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02 novembre 2012

Mon soutien au Journaliste Trésor Kibangula

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C’est une histoire qui risque de faire grand bruit dans la presse et dans la justice française. Trésor Kibangula, 29 ans, jeune diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille s'est installé à Paris cet été pour y travailler. Il a fait une demande auprès de la préfecture pour que son titre de séjour étudiant évolue en titre de séjour professionnel, avec à l'appui, une promesse d'embauche à Jeune Afrique, pour un CDD de 7 mois.

Malheureusement, le 17 septembre, il apprend que son changement de statut est refusé, au motif que « dans la profession de journaliste rédacteur code ROME E1106, les statistiques du marché du travail de la région Ile de France font apparaître au 31 juillet 2012, 4494 demandeurs d’emploi inscrits, 391 offres d’emploi collectées et un indicateur de tension de 0,06% ». Pour le soutenir, Jeune Afrique lui a fourni une avocate. Une procédure de recours a été entamée et elle sera examinée fin novembre.

Trésor est un jeune congolais que j’ai rencontré dans les couloirs de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille. J’étais en dernière année et lui, venait d’arriver. Nous nous côtoyions déjà sur internet car je lisais ces écrits sur Congoblog. A l’époque où il était encore au Congo, jeune blogueur. J’avais déjà été frappé par sa plume simple et limpide.

J’avais surtout été impressionné par sa capacité à s’adapter assez facilement à son environnement nouveau. La France.

Je l’ai vu apprendre avec fougue. Je l’ai vu parfois en hiver avec son grand manteau noir sonné chez moi pour des explications. Parfois mon téléphone sonnait. C’était lui au bout du fil. Il voulait avoir des astuces liées au Web.

J’ai été réjoui quand il a lancé CongoLol. Ce site satirique qui arrive à nous faire comprendre la République démocratique du Congo avec un angle décalé.

J’étais à Abidjan, quand il m'a annoncé qu'il était en stage à France24. Chez les observateurs. J’étais heureux de voir la facilité avec laquelle il avait pu intégrer France24. Et puis, quand il m’a annoncé qu’il était à Jeune Afrique, je lui ai dit « Félicitation ! ». Il m’interviewait ce jour-là.

Trésor fait partie de cette génération de jeunes journalistes qui vont certainement révolutionner et améliorer le journalisme en Afrique. C’est d’ailleurs pour cela qu’il se donne à fond dans tous les médias français qui veulent bien l’accueillir. Il me disait sans hésiter : « Je veux tout apprendre. Je veux bien apprendre pour être utile à mon pays demain ».

Mais sur ce chemin d’apprentissage, il risque d’être freiné par une simple décision préfectorale. Car si la préfecture ne revient pas sur sa décision, il sera sans papiers et devra quitter la France s'il est arrêté, laissant travail, petite copine, amis, appart et tout le reste...

J’ose croire que toute la mobilisation faite autour de lui portera ses fruits. Trésor n’est pas un de ces gars parti à l’aventure. Il n’est pas un sans papier. Il est diplômé de l’une des meilleures écoles journalismes en Europe. Il a une adresse, un compte bancaire, paie des impôts en France. Que faut-il de plus pour avoir le droit d’y travailler ?

Israël Yoroba

Directeur Général de l’Agence E-Voir Abidjan – 85e ESJ

Sur ce site vous trouverez toutes les infos sur l'affaire, pourrez signer une pétition de soutien et si vous le souhaitez. Vous pouvez partager la pétition sur Facebook et Twitter. Faîtes la tourner, parlez-en autour de vous. Vous pouvez adresser vos messages à l'adresse : pourtresor@gmail.com

17 août 2008

1000 voitures, pas de routes

c446beeb337c0ffddb9a3936d62cbc84.jpg«1000 voitures à écouler», pour l’année 2008 ! Tel est l’objectif que s’est donné le constructeur (d’automobile) iranien Siepa, après avoir signé un partenariat de distribution avec la Compagnie ivoirienne d’entretien et de réparation d’automobiles (Ciera).
Dans un article paru dans «la semaine de l’Ecofinance» de l’hebdomadaire «Jeune Afrique n° 2482», Hubert Nassa Kotchi, Directeur général de la Ciera, indique que leur objectif «est de permettre aux Ivoiriens d’acquérir des véhicules neufs à moindre coût, avec une garantie constructeur de douze».
Voilà ce que j’appelle une opportunité qu’il faudra saisir le moment venu.
Pourtant, je trouve que cette offre n’est pas du tout adaptée à une ville (Abidjan) où il n’existe presque plus de routes (digne de ce nom). «Abidjan est saturé», disent les gens de la rue. Et pourtant c’est vrai.
«Les voitures sont plus beaucoup que les hommes de ce pays», pour emprunter l’expression du célèbre rappeur ivoirien Billy Billy.
Dans une ville où les rues et avenues sont encombrées, où les embouteillages sont de plus en plus kilométriques, où l’on a rangé au placard le projet du troisième pont, je pense qu’il faudrait accorder la priorité à la réfection – et à la construction – des voiries plutôt qu’à l’acquisition de voitures. A moins que ces engins soient prévus pour servir de décors pour nos garages.
Parce qu’il n’y aura bientôt plus de routes pour circuler. C’est ce que je crois ! Pas vous ?

14 mai 2008

Ivoarab(l)es...

Trois infos piochées dans Jeune Afrique (n°2470) de cette semaine m'emmènent à croire que la Côte d'Ivoire entend de plus en plus s’engager dans des «mariages économiques» avec les «nouveaux conquérants» que sont - outre la Chine - les pays du Golfe .

Première information (capitale d'ailleurs) : «Offre américaine pour l'(hôtel) ivoire». Les travaux de réhabilitations du plus grand édifice hôtelier de la capitale économique ivoirienne, pourraient passer désormais des mains de la société «Pierre Fakhoury Operator (PFO)» à celles d'une industrie américaine. En effet «les autorités ivoiriennes ont décidé d'étudier l'offre très alléchante d'un consortium américain spécialisé dans l'industrie hôtelière». Et selon l'article, «la signature du contrat de concession est prévue dans les jours prochains», en précisant que la dite société «se serait engagée à investir au moins 200 millions de dollars» pour l'ensemble des travaux de réhabilitation de l'hôtel ivoire, mais surtout «la possibilité d'installer plusieurs restaurants flottants».

Autre info - à laquelle on a commencé à s'habituer depuis quelques années déjà - celle des «100 autobus (neufs) indiens» qui ont été livrés à la Société des Transports Abidjanais (SOTRA). «Ces autobus qui ont débarqué au port d'Abidjan, ont été modifiés selon le cahier des charges établi par le transporteur : portières, rétroviseurs, système de freinage», indique le billet de la rubrique "ecofinance". Non sans annoncer l'arrivée de «64 autres autobus fabriqués en Iran sous licence Mercedes (...)».

Enfin l'info qui est certainement la plus alléchante, est «l'arrivée en force des pays du Golfe», suite au récent voyage du premier ministre ivoirien, Guillaume Soro dans cette région du monde arabe. En effet, «(...) lors de sa tournée, du 28 avril au 7 mai, en Arabie Saoudite (...), il a signé le 3 mai à Djeddah, un protocole d'accord avec la banque islamique de développement (BID) de 40 milliards de F CFA (61 millions d'euros)». Une somme qui devrait servir à financer l'exécution des projets tels que «la construction d'infrastructures en apprivoisement en eau potable à Abidjan ainsi que le troisième tronçon de l'autoroute du Nord vers la capitale administrative du pays, Yamoussoukro». «Nous recherchons à renforcer nos relations avec la Côte d'Ivoire» avoue le président de la BID, Ahmad Mohamed Ali al-Madani, dans les colonnes de l'hebdomadaire.
Autre moment fort du voyage du premier ministre ivoirien : «l'entretien avec Mohamed Hasan Omran, le PDG du groupe de téléphonie Etisalat», mais aussi «la rencontre le 4 mai à Dubaï avec le Sultan Ahmed Ben Sulayem, le président de Dubaï Ports Word (DP World)» dont une délégation est attendue en Côte d'Ivoire dans les semaines à venir «pour une mission de prospection» qui pourrait aboutir «à la cession à DP World d'une partie de la gestion et de l'exploitation des ivoiriens».

Toutes ces informations ne sont pas faites pour rassurer «les partenaires traditionnels» tels que Bolloré et Bouygues - et autres - qui devront faire face des «concurrents (très) agressifs».