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14 décembre 2011

Pièce lisse « on ne prend plus » !

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C’est la psychose à Abidjan. Elle circule de plus en plus ces pièces rendues lisses par on ne sait qu'elle gymnastique. Je suis toujours stressé quand un chauffeur de taxi ou un boutiquier me rend des pièces de monnaie. Je m’assure désormais qu’aucun de ces métaux lisses ne me reste entre les mains.

Je me suis rendu compte que ces « 100 francs », « 200 francs », « 250 francs » sont refusées par tous et partout. Et chacun use de stratégie pour se débarrasser de celles-ci. Dans les taxis, le chauffeur les « écoule » la nuit en faisant la monnaie à ses clients, les gérants de boutique de quartiers les mettent entre deux billets de mille à votre insu. et nous les clients, on guette un moment d'inattention des vendeurs pour "larguer" cet argent. Certains vont jusqu'à offrir ces monnaies à des mendiants.

Mais en fait, pourquoi ces pièces sont tant détestées. La réponse est partout la même. « Personne ne veut prendre, donc moi je ne prendrai pas non plus ». Et la chaîne ne s'arrête pas. En fin de compte je n’ai trouvé aucune réponse solide.

A cela, il faut ajouter qu’Abidjan, il y a une vraie pénurie de pièces de monnaie. Autant transformer toutes ces piècettes en billets. Là encore c’est un autre combat. Vue l’indélicatesse avec laquelle certains d'entre nous tiennent les billets de banque.

22 juin 2009

Vers une nouvelle dévaluation du CFA ?

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Quelle valeur doit-on désormais accorder à notre cher CFA sur l’échiquier monétaire international ? Combien pèse encore ce franc ouest africain dans la balance du change à l’extérieur de la zone ?
Je sais, certains me diront que depuis la dévaluation de 1994 (et même peut être avant) le CFA n’avait déjà pas de grande valeur. Pourtant, jusqu’à un passé très proche, notre monnaie adorée pouvait être "injectée" sans crainte dans le circuit de change (surtout) dans certains pays comme la France. La France justement où j’ai fait une découverte qui n’a rien de rassurant sur l’avenir du CFA.

Au cours de mon récent séjour à Marseille, j’ai rencontré Benjamin Sia un ami Burkinabé, qui travail sur la formation à distance dans son pays. Nous avons tous les deux – avec d’autres Africains – été invités au Lift France 2009 sur l’innovation dans les TIC. Mais à notre arrivée à Marseille nous avons eu droit à une innovation monétaire de taille qui donne à s’inquiéter et devrait nous interpeller.
(Pour la petite histoire), Benjamin n’a pas eu le temps de changer  ‘‘ses’’ CFA à Ouagadougou (la capitale du Burkina Faso) et avait espéré pouvoir le faire à son arrivée à Marseille. «J’ai l’habitude d’échanger mon argent lors de mes voyages en France», m’avait-il assuré alors que nous arrivions à notre hôtel à la Rue Sylvabelle en plein cœur de Marseille.
Cap est donc mit sur la première banque en vue. «Nous ne prenons pas de CFA», nous a-t-on laissé entendre. Et puis une deuxième, une troisième banque (ainsi de suite). Le refrain était harmoniquement le même. Nous avons alors essayé les maisons de change, puis les bijouteries qui achètent de l’or et changent aussi les devises. IM-PO-SSI-BLE !
Pourtant, quelqu’un nous souffle une piste qui nous donne une lueur d’espoir. «Allez voir à la Banque de France ; là-bas, vous échangerez votre argent sans problème», assure notre interlocuteur.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous franchissons le grand portail électronique de la Banque de France de Marseille. Une fois à la caisse, on nous apprend que le CFA ne s’échange plus en France. Et ce, depuis quelques mois. Pourquoi ? Aucune réponse ne nous a été donnée.

Plusieurs Africains de la zone ouest de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA) présents à Marseille – pour la conférence – nous ont assuré qu’ils avaient été victime de cette situation pour le moins inattendue. Cela m’emmène donc à réitérer ma question. Quelle valeur doit-on désormais accorder à notre cher CFA sur l’échiquier monétaire international ?
Surtout qu’il semble même que dans nos pays, il y a de plus en plus d’endroit où on préfère que le client paie en Euro plutôt qu’avec la monnaie locale.

Supermarchés, pharmacies, stations d’essence, banques, hôtels (et j’en passe)… En Côte d’Ivoire, je connais plusieurs de ces endroits où l’Euro est le bienvenu pour faire des opérations.
Enfin de compte, une chose est sûre. Il y a quelque chose qui cloche. Mais quoi ? Pour l’heure aucune information n’est donnée à ce sujet. Et le voyageur imprudent est mit devant le fait accompli. Mais personnellement, je suis inquiet après l’expérience que je viens de vivre. Parce qu’en tout  état de cause cela ressemble à des signes annonciateurs d’une prochaine dévaluation du Franc CFA. Cela expliquerait pourquoi, les Caisses françaises ne souhaitent pas avoir dans leurs fonds des billets de banques sans valeurs que l’on pourrait utiliser comme papier peint pour la déco… pour ne m’en tenir qu’à cela. 
En attendant, changez vos CFA en Euro, pendant qu’il est encore temps !

 

Un autre blogueur s'inquitétait déjà ici

19 juillet 2008

Le prix du pain passe à 200 F

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Selon des informations (non officielles) qui circulent dans la capitale économique ces dernières 48 heures, le prix de la baguette de pain pourrait passer de 150 à 200 francs CFA à partir du 24 juillet prochain. Motif: "La hausse du prix du carburant" !
Que nous reste t-il encore à faire ? Si ce n'est de retourner à notre traditionnel "riz-coucher" ou à notre "garba" (a)doré.

11 février 2008

Une nouvelle monnaie pour la Côte d'Ivoire ?

a20a3dee1d9a42b6aee27c7babf80256.jpgEn meeting à Bouaflé, le Président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibay, s'est encore élevé contre les agissements diaboliques de la France. Selon lui, le gouvernement français ne laisse pas "les chefs d'Etat africains travailler tranquillement".
Pour le 3e vice-président du parti au pouvoir, la France a peur que l'Afrique prenne des décisions d'elle-même. Et il en veut pour preuve le récent refus de la France de voir le ministre Bouhoun Bouabré accéder à la tête de la BCEAO. Mamadou Koulibaly a donc encouragé les ivoiriens, et les africains à s'engager sur la voie qui permet d'affirmer leur dignité et leur liberté (qui passent certainement par l'abandon du Franc CFA). "Il faut créer notre propre monnaie", a t-il souhaité.

"Vous nous voyez en costume, comme présidents mais nous avons les pieds et mains enchaînés. (...) Et c'est valable pour tous les présidents africains. Ils sont présidents, mais ils ne peuvent pas tout faire. Il y a certaines choses que pour faire, il faut qu'ils demandent d'abord à Paris. Si Paris dit je ne veux pas, on ne fait pas, si tu veux faire, on te saute du pouvoir. Vous là, vous servez à quoi alors ? C'est ce qu'il se passe au Niger ou le président Tandja a voulu voir clair dans l'exploitation de l'uranium de son pays. Ils ont créé une rébellion avec les Touareg ; Idriss Déby paye aujourd'hui parce qu'il a jugé les Français dans l'affaire de l'Arche de Zoé et en Côte d'ivoire, ils ont voulu renverser Gbagbo à cause des contrats de la CIE, de l'eau, du port et de la télécommunication. Ce n'est pas possible, nous sommes des hommes, nous avons des droits. Regardez le ministre d'Etat Bohoun qui est là. On voulait le nommer Gouverneur de la Banque centrale à Dakar. Si c'était entre nous les Africains, il serait Gouverneur, mais on dit que ce sont les Français qui ne veulent pas de lui. Les Français ont quoi à avoir dans notre banque centrale? Ont posé la question, certaines personnes. Mais c'est pour eux la banque, pour ceux qui ne le savent pas. Ils ont peur de Bohoun Bouabré. Oui, parce qu'ils disent que les gens d'Abidjan avec leur théorie bizarre d'économie, ils vont venir tout chambouler à la BCEAO. Ils ne perdent rien pour attendre. On ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvri. On a une monnaie digne de l'Allemagne d'aujourd'hui, alors que nous sommes une économie pauvre d'Afrique. Une industrie qui doit emprunter de l'argent à la banque pour investir, les banquiers lui demandent à Abidjan, 14 à 15%. Quand les mêmes entrepreneurs français vont à la banque pour chercher de l'argent, on leur demande 3 à 4 %. Comment ici, vous allez prendre crédit à 15 % et construire des usines, embaucher des jeunes pour travailler et avoir des bénéfices avec ces 15 % ? Quand on ouvre son compte là-bas, ils sont les premiers à dire, ce sont des folies, ils ont ouvert des comptes en Europe. Il faut qu'on sache ce qu'on veut. Notre franc CFA, il faut qu'on en finisse avec. Ça peut être dur, mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria, la Guinée, le Liberia, etc. ont leurs monnaies. Les mêmes écoles qui ont formé leurs cadres pour créer leur monnaie, nous avons aussi ici, les mêmes compétences. Mais nous là, on dit non, la France dit qu'elle ne veut pas. Il faut qu'on arrête de dire qu'est-ce que la France veut, avant qu'on fasse. On est des gens, on est des responsables, on est un pays, il faut qu'on s'assume entièrement. Le gouvernement français n'a qu'à gérer la France, c'est son droit et puis ils n'ont qu'à nous laisser gérer notre continent. C'est tout.
La période coloniale d'esclavage, c'est fini ! On ne va pas leur demander des comptes immédiatement, mais ce serait bien aujourd'hui qu'on nous dise, Messieurs les ministres d'Etat qu'on fasse l'audit du compte d'opération. Depuis 1960, il y a combien de francs, on a eu combien et à quel taux d'intérêt sommes-nous ? Il faut qu'on fasse l'audit de la coopération monétaire, de la coopération économique. Mais si on est en guerre comme ça là, on ne peut pas s'asseoir et penser à ça. Il y a un qui dit, on veut l'audit et l'autre passe pour dire moi, je ne veux pas de l'audit si vous me donnez le pouvoir, vous faites ce que vous voulez en Afrique. En Europe, ils sont solidaires, lorsqu'un pays vous dit non, l'autre pays ne va pas accepter. Avec cette guerre, je suis allé voir les Allemands pour dire de nous aider contre les Français, ils ont dit non. Les Belges, les Italiens, les Américains, pareils. Mais si c'est en Afrique, nous sommes prêts à vendre nos parents. Les gens qui sont bien, ne vendent pas quelqu'un. Vendre l'homme, c'est interdit moralement. Et pourtant, leurs Parlements ont voté des lois pour nous vendre. C'est aujourd'hui qu'ils savent qu'il y a des droits de l'homme. On dirait “qu'avant nous n'étions pas des hommes".