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11 février 2008

Une nouvelle monnaie pour la Côte d'Ivoire ?

a20a3dee1d9a42b6aee27c7babf80256.jpgEn meeting à Bouaflé, le Président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibay, s'est encore élevé contre les agissements diaboliques de la France. Selon lui, le gouvernement français ne laisse pas "les chefs d'Etat africains travailler tranquillement".
Pour le 3e vice-président du parti au pouvoir, la France a peur que l'Afrique prenne des décisions d'elle-même. Et il en veut pour preuve le récent refus de la France de voir le ministre Bouhoun Bouabré accéder à la tête de la BCEAO. Mamadou Koulibaly a donc encouragé les ivoiriens, et les africains à s'engager sur la voie qui permet d'affirmer leur dignité et leur liberté (qui passent certainement par l'abandon du Franc CFA). "Il faut créer notre propre monnaie", a t-il souhaité.

"Vous nous voyez en costume, comme présidents mais nous avons les pieds et mains enchaînés. (...) Et c'est valable pour tous les présidents africains. Ils sont présidents, mais ils ne peuvent pas tout faire. Il y a certaines choses que pour faire, il faut qu'ils demandent d'abord à Paris. Si Paris dit je ne veux pas, on ne fait pas, si tu veux faire, on te saute du pouvoir. Vous là, vous servez à quoi alors ? C'est ce qu'il se passe au Niger ou le président Tandja a voulu voir clair dans l'exploitation de l'uranium de son pays. Ils ont créé une rébellion avec les Touareg ; Idriss Déby paye aujourd'hui parce qu'il a jugé les Français dans l'affaire de l'Arche de Zoé et en Côte d'ivoire, ils ont voulu renverser Gbagbo à cause des contrats de la CIE, de l'eau, du port et de la télécommunication. Ce n'est pas possible, nous sommes des hommes, nous avons des droits. Regardez le ministre d'Etat Bohoun qui est là. On voulait le nommer Gouverneur de la Banque centrale à Dakar. Si c'était entre nous les Africains, il serait Gouverneur, mais on dit que ce sont les Français qui ne veulent pas de lui. Les Français ont quoi à avoir dans notre banque centrale? Ont posé la question, certaines personnes. Mais c'est pour eux la banque, pour ceux qui ne le savent pas. Ils ont peur de Bohoun Bouabré. Oui, parce qu'ils disent que les gens d'Abidjan avec leur théorie bizarre d'économie, ils vont venir tout chambouler à la BCEAO. Ils ne perdent rien pour attendre. On ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvri. On a une monnaie digne de l'Allemagne d'aujourd'hui, alors que nous sommes une économie pauvre d'Afrique. Une industrie qui doit emprunter de l'argent à la banque pour investir, les banquiers lui demandent à Abidjan, 14 à 15%. Quand les mêmes entrepreneurs français vont à la banque pour chercher de l'argent, on leur demande 3 à 4 %. Comment ici, vous allez prendre crédit à 15 % et construire des usines, embaucher des jeunes pour travailler et avoir des bénéfices avec ces 15 % ? Quand on ouvre son compte là-bas, ils sont les premiers à dire, ce sont des folies, ils ont ouvert des comptes en Europe. Il faut qu'on sache ce qu'on veut. Notre franc CFA, il faut qu'on en finisse avec. Ça peut être dur, mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria, la Guinée, le Liberia, etc. ont leurs monnaies. Les mêmes écoles qui ont formé leurs cadres pour créer leur monnaie, nous avons aussi ici, les mêmes compétences. Mais nous là, on dit non, la France dit qu'elle ne veut pas. Il faut qu'on arrête de dire qu'est-ce que la France veut, avant qu'on fasse. On est des gens, on est des responsables, on est un pays, il faut qu'on s'assume entièrement. Le gouvernement français n'a qu'à gérer la France, c'est son droit et puis ils n'ont qu'à nous laisser gérer notre continent. C'est tout.
La période coloniale d'esclavage, c'est fini ! On ne va pas leur demander des comptes immédiatement, mais ce serait bien aujourd'hui qu'on nous dise, Messieurs les ministres d'Etat qu'on fasse l'audit du compte d'opération. Depuis 1960, il y a combien de francs, on a eu combien et à quel taux d'intérêt sommes-nous ? Il faut qu'on fasse l'audit de la coopération monétaire, de la coopération économique. Mais si on est en guerre comme ça là, on ne peut pas s'asseoir et penser à ça. Il y a un qui dit, on veut l'audit et l'autre passe pour dire moi, je ne veux pas de l'audit si vous me donnez le pouvoir, vous faites ce que vous voulez en Afrique. En Europe, ils sont solidaires, lorsqu'un pays vous dit non, l'autre pays ne va pas accepter. Avec cette guerre, je suis allé voir les Allemands pour dire de nous aider contre les Français, ils ont dit non. Les Belges, les Italiens, les Américains, pareils. Mais si c'est en Afrique, nous sommes prêts à vendre nos parents. Les gens qui sont bien, ne vendent pas quelqu'un. Vendre l'homme, c'est interdit moralement. Et pourtant, leurs Parlements ont voté des lois pour nous vendre. C'est aujourd'hui qu'ils savent qu'il y a des droits de l'homme. On dirait “qu'avant nous n'étions pas des hommes".

18 janvier 2008

BCEAO: la preuve du "jeu politique de Gbagbo"

Un extrait de son interview

podcast

10:55 Publié dans les 5 grands - 1 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gbagbo, rfi, bceao

Tour de Kiosques

Que dit la presse ce jour au sujet de la désignation de Philippe Henri Dacoury-Tabley, à la tête de la BCEAO.

b88d817715507008c4bbd8936d3a7538.jpgLe quotidien gouvernemental ‘’Fraternité matin’’ ouvre les débats en titrant «Dakoury tabley succède à Banny». «Frat-mat» précise que «sa nomination intervient après deux années marquées par des velléités de certains pays membres de l’Uemoa à vouloir changer le gentleman agreement qui a toujours prévalu. Et qui fait que depuis 33 ans le gouvernorat est revenu à la Côte d’Ivoire». Dans sa parution du jour, Louis Dakoury Tabley, membre des Forces nouvelles (ex rebellion) rassure «ceux qui» ont choisi son frère. «Je suis heureux que ses capacités soient reconnues par celui qui l’a proposé. Pour le pays, je suis content parce que malgré le fait que nous disions que le poste de gouverneur de la BCEAO nous revient, il a fallu le garder. Il mérite ce poste et il le prouvera. Ceux qui l’ont choisi ne seront pas déçus», rapporte le quotidien gouvernemental.

05aa2eb2a46eb29f1e9003a71327de72.jpgPour sa part, ‘’Le Nouveau Réveil’’ titre «Gouvernorat BCEAO : Gbagbo dribble Bohoun…».
En précisant à l’intérieur des colonnes, que «Le président sénégalais a pesé de tout son poids pour que le gouvernorat ne revienne plus à la Côte d'Ivoire. Sur ce coup, Laurent Gbagbo a joué ferme pour obtenir que le poste revienne à un Ivoirien même s'il n'a pas été très ferme dans son engagement pour le maintien de son candidat officiel».
Pour le quotidien proche du PDCI (ancien parti au pouvoir), deux raisons ont «’’tué’’ Bohoun Bouabré».
"La première (…) touche la filière café-cacao" et à l’affaire Kieffer dans laquelle «un proche du ministre Bohoun Bouabré a été cité». La deuxième raison selon ‘’Le Nouveau Réveil’’, «est plutôt interne». Elle tient à une question «de leadership au sein du FPI. Les ténors de ce parti convaincus du soutien de Gbagbo à Bohoun Bouabré pour la succession de Charles Konan Banny, ont tout mis en œuvre pour le noyer».

Le journal proche du FPI ‘’Le Temps’’ ne fait pas de cette désignation de Dakoury sa grande ‘’Une’’. Ce quotidien se contente de rapporter les impressions du Chef de l’Etat au sortir de la réunion de l’UEMOA. Ce dernier selon ‘’Le Temps’’, estime que «c’est une victoire de l'UEMOA». «Il s'agit de la BCEAO qui est une banque d'émission qui n'avait pas de tête depuis deux ans. C'est ce à quoi les chefs d'Etat et de gouvernement ont mis fin, en nommant un nouveau Gouverneur», rapporte le quotidien de la présidence.

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59ded9495bd25e63bc6201f39a77ec74.jpgPour le ‘’Rebond’’ un autre journal de l’opposition, «Gbagbo perd, la Côte d’Ivoire gagne».
‘’L’intelligent d’Abidjan’’ pour sa part titre que «Bouhoun Bouabré est tombé les armes à la main». Et tente de démontrer dans ses colonnes «comment Gbagbo et Philippe Henri Dacoury-Tabley ont gagné».
a0303a3fb2e19ffd58e3aad9761d8b7d.jpg‘’Le Jour plus’’ et ‘’24 Heures’’ estiment que le choix du nouveau directeur de la BCEAO est une «grosse désillusion pour Gbagbo» et mentionnent que «La Côte d’Ivoire perd le Fauteuil dans 6 ans». Selon, ‘’24 heures’’ le journal proche du RDR (parti d'opposition), le conseil des Chefs d’Etat a estimé que c’était «la dernière fois que la Côte d’Ivoire occupait la tête de la BCEAO».

17 janvier 2008

BCEAO: Et si Bohoun Bouabré n’était pas le bon ?

0e342b9331f7e84c8ea565d67838122b.jpgOuverte en 2005, la succession de Charles Konan Banny aura suscité tellement de débats.
Jeudi à Ouagadougou, c’est finalement Philippe Dacoury Tabley, économiste ancien représentant de la Côte d`Ivoire au sein de la Banque africaine de développement (BAD), qui aura été choisi pour remplacer Charles Konan Banny.
Son compatriote Paul-Antoine Bohoun Bouabré, ainsi que le Béninois Abdoulaye Bio-Tchané et le Nigérien Ali Badjo Gamatié devront attendre au moins six ans pour espérer postuler de nouveau.
La surprise est générale. Elle l’est, pour ceux qui espéraient (de tout cœur) que l’actuel ministre ivoirien du Plan et du développement soit l’élu de la BCEAO version 2008.
Mais cette dribble, pourrait bien être un scénario bien orchestré.
Et si Bohoun Bouabré n’était qu’une couverture, une diversion ? Et si le vrai poulain de Gbagbo c’était Philippe Dacoury Tabley.

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Parce qu’en effet toute l’attention – nationale et internationale – s’est focalisée sur Bohoun Bouabré. Tous les médias ont laissé comprendre (dans notre entendement) qu’il y avait un seul candidat ivoirien potentiel en lice. Et bien entendu, tout le monde s’est attelé à le rejeter et à réclamer un autre…ivoirien.
Certainement, le Chef de l’Etat sachant que ses (éternels) détracteurs chercheront toujours à s’opposer à ses décisions, a proposé le mauvais afin d’obtenir le bon.
Bohoun Bouabré était peut être une diversion ! En tout cas si tel est le cas, Laurent Gbagbo aura encore marqué un grand point économique et politique à la fois. Car Philippe Dacoury Tabley, né en 1948, n’est pas un inconnu dans le milieu présidentiel et il est même très proche du Chef de l’Etat.
Quoiqu’il en soit, la BCEAO est revenue à la Côte d’Ivoire et c’est une belle victoire pour toute la nation ivoirienne. Cela augure des lendemains meilleurs pour la Côte d’Ivoire en 2008.

02 janvier 2008

Très chère Côte d’Ivoire

bdf752e832058908a97c4122fa7c814e.jpgPlus d’un demi million d’euros par jour, c’est le coût de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. Autant le savoir alors que Paris a décider depuis, le 5 avril 2005 du renouvellement du mandat de sa force d’interposition de 4000 hommes en Côte-d’Ivoire.
Cette somme représente un peu moins du tiers des "opex", les "opérations extérieures" de l’armée française, chiffrées pour 2004 à 650 millions d’euros (sur un budget annuel de 15 milliards d’euros). A titre de comparaison, les missions de l’armée française dans les Balkans ont coûté 210 millions d’euros en 2003 et 100 millions pour l’Afghanistan.
La flambée de violence de novembre 2004 à Abidjan a dû alourdir un peu la facture (on n’ose porter à la colonne crédit le fruit de la participation de bidasses français au casse de la BECAO de Bouaké en 2003 !). En s’en tenant aux chiffres officiels, presqu’une demie décennie de présence en Côte d’Ivoire ont donc coûté plus d’un milliard et demie d’euros, dont la majeure partie en soldes exceptionnelles. L’équivalent d'une vingtaine de "Rafales", le dernier né des avions de combat français dont l’armée de l’air ne possède pour l’instant que 10 exemplaires opérationnels.
Ces chiffres n’ont rien de scandaleux si, comme s’en vantait le Quai d’Orsay et le ministère de la Défense – à l’époque – "on a évité un second Rwanda". (no comment!)
Mais ce qui choc, c’est que le retour en France semble être absent du vocabulaire de la Licorne. Et ce, malgré les sommes énormes qu’elle (la France) dépense pour récompenser les promenades et autres vacances que s’offrent les soldats sur place en Côte d’Ivoire.
Malgré l’accord de Ouaga signé depuis le 4 mars 2007, malgré la «ligne de méfiance» levée, malgré le climat de paix qui se fait sentir, malgré la sécurité – assurée d’ailleurs par l’armée ivoirienne – dont sont l’objet tous les français en Côte d’Ivoire, malgré les élections annoncées pour juin 2008…malgré tous ces signes, la force licorne refuse de rentrer chez elle.
Alors pourquoi dépenser tant de milliards… Allons-y comprendre quelque chose !

(Source Afrik.com)