ne revois plus, par exemple, le célèbre Facebooker pour Gbagbo (et mon ami personnel) Claudus. Si les Cyberactivistes de l'opposition se font discrets sur « Twitter », ils sont bruyants sur « Facebook » qu'ils ont décidé d'investir de fond en comble. Il leur faut, à mon sens, mieux synchroniser leurs actions pour plus d'efficacité dans la communication On Line. Quoiqu’il en soit, et comme je l’avais affirmé lors de mon premier article, le Web reste incontestablement l’aire de bataille politique en Côte d’Ivoire aujourd’hui. C’est là que tout ce gagne. « Tweet » après « tweet », « post » après « post » sur « Facebook » et/ou sur les blogs. 

 

16 mai 2012

La RTI toujours dans la manip ?

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Elle a été fortement critiquée pendant la crise post-électorale. Accusée d’être à la solde d’un camp et de tirer sur un autre. "La RTI du mensonge, la RTI de la manipulation". Telles étaient ses tares révélées, indexées et décriées à côté de son manque de professionnalisme.

Les temps ont changé, le régime a changé, les têtes ont changé… mais la RTI surtout la 1ère renommée RTI1 semble ne pas avoir changé sa manière de travailler.
Pour les rares personnes comme moi qui ont suivi le JT de 20 heures de ce mardi 15 mai 2012, elles ont du être aussi choquées que moi par cette vidéo diffusée en plein cœur du Journal. L’idée était de montrer que François Hollande, le nouveau président français, ne soutient pas Gbagbo. Surtout que depuis l’élection de François Hollande, les pro-Gbagbo et les Pro-Ouattara se l’arrachent par presse interposée.

David Mobio le présentateur annonce dans son lancement « avant d'accéder à la Présidence, le nouveau président français s'est prononcé sur l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo ». Vient ensuite la vidéo.


Mais que veut dire « avant d’accéder à la présidence ? ». A quel moment le présentateur veut que le citoyen lambda se situe ? Pourquoi ne pas signifier clairement que cette vidéo a été faite le 22 décembre 2010 en pleine crise post-électorale ? Quel est le point de vue aujourd’hui de l’International Socialiste vis-à-vis de l’ancien parti au pouvoir ? Je me demande bien pourquoi avoir fait sortir cette vidéo de son époque pour la brandir de façon sournoise comme datant de juste avant l'élection du candidat du parti socialiste.

La Rédaction de ce 20 heures aurait pu trouver une autre parade que celle-ci pour indiquer que Hollande ne changera pas d’avis sur Laurent Gbagbo.
Je trouve cela maladroit, inopportun et peu honnête. Et qui au final vient démontrer le contraire de ce que la Maison Bleue voulait faire passer comme message.

Le rôle de la RTI n’est pas de prendre partie pour un camp dans cette bataille « Hollandaise ». Son rôle faut-il le rappeler, est de nous informer sur la vie des citoyens et des évènements qui les touchent. De nous donner une information dépourvue de toute attache politique au sens militant du terme.

Je reste convaincu que si la RTI le voulait, elle aurait pu obtenir une interview de François Hollande qui se serait prononcé sur ce qu’il pense de Gbagbo et du FPI à l’heure actuelle. Si la RTI le voulait, j’ai bien dit.

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

Alassane-Ouattara-et-Laurent-Gbagbo_articlephoto copy.jpg

Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.

18 octobre 2009

Bédié répond à Gbagbo

1843.jpgL'opposant Henri Konan Bédié n'est pas allé par le dos de la cuillère pour réagir aux propos du président Gbagbo. Celui-ci avait ironisé sur le fait que l'existence politique de certains hommes et femmes en Côte d'Ivoire ne repose, selon lui, que sur des liens qu'ils ont avec l'étrange.

Au lendemain de la candidature du chef de l’Etat Laurent Gbagbo à la prochaine présidentielle, le candidat de l’ancien parti unique PDCI Henri Konan Bédié tenait meeting samedi à Port-Bouët, la commune aéroportuaire. L’occasion pour l’ex-président de la République de répondre aux attaques verbales du désormais candidat Gbagbo, qui avait dit vendredi : « Il y a des hommes et des femmes en Côte d’Ivoire dont l’existence politique ne repose que sur les liens qu’ils ont avec l’étranger », Au micro du correspondant de RFI, celui que l'on surnome "N'Zuéba" dénonce « l’irresponsabilité  et le peu de sérieux » de Laurent Gbagbo.


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Source RFI