topblog Ivoire blogs

12 juillet 2008

L'argent du racket au service du socialisme

Alors que l'on "brandissait" à la télévision la hausse des prix, mon ami et frère avait commencé à développer une analyse assez intéressante. Je lui ai donc demandé de la mettre par écrit et je vous en donne lecture.

Par N'gbocho STENG
Economiste
stengbocho@yahoo.fr

604a5b958da56d245daf06ea683ee9f9.jpgNous assistons dans cette nation tels des spectateurs pour certains et des acteurs pour d’autres, à la poussée d’un vent longtemps attendu. Nous l’appelons lutte pour la moralisation de la vie publique. Ce vent s’est levé avec une petite vitesse et semble gagner en allure. Il a atteint le corps des forces de défense et de sécurité (a travers le Racket), la filière café-cacao, les concours administratifs et sûrement d’autres secteurs en projets qu’il touchera.
Nous saluons cette volonté politique et voulons dire que : «la moralisation de la vie publique n’est pas seulement liée à la bonne gestion des biens de l’Etat à nous confiés, mais c’est la prise de conscience de ‘‘la bonne foi’’ ; savoir agir avec le sens du devoir, humanité».

En laissant derrière bien des aspects du passé, nous voulons ici interpeller les transporteurs, les autorités de tutelles, nos gouvernants et les consommateurs sur l’augmentation du prix du carburant. L’inflation caractérisée par l’augmentation des prix des marchandises sur le marché, est directement liée à l’augmentation du prix du transport.
Le ministre de l’énergie Léon Monnet, a rappelé l’augmentation progressive du cours du baril de pétrole comme justificatif de l’augmentation du prix du carburant en ces termes :‘‘ Ce qui a conduit à cette ajustement tarifaire, c'est-à-dire la hausse continue du cours du baril de pétrole qui est passé de 60 dollars en 2005 à 146 dollars en juillet 2008’’ (Frat-mat, N° 13100). Nous nous posons cette question: «la crise mondiale du pétrole doit-elle justifiée toutes ces augmentations dans notre pays, vu que nous sommes aujourd’hui comptés parmi les pays producteurs et distributeurs d’énergie» ? Nous ne rentrerons pas dans des analyses économiques poussées, mais sommes captivés, par un événement de dernière minute, ou disons qui a été révélé, car existant déjà.

37e936bcbb056f46a79f77bab6b7fb58.jpg

Tandis que le ministre de l’énergie signalait tantôt que l’augmentation respectivement du carburant et du gaz compenserait une perte réalisée par l’Etat à travers sa société la SIR (société Ivoirienne de Raffinerie) de 63 milliard et 28 milliard sur le gaz, le Rapport de la Banque Mondiale sur le Racket vient apporter une révélation édifiante et une solution : ‘‘Le racket fait perdre entre 95 et 150 milliard au gouvernement ivoirien’’ (Frat-Mat N°13100).
Soit l’équivalent de la perte en carburant et gaz, voire plus.
Nous pouvons tirer de ce rapport de la Banque mondiale deux (2) solutions :

1- L’Etat qui a engagé avec le CEMA la lutte contre le racket, doit tirer profit de ce nouveau changement. L’argent qu’il retrouve déjà, et encore plus dans cette lutte permet d’annuler l’augmentation du carburant. Et bien plus de réduire les prix de base du carburant, avec comme exemple le passage du gasoil de 545F à 500F.

2- Nous ne luttons pas, ou ne lutterons pas pour demander au gouvernement de baisser le gasoil a 500F, mais tout en remettant le prix de la pompe à 545F, d’utiliser les gains d’économie sur la lutte contre le racket pour réaliser d’une part :
- Des réserves de change pour palier aux éventuelles augmentations du cours du baril
- Et d’autre part, utiliser l’argent pour palier à la flambée sur les denrées de premières nécessités. Ou, accorder des allocations aux personnes vivant avec un salaire qui équivaut au SMIG : 36000 F CFA
e214b55297387f69365390396fe91126.jpg

Que l’Etat fasse preuve d’humanité. La guerre est finie et nous allons à la reconstruction.
Si on ne peut faire baisser facilement des anciens prix (suivant l’effet de cliché), nous pouvons néanmoins annuler cette nouvelle hausse du carburant.
Un travailleur quittant la Riviera pour se rendre au plateau, ou d’Abobo au plateau dépense en moyenne 1400F/jour. Soit 28000F - 42000/mois en transport interurbain, pour un SMIG à 36000F.
Ne peut-on pas faire preuve de socialisme avec les économies sur le racket, le café cacao ?
Non à l’augmentation des prix du carburant, non.
Qu’on ne mette pas tout sur le dos de la guerre, en nous parlant de sacrifice : «Aux consommateurs, le ministre a demandé au non du gouvernement, d’accompagner l’Etat dans cette normalisation de la vie sociale, en évitant toute manifestation qui pourrait remettre en cause les acquis de l’accord politique de Ouagadougou».
La guerre est finie, SORO et GBAGBO sont d’accord. Qu’on mette plutôt de côté nos intérêts pécuniaires.
Pourquoi ne réduirait-on pas le train de vie de l’Etat ?

02 juin 2008

Méthode (d'Ange) pour lutter contre la corruption

D'après une interview reprise par Henri Gossé

"Pour schématiser, je vous présente trois cas. Le premier, un véhicule arrive à un barrage ou à un corridor. L’agent ne siffle pas, mais l’automobiliste s’arrête, se dirige vers lui et lui remet de l’argent. Pour faciliter la compréhension, nous prenons le cas d’un chauffeur de gbaka. Dans ce cas précis, il n’y a pas d’infraction. Dans le deuxième cas, l’agent siffle, le chauffeur s’arrête, se dirige vers l’agent et lui remet les pièces qui, malheureusement, ne sont pas au complet. Le chauffeur remet de l’argent et on lui remet ses pièces et il repart sans être contrôlé. Vous constatez que là, l’agent n’a pas fait son travail. Il a reçu de l’argent en contrepartie du travail qu’il devrait faire. C’est comme vous journaliste, vous avez à faire un article et quelqu’un estime que l’article en question ne fait pas son affaire et vous demande de ne pas le faire en vous donnant en contrepartie de l’argent. Et alors vous ne faites pas l’article ou vous en faites un qui se détache complètement de la réalité des faits. Ça, c’est la corruption. Dans le 3ème cas, l’agent siffle et l’automobiliste s’arrête. Je précise que cette fois-ci, le chauffeur est en règle, il a toutes ses pièces. Comme le prescrivent les dispositions en la matière, il attend que l’agent vienne vers lui. Je précise ici que c’est l’agent qui va vers l’automobiliste et les passagers pour procéder au contrôle.
(...)
Avant de remettre les pièces à un agent, exigez qu’il vous remette un papillon. C’est un échange. Vous lui donnez les pièces et lui, il vous remet un papillon, c’est obligatoire. Et si l’agent refuse de vous remettre un papillon?
Dans ce cas, vous ne lui remettez pas vos pièces. Et s’il refuse de vous restituer vos pièces, vous le suivez partout où il va. Et s’il s’agit d’agents en patrouille, suivez-les. Ecoutez ! Il faut avoir une dose de courage pour aller jusqu’au bout. Moi-même, je sais qu’à tout moment, à cause de mon engagement, je peux être abattu. Mais, je fais mon travail."


l'intégralité de l'interview ici

Petit constat

d74becc183fa3ddf3dca8cb717303e98.gif
C'est aujourd'hui 02 juin que débute l'opération «Stop au racket des FDS». Ce qui avait été annoncé comme une situation difficile pour les policiers - et autres corps des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire -, l'a été pour certains transporteurs, mais surtout pour les usagers.

Le constat a été fait ce matin dans la commune de Cocody. En effet, les taxis communaux (Wôrô wôrô) ont déserté les lieux vers 8 heures 30. La raison ?

«Dès 7 heures, les policiers se sont mis sur la route pour réclamer les pièces des véhicules. Ceux qui n'en avaient pas, ou qui avaient leurs pièces incomplètes ont vu leurs véhicules prendre la direction de la fourrière», témoigne Y. Sangaré chauffeur de wôrô wôrô. «Etant donné que la majorité des véhicules n'est pas en règle, les chauffeurs ont décidé ne pas ''rouler'' aujourd'hui», explique t-il.

Les usagers de la commune de Cocody qui paient les frais de cette perturbation routière sont pourtant (pour la plupart) d'un même avis. «Il faut que les chauffeurs se mettent en règle afin que l'ordre revienne en sur nos routes», lance Mme Dépri, caissière dans une banque. Elle attend depuis une trentaine de minutes un Wôrô wôrô pour se rendre à son lieu de travail situé au centre de ladite commune.

Pourtant, certains estiment que pour un premier jour «c'est trop sévère !». «Les policiers doivent procéder de façon progressive. Ils doivent donner des avertissements aux chauffeurs durant les premiers jours. Comme ça les jours suivants ils pourront mettre en fourrière les voitures de ceux qui n'auront été en règle», souhaite Jerôme Kouamé, mécanicien.

Apparemment, les FDS semblent déterminés à mettre en exécution les nouvelles dispositions de lutte contre le racket.

Pour une première journée «c'est pas mal». Attendons les jours suivants pour voir !

29 mai 2008

Une vidéo de la rencontre Mangou-transporteurs

En réponse à l'article sur la lutte (imminente) contre le racket, notre ami Djé nous a envoyé une vidéo (qu'il a publié sur Youtube) de la rencontre entre le Chef d'Etat Major des Armées de Côte d'Ivoire, le Général Philippe Mangou et les collectifs de transporteurs.

14:00 Publié dans Coup d'main | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : djé, racket, vidéo, Mangou