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20 septembre 2011

Petit constat dans un centre du BAC 2011

bac2011.JPGEt c’est parti pour les écrits du baccalauréat 2011 en Côte d’Ivoire. Le moins que l’on puisse dire au regard de ce que j’ai pu observer dans quelques centres à Cocody et à Yopougon, c’est que les dispositions ont été prises pour que cela se fasse dans le calme et dans la sérénité mais surtout loin des fraudes.

Une petite visite ce matin au Collège Koné Idrissa à Yopougon pétro ivoire, histoire de voir comment les choses se déroulent. [Il y a certaines années où dans certains centres c'étaient des ambiances surchauffées dehors, des va-et-vient des élèves et parents d’élèves entre la cour (et parfois même les classes) et l’extérieur du centre].

Un impressionnant dispositif (dissuasif) de sécurité assuré par des policiers. Les élèves entrent en rang dans la cour de l’école en présentant la convocation et une pièce d’identité. Dehors, les quelques rares parents venus accompagner et encourager leurs enfants repartent aussitôt. « Je ne cherche pas affaire je rentre chez moi. Je viendrai chercher ma fille le soir », lance ce père de famille avec un éclat de rire.

Sur les 660 élèves prévus 130 manquent à l’appel. « Sinon dans l’ensemble tout s’est bien déroulé » se réjouit, Seka Aka, le chef de centre en ajoutant « la ministre (de l’éducation nationale) a été ferme sur les mesures à prendre. Nous appliquons ».

Les quelques élèves interrogés à la pause de midi ont sorti l’habituel « c’était abordable » en parlant de la première épreuve de philosophie.

Au collège moderne de Cocody. Le dispositif de policiers est un peu plus impressionnant qu’à Yopougon. L’ambiance dehors aussi. De nombreux vendeurs ambulants ont envahi la voie qui passe devant ledit collège. Attendant impatiemment les premiers élèves à finir les épreuves de cette première journée.

Le moins qu’on puisse dire est que cette journée était celle de l’enseignement. Dans la foulée, débutaient les oraux du BTS (Brevet de Technicien Supérieur). Il y a avait également les réultats du CEPE (certificat d’étude primaire) avec un résultat global de 58,22%.

Lire aussi le reportage complet d'un Avenant dans le Centre de Yopougon.

13 septembre 2010

Abidjan-Lomé: récit d’une traversée tumultueuse

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C’est parfois plaisant de faire des voyages par la route. Surtout quand vous devez traverser deux pays (Côte d’Ivoire et Ghana) pour atteindre un autre. Mais des fois, un tel voyage peut s’avérer ennuyeux, voire périlleux. D’Abidjan à Lomé en passant par Accra, le chemin n’est pas toujours facile à aborder. Des surprises peuvent vous attendre dans ce tourisme qui peut vite se transformer en cauchemar. Récit d’une traversée qui peut servir de « code de la route d’Abidjan à Lomé ».

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26 novembre 2009

"Chronique Ivoirienne" sur le campus de Cocody

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Immersion dans le Campus universitaire de Cocody. L'épisode 2 de Chronique Ivoirienne, nous y emmène de fort belle manière (Voir l'épisode 1). Pour ce premier volet de cette deuxième saison, pénétrons dans des amphis quasiment vides du fait des grèves, traversons des ponts de fortunes pour découvrir une autre facette de cette cité universitaire. Sur la Cité "U", le sport occupe une place de choix. Les accocs à la "Play" ne nous dirons pas le contraire, ni "Super Alidou", dont le portrait marque la volonté d'un homme qui ne se laisse pas abattre par son handicap. Il raffle des médailles dans sa discipline sportive.

Cette chronique est réalisée par Camille Millerand et Donatien Kangah (pour le compte de Avenue225). Toujours avec le soutien de Afrique in visu.

Crédit photo (-®Millerand)

30 octobre 2008

A la rencontre des vendeurs de rues

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Ils sont nombreux ces jeunes qui prennent d'assaut les grandes artères de la ville d'Abidjan, présentant leurs produits. "Nos produits varient en fonctions des périodes", précise l'un d'entre eux. Journaux, produits hygiéniques, appareils électroménagers, téléphones portables, jeux pour enfants... tout y est !

"Pour ce mois, à cause de la rentrée des classes, ce sont les gadgets scolaires que nous vendons le plus. Ardoises, crayon de couleurs, jeux éducatifs... mais nous préparons aussi les fêtes de Noël et de nouvel an qui arrivent à grands pas", prévient Jules T, vendeur à la riviera 2.

Se faufilant entre les véhicules stationnés au "feu rouge", rattrapant aux pas de course des clients en voiture, ces vendeurs se battent comme ils peuvent pour "faire quelque chose". "Nous avons fait le choix de ne pas voler et ça nous réussit bien", renchérit Awa S. Elle vend des serviettes de poches. "Actuellement avec la chaleur, nos serviettes sont demandées et nos recettes augmentent", ajoute t-elle.

Pour la plupart, ils sont étudiants et se "débrouillent" pour se faire de l'argent. "Je suis titulaire d'une maîtrise en sciences économiques à l'université de Cocody. En attendant de trouver un emploi je me cherche en vendant des cartes de recharges", déclare t-il fièrement. D'autres quant à eux, sont déscolarisés et envoyés par leurs parents. "Mes parents habitent Wassa (un bidonville de la commune de Cocody). Ils achètent les articles en gros et mes frères et moi, nous les vendons en détails dans les rues", témoigne Safiatou B, 14 ans.
Leurs ventes se portent bien. Surtout que ces vendeurs savent détecter ce qu'il faut pour une période donnée.
Leurs seules craintes : "La police municipale". "Les agents de la mairie trouvent que nous envahissons les rues. Pour cela, ils nous empêchent de vendre et souvent ils confisquent nos articles que nous ne retrouvons quasiment jamais", explique Aimé N'Goran.

En dépit de ce fait, les "vendeurs de rues" persévèrent (contre vents et agents de mairie) offrant une gamme variée à leur clientèle qui s'en réjouit d'ailleurs. "Ils ont souvent de bons articles que nous trouvons à des prix très abordables", atteste un automobiliste. Pourtant, certains doutent de la bonne qualité de ces articles. "On a aucune garantie en ce qui concerne la solidité de ce que nous achetons", se plaint une dame assise à bord d'un taxi.

Quoi qu'il en soit, ces commerçants vendent et ne s'en lassent point. Au risque de leurs vies parfois, mais leurs survies semblent en dépendre.

Votez encore pendant quelques jours
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23 octobre 2008

Cité universitaire ou le centre commercial aux multiples facettes

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Que ferais t-on pas pour survive à la «galère» sur les cités universitaires ? Beaucoup de choses ! diraient les étudiants et autres «habitants» qui y vivent.
«Le campus de Cocody», l’une des plus grandes cités estudiantines d’Abidjan, s’est transformée aux fils des années en un gigantesque centre commercial où tout se vend et tout s’achète. Un véritable businessland !


Enquête

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13 octobre 2008

Il était une fois…Angybell !

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Une fois n’est pas coutume. Je me suis introduit dans l’antichambre d’un dinosaure de la mode africaine. Styliste et couturière autodidacte, Angybell est de nouveau sur la scène avec une nouvelle collection de vêtements qu’elle va présenter officiellement lors du "Yéhé 2008" cette semaine.

Angybell, un nom qui rappelle une époque. Un nom qui réveille des souvenirs chez les amateurs de modes mais aussi et surtout un nom qui salue le travail d’une artiste autodidacte au sommet de son art.
Dans son appartement situé à la Riviera 3, un quartier chic d’Abidjan, Angybell nous serre la main avec sourire comme pour dire «je suis encore là». Sur la terrasse, des robes et des chemises de différents motifs vous souhaitent la bienvenue.
Le salon superbement décoré est pour la circonstance transformé en loge pour essayage.
SDC11504.JPGDans un coin de la pièce, on peut apercevoir une partie des trophées qu’elle a glanés au fil de sa longue carrière. Carrière qui l’a d’ailleurs emmené à faire le tour du monde pour présenter ses œuvres.
«Angybell n’a pas changé», vous diront ses proches. Toujours aimable et travailleuse, l'inspectrice des douanes ivoiriennes continue de créer des modèles toujours originaux et inspirés. «Elle tient à ce que ce qu’elle fait soit un carrefour de culture», révèle un de ses proches. «Pour elle, ajoute t-il, la mode doit pouvoir transcender les cultures». «C’est d’ailleurs pour cela qu’elle tient en général à mélanger les pagnes traditionnels avec d’autres tissus», précise son couturier.
Pourtant, ce nom avait été éclipsé par des années de maladies et d’épreuves.
Mais, après ce long moment passé hors des "T" «Maman Raffia» réapparait avec une nouvelle collection.
«Je ne suis pas morte», dit-elle. J’ai (sur)vécu (à) des moments pénibles mais tout cela est dans le plan de Dieu et c’est vraiment riche en enseignements», avoue t-elle avec assurance.
Grande croyante, Angybell assure que ses succès sont «la marque de Dieu dans sa vie» et ses déceptions «le moyen que Dieu choisit» pour lui faire comprendre des choses et la ramener sur le droit chemin.
Désormais, Angybell est là. Toujours avide de travail, d’idées nouvelles et lumineuses.
«Elle aime le travail, mais surtout le travail (très) bien fait», explique Diana, sa fille et son responsable de communication et marketing. «En plus, elle a cette facilité d’expliquer ce qu’elle veut aux autres, ça rend le travail plus facile», souligne Diana.
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Dans quelques jours, Angybell s’envole pour la France «pour des raisons personnelles», avant de revenir sur la scène ivoirienne qu’elle n’a d’ailleurs jamais quittée.
«C’est vrai que j’ai été absente, mais mes modèles et mes initiatives ont fait le tour du monde», affirme t-elle avec fierté.
En effet, c’est elle qui pour la première fois arrive à transformer des écorces d’arbres en tissus. Une innovation qui réjouira le monde entier. «Mes tenues faites à base de raffia ont été portées par des stars mais surtout ont été reprises par beaucoup de stylistes-modélistes».
Pour Angybell , c’est tant mieux que ses idées soient reprises. «Il faut éviter les esprits de concurrence, c’est dépassé»
, déclare t-elle.

Dans un entretien ô combien enrichissant, Angybell lève un coin de voile sur ces années de gloire, ces périodes noires, mais aussi elle nous livre en exclusivité le contexte de la création de sa nouvelle collection (avec des photos à l’appui que vous ne trouverez, pour l’instant, nulle par ailleurs).

podcast


Voir quelques photos.

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11 septembre 2008

Le Sima grandeur nature

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Je vous disais ici que je vous enverrais les news de la 1ère édition du Salon Ivoirien des Métiers d’Abidjan (Sima).
J’y ai fait un petit tour rapide. Et je dois avouer que j’ai été émerveillé par l’organisation et par le nombre de participants (et d’exposants) à ce salon. J’ai compté au moins une soixantaine de stands. Grande école, centres de formation, lycées professionnels, centres artisanaux, entreprises de (télé)communication, salons de coiffures, menuiseries…
Tous les métiers étaient représentés.
Le salon à aussi sa radio «Radio Sima» qui pendant ces trois jours va entretenir les visiteurs et donner toutes les informations utiles pour le salon.
Justement selon les organisateurs, le «Sima» se présente comme «une plate-forme d’échanges et d’informations entre les partenaires du système de la formation professionnelle, les élèves et les entreprise».
Avec pour thème «le renforcement du partenariat école-entreprise pour une insertion professionnelle durable», le Sima a pour objectif (entre autres) de «montrer aux ex-combattants et ex-miliciens les opportunités de réinsertion», mais aussi et surtout de «faire découvrir au grand public, aux chefs d’entreprises, aux partenaires au développement et aux bailleurs de fonds, le savoir faire et le savoir être des stagiaires pendant leur formation et la compétence des produits de l’enseignement technique et la formation professionnelle (EFPT, initiateur du salon) au sein de l’entreprise».
Il y a de belle chose à voir. Et vous avez encore deux autres jours pour découvrir à l’hôtel du golf tous les stands qui présentent des travaux souvent surprenants.
C’est le samedi 13 prochain que le Sima fermera ses portes.

Quand à nous, chaque jour, nous vous ferons découvrir un exposant qui nous aura marqué.
Pour aujourd’hui je vous présente Kocorico.com
C’est une votre boutique en ligne. Ainsi, où que vous soyez dans le monde, vous pouvez montrer vos articles, votre boutique ou autre, à tout potentiel acheteur, en allant simplement sur. J’ai craqué pour le stand et pour le service qu’il offre.
Les présentateurs au Sima disent que c’est «un guide pour le shopping et pour le tourisme, c’est un guide en ligne multisectoriel et un instrument de mise en relation. Il offre la possibilité aux internautes de trouver des produits et des services en vente ou en location sur Internet chez plusieurs marchands et particuliers référencés, de comparer éventuellement les prix pour les produits et services identiques».
Voir le site ici... et toutes les photos un peu plus bas.

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Visite au Lycée Blaise Pascal d’Abidjan

Situé à la Rivera 3 (quartier huppé d’Abidjan), le lycée français Blaise Pascal retrouve petit à petit l’ambiance des grands jours de cours. Et le cadre fraichement rénové offre aux élèves un environnement propice au travail et à la discipline.

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Bâtiments flambant neufs, pelouses constamment arrosées, cet établissement a fière allure.
L’odeur de peinture fraîche témoigne des récents travaux qui ont été effectués.
L’école comprend des bâtiments de cours, des salles de langues mais aussi des salles de technologies avec des ordinateurs de pointes reliées entre eux via un serveur général qui gère toutes les connexions de l’école.
L’aire de jeu séduit aussi. Terrain de football, piscine mais aussi le restaurant dont les prix varient entre 3000 et 4000 francs le repas (complet).
Vu de l’extérieur les frais de scolarité semblent élevés.
Maurice Demailly, proviseur du lycée Blaise Pascal ne dément pas cette information. «L’un des soucis de l’Etat ivoirien est de faire de cette école un établissement d’excellence. C’est la raison pour laquelle nous faisons venir des professeurs hautement qualifiés et nous mettons des moyens de pointes aux services de l’encadrement des enfants. Et tout cela coûte cher», justifie le proviseur. «Le Lycée Blaise Pascal ne fait pas de bénéfices», ajoute t-il. «Nous divisons le total des dépenses de l’école par le nombre d’élève. Et c’est ce qui constitue les frais de scolarité», précise cet ancien diplômé de l'école de journalisme de Lille en France.
Le lycée Blaise pascal compte 950 élèves avec environ 50 % d’Ivoiriens. Elle compte des classes de la 6ème à la Terminale (littéraire et scientifique). «L’effectif est contrôlé. Pas plus de 30 élèves par classe», affirme, Maurice Demailly.
Pour cet encadrement, 70 professeurs sont à la tâche. Ils viennent pour la plus part de l’extérieur. Mais il y a également des anciens professeurs des anciennes écoles qui ont été fermées à lors des évènements de 2004. «Il y a aussi des professeurs qui viennent de Côte d’Ivoire», ne manque pas de dire, Jacques de Lesquen, chef du service de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France en côte d’Ivoire.
Voir toutes les photos du lycée Blaise Pascal d'Abidjan

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01 septembre 2008

Priorité à la propreté

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«Houphouet est vraiment mort !», a dit quelqu’un à la vu de ce "rond point".
Destination «hautement touristique», Yamoussoukro est en train d’être gagnée par la "carie" de la saleté.
Dans la capitale politique de la Côte d’Ivoire et ville natale du premier président Félix Houphouët Boigny, il n'y pas seulement que la Basilique, la Fondation et le lac aux caïmans. Il y a désormais ce fameux "rond point" qu'il faut passer "admirer". Un dépotoir qui si rien est fait, peut être la source d'une épidémie.

Les vendeurs et les populations qui habitent à proximité du marché déversent ordures - ménagères comme commerciales - sur une voie principale.
Au fur et à mesure ces ordures se sont transformées en un rond point.
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Ce tas d’immondices qui sert aussi à certaines heures de «WC public» dégage une odeur insupportable.
Cette poubelle géante désormais devenu un sens giratoire où les véhicules observent les règles de la «priorité à droite».
Et les règles d’hygiène qu’en fait-on ?

21 août 2008

Note de fin

Fn.JPG«C’est nous qui tenons la paix, il faut que vous le sachiez !» Cette menace lancée par «Ablo», un des hommes en uniforme (des Forces nouvelles, Fn) au barrage (sud) à l’entrée de Bouaké m’a beaucoup fait réfléchir.
Alors que nous avions une «autorisation du cabinet civil des Forces nouvelles» signée de leur Secrétaire Général – et Premier ministre ivoirien –, les soldats au barrage exigeaient que nous payions le droit de passage de… «5000 F cfa». «On s’en fout de leurs signatures», ont-ils hurlé tout le temps.
Les discussions furent rudes et souvent couvertes de menaces de la part de ces hommes en armes. Pour qu'en fin de compte nous leur laissions la somme de 2000 francs et que nous nous en allions.
La menace de «Ablo» était sérieuse et au sortir de ce voyage, riche en tourisme, il faut relever que la paix est encore trop fragile dans l’autre Côte d’Ivoire.
Une paix qui balance aux rythmes des humeurs des anciens rebelles qui sont devenues (trop) changeantes ces derniers temps.
Les hommes en armes postés aux différents barrages jurent que c’est eux qui maîtrisent la situation. Mais dans cette atmosphère, les populations ne se sentent plus en sécurité.
Il y a ceux qui sont restés dans les zones du centre et du nord pendant les cinq années de guerre. Ces populations voyaient en l’accord de Ouaga l’espoir d’un retour à la normale. Elles qui ont tellement souffert. «Aujourd’hui, c’est la désillusion !», confesse Seydou O. «Chaque fois que les soldats des Fn se révoltent, nous avons le sentiment que la flamme de la paix est en train de mourir à petit feu», poursuit cet étudiant en faculté de sciences juridiques à l’université de Bouaké.
La peur est encore plus grande chez ceux qui ont été redéployés ou ramenés. Ce sont les fonctionnaires de l’Etat, mais également ceux qui avaient fuit les combats et dont le ministère de la Réconciliation nationale (et des Relations avec les institutions) a favorisé le retour. «Nous avons accepté de revenir ici parce qu’on nous avait garanti que le calme serait revenu. Mais de plus en plus nous avons peur. Est ce que nous ne devions pas attendre le désarmement total des anciens combattants rebelles avant de revenir ?», se demande encore Faustin N, employé dans une banque de Bouaké qui a ouvert ses portes récemment.
Plusieurs d’entre les habitants de Bouaké font de plus en plus l’amer constat que «les chefs des Fn ne contrôlent plus rien». «Ici c’est nous qui tenons la ville», lance fièrement un des ex-rebelles. «Les autres eux, ils sont assis dans les bureaux et dorment dans des maisons luxueuses à Abidjan (…) Ils ne savent pas ce que nous vivons comme problèmes ici», reproche en colère un garde au "poste de Niakaramadougou" (ville situé à une centaine de kilomètres au nord de Bouaké).
Et les «réclamations musclées» de ces derniers jours à Bouaké en sont peut être la confirmation.
Les zones du centre et du Nord ressemblent en réalité à des territoires sans lois véritables. Tout semble être dirigé et géré par les biais militaires des Forces nouvelles «qui règne en maitre absolus dans la zone».

En somme, je crois qu’aujourd’hui la paix est à la merci des anciens rebelles (encore en arme) qui obéissent de moins en moins à leurs mentors. Il peuvent la défaire à tout moment.
Si de "notre côté", nous avons l’impression qu’il y a un air de paix qui plane, ce n’est pas tellement le cas de l’autre côté. Car en réalité, la partition du pays en deux est toujours effective et les ex-rebelles n’ont toujours pas désarmé. Loin de moi l’idée d’être pessimiste, mais parler de paix (durable) dans cette ambiance c’est se voiler la face.

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