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21 août 2010

Bien fini le temps où le temps ne compte pas

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L'hôtel du Golf d'Abidjan a accueilli le vendredi 20 août dernier, la cérémonie de remise de diplômes aux Avenants régionaux (rédacteur d'Avenue225). Une cérémonie placée sous la présidence de l'Ivoirien Alfred Dan Moussa, président en exercice de l'Union Internationale de la Presse Francophone et par ailleurs Directeur du développement des rédactions du groupe Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental.

Au delà, de toutes les articulations sympathiques, rythmées et ponctuelles de cette rencontre, les invités ont été frappés et épris d'admiration par la qualité et l'orientation du discours d'Alfred Dan Moussa. Je vous en donne ici un extrait d'un texte remarquablement bien écrit et bien apprécié par l'assistance.

"Commencer une expérience n'est pas toujours choses aisée. Et voilà que, de surcroît, vous commencez cette aventure dans un contexte surchauffé: contentieux électoral, dénonciations calomnieuses, radiations de la liste électorale, réhabilitations, campagne électorale, promesses électorales à l'infini, petites phrases assassines.

Vous voici, en mission dans une atmosphère de passion, de tension et de grands enjeux que ceux liés à la conservation et à la prise de pouvoir. Vous allez en mission dans un environnement de cases voisines où tout le monde se connaît et où tout le monde vous connaît et vous connaîtra encore davantage. Vous ne passerez plus inaperçus. Vous n'avez donc plus droit à l'erreur. Seule, la qualité de vos productions va assurer avec efficacité votre sécurité. Seuls le fond et la forme de vos écrits seront le policier, le gendarme et le gardien de jour ou de nuit, appelés à garantir votre sécurité. Soyez prudents. Soyez honnêtes.

(...) Fini vraiment, le temps où le correspondant local doit recourir au transport en commun, pour faire parvenir son article au siège du journal. Pourvu que le car ne tombe pas en panne, avant d’avoir atteint Abidjan. Pourvu qu’à l’arrivée du car, le chauffeur n’oublie pas de déposer le hors sac au siège du journal. Pourvu que la rédaction, non plus, n’oublie d’envoyer un coursier, pour récupérer, à la gare routière, l’article tant attendu".

Fini vraiment, le temps où le correspond, en France, du seul quotidien ivoirien de l’époque, Fraternité Matin, doit se rendre à l’aéroport Charles De Gaulle de Paris, pour remettre son article à un passager de bonne volonté, pour le remettre à son tour au siège du journal, à son arrivée à Abidjan. Pourvu que le vol soit à l’heure. Pourvu que le passager, porteur de la nouvelle exclusive, transmette le message, malgré la joie des retrouvailles avec ses amis et sa famille, à l’aéroport Houphouët-Boigny, une joie susceptible de le conduire dans une direction opposée à celle qui mène au siège du journal.

Fini vraiment, le temps où un article pouvait être acheminé par voie postale. Pourvu que les agents des postes et télécommunications, au départ ou à l’arrivée, ne soient pas en grève.

Fini, bien fini, le temps où le pellicule, support des différentes prises de vue d’une cérémonie, doit passer en laboratoire, et où les photos ne peuvent être livrées qu’au bout de 24 à 48 heures, dans le meilleur des cas. Fini, bien fini, le temps où le temps ne compte pas. Voici, arrivé, le temps où le temps est de l’or. Celui des technologies de l’information et de la communication".

Lire l'intégralité du discours.

 

17 août 2010

L'aventure continue pour Notre Avenue

logo_avenue225.pngAprès un long mois de "vacances" je reviens pour vous donner quelques news. Après avoir relancé la machine "Avenue223" à Bamako en juin dernier, le cap a été mis sur Abidjan où nous avons lancé un concours. Il visait à choisir 20 correspondants dans toutes les 19 régions de la Côte d'Ivoire.

Nous avions beaucoup d'inquiétudes parce que la fracture numérique est grande et profonde en Côte d'Ivoire. Il y a encore des villes où l'accès à internet relève du luxe. Il y a encore des contrées où on ignore qu'il existe à côté de notre monde réel un autre monde...virtuel. Il existe des citoyens qui n'ont pas d'adresse mail. Ne leur parlez même pas de réseaux sociaux du style Facebook, twitter et j'en passe.

Dans ce décor un peu "analphabète" nous avions pour challenge de trouver dans chaque région des Avenants qui auraient pour mission de rapporter et de raconter le quotidien de leur population. Des Avenants dont le rôle premier serait d'être des médiateurs entre les populations et le monde extérieur via le web. Avenue225 servirait donc de plateforme pour véhiculer leurs petites histoires à travers des textes, des photos, des vidéos etc...

Au total, nous avons reçu une centaine de candidatures. Parmi eux, 22 correspondants (dont une fille) ont été sélectionnés. Sur 19 régions 15 ont répondu à l'appel. C’est encourageant ! Voir la liste des séléctionnés.

Pour nous c'est un grand pas dans la démocratisation et la décentralisation de l'information en Côte d'Ivoire. Avenue225, veut enraciner et confirmer son statut de premier site ivoirien d'informations de proximité. Mais nous entendons le faire avec les citoyens, premiers témoins de tous les évènements. Ces Avenants régionaux recevront une formation et du matériel de base qui leur permettra de mener à bien leur mission.

Et pour la suite...

Ceci fait, ce n'est qu'une première étape. Bientôt nous irons dans les régions pour former d'autres citoyens à la pratique du web et à la découverte de nouveaux outils (utiles) sur la toile. Une caravane sera organisée dans les mois à venir pour renforcer les "troupes" des Avenants régionaux, mais aussi pour en susciter dans les zones non couvertes.

C'est l'occasion pour nous de remercier le Président de l'Union internationale de la presse Francophone, l'Ivoirien Alfred Dan Moussa, qui n'a pas hésité à présider cette formation et la cérémonie de remise de diplôme. Mais aussi, l'Instittut Universitaire d'Abidjan (IUA) qui a mis à notre disposition ses locaux pour la formation.