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31 octobre 2011

Festival de Garba, FlashMob & CO...

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Deux évènements ont retenu mon attention durant ce week end de fin d’octobre. D’abord le festival de Garba (célèbre plat national fait à base de semoule de manioc accompagné de poisson thon frit et de légumes – oignon et piment surtout).

C’est sur twitter que j’ai eu l’information. Je me suis donc rendu sur les lieux, à Treichville. J’ai aimé l’ambiance, le décor. Il y avait du beau monde et c’était agréable à voir. A côté des "Garbaman" - ou "garbatigui" (vendeurs et vendeuses de Garba), il y avait également des marques de boissons (alcoolisées ou non) qui s’étaient invitées afin d’étancher la soif des éventuels « Paumeurs » (appellation populaire de celui qui « paume » mange le garba).

festival de garba dr roucou.JPGDans le fond, je trouve que c’est un superbe concept que de mettre en valeur cet met national. Car le garba, c’est aussi notre identité culinaire, qui a transcendé les générations et qui s’est installé dans toutes les classes sociales. (Même si j’avoue que le garba des quartiers chics est bien différent de celui des autres communes. Avec beaucoup plus de légumes et parfois de la mayonnaise ou même du Ketch up). C’est une initiative à saluer et à encourager.

Mauvais points : J’ai noté un réél manque de communication autour d’un évènement aussi important. Il devrait y avoir beaucoup plus de monde.

Sur la forme j’ai vu beaucoup d’improvisation dans la gestion de la scène. Il y avait parfois deux Mc qui se disputaient presque sur le podium. Par exemple, lors du concours du « meilleur dabasseur mangeur de garba », l’animatrice souhaitait que ce soit le jury qui désigne le vainqueur tandis que son collègue voulait un choix du public. Un vrai tintamarre. Comme dans un vrai garbadrôme (lieux où on vend du garba).

Bons points : Bonne sonorisation, belle occupation de l’espace. Mets délicieux, ambiance agréable.

[ah pendant que j'y pense, on parlait garba en 2008 ici non ?]

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La deuxième actu forte qui a retenu mon attention est le « Flash Mob » organisé pour sensibiliser à la lutte contre le cancer du sein. Je salue ici l’initiative d’Anicet le chorégraphe mais également le Docteur Judith Coulibaly pour avoir réussi à associer la danse à un problème de santé qui préoccupe de plus en plus. De ce point de vue on peut crier : "Pari réussi".

Mauvais points : Pour un tel évènement et pour l’objectif visé je m’attendais à une plus grande mobilisation. Les organisateurs ont rassemblé moins de personnes que lors du récent flash mob d’Abidjan. C'est dommage !

Autre chose. Gros soucis d’organisation et de coordination. Prévu pour 16 heures, c’est autour de 17 heures 15 qu’on a véritablement démarré avec la première chorégraphie. J’ai eu la net impression qu’on nous faisait (volontairement ?) patienter pour attendre une « personnalité » ( ?). En plus au lieu de se faire en pleine rue comme annoncé et comme prévu initialement (ce qui aurait été bien mieux), les danseurs ont dû squatter l’espace et la (sonorisation) du festival de Garba. Du coup, des soucis de synchronisation avec le technicien du son. Au final on n’entendait presque pas la chanson.

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Il nous faut sortir de l’improvisation (je vous épargne les détails) et commencer à organiser des choses (aussi petites soient-elles) en vrais professionnels.

Bons points. J’ai adoré les chorégraphies mais surtout l’ardeur et la joie des danseurs sur la pelouse. Malgré le mauvais son, ils dansaient avec une telle énergie qu’on était réellement scotché. Il y avait un très bel alliage du rose et du blanc. Ça faisait joli et ça donnait un côté glamour à tous ces « paumeurs » de Garba.

 

20 juillet 2009

Café Baoulé, la recette low cost à l'ivoirienne

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Le café, on connaît. Le mot ‘‘Baoulé’’, pas forcément. Il s’agit d’une ethnie du centre de la Côte d’Ivoire. Le café baoulé n’est pourtant pas une recette propre à ce peuple. les Baoulé sont certes de gros planteurs de caféiers mais leur enthousiasme pour le breuvage tonifiant n'est pas des plus évidents.
Il y a plus bizarre. La recette en elle-même est atypique pour certains et originale pour d’autres.
Pas besoin de faire de grandes courses pour se procurer les ingrédients. Du sucre et de l’eau suffisent à préparer cette fameuse recette. Dans toutes les maisons de la Côte d’Ivoire, on trouvera au moins une personne qui cuisine et déguste ce plat.
À l’origine, il était fait pour les personnes qui ont peu de ressources. Celles qu’on retrouvait dans les villages et qu’on retrouve de plus en plus dans les bidonvilles situés aux pieds des immeubles et autres villas de luxe.
Pour deux personnes, achetez dix carrés de sucre et prévoyez un litre d’eau. Mais attention. Si les ingrédients sont aussi faciles à trouver et si ‘‘ma’’ recette semble banale, la préparation demande une dose de chimie ajoutée à un sens aigu de la mesure. Si vous mettez trop d’eau, vous la ratez. Et si vous ajoutez un peu trop de sucre (ou même moins) vous passez à côté.
Pas besoin d’un récipient gradué pour réussir le bon mélange (au passage, vous pouvez utiliser un canari en terre cuite de Korhogo dans le nord, ou un tablier en bois de Gagnoa dans l’ouest ou encore une calebasse. Vous pouvez également utiliser les verres en plastique appelés communément «gobelets» ou «Côpe»). Peu importe ! Il faut donc juger au regard.
Surtout pas d’eau chaude, ni d’eau trop froide. Elle ne doit pas être tiède non plus. «Elle doit être naturelle», vous dira t-on. Je sais que cela semble très aléatoire. Parce qu’une eau naturelle au village est celle qui sort de la rivière ou du puits. Mais en ville, c’est une eau qui coule du robinet. Dans un cas ou dans l’autre, la température peut varier. Soit. Il faut qu’elle soit naturelle.
Autre chose. Ne mettez pas le sucre avant l’eau. Il faut dans un premier temps verser votre eau naturelle dans un récipient. Ajoutez ensuite les 10 carrés de sucre. De préférence, utilisez le sucre qui provient des cannes à sucre et non celui qui est industriellement fabriqué. Une fois dans l’eau, laissez dissoudre. Deux minutes. Là encore, vous n’avez pas forcément besoin de regarder votre montre ou votre minuteur. Autrefois, les villageois n’avaient pas de montre. Il fallait faire appel au chrono du cerveau pour savoir que le moment est venu de faire le mélange. Il faut remuer, remuer, remuer jusqu’à ne plus apercevoir un quelconque grain de sucre.
À ce niveau, la recette est quasiment finie. Il faut alors choisir l’accompagnement. Mais pas n’importe lequel ! Du pain, vous me direz. Eh oui, du pain. Mais pas n’importe lequel. Il faut choisir celui qui a été fabriqué depuis au moins trois jours et qui croupit aux «invendus» des boulangeries. En Côte d’Ivoire, ça s’appelle du «Pain Godio».
Le pain Godio coûte six fois moins cher que le ‘‘vrai’’ pain vendu en boulangerie à 150 francs (environ 22 centimes d’euro). À 25 francs CFA ( 0,33 centimes) vous pourrez vous en procurer.
Avant de l’utiliser, vérifiez que les fourmis, les cafards et autres insectes friands de cette nourriture n’y ont pas installé leur demeure.
Dès à présent, votre recette est prête. Mais pour bien faire, il faut savoir la déguster.
Là aussi, il s'agit d'un autre style. D'une habitude à prendre.
Ne prenez pas la peine de découper le pain Godio en deux ou en plusieurs autres morceaux. Ne servez pas le café baoulé dans des verres individuels. Si vous êtes deux à manger, trempez (chacun à son tour) le pain dans l’eau sucrée jusqu’à ce que vous sentiez le bout immergé suffisamment mouillé. Puis, portez-le à votre bouche. Au départ, c’est sûr, c’est un exercice délicat pour votre mâchoire. Mais au fil de trois petit-déjeuners, vous vous rendrez compte de l’aisance avec laquelle vous arrivez à mettre le pain mouillé dans votre bouche et à le mâcher.
Et si vous n’arrivez pas à finir votre pain, vous pouvez le conserver pour le petit-déjeuner du lendemain matin. Il sera encore plus « Godio » et certainement plus appétissant pour un autre café baoulé.