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18 septembre 2012

Le CNP lève les sanctions contre les journaux Pro-Gbagbo

Les journaux bleus sont réapparus depuis mardi 18 septembre. L'organe de régulation de la presse écrite ivoirienne a décidé lundi soir la levée provisoire de la mesure de suspension de parution qui frappait les quotidiens proches de Laurent Gbagbo, selon un "communiqué officiel" du Conseil national de la presse (CNP).

"Nous avons décidé de suspendre la sanction qui frappait ces journaux, dans e cadre des médiations en cours avec le Groupement des éditeurs de presse de Côte d'Ivoire (patronat) et la Commission dialogue, vérité et réconciliation", a déclaré à lAFP le président du CNP, Raphaël Lakpé en ajoutant: "Nous voulons donner une chance à ces médiations, afin de voir quels sont les engagements que les responsables des journaux sanctionnés ont pris et les garanties qu`ils les respecteront".

Lire l'intégralité du Communiqué du CNP.

(Avec AFP)

 

 

20 avril 2011

Fin d'expression pour les bleus ?

Après la chasse au sorcière pour les hommes politiques par les partisans du nouveaux camp au pouvoir, voici désormais la chasse aux journalistes "Bleus". Les sièges des journaux Le Temps et Notre voie, fidèles à Laurent Gbagbo ont été littéralement saccagés et pillés. Aujourd'hui, ce sont les journalistes du Nouveau Courrier qui craignent pour leurs vies. Leurs crimes: être bleue. C'est à dire être partisan de Laurent Gbagbo.

Dans la crise Post-électorale, je ne connais pas un seul quotidien en Côte d'Ivoire qui n'a pas soutenu son camp. Parfois avec beaucoup d'erreurs. Et ça il faut le dire. En bleu, en rouge ou en vert, tous les journaux ivoiriens se sont montrés partisans activant parfois le feu. J'entends certains crier "il faut juger tous les jounaux qui ont incité à la haine". Et c'est bien. ça veut dire tous les quotidiens quelque soit leurs couleurs devront passer sous le coup de la loi. Mais on verra bien quand la justice aura décidé de prendre ce chemin.

Pour aujourd'hui, à l'ère de la "Page Blanche" et de la "Vérité et Réconciliation", certains journalistes sont menacés de morts par les partisans de Ouattara parce que n'ayant pas fait allégeance à Alassane Ouattara ou parce qu'ils n'ont pas partagé le même point de vue que les quotidiens d'en face.

 

Le courrier-ci dessous a été envoyé aux journalistes et responsables du Nouveau Courrier. Je vous en donne lecture.

De : Mamadou Ouatara

À : ftoti@nouveaucourrier.com; frankoliviert@yahoo.fr; bahi_stephane@yahoo.fr; sbahi@nouveaucourrier.com; eakani@nouveaucourrier.com; saintcoula@yahoo.fr; cyletemps@yahoo.fr
Envoyé le : Ven 15 avril 2011, 15h 48min 19s
Objet : vos jours sont comptes

Vous les journalistes de GBAGBO la vous aller voir on va vous poursuivre jusqu.à votre dernier retranchement , et vous corriger un à un .
Votre protecteur n.est plus la , c,est ADO qui est la maintenant et donc vous aller payer toutes vos injures. Il n,y aura plus de liberte de presse ici en CI
on va tous vous tuer vous les asticos de GBAGBO.
A bon entendeur salut . on vous aura tous


Le redacteur en Chef du Journal, Saint Claver OULA  a pris le monde à témoin des menaces et appels au meurtre des partisans de Ouattara contre les journalistes des journaux privés dits journaux "bleus" qui voient différemment l'actualité politique autre que les journaux proches de Ouattara, ou qui partagent la même idéologie que Laurent Gbagbo.
Voici un mail qu'il a adressé ce lundi 18 avril à l'attaché de presse de l'ambassade des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, Teko Folli.


De : oula saint-claver 
À : "Teko, Folli X" 
Envoyé le : Lun 18 avril 2011, 17h 01min 36s
Objet : Tr : vos jours sont comptes

Salut Teko,

A ta demande, je t'envoie ce mail (ci-dessous) d'un certain Mamadou Ouattara, qui nous donne des raisons d'entrer dans la clandestinité en attendant que les nouveaux hommes forts acceptent une diversité d'opinion sur la crise en Côte d'Ivoire.
Ce mail démontre clairement que les journalistes des journaux privés dits journaux "bleus" qui voient différemment l'actualité politique autre que les journaux proches de Ouattara ou qui partagent la même idéologie que le président déchu, Laurent Gbagbo, font l'objet de menaces récurrentes. Après le saccage et le pillage du journal Le Temps et de Notre Voie, puis une visite d'hommes armés au siège du Nouveau Courrier (rapportée par le vigile des lieux), ce sont les journalistes eux-mêmes qui sont ciblés. Nous recevons des mails ou coup de fil de menaces (lire ce message ci-dessous) d'un certain Mamadou Ouattara.

Le dimanche 17 avril à 10h30, sur la radio, la Voix du Rassemblement (pro-Ouattara), c'est pratiquement à un appel au meurtre contre les journalistes du Nouveau Courrier que ce sont livrés animateurs et intervenants. Ils ont traité les journalistes, notamment le directeur de la rédaction Théophile Kouamouo, de tous les péchés d'Israël. Des intervenants ont même déclaré ouvertement qu'il faut nous faire payer toutes nos critiques à l'endroit de leur leader et de ses proches.
Ce lundi 18 avril, moi-même, j'ai reçu un coup de fil d'un numéro anonyme me narguant, eu égard à notre absence sur le marché. "Vous n'avez pas dit que vous êtes garçons ? On vous attend", a-t-il dit, appuyant ses propos un long tchrou (expression de mépris), sans même décliner son identité. Je lui ai tout simplement dit merci.

Notre pigiste à Yamoussoukro (Zouhou Patrice : 40......) a été joint au téléphone, samedi dernier, par un certain Yacouba Sidibé (un des responsables locaux du RDR) qui lui a rappelé que son journal, Le Nouveau Courrier, avait publié le 22 mars dernier, un article révélant son rôle dans la prise de Yamoussoukro par les forces rebelles pro-Ouattara. Pour cela, il comptait lui régler son compte dès l'instant où il l'appréhenderait.

Dans un tel contexte, nous ne pouvons que nous cacher et cacher notre famille parce que nous possédons suffisamment de preuves qui démontrent que notre vie est sérieusement en danger dans cette ambiance d'insécurité.

Saint Claver OULA
Journaliste professionnel
Rédacteur en chef du Nouveau Courrier

Le journal le Patriote (Pro-Ouattara) écrivait dans édition du 20 avril "Dans les médias, la terreur a changé de camp", repprenant la déclaration du Secrétaire Général de Reporter Sans Frontière:

"Plusieurs journalistes ivoiriens proches de l'ancien chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, sont traqués par des partisans d'Alassane Ouattara et ont dû entrer en clandestinité par crainte d'être victimes de règlements de comptes, a appris Reporters sans frontières auprès des intéressés et de plusieurs sources concordantes.

Nous sommes très inquiets et mettons en garde les nouvelles autorités contre une situation qui pourrait leur échapper mais dont elles seraient tenues responsables. La volonté de certains partisans du nouveau Président de faire la chasse aux journalistes du camp adverse pour se venger est simplement inacceptable et indigne. Nous appelons le président Ouattara à demander publiquement à ses partisans de renoncer à cette volonté de vengeance et de respecter la pluralité des opinions", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation".

Mais cette traque aux journalistes Pro-Gbagbo ne se limite pas qu'au format papier. certains blogeurs sont visés. Le Blogueur Claudus, président des Facebookeurs pour Gbagbo a écrit une sorte de post d'adieu. Il écrit en conclusion de son post:

"Et quand on est quasiment obligé de faire de l'autocensure ? La liberté de penser et de s'exprimer fout le camp de mon pays !!! Dommage. Vous allez me manquer !!!"

Le blogueur a dû fuir le pays, parce que se sentant menacé. C'est bien loin donc l'époque où on pouvait parler sans crainte ? Est ce fini l'ère de la liberté de la presse ? simples questions. On attend de voir.