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22 octobre 2012

Bienvenue à Tanou Sakassou, village de potiers

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10 minutes ! C’est le temps qu’il nous faut pour arriver à ce petit village paisible, situé à une dizaine de kilomètres de Bouaké (dans le centre de la Côte d'Ivoire). Ce dimanche matin, la petite cité est calme. Pour la plupart, les villageois se sont rendus à l’église.

Seules quelques chèvres et quelques chiens installés dans le cimetière à l’entrée du village nous souhaitent la bienvenue. Il est un peu plus de 10 heures. Quelques enfants, torses nus, courent après le véhicule qui nous emmène. Reprenant maladroitement, l’air amusé, quelques mots en français qu’ils entendent de notre bouche.

Du haut des grands arbres, quelques oiseaux chantent à gorge déployée. L’air pur de cette cité est parfois envahi par quelques fumées qui proviennent des foyers de cuisson à base d’argile.  Depuis leurs cases, quelques vielles femmes n’hésitent pas à nous lancer des sourires, heureuses de voir ces envahisseurs d’un jour.

Notre convoi s’ébranle devant une grande maison éclairée par les rayons du soleil. «Soyez les bienvenues ! » lance Yao Koffi Julien, potier et propriétaire des lieux. « Ici nous sommes dans la salle d’exposition » indique t-il. C’est dans cet endroit que sont entreposés tous les produits des potiers du village. Un endroit magique qui selon Julien, est bien méconnu du peuple ivoirien.

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12 septembre 2012

Une soirée « Chez Ali » à Marrakech

20120911_204709.jpg4 kilomètres et 15 minutes du centre ville de Marrakech. Notre colonie s’ébranle dans un endroit esseulé, loin des bruits des voitures ou des immeubles géométriques de la Ville rouge (surnom donnée à la ville de Marrakech à cause de ses nombreux bâtiments peints en rouge). Bienvenue Chez Ali. Où se croisent ceux qui ont envie de vivre un instant magique. Des moments uniques.

21 heures. Nous sommes accueillies par une haie de colonnes de cavaliers. Déjà, les premiers arrivants posent pour des photos souvenirs. « La soirée ne fait que commencer » me lance quelqu’un d’un air moqueur, indexant ces touristes qui ne savent pas que meilleur est à l’intérieur.

Chez Ali, où se mélangent le Marrakech d’antan et une vision futuriste de la ville. Où s’entrelacent les rythmes traditionnels et les musiques urbaines. Chez Ali où marchent côte à côte, les générations d’hier et d’aujourd’hui.

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Nous visitons les cavernes sobrement éclairées. Mais aussi, la « pièce de Ali ». Le fondateur de ce musée vivant. « Il est mort. Mais aujourd’hui ce sont ces fils qui gèrent l’espace », précise notre guide. Pourtant, les trophées, médailles et autres tableaux d’honneur rappellent que le « Grand Ali » est toujours présent dans les esprits. Sur les murs on aperçoit des photos de lui, mais aussi des mots gentils des poèmes que lui ont envoyés des visiteurs reconnaissant.

Dans  la cour d’entrée, des hôtesses en tenue de mariée vous souhaitent la bienvenue. « Salam Salam» vous lancent-elles en vous invitant à faire des photos en leurs compagnies. Tout ceci au son des premiers musiciens qui vous entrainent encore plus loin dans ce ranch.

Diner, ça nous tente !

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Plus loin donc. Plusieurs tentes sont dressées, apprêtées et équipées pour que votre diner soit lui aussi inoubliable. Méchoui, couscous, brochette, poulet… on salive déjà. Même le plateau de dessert vous fait oublier toutes la nourriture que vous avez ingurgitées. Et pour bien digérer, rien de tel qu’un bon verre chaud de thé à la menthe. De temps en temps, sous la tente, des troupes artistiques font des apparitions, afin de préparer les esprits à la Grande Fantasia.

Magique Fantasia !

22 heures. Tous les invités se dirigent vers la grande arène. Dans les hauts parleurs, la musique est tantôt douce, tantôt bruyante. Autour du terrain de sable, des gradins ont été construits pour que les visiteurs soient des témoins privilégiés du spectacle à venir.

Les lumières s’allument. C’est le début du spectacle. Toutes les troupes défilent en chantant, et en tapant des mains sous les airs des musiciens. Un, puis… deux tours. Les musiciens, les chanteurs et les danseuses quittent la scène. Place aux cavaliers !

A vive allure, fusils à la main, ils galopent d’un bout à l’autre du terrain dans un grand nuage de poussières. Et Boum ! Leurs fusils crépitent en chœur dans un grand flash. Les spectateurs sursautent. Ils ne s’attendaient pas à ça. L’écho des coups de feu s’éloigne. L’odeur de la poudre se mêle à la poussière et envahie tout l’espace. Tout le monde applaudi.

Vient la parade des cavaliers. Acrobaties des hommes comme des chevaux. Les invités sont stupéfaits. Mêmes les habitués se régalent encore et encore. 

Une heure et demie plus tard, c’est le tour de fin avec tous les acteurs de ce spectacle unique. Alors qu’ils passent devant le public, au dessus du terrain un homme et une femme sur un tapis volant, saluent l’assemblée. En dessous, un grand feu s’allume derrière eux laissant découvrir des lettres, des mots : « MAA SALAMA » ! Rentrez en paix ! C’est la fin du spectacle. 

30 août 2012

Etats Généraux de la Presse en Côte d’Ivoire. La phase finale !

C’est l’Hôtel-Président de Yamoussoukro qui accueille dès ce matin du 30 aout, la phase finale des Etats Généraux de la presse de Côte d’Ivoire. Deux mois après un travail acharné et collaboratif entre les cinq commissions et les acteurs de la presse ivoirienne. Un travail qui a accouché d'un pré-rapport et un rapport bilan. Des documents qui ont été remis le mardi 29 aout à  Diakité Coty Souleimane, ministre de la communication. « Nous espérons que Yamoussoukro permettra à la presse de prendre un nouvel envol », a espéré en ce moment-là Samba Koné, président du comité scientifique.

A Yamoussoukro donc, les journalistes (toutes tendances confondues) vont "courir un marathon'' de 48 heures pour tenter de donner une nouvelle orientation à la presse ivoirienne au cours de cet atelier de « restitution des travaux ».

Lire tout le dossier Etats Généraux de la Presse en cliquant sur

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14 août 2012

Joseph Siaba, Sage-Femme malgré tout

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Joseph Simone Siaba s’empresse de renfiler son vieux chemisier rose  presque qu’élimé qui contraste avec son petit bureau peint en bleu et blanc. « Il me faut une nouvelle blouse rose » rigole t-elle les deux mains posées sur sa table de travail. Une table sur laquelle traîne son stéthoscope, ses stylos de couleurs et son registre de suivi. En face, un lit d’examen encore en état, refroidit par la climatisation de la salle. A terre, une balance à laquelle il faut donner des coups pour qu’elle fonctionne. «Je lui fait confiance tout de même » (se) rassure la Sage-femme de la maternité de Samatiguila.

Un sourire au coin des lèvres, les bouts des cheveux entre les doigts, Joseph se perd parfois dans ses souvenirs. Elle n’avait pas prévu de devenir une « accoucheuse ». Elle qui a fait des études de marketing à Abidjan et qui est bilingue. Elle n’avait même pas imaginé que pour son premier poste on l’enverrait loin. Très loin. A Samatiguila. «Je ne m’en plains pas vraiment, c’est un bon test pour moi », renchérit-elle pourtant avec le sourire quand on semble la plaindre. « Sauver les vies, ici ou ailleurs c’est l’essentiel » lance t-elle. Et pour elle, tous les jours (et les nuits) c’est la même gymnastique pour assister des femmes ou faire venir au monde des enfants.  « Parfois à 23 heures, il y a des femmes qui frappent à ma fenêtre pour demander une assistance », témoigne t-elle en montrant du doigt sa maison séparée du dispensaire par une clôture.

Depuis près de 9 mois que Joseph est arrivée au dispensaire de Samatiguila, elle sent les choses évoluer.


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15 à 20 accouchements par mois. Un vrai record, dans cet établissement sanitaire où les femmes semblaient fuir la présence masculine… par pudeur sans doute.          


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Malgré son ardeur et son dévouement au travail, Joseph semble être ralentie dans son élan. Seule et sans matériels adéquats pour fonctionner. Ajouter à cela, la gratuité ciblée des soins qui finalement ne sert pas à grand-chose vu le manque cruel de médicaments pour les femmes enceintes qui n’ont pas de moyens financiers.


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Désormais, Joseph attend avec impatience que le ministère de tutelle veuille jeter un œil bienveillant vers la maternité du dispensaire de Samatiguila. « Et en attendant le ministère de la santé et de la lutte contre le Sida, les bonnes volontés peuvent réagir et sauver des vies », indique Joseph.

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[« Ce post fait partie d’une série d’articles qui illustrent ce que j’ai vu lors de mon voyage à Samatiguila. Carte postale d’une belle cité située à près de 870 kilomètres d’Abidjan et 35 kilomètres d’Odiénné, la capitale de la région du Denguélé. Samatiguila sur Wikipedia »]

12 juillet 2012

De passage à Guessabo

Guessabo. Carrefour bruyant. Contrée ou se croisent et se recroisent routes et détours. Véhicules personnels ou de transport en commun. C’est le passage obligé pour les ceux qui vont dans le Far-West. Ville où se rencontrent les peuples Wôbê, Bété et parfois même Gnanboa.

A 440 kilomètres environ d’Abidjan, la « cité du poisson » se dresse. Toujours avec ses étables de vendeuses. Des vendeuses, jeunes ou vielles qui courent après les véhicules à peine stationnés. Les passagers sont tout de suite envahis par une quantité diverses de fruits d’eau douce. Des poissons de tout genre, de toutes formes… fumés, séchés, frais, avariés. « Ça marche plus oooh !  » n’hésite pas à répondre une vendeuse quand le client négocie le prix du poisson. Pourtant, les prix proposés dans cette localité défient toute concurrence. Même si, fait remarquer un voyageur habitué de ce carrefour, il y a une forte hausse. Les raisons : Baisse du niveau des cours d’eau, augmentation du prix du carburant (et donc du transport). Et puis, depuis que l’Ouest est devenu « une zone dangereuse », les voyageurs sont une denrée rare. Certaines vendeuses ont donc rendu le tablier. Celles qui restent essaient de sauver la réputation légendaire de Guessabo. Carrefour-Marché !

De jour comme de nuit, vous rencontrerez toujours cette ambiance de marché qui n’a pas varié malgré les fortes crises qui ont aussi touché la localité. 

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Crédit Photo Jacques Kouao & Israël Yoroba

12 juin 2012

Yakro E-School 2012 : que retenir ?

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Et nous revoilà de retour à Abidjan après 3 ou 4 jours passés à Yamoussoukro, dans la capitale politique de Côte d’Ivoire. Fatigués, exténués, courbaturés, mais heureux d’avoir tenu le pari et d’avoir rencontré des personnes engagées et passionnées. Après deux (courtes nuits de sommeil) je ressasse encore les jours et les nuits passés dans les chambres, les salles, les couloirs de l’Institut National Polytechnique (INP) de la ville. C’est là que se tenait le YES 2012.

Le choix du thème « Le Web sur l’air du temps » était fait à dessein. L’idée derrière, était de montrer comment internet et les TIC en général pouvait soutenir et aider les étudiants, les futurs entrepreneurs ou les futurs étudiants. C’est pourquoi le choix d’une ville autres qu’Abidjan nous paraissait nécessaire. Les élèves et étudiants, ainsi les populations des autres villes de la Côte d’Ivoire ont besoin d’être informés et formés sur ce  qui se fait sur la toile. Sur les nouveaux outils des TIC, utiles pour eux. Nous avons voulu les sensibiliser. Et Yakro n’est que le départ de ce qui se prépare pour 2013. J’y reviendrai vers la fin de ce post.

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31 mai 2012

Samatiguila, ville aux trésors !

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Une couche neuve de boue vient de rajeunir cet édifice vieux de plus de 700 ans. Il est 15 heures. La cour de mosquée est vide. Dehors des réverbères ont été installés pour embellir et « éclairer  l’extérieur lors de veillée ou de cérémonie les soirs » précise un Samatiguilaka. C’est l’une des attractions culturelles et religieuse de la petite cité malinké. Pour y pénétrer il faut être musulman et… homme. Les femmes et les non-musulmans n’y ont pas droit.

samatiguila, samory touré, mosquée du millenaire, mosquée de samatiguilaN’empêche, on peut observer de loin les nattes de prières alignées, superposées les unes sur les autres. « La mosquée du Millénaire » la plus ancienne du pays est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est d’ailleurs cet édifice que le conquérant Samory Touré a tenté d’investir.  L’histoire raconte qu’il a butté sur une résistance farouche des habitants de Samatiguila qui l’ont rendu aveugle, ont saisi ses armes et l’ont converti à l’Islam  De longs fusils qui sont encore disposés dans une case chez le vieux ''Baledjan'' considéré comme le gardien de ces objets.


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Un peu d’histoire

samatiguila, samory touré, mosquée du millenaire, mosquée de samatiguilaSamatiguila signifie littéralement ‘’maison ou village de samatigui’’. En effet si le village a été fondé par Souleymane Diaby, il doit son nom au grand chasseur Samatigui Koné, le maître des éléphants. Ce dernier occupait le territoire actuel où se trouve Samatiguila et sa grande générosité l’a poussé à accepter que d’autres familles partagent cet espace avec lui. En mémoire de cet acte de bonté, N’golodjan Koné (un autre chasseur d’éléphant) a suggéré le nom Samatiguila à Souleymane Diaby.

« La ville de Samatiguila est riche par son histoire » souligne Mr Hamza Diaby. « Vakaba Touré, le fondateur de la ville d’Odienné et l’Almamy Samory Touré ont une histoire avec cette cité. Des armes, vestiges de leurs conquêtes sont soigneusement conservées dans la mosquée. L’Almamy Samory Touré a reçu ici son enseignement coranique de la part de feu Karamôkô Diaby ». (Source)

Les « Douhahou » à ne pas manquer

samatiguila, samory touré, mosquée du millenaire, mosquée de samatiguilaSi vous arrivez à Samatiguila, faites un tour chez « Tata Tehi ». c’est le plus vieux du village. On raconte qu’il aurait presque 120 ans. Mais personne ne peut le confirmer ; même pas lui.

Du fond de sa case éclairé par le reflet de la lumière extérieur, il est étendu sur son lit de viellesse. L’air fatigué mais avec le sourire qui ne le quitte jamais. Et quand une horde de jeunes gens envahit ses « quartiers » iln s’en réjouit et n’hésite pas prononcer, pendant de longues minutes, des « Douhahou ». ces bénédictions si chères au peuple de Samatiguila. 






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[« Ce post fait partie d’une série d’articles qui illustrent ce que j’ai vu lors de mon voyage à Samatiguila. Carte postale d’une belle cité située à près de 870 kilomètres d’Abidjan et 35 kilomètres d’Odiénné, la capitale de la région du Denguélé. Samatiguila sur Wikipedia »]

29 mai 2012

Samatiguila, notre village !

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Il fait nuit. L’air est frais sur le chemin qui mène au village. 26 degrés ! Il n’y a pas beaucoup de poussières. Les pluies de la veille ont atténué la levée de sables, mais ont commencé à dégrader la route. Dans la nuit noire, notre voiture traverse la terre non bitumée. Parfois on entend des bruits de hiboux et des grillons, souvent des phares en face, nous indiquent que les motos sont « reines » sur la terre des Diaby. 869 kilomètres, 13 heures 30 de routes (depuis Abidjan) et  2 heures de pistes (depuis Odienné, la capitale de la région du Denguélé) à contempler les arbres et courts d’eau, les ponts de fortunes installés ça et là ; deux heures à croiser parfois des écureuils, des oiseaux de nuits… nous voici à Samatiguila.

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25 mai 2012

Axe Bouaflé-Daloa, voici le pont de tous les dangers

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[Article mis à jour le 25 mai à 9h27] Suite au post ci-dessous, le ministre Alain lobognon, ministre de la jeunesse et de la promotion du service civique a réagi sur son compte twitter. "Le financement de ce pont est bouclé depuis 2011... Longtemps avant les Législatives. Appel d'Offres en coursLire l'appel d'offre. ]

bouaflé, daloa, pont, danger, catastrophe

Cela ne semble préoccuper personne. Ça fait des années que ça dure. Aucun drame n’a été signalé. Et donc on laisse (per)durer les choses. 16 ans après, je suis revenu sur le tronçon qui relie Bouaflé à Daloa, deux villes du Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. J’ai été frappé par la même peur d’antan. Par les mêmes craintes d'alors. En fait, rien a changé depuis toutes ces années.

C'est un pont à voie unique dont le bitume aux deux extrémités s’est fortement dégradé. Une grande frayeur s’empare de vous lorsque votre voiture le traverse. C’est pire avec les cars de transport en commun. Les glissières de sécurité de part et d’autre de la voie ne tiennent que par miracle. Le risque d’un drame est imminent. En dessous du pont c’est un fleuve dont le courant est fort. Très fort. Je n’ose même pas imaginer un engin se renverser dans l’eau. Ça serait une catastrophe !

Dans ce pays on aime bien attendre les catastrophes avant de prendre les choses en main. Les autorités qui traversent ce « pont de la mort » attendent patiemment qu’un car de 70 places fasse le grand saut. On pourra alors décréter (tambour battant) 3 jours de deuil, et prendre en charge les parents de victimes. Alors qu’une simple décision politique peut nous éviter ces gymnastiques funéraires.

Je sais que toute notre attention est focalisée sur le « 3e Pont » à Abidjan. Mais n’oublions pas que quelque part au centre-ouest, il y a pont qui mérite d’être refait entièrement… au nom des promesses de campagnes électorales mais surtout au nom de la sécurité des usagers et du droit à la vie. 

05 mai 2012

De nationalité « Africaine » !

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Je suis tombé sur ce «Plan de location » (liste des résidents) de l’Hotel El Mouradi de Tunis où je suis logé avec d’autres amis sénégalais, liberien etc. C’est un hôtel 5 étoiles. Mais ça ne change rien à des attitudes qui frise un racisme à peine camouflé.

En face de chaque nom de cette liste vous pourrez voir les nationalités «Américains », « Japonais » « Lybiens » « Anglais » « Marocains » ou même « résident Tunisien » pour bien indiquer que l’individu vit dans ce en Tunisie. Et en face du nom de « Israël Yoroba GUEBO » et de « Basile Niane»  c’est mentionné « AFRICAINS ». Ah bon ? Et depuis quand l’Afrique est un pays ? En plus les réservations ont été fait avec nos passeports.

Je vois que sur la même aire géographique certains ne se considèrent pas comme de la même race. Tout ce qui n'est pas "blanc" est... Africain. Mais bon, ça ne date pas d’aujourd’hui. Et puis, je vais pas trop me plaindre. Il y a des noms devant lesquels c'est écrit "Divers". 

03 mai 2012

Eynulla Fatullayev reçoit le prix Unesco de la liberté de la presse

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« Une minute de silence pour ceux et celles qui paient de leurs vies, le droit de nous informer ». C’est en ces termes que Irina Bokova, Directrice Générale de l’Unesco a honoré tous les journalistes du monde entier. Et il n’y avait pas meilleures occasions que celles de la journée de la liberté de la presse et de la cérémonie de remise du Prix Unesco/Guillermo de la liberté de la presse 2012 qui s’est tenue ce jeudi 3 mai au palais présidentiel de Carthage.

Tunis, « ce pays que a été utilisé comme une forteresse pour faire taire les voix du peuple et des médias» a rappelé le Président de la République de la Tunisie, Dr Moncef Marzouki. « L’organisation d’un tel événement ici chez nous, est la preuve que la démocratie est réellement en marche » s’est-il réjouit, rappelant à l’assemblée (constituée d’ambassadeurs et de journalistes venus du monde entier) que plus que jamais les pays ont besoin d’une presse libre, « responsable et professionnelle ». « Nous devons aider les journalistes pour que leur pouvoir soit prospère et puissant » a renchérit, la secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton, dans une vidéo diffusée pour l’occasion. « Les Etats Unis restent les défenseurs de la presse dans le monde entier » s’est vantée Esther Brimmer, Secrétaire d’Etat adjointe des Etats Unis pour les organisations internationales. Pour elle il faut « que les blogueurs et les médias sociaux prospèrent ».

2010_Azerbaijan_Fatullayev_0.jpgLe prix mondial Unesco/Guillermo Cano de la liberté de la presse 2012 a donc été remis à Eynulla Fatullayev, journaliste en Azerbaïdjan « pour son courage et sa détermination à montrer la vérité » a indiqué Diana Senghor, directrice de l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) et Présidente du Jury. « Eynulla est le symbole – comme de nombreux autres journalistes emprisonnés ou assassinés – d’une presse puissante qui dérange parfois » a-t-elle fait remarquer.

Qui est Eynulla Fatullayev ?

Eynulla Fatullayev, 35 ans, est l'ancien rédacteur en chef et fondateur de l'hebdomadaire populaire indépendant en langue russe Realny Azerbaijan (l'Azerbaïdjan réel) et du quotidien en langue azérie Gundalik Azarbaycan (Le quotidien d'Azerbaïdjan). Tout au long de sa carrière, il a défendu résolument et sans relâche la liberté de la presse et la liberté d'expression. Emprisonné en 2007, il a été libéré l'année dernière à la faveur d'une grâce présidentielle accordée à l'occasion du Jour de la République d'Azerbaïdjan, le 26 mai. Cette décision a été saluée par la communauté internationale. En juillet 2011, Eynulla Fatullayev a créé l'Union publique pour les droits de l'homme, une organisation non gouvernementale de défense des droits de l'homme.

13 septembre 2010

Abidjan-Lomé: récit d’une traversée tumultueuse

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C’est parfois plaisant de faire des voyages par la route. Surtout quand vous devez traverser deux pays (Côte d’Ivoire et Ghana) pour atteindre un autre. Mais des fois, un tel voyage peut s’avérer ennuyeux, voire périlleux. D’Abidjan à Lomé en passant par Accra, le chemin n’est pas toujours facile à aborder. Des surprises peuvent vous attendre dans ce tourisme qui peut vite se transformer en cauchemar. Récit d’une traversée qui peut servir de « code de la route d’Abidjan à Lomé ».

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23 octobre 2009

Au sujet des nouveaux médias...

Un "Atalaku" de la Deutsche Welle AKADEMIE à lire ici.

Débat sur les (nouveaux) médias et le développement

"Nouveaux médias pour un monde nouveau: Démocratie et développement". Voici le thème autour duquel s'est déroulé le panel de ce vendredi matin. Toujours dans l'ambiance des Journées Européennes de développement. Il s'est agit de déterminer "le rôle des nouveaux médias pour le développement et la démocratie et leur impact sur le paysage médiatique".

A la table de discussion:

la Présidente liberienne Ellen Johnson Sirleaf, Raila Odinga, le Premier ministre kenyan , Les Sud Africains Pansy Tlakula, Rapporteur spécial sur la liberté d'expression de la CADHP et Fackson Banda, TI et des nouveaux médias expert de l'Université de Rhodes, ainsi que le Burkinabè Camille Sawadogo, directeur de CEMECA et directeur des médias communautaires Radio Salaki et l'Ivoirien Israël Yoroba.

Le compte rendu (en anglais) de cette rencontre à lire ici.

22 octobre 2009

Invité à Stockholm !

 

 

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A l'invitation de la Deutsche Welle AKADEMIE, je suis à Stockholm afin de participer à la 4e édition des Journées Européennes de Développement. Un rendez-vous à caractère mondial qui se tient dans la capitale suédoise.

edd-logo-section panel.pngAu milieu de cette ambiance qui rassemble près de 4000 personnes qui viennent des quatre coins du monde, un panel de discussion aura lieu ce vendredi 23.

« Média et développement ». C’est à ce panel que je suis invité à intervenir aux côtés de personnalités telles que la Présidente liberienne Ellen Johnson Sirleaf, Raila Odinga, le Premier ministre kenyan , Les Sud Africains Pansy Tlakula, Rapporteur spécial sur la liberté d'expression de la CADHP et Fackson Banda, TI et des nouveaux médias expert de l'Université de Rhodes, ainsi que le Burkinabè Camille Sawadogo, directeur de CEMECA et directeur des médias communautaires Radio Salaki .

Le public de ce panel est composé de membres de gouvernements, d’organismes institutionnels, des sciences et des praticiens des médias de médias classiques et des nouveaux médias.

Vous pourrez suivre en live (vidéo) ce panel.

 

Le live dans la salle des plénières

 

22 août 2009

Le calvaire des passagers de la R.A.M

Dur dur aujourd'hui d'effectuer un voyage par avion avec certaine compagnie telle que la Royale Air Maroc (R.A.M). J'en ai vécu l'expérience lors de mes différents déplacement hors de la Côte d'Ivoire. C'est une compagnie que plusieurs préfèrent parce qu'elle offre des tarifs très intéressants.

Pourtant les passagers qui empruntent cette compagnie gardent toujours de très mauvais souvenirs de leurs voyages à bord des avions de la R.A.M. bJ'en veux pour preuve le témoignage d'un de mes amis qui a fait le parcours Paris-Abidjan en 24 heures de vol.

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"En route vers Abidjan pour une dizaine de jours, j'ai cru que je n'y arriverais jamais. Tout commence le 19 août vers 12H au métro château d'eau à Paris. La Compagnie Royal Air Maroc m'appelle pour m'annoncer que le vol de 19H30 est annulé. 2 choix s'offrent à moi.

Tenter celui de 15H15 ou attendre celui de 21H. J'opte pour la première option. Un taxi me lâche à Roissy. 24 euros. Tout ça pour entendre que le vol de 15H15 a été finalement annulé. On nous annonce que le vol de 21 heures est aussi compromis. La raison: une grêve importante des pilotes de la RAM.

Direction Orly en bus pour attendre celui de 21H. Là, une hôtesse de l'air de la RAM nous informe très tranquillement qu'un avion pour Casablaca va décoller dans 20 min. "Mais vous êtes en retard messieurs", nous dit elle.
Je lui deverse toute la rage que j'ai en moi. Histoire de me défouler même rien n'est régler. J'aurais pu lui faire une version Joey Starr, sans problème.

Finalement, on embarque à 22H30 pour Casa. Le temps passe plus vite. On arrive à 00H30 à Casablanca. Un douanier nous apprend que la liaison est assurée sur Abidjan. Un vol est prévu pour 5H30. Ceux qui doivent aller à Brazzaville (Congo) devront attendre 3 jours ici.

Les passagers d'Abidjan reprennent le sourire. FOUTAISE !!! Il est 7H00 rien a bougé. Nous sommes toujours là à dormir, écouter les annonces, fumer des clopes, boire des cafés ( à nos propres frais). Tout est figé. Avec nous 400 pèlerins qui doivent s'envoler pour Médine.

Les esprits s'échauffent. Un des passagers pour Abidjan, motive les troupes et appel au rassemblement. Une course à l'interlocuteur de la RAM est lancée. On s'unit. Ensuite, on commence à menacer les quelques petits pions envoyés au charbon pour l'occasion. Ils sont pris en otages.
Au bout du compte, vers 9H00 nous décollons enfin.

Je pensais que nous avions tout vécu mais..arrivé à Abidjan, nous sommes 20 personnes à qui il manque des Bagages.

Pendant ces 24 heures de transit, pas de communication de la part de la RAM. Des hotesses qui racontent des choses contradictoires. 3 pauvres tranches de pains saumonnés et une gazzouze pas fraiches. Aucun ravitaillement d'eau.
Pas un sourire d'encouragement, les enfants des passagers laisser pour compte à même le sol. Pas un remboursement opéré pour ces longues heures d'attentes. RIEN !

C'est certain. La prochaine fois j'irai voir ailleurs...

Le problème c'est que cette compagnie à le monopole des destinations vers l'Afrique de l'ouest. Un autre problème!"

20 juin 2009

Ce fut du "Lifting"

 

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Marseille. 30 degrés avec un soleil qui tarde à se coucher mais qui prend plaisir à nous réveiller (assez) tôt. J’ai atterri dans cette ville française en bordure de mer pour prendre part à un évènement qui se donne pour objectif de révéler les pistes des innovations qui permettront d’aboutir (pourquoi pas) à «l’Internet des objets».
Le lift 2009 . J’en parlais déjà il y a quelques temps sur mon blog. Eh bien, je suis à l’évènement qui se déroule en France pour la première fois après des éditions en Suisse. Une conférence internationale sur les nouvelles technologies qui est née à Genève en 2002.
Hand on Future (Faites-le vous-même) ! Tel est le thème de cette rencontre qui a réuni plus de 400 personnes venues d’une quarantaine de pays.

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Le lift ce sont des conférences avec des auteurs de qualité mais aussi et surtout des rencontres entre différents « fanatic » (lire fan à Tic)  du monde de l’Internet, de ses outils et de ses usages.
Une bonne communauté africaine était également présente. Ils sont venus du Mali, du Burkina Faso, du Cameroun, de l’Egypte, de la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, le jeudi 18 juin s’est tenu un atelier de réflexion dénommé Innov’Africa. Un atelier qui offrait une plateforme de réflexion sur la nécessité des réseaux pour l’Afrique. D’ailleurs l’un des constats a été que les Africains tissent plus rapidement des liens avec le nord qu’avec le sud. Les relations sud-sud sont lentes à se mettre en place. Pourtant, chaque pays a des (pistes) d’innovations qui pourraient servir à d’autres. L’engagement a donc été pris de constituer des réseaux entre Africains pour faire connaître les différentes innovations spécifiques contenu dans chaque pays.

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Des rencontres
Ce fut l’occasion de rencontrer du monde. Des artistes, des designers, des patrons de presses, des journalistes, des chercheurs, des blogueurs, des développeurs, des hackeurs (et la liste n’est pas exhaustive)… L’occasion de se faire des contacts, de présenter ce que l’on fait chez soit,  ce que l'on fait en soit... et voir comment l’améliorer pour un usage de qualité d’Internet mais surtout un usage qui prendra en compte toutes les classes sociales de tous les coins du pays.
Je crois qu’en fait c’était le but premier de ce lift.
Le lift va se refermer sous la brise qui vient de la mer juste à côté du Pharo (le lieu de la conférence) avec de beaux échanges sur l’innovation qui j’espère pourront être appliqués à nos réalités et à nos bourses.

Toutes les photos du Lift

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19 juin 2009

A l'Atelier des Médias

824.jpgNous avons enregistré Mondoblog de l'Atelier des Medias à Marseille. Ville où je suis dans le cadre du Lift (lire le prochain post).

C'était un superbe occasion de rencontrer Philippe Couve et toute son équipe avec qui j'ai beaucoup parlé au téléphone justement dans le cadre de l'émission l'Atelier des Médias. Enfin, j'ai pu mettre des visages sur les noms et ... les voix.

Ecouter l'émission + le bonus ici.

04 juin 2009

On blog, on parle, on gagne, on mange !

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Le forum mondial des médias (Global Media Forum) s’est ouvert depuis ce mercredi 3 juin ici à Bonn, en Allemagne. C’est d’ailleurs l’une des raisons de  ma venue dans l’ancienne capitale germaine. Le theme global de forum est “Conflict prevention in the new age”. Plusieurs centaines de personnes venus du monde entier prennent part à cette rencontre qui va durer jusqu’à ce vendredi 5 juin. Au programme, des séances plénières, et des workshops.
Pour la journée de ce jeudi, cinq des lauréats des BOBS (Best of Blogs) devaient débattre autour du thème “Citizen journalist and freedom of speech”.

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03 juin 2009

D'Abidjan à Bonn

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Premier voyage en Europe. Et c'est l'ancienne capitale allemande qui va m'accueillir. Mon séjour va se derouler dans le cadre du Forum mondial des médias (Global Media Forum) organisé par la Deustche Welle.

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16 mars 2009

Bonus de Dakar

13 mars 2009

Saly, une ville «aux mains» des touristes

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19 heures. Les rues sont encore inondées des rayons du soleil qui refuse sa chute quotidienne. La mer rugit comme pour réclamer la présence de la nuit. Le vent souffle. Les corps frémissent. Les dents grincent.
Saly, est une jolie cité balnéaire qui fait la fierté des Sénégalais. Les rues d’une propreté sublime imposent l’admiration et révèlent la détermination des populations à conserver leur cité accueillante. De belles maisons affichent leurs parures. Peintures chaudes, décorations féériques. Paradis sur plage. Saly est ce qu’on pourrait appeler «la perle rare».

Partout, les coins et recoins font plaisir à regarder.
Mais cette ville-paradis semble être «l’otage» des touristes. Ils y ont investit. Ils s’y sont investit. Certains y vivent depuis des années. D’autres sont là depuis quelques mois. Ceux-ci semblent vouloir ne plus repartir. Dans tous les endroits on les retrouve. Plage, bar, restaurant, hôtel, boutique etc. Ces «envahisseurs» ont l’intention de marquer leurs présences. «Ces blancs» sont déterminés à se faire remarquer.
Sur la mer, on peut apercevoir leurs bateaux de fortunes qui narguent les pirogues des pêcheurs. Sur terres, ce sont leurs motos et autres véhicules 4x4 qui "inondent" les rues. Les taxis communaux sont parfois perdus. Au cœur de cette cité, l’on découvre un bâtiment flambant neuf de la représentation du «Consulat de France». Ils sont Français, Britanniques, Allemands, Russes… peut importe. Ils sont blancs… Ils sont touristes. Des bruits courent dans la ville que la plupart de ceux-ci sont recherchés dans leurs pays pour divers délits. Peu importe. Ils sont là, et on bien l’intention d’y rester et de jouir de ce panorama féérique que leur offre la ville.

La bonne affaire des habitants
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S’ils se sentent parfois envahis, les chaleureux habitants de la cité s’en sortent en matière d’affaire. Les boutiques et autres magasins n’hésitent pas à gonfler les prix. «Ici nous faisons une robe à 25 Euros et un simple sac à 10 Euros», confie madame Dior Bâ, la trentaine et propriétaire d’un «Dress Shop». «Les prix qui sont affichés sont pour les touristes blancs. Pour les autres on peu négocier», avoue t-elle avec un sourire.
Dans les hôtels, les prix sont les mêmes pour tous. «A cause de la présence des touristes européens que les nuitées reviennent chères», affirme Abdoulaye N, gérant d’un hôtel quatre étoiles de la ville. «Les tarifs des chambres d’hôtel varient en général entre 50 000 et 90 000 francs en fonction du type chambre que vous voulez», revèle t-il avant de préciser : «les affaires tournent bien puisque nous affichons toujours complets en semaines comme le week end».
La situation est la même pour les maisons de Safari. «Nous mettons en location des véhicules, des motos et des vélos pour les touristes qui veulent faire un tour». Les prix sont hors normes. 70 000 francs la journée pour une voiture, 35 000 francs pour une moto et 10 000 francs si vous voulez utiliser une bicyclette pour la journée. Si vous souhaiter effectuer une randonnée sur un site touristique, il vous faudra débourser beaucoup plus. Sur les prix, les touristes refusent de se prononcer. Pourtant, ils n’hésitent à reconnaitre qu’ils s’y sentent bien. «Ici ont est loin du temps glacial de notre pays et l’air est agréable à respecter», confie sans vouloir révéler son nom, une européenne. Elle est en vacance dans la ville depuis deux semaines

On se plaint quand même
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«Tout est cher», ne manque de se plaindre un jeune «Saliens» (j’utilise ce mot pour désigner les habitants de Saly). «Et cette situation ne nous arrange pas forcément», ajoute t-il. Conséquences, les populations de la ville ne fréquentent pas les restaurants, les bars et autres commerce du coin. «Les prix sont faits pour les blancs, pas pour nous», ne manquent t-il pas de souligner.
Ils préfèrent de loin se plonger dans des séances de thé qui leur revient moins cher et qui leur donne de se retrouver entre eux. «Quand on prend le thé on parle de nos problèmes, et de la vie en général. L’avantage c’est que nous sommes entre nous», affirme N Diaye, 26 ans. Il est percussionniste dans un groupe traditionnel.
Si certains habitants de Saly grognent contre l’occupation de leur espace, nombreux sont ceux qui se réjouissent quand même que l’argent entre dans la cité. «C’est vrai que pour nous les choses sont chers, mais si tu entreprends une activité, tu es sûr de t’en sortir», ne manque pas de dire une «Salienne». Elle a ouvert un salon de coiffure et de massage qui est fréquenté à 90 % par les touristes. «Ils sont partout ici, mais ils font tourner les affaires. Ce sont des envahisseurs nécessaires», ironise t-elle avec un éclat de rire.
Saly la belle, Saly envahie. Alors que vers 21 heures le soleil s’est enfin couché, la vie continue avec ses touristes et leurs manies de bourgeois. Mais à Saly, on espère que la ville sera continuellement "occupée"… pour le bonheur des affaires.

10 mars 2009

A Saly !

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Nous voilà à Saly. A 80 kilomètres au sud de Dakar. Cité balnéaire qui nous accueille avec son décor splendide. (Je vous en dirai plus). Ici, le soleil brille encore dans le ciel alors qu'il est 19 heures. (Voir photo prise à 19 heures 05). C'est à la Térranga, un hôtel splendide que j'ai posé mes valises.

Nouvelle Fraîche.

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Il est un peu plus de 20 heures 30, une voix dans les hauts parleurs de l’avion à bord dans lequel j’effectue le voyage annonce «17 degrés» au sol. Nous nous apprêtons à atterrir et à fouler le sol de la capitale sénégalaise.
Alors qu’au départ à Abidjan, le climat se disputait le soleil et la pluie et que j’étouffais avec les 32 degrés, je n’avais pas idée ce qui m’attendait à Dakar.
Mais une fois que mes pieds franchissent la porte de l’avion, un froid glacial me rentre soudainement dans les os. Je cours aussi vite que je peux pour me glisser dans le bus qui nous attend et profiter de la chaleur de la masse humaine qui s’est formée à l’intérieur de l’engin. Mais cette chaleureuse compagnie sera de (trop) courte durée. A peine quelques mètres effectués que nous sommes priés de descendre pour faire face aux formalités administratives. Chose faite assez rapidement. Une fois dehors, mon calvaire va continuer jusqu’à l’hôtel. «Et ça ne s’arrêtera pas, ça pourrait même devenir pire», m’a-t-on averti.
Et c'est ce qui s'est fait. Cédric qui lui vient de Lille en France se marre et se moque de tous ceux qui comme moi grincent les dents de froid. Pour lui, "le temps est agréable" alors que nous approchons les 12 degrés le soir.

Ps: Photo prise à 7 heures 15.

08 mars 2009

A Dakar !

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Une invitation m’a été faite à Dakar pour deux évènements.
Le premier est la remise de prix du concours Waxal. Je serai récompensé pour le Prix Spécial du Meilleur Blog de Journaliste d’Afrique de l’Ouest. La cérémonie semble t-il se tiendra ce lundi. Une cérémonie au cours de laquelle il y aura des échanges avec la presse et d’autres partenaires aux blogs et aux Tic en général. (Un genre de conférence de presse après match).
Une table ronde autour du sujet du développement des Ntic en Afrique de l’ouest va également marquer cette cérémonie de remise de prix.

Le deuxième évènement tout aussi important va lui se tenir sur trois jours. Il s’agit d’un «Atelier de sensibilisation et de dialogue» dont le thème est «Cadres juridiques et politiques de la société de l’information en Afrique de l’ouest ; enjeux et rôles des acteurs». Ce dit atelier se le programme à nous communiqué se tiendra du 11 au 14 à Saly, un contrée balnéaire à environ 80 kilomètres au sud de Dakar, la capitale sénégalaise.
Cet atelier est initié par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (IPAO) et la Fondation OSIWA (Open Society Institue of West Africa) – et ce «dans le cadre de leurs différentes actions et réflexion autour du renforcement de capacités et du dialogue sur les politiques et usages des TIC pour l’avènement de sociétés ouvertes et démocratique. Ces trois jours de rencontres ont essentiellement pour but de «Promouvoir un dialogue multi-acteurs et sensibiliser sur quelques enjeux-clés du cadre juridique de la société de l’information en Afrique de l’Ouest, afin de contribuer au renforcement des processus nationaux dans ce domaine», précisent les «Termes de référence».
Nous aurons donc l’occasion de participer à ces rendez-vous et pourquoi pas (espérons-le) de découvrir (un peu) Dakar.
Alors on se dit certainement à bientôt pour des nouvelles en provenance du pays des Lions de la Téranga.

13 janvier 2009

Peintres sur toile

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A 29 ans, Joseph Silué est un artiste accompli. Il fait de la peinture sur toile. Une activité qu’on retrouve dans la plupart des villages de Korhogo (nord de la Côte d'Ivoire). Une activité dont les artisans ne sont pas toujours connus.
Au "Centre Artisanal des Peintres sur Toile de Korhogo" où nous avons rencontré Joseph, nous avons été frappés par la qualité du travail.
La p(t)einture utilisée par les artisans est fabriquée à base de feuilles ou d’écorces d’arbre. Pour le tissu, il est fait à la main par les tisserands de Waragnélé (le célèbre village de tisserands). Un vrai travail d’artiste. Les motifs, eux, sont laissés à l'imagination des concepteurs. Animal, case, masque etc... Toutes les tendances s'y retrouvent.
Tous ces artisans qui au départ travaillaient dans leurs villages respectifs ont décidé de se regrouper en association afin de faire face aux nombreuses difficultés qu’ils rencontrent. Difficultés dues en majeur partie à la crise.
Dans cet entretien, Joseph Silué, le Secrétaire général de ladite association, nous explique comment les artisans ont quitté les villages pour s'installer en ville. Il nous dit aussi comment après avoir (sur)vécu pendant les années de crise, ils se regroupent en association.

podcast


22 décembre 2008

Quid des démobilisés de Bouaké ?

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Au terme d’un séjour de quelques jours à Bouaké (dont vous aurez les échos dans nos prochaines Chroniques) et avant de débarquer à Korhogo (dans l'extrême nord) j’en viens à la conclusion qu’il y a urgence.
Nous avons pu rencontrer de nombreux démobilisés. Ce sont ces anciens combattants rebelles qui ont décidé volontairement (ou non) de déposer les armes. Et ce contre la somme de 90 000 francs pendant trois mois.
Cette opération qui a touché 20 000 ex combattants, visait à tous les réinsérer dans des secteurs d’activités autres que le métier des armes. Hélas ! Seulement quelques milliers (environ 3000 murmure t-on dans la ville) ont pu être touchés par cette "grâce". Les autres. Ils sont livrés à eux-mêmes et à la merci des difficultés de la vie.
Nous en avons rencontré au corridor sud de Bouaké. Cet espace est devenu leur champs de revenus journaliers.
Pour Ibrahim Diarassouba, l’un d’eux, ils viennent à ce barrage de contrôle pour «aider les camions remorques à traverser le corridor». «C’est ce qui nous permet d’avoir entre 1000 et 2000 francs par jour», affirme t-il.
La détresse et la misère se lisent sur leurs habits. Mals vêtus, visages souvent tuméfiés, boitant pour les uns, délirant pour les autres, ils attendent dans la douleur que le programme de réinsertion qu’on leur avait promis se concrétise.
Pour ma part, j’en viens à me demander quel sera leur avenir ? Pourront-ils être tous véritablement réinsérés ? Tout en sachant que le processus de démobilisation va s'étendre à toute la zone CNO (Centre Nord et Ouest). Quel désarmement peut on espérer quand ces combattants estiment qu'ils n'ont aucune garantie véritable ? Ce que ces ex-combattants redoutent le plus c’est que dans le programme d'après guerre, ils soient la cible d'une pacification. "On l’a vu après le coup d’Etat de 1999. Les jeunes délaissés et livrés à eux-mêmes ont été parfois abattus sans sommation pour le moindre délit", s'inquiète l'un d'entre eux.
A Bouaké, les ex-mutins ne croient pas vraiment au service civique. «Il y a longtemps qu'on nous en a parlé mais nous attendons toujours sans forcément croire que ça sera effectif pour nous jeunes d'ici», affirme incrédule, Alasko. Il est âgé de 24 ans. Alors qu'il pourrait constituer la clé de tout le processus de désarmement - qui passe par la démobilisation et la réinsertion - le service civique doit retenir l'attention du gouvernement en place.
C’est l’occasion pour les autorités ivoiriennes de se pencher sérieusement sur la question de la démobilisation dans les zones CNO (et celles du sud). Car des milliers de personnes qui ont déjà utilisés des armes pendant des années peuvent être tentés de les reprendre rien que pour avoir quelques chose à manger. Loin des jeux de mots entre "démobilisation" et "désarmement", il y a des milliers de jeunes qui sont à la merci des vices et des personnes de mauvaises intentions. Attention donc à cette bombe à retardement.

Selon vous, comment l'actuel gouvernement peut-il résoudre la question de ces démobilisés (à la rue) et de ceux qui souhaitent déposer les armes ? On entend partout dire que les caisses de l'Etat sont vides et qu'il faudrait une aide des bailleurs de fonds. Est ce une solution que de regarder vers l'extérieur pour financer cette opération ?

10 novembre 2008

Paysage d'un voyage au centre-ouest

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J'ai effectué un petit voyage ce week end dans l'ouest du pays et j'ai retrouvé avec plaisir ce paysage si beau et cet air si pur.

Je partage avec vous quelques photos...choisies.

Nous sommes au "Carrefour Lakota". C'est la saison des "blissi"...
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Il y a aussi ces moyens de transports peu ordinaires "pour nous qui venons d'Abidjan". Les populations des villages sont habituées à effectuer le déplacement sur ces motoculteurs.
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01 septembre 2008

Priorité à la propreté

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«Houphouet est vraiment mort !», a dit quelqu’un à la vu de ce "rond point".
Destination «hautement touristique», Yamoussoukro est en train d’être gagnée par la "carie" de la saleté.
Dans la capitale politique de la Côte d’Ivoire et ville natale du premier président Félix Houphouët Boigny, il n'y pas seulement que la Basilique, la Fondation et le lac aux caïmans. Il y a désormais ce fameux "rond point" qu'il faut passer "admirer". Un dépotoir qui si rien est fait, peut être la source d'une épidémie.

Les vendeurs et les populations qui habitent à proximité du marché déversent ordures - ménagères comme commerciales - sur une voie principale.
Au fur et à mesure ces ordures se sont transformées en un rond point.
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Ce tas d’immondices qui sert aussi à certaines heures de «WC public» dégage une odeur insupportable.
Cette poubelle géante désormais devenu un sens giratoire où les véhicules observent les règles de la «priorité à droite».
Et les règles d’hygiène qu’en fait-on ?

Qu'est ce que c'est ?

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Si vous voyagez ces temps-ci en direction du Nord de la Côte d’Ivoire, (et si vous ne dormez pas durant le trajet) vous remarquez de grands tuyaux qui sont en train d’être installés le long de la route. Des installations qui s’étendent sur des centaines de kilomètres.
Certaines personnes prétendent que ce sont des gazoducs, d’autres pensent à des oléoducs.
Quoi qu’il en soit les travaux semblent avancer rapidement. Et il serait bon que les Ivoiriens soient informés. Surtout qu’à certains endroits, les ouvriers sont obligés de faire de grandes fentes dans le bitume pour faire passer ces canaux tuyaux sous la terre.

21 août 2008

Note de fin

Fn.JPG«C’est nous qui tenons la paix, il faut que vous le sachiez !» Cette menace lancée par «Ablo», un des hommes en uniforme (des Forces nouvelles, Fn) au barrage (sud) à l’entrée de Bouaké m’a beaucoup fait réfléchir.
Alors que nous avions une «autorisation du cabinet civil des Forces nouvelles» signée de leur Secrétaire Général – et Premier ministre ivoirien –, les soldats au barrage exigeaient que nous payions le droit de passage de… «5000 F cfa». «On s’en fout de leurs signatures», ont-ils hurlé tout le temps.
Les discussions furent rudes et souvent couvertes de menaces de la part de ces hommes en armes. Pour qu'en fin de compte nous leur laissions la somme de 2000 francs et que nous nous en allions.
La menace de «Ablo» était sérieuse et au sortir de ce voyage, riche en tourisme, il faut relever que la paix est encore trop fragile dans l’autre Côte d’Ivoire.
Une paix qui balance aux rythmes des humeurs des anciens rebelles qui sont devenues (trop) changeantes ces derniers temps.
Les hommes en armes postés aux différents barrages jurent que c’est eux qui maîtrisent la situation. Mais dans cette atmosphère, les populations ne se sentent plus en sécurité.
Il y a ceux qui sont restés dans les zones du centre et du nord pendant les cinq années de guerre. Ces populations voyaient en l’accord de Ouaga l’espoir d’un retour à la normale. Elles qui ont tellement souffert. «Aujourd’hui, c’est la désillusion !», confesse Seydou O. «Chaque fois que les soldats des Fn se révoltent, nous avons le sentiment que la flamme de la paix est en train de mourir à petit feu», poursuit cet étudiant en faculté de sciences juridiques à l’université de Bouaké.
La peur est encore plus grande chez ceux qui ont été redéployés ou ramenés. Ce sont les fonctionnaires de l’Etat, mais également ceux qui avaient fuit les combats et dont le ministère de la Réconciliation nationale (et des Relations avec les institutions) a favorisé le retour. «Nous avons accepté de revenir ici parce qu’on nous avait garanti que le calme serait revenu. Mais de plus en plus nous avons peur. Est ce que nous ne devions pas attendre le désarmement total des anciens combattants rebelles avant de revenir ?», se demande encore Faustin N, employé dans une banque de Bouaké qui a ouvert ses portes récemment.
Plusieurs d’entre les habitants de Bouaké font de plus en plus l’amer constat que «les chefs des Fn ne contrôlent plus rien». «Ici c’est nous qui tenons la ville», lance fièrement un des ex-rebelles. «Les autres eux, ils sont assis dans les bureaux et dorment dans des maisons luxueuses à Abidjan (…) Ils ne savent pas ce que nous vivons comme problèmes ici», reproche en colère un garde au "poste de Niakaramadougou" (ville situé à une centaine de kilomètres au nord de Bouaké).
Et les «réclamations musclées» de ces derniers jours à Bouaké en sont peut être la confirmation.
Les zones du centre et du Nord ressemblent en réalité à des territoires sans lois véritables. Tout semble être dirigé et géré par les biais militaires des Forces nouvelles «qui règne en maitre absolus dans la zone».

En somme, je crois qu’aujourd’hui la paix est à la merci des anciens rebelles (encore en arme) qui obéissent de moins en moins à leurs mentors. Il peuvent la défaire à tout moment.
Si de "notre côté", nous avons l’impression qu’il y a un air de paix qui plane, ce n’est pas tellement le cas de l’autre côté. Car en réalité, la partition du pays en deux est toujours effective et les ex-rebelles n’ont toujours pas désarmé. Loin de moi l’idée d’être pessimiste, mais parler de paix (durable) dans cette ambiance c’est se voiler la face.