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02 octobre 2008

Un conseiller de Sarkozy entendu par les juges de l'affaire Kieffer

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"Soupçonné d'avoir fait pression sur un témoin pour l'empêcher de déposer dans le cadre de l'enquête sur la disparition d'un journaliste franco-canadien en Côte d'Ivoire, Patrick Ouart, conseiller auprès de Nicolas Sarkozy pour les affaires judiciaires, a porté plainte pour dénonciation calomnieuse: l'affaire Guy-André Kieffer a pris il y a quelques jours un tour inattendu..."
Article de L'Express.fr à lire intégralement ici.

12 juillet 2008

L'argent du racket au service du socialisme

Alors que l'on "brandissait" à la télévision la hausse des prix, mon ami et frère avait commencé à développer une analyse assez intéressante. Je lui ai donc demandé de la mettre par écrit et je vous en donne lecture.

Par N'gbocho STENG
Economiste
stengbocho@yahoo.fr

604a5b958da56d245daf06ea683ee9f9.jpgNous assistons dans cette nation tels des spectateurs pour certains et des acteurs pour d’autres, à la poussée d’un vent longtemps attendu. Nous l’appelons lutte pour la moralisation de la vie publique. Ce vent s’est levé avec une petite vitesse et semble gagner en allure. Il a atteint le corps des forces de défense et de sécurité (a travers le Racket), la filière café-cacao, les concours administratifs et sûrement d’autres secteurs en projets qu’il touchera.
Nous saluons cette volonté politique et voulons dire que : «la moralisation de la vie publique n’est pas seulement liée à la bonne gestion des biens de l’Etat à nous confiés, mais c’est la prise de conscience de ‘‘la bonne foi’’ ; savoir agir avec le sens du devoir, humanité».

En laissant derrière bien des aspects du passé, nous voulons ici interpeller les transporteurs, les autorités de tutelles, nos gouvernants et les consommateurs sur l’augmentation du prix du carburant. L’inflation caractérisée par l’augmentation des prix des marchandises sur le marché, est directement liée à l’augmentation du prix du transport.
Le ministre de l’énergie Léon Monnet, a rappelé l’augmentation progressive du cours du baril de pétrole comme justificatif de l’augmentation du prix du carburant en ces termes :‘‘ Ce qui a conduit à cette ajustement tarifaire, c'est-à-dire la hausse continue du cours du baril de pétrole qui est passé de 60 dollars en 2005 à 146 dollars en juillet 2008’’ (Frat-mat, N° 13100). Nous nous posons cette question: «la crise mondiale du pétrole doit-elle justifiée toutes ces augmentations dans notre pays, vu que nous sommes aujourd’hui comptés parmi les pays producteurs et distributeurs d’énergie» ? Nous ne rentrerons pas dans des analyses économiques poussées, mais sommes captivés, par un événement de dernière minute, ou disons qui a été révélé, car existant déjà.

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Tandis que le ministre de l’énergie signalait tantôt que l’augmentation respectivement du carburant et du gaz compenserait une perte réalisée par l’Etat à travers sa société la SIR (société Ivoirienne de Raffinerie) de 63 milliard et 28 milliard sur le gaz, le Rapport de la Banque Mondiale sur le Racket vient apporter une révélation édifiante et une solution : ‘‘Le racket fait perdre entre 95 et 150 milliard au gouvernement ivoirien’’ (Frat-Mat N°13100).
Soit l’équivalent de la perte en carburant et gaz, voire plus.
Nous pouvons tirer de ce rapport de la Banque mondiale deux (2) solutions :

1- L’Etat qui a engagé avec le CEMA la lutte contre le racket, doit tirer profit de ce nouveau changement. L’argent qu’il retrouve déjà, et encore plus dans cette lutte permet d’annuler l’augmentation du carburant. Et bien plus de réduire les prix de base du carburant, avec comme exemple le passage du gasoil de 545F à 500F.

2- Nous ne luttons pas, ou ne lutterons pas pour demander au gouvernement de baisser le gasoil a 500F, mais tout en remettant le prix de la pompe à 545F, d’utiliser les gains d’économie sur la lutte contre le racket pour réaliser d’une part :
- Des réserves de change pour palier aux éventuelles augmentations du cours du baril
- Et d’autre part, utiliser l’argent pour palier à la flambée sur les denrées de premières nécessités. Ou, accorder des allocations aux personnes vivant avec un salaire qui équivaut au SMIG : 36000 F CFA
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Que l’Etat fasse preuve d’humanité. La guerre est finie et nous allons à la reconstruction.
Si on ne peut faire baisser facilement des anciens prix (suivant l’effet de cliché), nous pouvons néanmoins annuler cette nouvelle hausse du carburant.
Un travailleur quittant la Riviera pour se rendre au plateau, ou d’Abobo au plateau dépense en moyenne 1400F/jour. Soit 28000F - 42000/mois en transport interurbain, pour un SMIG à 36000F.
Ne peut-on pas faire preuve de socialisme avec les économies sur le racket, le café cacao ?
Non à l’augmentation des prix du carburant, non.
Qu’on ne mette pas tout sur le dos de la guerre, en nous parlant de sacrifice : «Aux consommateurs, le ministre a demandé au non du gouvernement, d’accompagner l’Etat dans cette normalisation de la vie sociale, en évitant toute manifestation qui pourrait remettre en cause les acquis de l’accord politique de Ouagadougou».
La guerre est finie, SORO et GBAGBO sont d’accord. Qu’on mette plutôt de côté nos intérêts pécuniaires.
Pourquoi ne réduirait-on pas le train de vie de l’Etat ?

03 juillet 2008

Le cacao dans la crise ivoirienne

A l'heure du "coup de balais" dans la filière du cacao, je vous propose de lire cette interview de Bruno Losch, économiste au CIRAD.
Il est l’auteur de nombreux travaux sur l’économie politique ivoirienne et a coordonné une étude pour le ministère français des Affaires étrangères sur l’impact de la libéralisation de l’économie ivoirienne.

Il y a donc remplacement du régime néo-mercantiliste, au centre duquel on trouvait la Caisse de stabilisation, par un oligopole privé étranger. Quel est le lien entre le déclin du capitalisme ivoirien et l’exacerbation du nationalisme économique qui s’exprime à travers des attaques contre Bouygues ou Bolloré, et va de pair avec un certain nationalisme politique qu’incarnent un courant du parti de Gbagbo et les « jeunes patriotes » ?

Curieusement, ces réactions nationalistes s’expriment surtout vis-à-vis des firmes françaises, alors même que les grands exportateurs de cacao sont américains ou européens (franco-alémano-suisse dans le cas de Barry-Callebaut). La prise de conscience, dans le secteur cacaoyer, du pouvoir considérable de ces grands exportateurs s’est traduite par la volonté des autorités politiques de mettre en place des institutions de « gouvernance » privée pour tenter de leur faire contrepoids. Mais, paradoxalement, ce ne sont jamais ces firmes qui sont montrées du doigt quand on veut mettre en avant la domination étrangère : ce sont systématiquement les entreprises françaises, et principalement Bouygues et Bolloré. Je manque d’éléments pour affirmer que cette dénonciation s’explique par le fait que ces deux entreprises ont bénéficié de privatisations quand Ouattara était Premier ministre. Mais le constat est troublant. À l’époque, déjà, une grande campagne avait été orchestrée contre la libéralisation à outrance (instrumentalisée par Bédié) et la privatisation au pas de charge de l’eau et de l’électricité au profit de Bouygues. Cette entreprise était alors devenue l’épouvantail, symbole à la fois d’une perte de contrôle national sur les services de base et d’un bradage par quelqu’un de clairement identifié sur l’échiquier politique. De même, Bolloré avait largement accru son contrôle dans le domaine des transports, puis dans les plantations industrielles. Ce sont les premières privatisations, très visibles ; on en a beaucoup parlé, car c’était un phénomène nouveau en Côte d’Ivoire à l’époque. Les recompositions du secteur du cacao, en revanche, ont été d’une telle complexité qu’elles ont été plus difficiles à saisir. La presse locale n’a jamais sérieusement investi ce sujet. Enoutre, dans les années 1990, tout ce qui s’est joué autour de Bakou et de SIFCA était tellement politique que, finalement, on en parlait relativement peu. Il était très facile pour Bédié de faire parler sur Bouygues, car « Bouygues, c’était Ouattara ». La crispation nationaliste utilise aujourd’hui le bradage de l’économie nationale, mais, curieusement, on ne cite pas le secteur stratégique de l’économie ivoirienne : celui du cacao.


Lire toute l'interview ici

Lire aussi
La Côte d'Ivoire : l'après Houphouët-Boigny. De la dévaluation de 1994 à l'élection présidentielle de 2000 en cliquant ci-dessus

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Pas comme les autres ?

Depuis quelques semaines que nos ‘‘parents planteurs’’ sont en prison, beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur leurs trains de vie à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).
J’ai lu ici la semaine dernière une note qui racontait ‘‘l’univers de la Maca Beach’’.. avec coca light, pizza, vins et ‘‘forces nouvelles’’.

Ambiance de fête, visites interminables, Tapé Doh et ses «amis» ne veulent apparemment pas se sentir emprisonnés… dans cette prison. C’est la raison pour laquelle selon plusieurs témoignages, ils se permettent beaucoup de choses qui sont en principe refusées aux prisonniers ‘‘traditionnels’’.

«Tapé Doh, Henri Amouzou, Angeline Kili et les autres bénéficient d’un traitement de faveur. Ils ont sur eux leurs téléphones portables, chose strictement interdite en prison. Et ce n’est pas tout. Leur privilège s’étend même sur d’autres domaines pourtant strictement interdit aux autres détenus. C’est que ces ‘’prisonniers pas comme les autres’’ peuvent recevoir des visites tous les jours de la semaine. Ils peuvent même recevoir leurs visiteurs jusque tard dans la nuit. Or, il est bien écrit sur la façade de cet établissement pénitentiaire que les jours de visite sont les mardis, jeudis et samedis. Des faveurs que les autres prisonniers ne comprennent pas. Et qu’ils s’expliquent difficilement. Toute chose qui, selon des sources proches de cet établissement, pourrait entraîner la grogne des milliers de pensionnaires. Dans la mesure où Tapé Do et ses amis ont la permission de boire du vin et d’autres boissons alcoolisées. En somme les responsables de la filière qui croupissent à la Maca ont un train de vie qui n’est pas très différent de celui qu’ils menaient dans les rues de la capitale, chez eux et dans les bureaux(…)».In Le Patriote du jeudi 3 juillet 2008


Ces messieurs et ces dames sont-ils des prisonniers comme les autres ? Si non, qu'est ce qui fait qu'ils sont différents des autres pour mériter un tel traitement ? Un pensionnaire de la Maca est un prisonnier et il doit être traité avec les ''honneurs'' dûs à ce ''rang''.
Pourtant, il faut bien l'admettre, Tapé Doh et «ses sujets»... ne sont pas comme les autres. Ils sont des gens de «en haut de en haut». Les amis de «gens importants». En plus, il faut les chouchouter car, ils peuvent faire des révélations qui pourraient surprendre la nation entière.

Mais bien plus...
On les a vus dans les médias soutenir à coup de milliards la Côte d'Ivoire alors attaquée par la France chiraquienne à visage découvert.
On les a aussi vu faire souvent beaucoup de bien(s) (dans un sens comme dans l'autre) à plusieurs.
«Ils n'ont pas seulement volés, ils ont aussi aidé !», ne manquent pas de penser certaines personnes. Et pour ces dernières, les ''planteurs en prison'' doivent être traités avec beaucoup plus d'égards que les autres prisonniers dont les noms ne sont mentionnés nulle part dans l'histoire des héros «la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire».

Pendant ce temps dans les couloirs de la Maca cette attitude crée des frustrations chez les autres détenus et même chez les gardes pénitentiaires qui ne jouissent même pas du dizième des faveurs de ces détenus aux privilèges peu ordinaires.
Doit-on alors créer une prison spéciale pour les "hautes personnalités" ? La question reste posée.

24 juin 2008

Deux éditos Burkinabès sur l'opération mains propres

"Le président Gbagbo a entrepris d’assainir la filière café-cacao en envoyant ses principaux dirigeants devant les tribunaux. Sans aller jusqu’à mettre en doute la sincérité du chef de l’Etat ivoirien, on peut tout de même se demander pourquoi avoir attendu maintenant pour finalement se décider à sacrifier quelques fidèles de haute facture. Jusqu’où pourra aller cette oeuvre de salubrité publique ?"

Lire ici l'analyse du journal burkinabè "Le Faso".

Dans cet élément audio Yamenbé, directeur des rédactions du quotidien privé "Le Pays" commente une autre analyse sur la question.

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