topblog Ivoire blogs

13 juin 2009

Juin et ses drames à Abidjan

Photos-0034.jpg

Et revoilà le mois de juin... et revoilà ses pluies diluviennes avec leurs lots de dégâts.  Hélas, 19 morts pour cette fois-ci ! "Quinze morts au Banco I, un à Boribana deux quartiers précaires de la commune d’Attecoubé, et trois autres à Gobélé dans la commune de Cocody", voilà le détail du bilan que révèle Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental. Selon le même journal, "la pluie a provoqué des glissements de terrains et des éboulements de maisons". Et c'est ce qui a occasionné ce drame. Juin 2009, la "tradition" macabre s'est malheureusement vérifiée.

Plus les années passent, plus le bilan s'alourdit.

En 2005, sept personnes issues d'une même famille trouvaient la mort lors des pluies diluviennes.  Il y a eu aussi 2007. En 2008 également d'autres morts étaient enregistrés.

Cette année encore, le sinistre aurait pu être évité.

Eboulement Banco (34) (Large).JPG

Longtemps l'on a tiré la sonnette d'alarme pour que des mesures soient prises afin que de tels drames soient évités. J'en parlais déjà ici, les autorités ont toujours eu du mal à lever les pas quand il s'agissait de prévenir ce genre de catastrophe. Mais c'est au pas de course qu'elles se rendent sur les lieux des sinistres pour faire les constats. Les expériences des années antérieures n'ont pas servi. Il est vrai que les populations de ces quartiers précaires construisent (de façon anarchique) sur des terrains dangereux. C'est vrai que leurs constructions sont fragiles et faites de plus de terre que de ciments. C'est vrai que leur responsabilité est aussi engagée dans ce qui est arrivé une fois de trop à Abidjan.

Mais je pense pour ma part, que la plus grosse part de responsabilité doit revenir au gouvernement. Je proposais l 'année dernière qu'une table de discussions soit dressée entre les populations des bidonvilles (parfois installées depuis des décennies) et les autorités pour qu'un terrain d'entente soit trouvé et que l'on arrive enfin à trouver des solutions. Je pense que l'Etat à les moyens s'il le désire, de résoudre progressivement la question de bidonvilles à risque. C'est une question de volonté politique. On pourrait par exemple, sacrifier les milliards dépensés pour les monuments (qui encombrent trop souvent les rues) pour trouver des solutions à ce problème de quartiers précaires. On pourrait pourquoi pas, abandonner pour un temps les projets de jardinages sur les voies pour prévenir ce genre de drame en saison pluvieuse. [Pour information, la commune présidentielle de Cocody compte à elle seule un peu plus de 13 quartiers précaires]

Mais, en Côte d'Ivoire, nous avons l'art de l'indemnisation et des "décisions après la mort". Pour cette année, ça en fait un drame de trop ! Les jours à venir seront consacrés à des hommages aux familles des victimes, à des indemnisations et puis on annoncera de nouvelles mesures et puis... on attendra (je n'espère pas) le drame d'un autre juin d'une autre année.

 

 

25 septembre 2008

Le quartier "Gobelet" rasé

Gobele.jpg

Dans un précédent post j'affirmais que les quartiers précaires (de cocody) "ne sont toujours pas l'objet d'attention de la part des autorités".
Cette fois les autorités de ladite commune ont décidé de porter leurs regards sur l'un des plus grands bidonvilles et de déguerpir les habitants à "coup de buldozzer".
Récit d'une journée dramatique pour des milliers d'individus désormais sans abris.

"Des centaines d`habitants du quartier Cma à Cocody II-Plateaux Vallon sont dans la tourmente. Ils ont passé hier, la nuit à la belle étoile. Ils ne savent pas non plus où se loger les prochains jours. De fait, hier aux environs de 8h30, leurs habitations de fortune ont été démolies par la mairie de Cocody.
A notre arrivée sur les lieux, ce sont des habitants dépités que nous avons vus en train de sauver ce qui peut l`être. Dans les tas de débris, de briques cassées et de toits détruits par un Caterpillar. A en croire Abdoulaye Diabouré Gambo , adjoint du chef de quartier, cette opération de déguerpissement ne leur a pas été signifiée. C`est donc avec surprise qu`ils ont vu débarquer les agents de la mairie accompagnés des Forces de l`ordre.
"Au début, la société NSIA a construit une clôture autour de son terrain. Et nous avons été priés de reculer à 15 m dans le bas-fond. Ce que nous avons fait. A la demande d`un certain Gnonkoua de la mairie, nous avons construit des maisons en dur. Les limites du terrain de la société ont été fixées. Ils n`ont pas le droit de détruire nos maisons ", a-t-il dénoncé.
Meurtrie par ce qu`il vient d`arriver, la jeune Doffou Epiphanie Marie Ghislaine est en larmes. "J`ai perdu les 150000 FCFA pour ma scolarité. Je devais aller m`inscrire avec cet argent. Que vais-je faire maintenant ? ", s.
Approchée, la mairie de Cocody a répondu que ce n`est pas une opération d`envergure. Selon Stéphane Koudougnon, Directeur technique, ce terrain appartient au groupe NSIA. Il a été longtemps squatté par des riverains. Ces derniers ont reçu il y a quelques mois, une mise en demeure pour quitter les lieux. "Ils tardaient à s`exécuter. Aujourd`hui, NSIA réclame son terrain de 1200 m2 pour l`exploiter. C`est pourquoi, nous les avons déguerpis ", a soutenu le Directeur technique".

(Récit avec "Le Temps")

Voir quelques photos

Lire la suite

17 juillet 2008

L'autre Abidjan

Dans les quartiers huppés de la capitale économique, aux côtés des buildings et autres appartements grand standing, prospèrent ces quartiers (dits précaires).
Zones où se développent maladies andémiques, banditisme à grandes échelles et autres fléaux, les quartiers précaires ne sont toujours pas l'objet d'attention de la part des autorités.

8ecd2d99f31e032f0a35aaa5c394e1d4.jpg

33a9b2797ac1e3d8c2f224e200f75f80.jpg


(Photo Cocody-2 Plateaux, Gobelet)

29 juin 2008

Pluie de ce dimanche: 7 morts à Abidjan

Alors que nous en parlions il y a quelques temps ici...
Alors qu'un 28 juin un autre drame se produisait.

Et aujourd'hui encore...

Article publié par l'AFP

Au moins sept personnes ont été retrouvées mortes dimanche à Abidjan et quatre blessées à la suite d'un glissement de terrain provoqué par une pluie diluvienne qui s'est abattue sur la capitale économique ivoirienne, a indiqué à l'AFP un officier des sapeurs-pompiers.

"On a retrouvé sept corps (sans vie) et quatre blessés pour le moment", a affirmé cet officier présent sur les lieux de l'inondation et qui a requis l'anonymat.

Le drame s'est produit dimanche après-midi dans un bidonville qui jouxte le quartier chic des Deux-Plateaux lorsque les eaux de ruissellement ont provoqué un glissement de terrain, emportant "les baraques", selon la même source.

Les personnes retrouvées mortes, dont le sexe et l'âge n'ont pas été précisés, ont perdu la vie dans leurs habitations.

Les secours ont été déployés aussitôt dans ce bidonville dont les petites habitations faites de planches en bois et de tôles ondulées contrastent avec les résidences cossues avoisinantes.

Informé par l'état-major des armées, le Premier ministre Guillaume Soro, qui séjourne à Bouaké (350 km au nord d'Abidjan), a demandé au ministre de l'Economie Charles Koffi Diby de se rendre sur les lieux, selon un autre officier.

La grande saison des pluies a commencé depuis plusieurs semaines en Côte d'Ivoire. Chaque année, les fortes précipitations provoquent des éboulements ou glissements de terrains, en particulier dans les "quartiers précaires" d'Abidjan, provoquant la mort de dizaines de personnes.