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13 septembre 2010

Abidjan-Lomé: récit d’une traversée tumultueuse

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C’est parfois plaisant de faire des voyages par la route. Surtout quand vous devez traverser deux pays (Côte d’Ivoire et Ghana) pour atteindre un autre. Mais des fois, un tel voyage peut s’avérer ennuyeux, voire périlleux. D’Abidjan à Lomé en passant par Accra, le chemin n’est pas toujours facile à aborder. Des surprises peuvent vous attendre dans ce tourisme qui peut vite se transformer en cauchemar. Récit d’une traversée qui peut servir de « code de la route d’Abidjan à Lomé ».

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12 mars 2010

Didier Drogba élu joueur africain de l`année

drogba.jpgLe capitaine de l'équipe de la Côte d'Ivoire Didier Drogba a été jeudi élu meilleur footballeur africain 2009, battant le Camerounais Samuel Eto'o pourtant donné favori et le Ghanéen Michael Essien.
L'attaquant de Chelsea qui fêtait ses 32 ans jeudi, avait déjà été couronné en 2006. Auteur de neuf buts, il a permis à son pays de se qualifier pour la Coupe du monde de football 2010 sans perdre une seule rencontre.
Drogba est également l'auteur d'un des deux buts qui avaient offert au club londonien la Cup 2009 lors de la finale face à Everton en mai dernier.
Aucun des trois nominés pour le titre de joueur africain n'avait fait le déplacement à Accra, la capitale du Ghana, où était réunie la Confédération africaine de football qui a également élu l'Algérie meilleure équipe de football 2009.

Source Reuters - Photo AFP

18 avril 2008

Tourisme

Découvrons quelques sites touristiques et symboliques d'Accra...

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Le Ghana et l'Alliance française

c2be07b2f6509ba8f7dacf0e392246ef.jpgDepuis plus d'une décennie déjà, la République du Ghana a décidé de s'ouvrir au monde francophone. Et à ce titre, elle fait partie des pays de la coopération francophone. C'est-à-dire bien que n'utilisant pas le français comme langue officielle, ils sont associés aux activités de la francophonie.

Ainsi, il a été inauguré depuis le 20 mars 1998, les locaux de «l'Alliance Française». Cet édifice est «le résultat de la coopération fructueuse entre le Ghana et la France», indique la plaque à l'entrée du bâtiment principal.
L'Alliance française dispose de plusieurs salles d'études de la langue françaises, de dactylographie et d'informatique (pas plus de 15 par salle). On y trouve également une bibliothèque, une audiothèque et une vidéothèque (tout en français). L'Alliance Française c'est aussi son amphithéâtre de plus de 1000 personnes à ciel ouvert.

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Cette institution de langue française est surtout ouverte aux Ghanéens (étudiants, travailleurs ou sans emploi) qui souhaitent apprendre la langue. Avec un horaire de 2 heures de cours par jour (chacun selon sa disponibilité et son emploi du temps), les études sont sanctionnées d'un «certificat d'étude linguistique» de langue française.

Le Ghana entend de faire de ces citoyens des bilingues capables d'appréhender le monde dans ses facettes aussi bien anglophones que francophones.

17 avril 2008

Sos pour l'ambassade de Côte d'Ivoire

2cbad51d0934208fe1edffabad13c204.jpgReportage - Située à Osu (le quartier commercial d’Accra), l’ambassade de Côte d’Ivoire semble avoir été touchée par les épisodes de ces cinq dernières années de crise.
L’entrée de l’ambassade est marquée par un caniveau dont la mauvaise odeur oblige les visiteurs à s’attraper le nez. Et celui qui y vient pour la première fois risque de peu de ne pas retrouver l’ambassade. Aucune indication dans les rues ni sur le mur vieilli par le temps et sali par la poussière. Seule une petite pancarte dont les couleurs ont fait place à un blanc délavé, indique «Embassy of de Republic of Côte d’Ivoire». Même le portail nouvellement peint en vert ne peut camoufler les quelques toiles d’araignées qui ont décidé d’élire leurs résidences sur le mur de la clôture.
En franchissant le portail, l’on est accueilli par un gardien qui semble s’ennuyer et dont le trop grand sourire semble réclamer quelque chose en retour des visiteurs. Ghanéen d’origine, il ne parle le français que pour dire «Bonjour, merci et aurevoir».

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Pourtant à l’intérieur, une cour semble redonner le sourire aux premiers déçus. Une belle pelouse qui abrite en son sein le drapeau national rappelle que la Côte d’Ivoire c’est tout de même «la dignité relevée».

Mais hélas, la joie et la fierté de «la maison des Ivoiriens du Ghana et du Togo» est toujours de courte durée lorsque le visiteur franchi le seuil du hall d’accueil et d’informations.
f7c739f454f49ff7aa94a7fb1559772f.jpgLes tableaux affichés aux murs rappellent la belle époque du parti unique. Photos blanc et noir, carte géographique datant de «1985». L’on n’y trouvera pas d’images neuves. Comme si le temps s’était arrêté depuis les années 80.
Dans un coin du hall, une grande image du footballeur international Ivoirien Didier Drogba – tenant en main le «chocolat du planteur» – semble dire «Yako !».

Pourquoi un symbole footballistique en lieu et place du portrait du Président de la République comme on le constate dans de nombreuses ambassades ?

La courtoisie et la chaleur de l’accueil du personnel de l’ambassade, ne sauraient empêcher le visiteur de constater que le bâtiment à étage de l’ambassade est continuellement enfumé. Et pour cause, l’arrière-cour entretient le (bon) voisinage avec une décharge d’ordures qui sont brûlées en permanence. Et cette fumée tient, chaque fois qu’elle est ‘‘sollicitée’’, à ‘’saluer’’ les quelques passants dans l’ambassade qui sollicitent le visa ou qui viennent pour «une carte de résidant».
Avec un tel accueil en fumée, l’on ne devrait pas s’étonner que le taux de fréquentation ait considérablement diminué.
Au rez-de-chaussée du bâtiment, l’on retrouve les bureaux des «Counsellours» qui sont les plus proches collaborateurs de l’Ambassadeur, dont le bureau est à l’étage.
8a2384c21cacecb55bec7cc672db1fcd.jpgLe hall de l’étage est un peu mieux décoré que celui du bas. Sur une table vernie en noir, est disposé un petit éléphant aux ivoires (pas vraiment impressionnants) près duquel flotte un drapeau tenu par mat en bois. Sur le mur au dessus de l’éléphant(eau), une photo (encadrée) du Président Gbagbo est affichée.
Au bout du hall, un petit salon est sobrement aménagé avec quelques vieux fauteuils pour faire patienter ceux à qui l’ambassadeur va accorder une audience. Florent Ekra Kouassi, Ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Ghana, ne manque pas de rassurer : les choses vont évoluer. Pourtant, dans son bureau superbement décoré, aucun ordinateur n’est disposé. Et selon certaines indiscrétions, l’ambassade ne disposerait pas (encore) de connexion internet. Les ordinateurs, semble-t-il, sont une denrée rare.

A la fin de la promenade au sein de l’ambassade de Côte d’Ivoire au Ghana, le visiteur est convaincu qu’il faut faire quelque chose pour l’image de ce territoire ivoirien. Car après être passé devant l’ambassade du Niger, du Togo, de Cuba, de la France, de l’Italie, du Canada, des USA…, il est urgent de réhabiliter «la maison des Ivoiriens». Et si l’intérieur ne peut être changé (maintenant), que l’extérieur paraisse beau et ne donne pas l’impression d’une maison abandonnée et hantée (pourquoi pas)… par la vieillesse et la détérioration.

16 avril 2008

Interview de l'Ambassadeur de Côte d'Ivoire au Ghana

9c48a98c9815562d17f9f2a9721252c1.jpgInstallé dans le salon de son bureau, Florent Ekra Kouassi, «Ambassadeur plénipotentiaire de la République de Côte d'Ivoire près la République du Ghana et du Togo», de façon chaleureuse, tient à serrer la main à tous ceux qui lui rendent visite. Toujours souriant, l'homme marque son arrivée au Ghana (depuis 3 mois) par sa discrétion. «Je n'aime pas me répandre partout», aime t-il dire. Le plus important pour le «chef de mission» de la Côte d'Ivoire au Ghana, «c'est de travailler, mais surtout de produire de bons résultats». Homme cultivé et aimant les débats contradictoires, il n'hésite pas pourtant à refuser les interviews aux journalistes. «Les journalistes, ils peuvent vous faire ou vous défaire en un jeu de mots», se justifie t-il en insistant sur le caractère officiel de tout ce qu'il dit même quand il ne parle pas sous le manteau de diplomate. «On ne peux pas se détacher de la fonction diplomatique. Même quand ce n'est pas devant des journalistes il faut savoir parler...moins. Parce qu'on dira que l'ambassadeur a dit ceci ou cela, alors que vous partagiez un point de vue personnel», prévient-il.
Attaché aux valeurs patriotiques et persuadé de la réalisation certaine de ses convictions, Ekra Kouassi Florent, partage avec nous, dans cette interview exclusive, sa vision pour la Côte d'Ivoire de demain. Une nation pour qui il a «beaucoup d'espoirs».

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15 avril 2008

L’art et le design au service des morts

f95bd5d6633f7ad11d3998e138d3bdc6.jpgExposées sur une plate forme en hauteur, des caisses joliment décorées retiennent toujours l’attention. Soit pour leurs formes ou pour leurs décorations. Sculptées en bois, elles sont de petites ou de grandes tailles ayant les allures aussi multiformes qu’atypiques : Chien, poisson, panthère, lion, bateau, avion, voiture, bouteille, fruits et légumes…
Mais ne vous y méprenez pas. Il ne s’agit point d’objets décoratifs, mais de cercueils.
Allant des formes les plus simples aux plus inimaginables, les «fabricants» font preuve d’imagination et de créativité. Jefferson 30 ans, fabricant et vendeur de cercueil nous livre quelques informations.

Pourquoi faire des cercueils avec ce genre de forme ?
«En fait, les Ghanéens aiment enterrer dignement leurs morts. Et pour eux, offrir au mort un cercueil pareil, c’est l’honorer».

«Les choix sont faits en fonction de la vie de l’individu ou de ce qu’on retient de lui ou de ce qu’il aimait. Par exemple s’il aimait la boisson ou travaillait dans une usine de boisson on le mettra dans un cercueil à la forme de bouteille mais décoré aux couleurs et aux motifs de sa boisson préférée ou de la marque pour qui il travaillait. Si le mort était pêcheur ses parents vont souhaiter qu’il soit enterré dans un cercueil en poisson. Et s’il rêvait un jour de prendre l’avion et qu’il ne l’a jamais fait, ses parents lui offre la possibilité en le mettant dans un cercueil en forme d’avion. Ainsi de suite…»

C’est long à fabriquer ?
«En moyenne, il faut entre trois jours et une semaine pour finir la première étape qui est celle de la confection de la forme et de la décoration des cercueils. La deuxième étape consiste à mettre les tissus mortuaires à l’intérieur. Cela peut se faire en une seule journée (…)
Cependant, il y a des commandes qui peuvent nous prendre jusqu’à deux semaines, lorsqu’on doit ajouter d’autres matières comme l’or, le bronze ou autre chose».


Et pour le prix…
«Tout le monde ne peut pas s’offrir un cercueil de ce type. Car le prix varie entre 400 et 700 dollars (environ de 200 000 à 1 500 000 CFA)».
A ces prix-là, on peut bien dire l’on tient à honorer le mort.

Un travail de tant d'efforts

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Avec des formes...
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...aussi delirantes les unes...
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...que les autres
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14 avril 2008

Favoriser l'écologie et "rétrécir" les routes

b43546bc8b6c3ee35c4fca4f3d2e383f.jpgAvoir une voiture au Ghana, n'est plus réservé aux «riches». Pour preuve à Accra, 2 personnes sur 10 ont un véhicule.
En effet, l'Etat encourage l'achat des voitures d'occasion. Et ce, en réduisant considérablement les taxes de dédouanement. Ainsi, avec un peu d'économie tout individu peut s'offrir une voiture neuve...d'occasion.
Au-delà des prix, l'Etat encourage surtout la vente et l'achat de véhicules neufs. Ainsi, plus le véhicule est neuf moins il coûte cher.
La politique d'achat de véhicules d'occasion est l'une des rares en Afrique qui tient compte de l'aspect écologique. C'est pourquoi la majorité des véhicules (y compris les transports en commun) sont de plus en plus neufs. Il semblerait qu'ils polluent moins.

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Pourtant, les routes ne sont pas forcément construites pour contenir ce flux de véhicules qui ne cesse de s'accroître au fil des années.
Ainsi, la circulation est pénible sur les grandes artères (et même les petites voies). L'on assiste à des embouteillages pouvant s'étirer sur un voire deux kilomètres tous les jours aux heures de pointe (entre 6 et 8 heures et entre 18 et 20 heures).
Mais cela ne semble pas préoccuper les autorités ghanéennes pour qui le plus important est de rendre accessibles les voitures à tous.

En Afrique en général, on pense plus à aujourd'hui qu'à demain. C'est pourquoi, si c'est une bonne politique de promouvoir l'achat de véhicules neufs "non polluants", l'Etat ghanéen gagnerait à trouver une solution pour ce que seront les routes d'ici cinq ans. Car, à quoi servira t-il d'avoir un véhicule, s'il n'y a plus d'espace pour le conduire ?

Petite visite au "Centre for National Culture d'Accra"

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Situé au coeur de la ville et bâti sur une superficie d'environ 6 hectares, le "Centre for national culture" est l'un des lieux les plus prisés par les touristes.
A l'entrée, les vendeurs de masques traditionnels exposent leurs marchandises et interpellent leurs clients. Des masques superbement sculptés. «En général, les sculpteurs ne sont pas ici. Ils envoient leurs apprentis pour la vente», explique un guide ghanéen qui s'exprime dans un français aproximatif.
Un peu plus loin, ce sont les potiers et les orfèvres qui dans des caisses (construites en bois et en vitres) disposent de façon ordonnée leurs vases et leurs bijoux. «Des produits de grande valeur», vantent les vendeurs pour retenir ceux qui s'approchent pour regarder.
A Accra, l'or a une valeur traditionnelle et l'on ne l'expose pas de la sorte. C'est pourquoi, les touristes sont toujours pris au piège et achètent de «l'or faux» en lieu et place du vrai qui est réservé aux connaisseurs. «Une fois que vous doutez de l'authenticité du bijou, il (le bijoutier) fera tout pour vous convaincre et vous le faire acheter. Les connaisseurs ne restent pas dehors pour demander, ils entrent et dans la discrétion parlent avec le vendeur qui a une caisse où il cache les bijoux fabriqués avec de l'or pur», témoigne le guide. «C'est pourquoi, conseille t-il, c'est mieux de venir avec un Ghanéen. C'est plus facile».

A quelques encablures du site des orfèvres, se trouve le lieu où il y a le plus de monde. Vendeurs et touristes sont confondus. Les langages aussi. Une cacophonie faite d'anglais, de français et de twui (langue populaire, appelée communément ashanti). C'est le site des vendeurs d'habits traditionnels. «Et c'est ce que les touristes aiment le plus», affirme un vendeur dans un anglais teinté de twui.
5c652445b0bba06b84501c0c7a61ba5c.jpgOn retrouve à cet endroit, des pagnes fabriqués aux couleurs des régions ghanéennes, des robes tissées et brodées. On y trouve également des chapeaux crées à la main ou à la machine.
Tous ces articles donnent une ambiance très colorée. Car les vêtements exposés sont faits de nombreuses couleurs chaudes : rouges, jaune et souvent le rose et le violet. A ces vêtements, les vendeurs du «Centre (lire centa) for National Culture» ajoutent les colliers et autres parures qui vont avec. Il y a également les chaussures traditionnelles faites de cuir et (le plus souvent) de caoutchouc.
Si les touristes (Européens, mais surtout Africains) trouvent en général que les articles sont à bon prix, les vendeurs eux, s'en tirent toujours à bon compte. Ceux qui vivent dans la capitale estiment que «les vendeurs du centre artisanal font toujours de la surenchère quand il s'agit des étrangers». En effet, «un habit pour homme vendu habituellement à 80 000 Cedis (environ 2000 F CFA) atteint facilement la barre des 250 000 Cedis (environ 12 000 F CFA) à la vue d'un touriste», explique Alain Y, burkinabé, de passage (fréquemment) à Accra.
Le «Centre for National Culture» est l'une des fiertés d'Accra. Et la mairie qui perçoit des taxes ne manque pas d'éloges à son sujet. «Tous les vendeurs ici sont à jour dans leurs paiements journaliers et ils ne posent pas de problèmes quand c'est l'heure de la collecte (14 heures) comme c'est la cas dans les autres marchés de la capitale», témoigne Johnson, agent de mairie, chargé de collecter les taxes chez les commerçants du centre artisanal.

En fin de compte, tout le monde est satisfait au sortir du centre : les touristes qui trouvent des articles beaux et variés. Les vendeurs parce qu'il savent qu'ils font d'énormes bénéfices sur chaque article achété. Mais aussi les caisses de la mairie pour qui le centre artisanal est une véritable mine d'or.

13 avril 2008

Accra une capitale qui bouge

5d4ac17d5c7c3b010d297378ddf6ea58.jpgEntre bruits de klaxon et vrombissements de moteurs, Accra marque le visiteur qui y entre pour la première fois. Larges rues, véhicules de toutes sortes (souvent très extravagantes dans les couleurs comme dans les modèles), la ville semble chaque jour en construction. Tant les bandes sont fortement blanches et les voies profondément propres. De toute part, des habitations s'élèvent vers le ciel, comme pour dire qu'Accra veut désormais atteindre les sommets.

91ddaf3bde9de1f7794715909a6cfc5a.jpgAccra, ville aux milles charmes, tient toujours à capter l'attention du passant. Entre deux rues, des vendeurs ambulants interpellent leurs clients. Accra, c'est le commerce... le centre des affaires. L'endroit rêvé pour tout individu qui veut faire de bonnes affaires.
La capitale du Ghana a toujours conservé sa réputation d'être une terre d'accueil. Mais également d'être un pôle d'attraction où se rencontrent gens de diverses nationalités.
A tous les endroits, l'on entend que de la musique locale. Dans les restaurants, les bars, les taxis etc. les autres musiques ne sont nullement entendues. «Que du highlife», prévient quelqu'un. Néanmoins, cette musique séduit au point où l'on pourrait se surprendre à fredonner quelques mélodies. Et quand cette musique se mêle aux tintamarres provoqués par les embouteillages, cela crée une ambiance de jour de fête. Une atmosphère que l'on ne saurait décrire si on n'y est pas.

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En effet, Accra c'est aussi les bouchons interminables. Et ce, comme dans la plupart des grandes capitales africaines. Des bouchons qui rendent la circulation pénible. Pourtant, les conducteurs sont patients. Et la discipline caractérise ces chauffeurs qui, même s'ils klaxonnent pour entretenir le rythme et l'ambiance, savent qu'il faut être patient pour ne pas aggraver la situation.
Malgré les nombreux feux tricolores (relayés par endroit par des agents de la police), les grandes voies de la capitale ghanéenne ne désemplissent presque jamais. «La majorité des gens ici ont un véhicule. Et le transport en commun est très développé : bus, minicar, taxi», explique Romaric O, burkinabé, informaticien dans une banque internationale.

Quand les religions rapprochent les hommes.
5ba8fdc307bf16b4f1d6f86d9225d82b.jpgAvec environ 2 000 000 d'habitants, Accra reste la ville la plus peuplée du Ghana (22,5 millions, population totale du Ghana). Une population qui se caractérise par sa forte appartenance religieuse. Près de 63 % des «Accrarois» sont chrétiens (catholique et pentecôtiste) et 37 % sont repartis entre les musulmans (en grand nombre) et les animistes. Ainsi, Accra peut se vanter de la cohabitation (parfaite) entre ces différentes religions. «Vous ne manquerez pas de trouver sur un même site ou à quelques dizaines de mètres près, une église catholique, une église pentecôtiste et une mosquée», témoigne Noël A., Ivoirien, il exerce dans le secteur des affaires. «Pour les Ghanéens, poursuit-il, c'est indispensable de vivre en paix les uns et les autres et quelques soient les différences religieuses. f1dde956832fc886d84f19c8035ec448.jpgC'est pourquoi, ils estiment que le plus important c'est respecter la religion des autres».
Si pour vivre en paix il faut respecter les différentes religions auxquelles l'on n'appartient pas, il y a néanmoins quelques normes (même si elles ne sont pas toutes codifiées) qui guident le quotidien des populations. «Je vous donne deux exemples. D'abord, vous verrez rarement un Ghanéen fumer. Ici ce sont les étrangers qui le font. Parce que si un Ghanéen est aperçu en train de le faire, c'est qu'il se drogue», affirme Alex, gérant d'un «Internet Café» (cyber café). Comme deuxième exemple, il explique que à Accra les relations entre jeunes filles et jeunes garçons «ne se font pas de façon désordonnée». «D'ailleurs, explique t-il, il est interdit à une jeune fille de passer la nuit chez son petit ami». Plusieurs autres règles dirigent ainsi la vie des populations d'Accra : autochtones ou allogènes.

Accra c'est aussi la solidarité entre les Ghanéens.
Une attitude très critiquée par les étrangers (surtout les francophones) qui se sentent écartés et préfèrent s'organiser entre eux pour ne pas sentir cette "mise à l'écart". Fêtes, rencontres, sorties détentes... tout est mis en oeuvre pour se sentir «francophonement» ensemble.
«Ici, faites tout pour ne pas avoir affaire à un seul Ghanéen. Si vous avez raison, ça n'ira nulle part. Mais si vous avez tort, sachez que vous aurez toute la communauté contre vous», prévient une jeune dame camerounaise, la trentaine, employée dans une entreprise de télécommunication.
En effet, cette attitude de «discrimination» est un fait courant et vécu quotidiennement. «Et cela c'est dans tous les secteurs d'activités. Ils favorisent leurs frères et méprisent les autres», se plaint la jeune dame.
Ce qui pourrait être dénoncé comme un comportement discriminatoire est apprécié différement par les Ghanéens. Pour eux, c'est "la matérialisation de leur unité".

En définitive, visiter Accra, c'est ce rendre compte que l'Afrique a de nombreuses potentialités. Que chaque pays a son charme et ses spécificités (qui sont perçues diversement). Mais surtout, que les villes africaines sont belles et méritent d'être montrées aux yeux du monde.
Accra à la croisée du Togo et de la Côte d'Ivoire ne se lasse pas de séduire et de retenir le passager...le plus pressé.
Au carrefour de la musique et de la religion, entre ses hommes qui la constituent et son expansion à grande échelle, Accra, la capitale ghanéenne, en dépit de tous préjugés, finit (toujours) par séduire.

11 avril 2008

Frontière ivoiro-Ghana-: «Masta toi pas payer pas passer !»

d39d8147349f466e1975006b716a2272.jpgL'un des épisodes les plus redoutés par tous ceux qui empruntent l'axe Abidjan-Ghana en passant par Noé, c'est bien l'autre versant de la frontière. C'est-à-dire le côté Ghanéen. Au-delà des arnaqueurs qui se dressent et qui attendent leurs proies, le poste à passer est lui-même un véritable «poste à payage».

Premier ''obstacle'': le contrôle sanitaire.
De la longue file d'attente qui s'étend à quelques dizaines de mètres, de nombreuses personnes s'impatientent et commencent à grogner. Certains se plaignent de «la lenteur des choses» quand d'autres (et c'est le plus grand nombre) refusent de payer ce qu'on leur demande.

Dans un bâtiment peint en bleu et blanc, deux policiers ghanéens réclament aux voyageurs leurs carnets internationaux de vaccination. Dans un français approximatif, les deux hommes en tenues aussitôt le contrôle fait, vous intiment l'ordre de payer. «500», crie l'un deux avec sa corpulence impressionnante qu'on peut apercevoir derrière la grille qui sépare les voyageurs des "contrôleurs". Les plus pressés s'exécutent. Certains par contre préfèrent négocier «comme on fait à Abidjan». D'autres encore (moins pressés sûrement) n'hésitent pas à faire des histoires. «Moi, je ne peux pas payer. J'ai fait tous mes vaccins et encore je dois payer», se plaint une jeune dame, la vingtaine, de teint claire.

Comme elle, ils sont nombreux à ne pas vouloir s'exécuter. Et cela entraine une lenteur dans le rang qui ne finit pas de s'allonger.

Un peu plus en arrière, des individus crient pour que les premiers dans le rang se dépêchent. «Si vous ne voulez payer laisser nous passer», hurle une voix forte. Après quelques bousculades et quelques injures, chacun finira par passer cette première étape. Car les policiers Ghanéens ne démordent pas «500 ou rien».

Le contrôle d'identité

A l'extérieur du bâtiment ''bleu blanc'' deux tables sont posées les unes à côté des autres. Deux hommes vêtus de leurs uniformes verts (parés de leurs galons "2 ou 3 étoiles") sont assis et attendent patiemment les passagers qui ont pu passer le «heal control». Les pièces sont tout de suite demandées avec «des billets de CFA» à la suite.

L'ambiance est toujours la même. Et la chaleur ( dans les 38 à l'ombre) ne fait qu'augmenter la nervosité des voyageurs.

«Pour ceux qui ont le passeport c'est 1000 F et ceux qui n'en n'ont pas paient 2000F», informe un homme. C'est un ivoirien qui a l'habitude de faire la traversée. Mais cette situation irrite encore plus les voyageurs. «Pourquoi doit-on payer alors qu'on a tous nos papiers au complets ?», s'interroge une dame, une commerçante. «C'est comme ça», lui répond le contrôleur ghanéen qui semble bien comprendre le français. Pourtant, ce calvaire n'est pas seulement réservé à ceux qui vont pour le voyage. Certains entreprennent la traversée pour faire quelques achats et revenir quelques heures après. Pour ceux-là, les pièces sont confisquées et il leur est demandé la «petite somme» de 100 francs.

Et à ceux qui refusent de payer, les hommes en tenues leur répondent gentiment «...toi pas payer, toi pas passer». Dès ce moment, le passant sait que quoi qu'il fasse (dans la colère comme dans le silence) il paiera avant de traverser.

En plus du périple que les voyageurs vont entreprendre entre Elubo (première ville ghanéenne) et Accra (la capitale) - et qui leur coutera quand même 130 000 ... cedis par personne (hors «taxe» environ 6000 Frcs CFA) - ils savent (ou peut être pas pour les novices) qu'ils devront débourser de l'argent à certains endroits.

Ainsi, le Ghana conserve sa légendaire réputation...

Ps: Quand on sqit que 1000 frcs CFA font environ 23 000 cedis. Faites le calcul des gains recoltes en une journee.