topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

23 avril 2012

Yamoussoukro aux couleurs de la Rentrée parlementaire

mise en place a linterieure de la fondation.JPG

La capitale politique se prépare à vivre la rentrée parlementaire prévue pour ce mercredi 25 avril. Depuis le dimanche 14 avril, des banderoles annonçant l’évènement sont visibles. « Tous les transporteurs, voyageurs, commerçants, bref toutes les personnes qui emprunteront l’axe Abidjan-Yamoussoukro sont informées largement sur cet événement à travers l’affichage des grandes banderoles », prévient Moussa Touré, président de la cellule de communication du président de l’Assemblée Nationale.

hotel presidence.JPGDu Pont avant Atingué, en passant par les ponts d’Elibou et Kilomètre 40  jusqu’à la rentrée de Yamoussoukro, la présence de ces affiches de grandes dimensions attirent l’attention.

Les grands édifices de la capitale politique sont également parés aux couleurs de cette première rentrée post-crise des députés. L’aéroport international, la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la Recherche de la Paix, l’Hôtel Président, l’Hôtel des députés, les grandes artères de la ville. Tous un pris un coup de neuf.

A coup sûr, cette session des "honorables" ne passera pas inaperçue au regard de toute l’énergie déployée pour réussir cet événement. « Nous voulons restituer son caractère officiel » souhaite les membres de la cellule de communication.

Route de Bouaké

 

route de bouaké.JPG

Fondation FHB

 

fondation.JPG

Sur la route d'Abidjan, carrefour Hotel Président

 

carrefour hotel president.JPG


07 mai 2011

Maintenant allons de l’avant

Hier vendredi 6 mai 20111, Alassane Ouattara a prêté serment comme « Président de la république de Côte d’Ivoire ». Au nombre des invités présent à cette cérémonie brève mais « pleine d’émotions » (selon les participants), on a aperçu le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, le président du Conseil constitutionnel, Yao Paul N'dré, le président du Conseil économique et social, Laurent Donat Fologo, le président de la Cour suprême, TIa Koné, le Grand Chancelier, le Chef d’Etat Major des armées (et tous les généraux), le doyen des diplomates, le Nonce Apostolique, (une partie de) la presse nationale et internationale.

Désormais, je l’espère en tout cas, le film d’horreur « crise Post-électoral » doit être loin derrière nous. Quelqu’un me disait au téléphone, « si on aime ADO, on doit se mettre au travail pour l’accompagner dans son programme. Et si on ne l’aime pas, on doit lui accorder le bénéfice du doute et si c’est trop dur pour nous, alors vengeons-nous dans le travail en travaillant plus ». J’en ai rit. Mais je trouve que mon interlocuteur avait raison.

Il nous faut nous mettre rapidement au travail. Nous avons perdu trop de vies humaines, trop de temps, trop d’argent et surtout trop de confiance réciproque entre Ivoiriens. Et tout ça « grâce » au Conseil constitutionnel. Pendant 4 mois les deux camps (LMP Vs RHDP) se sont bagarrés à coup de médias, de menaces et d’armes (très souvent ) lourdes.

Aujourd’hui avec cette prestation de serment, Ouattara prend officiellement la fonction suprême de la Côte d’Ivoire. Qu’on le veuille ou pas, il va falloir faire avec. Et c’est dans l’intérêt de la Cöte d’Ivoire que nous avancions tous les mains dans les mains. Sinon, on peut choisir de continuer encore de se bagarrer et de faire davantage reculer la Côte d’Ivoire. Ou alors on peut décider de mettre tout en œuvre (chacun à son niveau et dans son domaine) pour que l’éléphant d’Afrique se remette sur ces pattes.

C’est sûr Ouattara tout comme Gbagbo ont beaucoup de chose à nous expliquer. J’espère que la plateforme « Vérité & réconciliation » nous permettra de mieux comprendre ces quatre mois de crises profondes, dont on en garde encore les stigmates.

La pensée de la semaine : "Satan nous a possédé", Yao Paul N'dré, président du conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, à propos de la crise.

08 avril 2011

Abidjan : tragédie humanitaire à l’ombre de la guerre

Depuis quelques mois, je savais la situation difficile en Côte d’Ivoire et plus particulièrement à Abidjan. Aujourd’hui, elle est plus que jamais alarmante. C’est peu de le dire. Dans la cacophonie des bombardements aériens, à l’ombre de la bataille entre les deux camps, ce sont des centaines voire des milliers de victimes qu’on dénombrera quand tout redeviendra calme. Si bien sûr tout redevient calme.

IMAG0106.jpg

«Diallo, je voudrais deux litres d’huile et du riz », ai-je demandé il y a quelques jours au seul « boutiquier mauritanien » qui avait osé ouvrir. «C’est fini », m’a-t-il lancé. Les prix des seuls produits que j’ai pu acheter ont quasiment triplés de prix. Dans de nombreux quartiers comme le mien, les denrées alimentaires commencent à manquer. Les supermarchés et autre surface qui ont pu ouvrir ont été pris d’assaut par les clients ou même par des pillards. «On a pris ce qu’on pouvait. On espère que ça va suffire pour les jours à venir », me lance Adou un de mes amis que j’ai eu au téléphone. Il venait de faire ses provisions. Dans sa maison à la riviera, en plus de sa femme et de ses deux enfants, ce sont ajoutés deux familles. «Nous sommes 20 dans la maison, un deux chambres salon ».

Aujourd’hui, à Abidjan, chaque famille est déplacée ou accueille des familles déplacées. Il faut donc doubler les rations alimentaires qui se font de plus en plus rares.

Dans certains quartiers, il n’y a plus d’eau ni d’électricité. «Le courant est revenu seulement hier après plus d’une semaine de coupure », m’apprend Stéphane, un ami qui habite la Riviera 2. «Chez nous il n’y a plus d’eau. On se demande comment on va faire », s’interroge Dramane qui habite lui un quartier de la commune de Yopougon.

 

La santé au point mort !

mort.JPG

« Nous sommes débordés. Il y a des blessés par balles, des morts, des femmes enceintes. Mais le pire c’est qu’il n’y a pas de médecins », déplore N’Goran A. Il est l’un des rares médecins au CHU de Cocody. Les derniers bombardements de l’armée française ont aggravé les choses. Des maisons ont été détruites, des écoles aussi. Des hôpitaux aussi. «On a pas encore de bilan, mais croyez moi j’ai pu voir de nombreux corps à terre », raconte Partick S, sans pouvoir donner plus de précisions sur leurs nombres. « Je n’ai pas pu prendre des photos, moi aussi je fuyais », raconte t-il. Il fait partie de ceux qui ont voulu braver les bombardements aériens et qui sont sortis dans les rues. «L’un des dangers, craint-il, c’est qu’il y a encore des cadavres dans les rues et qui sont là depuis plusieurs jours. Bonjour l’épidémie de choléra ». Un autre ami qui, lui, habite Koumassi, m’a envoyé une photo d’un corps en putréfaction. «Ça fait 5 jours qu’il est là », précise t-il dans son mail. Dans les rues de la capitale désormais, cadavres et tas d’ordures se disputent les voies et trottoirs.

«Nous sommes débordés », lance Mohamed Diaby qui, avec d’autres blogueurs gèrent un « Call Center » pour les urgences. « Les appels à l’aide sont telles que sur notre échelle de crise, un blessé par balle est un incident mineur », témoigne t-il. Le manque de médicaments est criard. Quelques pharmacies ont ouvert. Mais il n’y a pas tous les médicaments. «Et même quand il y en a, combien sont ceux qui ont encore les moyens de se payer un médicament. Les banques sont fermées depuis plus d’une semaine », rappelle en colère Dr Blé, pharmacien.


L’insécurité est partout, la mort aussi

Cocody, Adjamé, Abobo, Marcory etc. Aucune commune n’est épargnée par ce climat d’insécurité grandissante. «Dans notre parking, ils ont fait coucher tous ceux qu’ils rencontraient avant de les dépouiller de tous leurs biens », raconte une habitante de la riviera Golf. Selon elle, les voitures étaient tâtées au fur et à mesure et certaines emportées par des hommes armés. «Surtout les 4×4 » précise t-elle.

Il y a quelques semaines des milliers de prisonniers ont été libérés des prisons. Certains se sont retrouvés avec des armes à la main. Abidjan a désormais encore plus peur. C’est désormais la porte ouverte à l’insécurité avec des braquages et pillages à l’arme lourde et à l’arme automatique. «C’est devenu la jungle », lance craintif un de mes collègues journalistes. «Moi j’évite de sortir. Parce qu’on raconte que les hommes en armes tirent sur les passants. C’est grave », s’indigne t-il.

Sur ce blog j’ai pu lire ce témoignage :

«Lorsque des coups de feu, souvent à l’arme lourde, ont commencé à tonner dans notre zone jeudi dernier, ma famille et moi avons choisi de nous enfermé dans la maison le temps que la situation redevienne normale. Le samedi, dans la matinée, nous avons reçu une visite de cinq hommes armés qui ont réussi à forcer notre portail. Ils ont ensuite fait irruption au salon et ont pu emporter tout ce qui était à leur porté, après m’avoir intimé l’ordre de leur remettre la clé des deux véhicules stationnés dans la cour», témoigne cet habitant du sous quartier Angré les Arcades. »

Abidjan perle des lagunes, est devenue délétère. Catastrophe humanitaire ? Oui. Je ne parle même pas de ces quartiers où désormais, être un homme valide c'est être une proie idéale à l’enrôlement dans une milice. Je ne parle même pas de tous ces nouveaux-nés qui naissent chaque jour et qui voient leur espérance de vie raccourcie. Je ne parle même pas de ces vieux et des malades qui n’attendent (ou n’appellent) que la mort.

A Abidjan, aujourd’hui c’est un climat de guerre. Le silence fait encore plus peur. « Car on ne sait pas si c’est le calme avant la tempête ». Et chaque jour on s’éloigne de plus en plus d’une voie de sortie pacifique. Et en arrière plan, les victimes commencent à se compter par milliers.

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

Alassane-Ouattara-et-Laurent-Gbagbo_articlephoto copy.jpg

Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.

25 novembre 2010

Débat présidentiel télévisé: la leçon de la Côte d’Ivoire au monde

gbagboadodebat.jpg

Le souhait de tous ceux qui ont regardé avec attention ce débat télévisé, est que toutes ces promesses d’appel au calme et de l’acceptation des résultats du vote soient respectées. Le Chef de l’Etat et l’ancien premier ministre ont d’ailleurs pris l’engagement de respecter les résultats de la Commission électorale indépendante (Cei). C’est la Côte d’Ivoire qui en sortira grandie, et ça sera pour le bonheur de tous les Ivoiriens.

01 novembre 2010

Les élections présidentielles ivoiriennes à l'heure du WEB 2.0

Les élections présidentielles ivoiriennes ont bien eu lieu. Après des mois d'agitations et tergiversations, les Ivoiriens ont pris part au premier tour du scrutin qui s’est déroulé le dimanche 31 Octobre 2010.
La tenue du premier tour dans climat général apaisé a été salué par la plupart des commentateurs de la presse traditionnelle internationale et des observateurs. Une présence des internautes ivoiriens sur les réseaux sociaux et les outils de diffusion de contenus en ligne a aussi été observée.

Une nouveauté cette année, la participation en ligne de nombreux citoyens de Côte d’Ivoire qui ont organisé une couverture de la journée électorale en utilisant la palette d’outils Internet à disposition.

"Réglons tous nos problèmes dans la paix"

A noter surtout cette initiative de Diaby Cheik Mohamed qui traduit bien l’ambiance générale de la rue ivoirienne cette semaine : la volonté de transformer cette période électorale en moment de réconciliation. Le projet Peacevote incite les visiteurs du site à laisser des messages pacifiques pour la Côte d’Ivoire. La promotion du site a été assurée par de nombreuses voix de la culture en Côte d'Ivoire: Aïcha Koné, Ismaël Isaac ...

CoverItLive sur le site d'Avenue225


Israël Yoroba, étudiant en journalisme et bloggeur et son équipe d’Avenue225, site d’information ivoirien, ont fait le récit des opérations de vote et du climat général prévalent en divers lieux de Côte d’Ivoire. La couverture en dehors des grandes métropoles apportait notamment une richesse d’information supplémentaire. Pendant toute la journée, l’information en temps réel des évènements était assurée grâce à l’application coveritlive.

Le Buzz des élections sur Twitter.

Sur le réseau social Twitter, les hashtag #civ2010, #wonzomai et #peacevote, repris plusieurs centaines de fois, sont également une source d’information permettant d’obtenir en temps réel l’actualité électorale vue par les citoyens ivoiriens : Pour preuve, les incidents survenus dans les bureaux de vote en Région Parisienne ont été immédiatement signalés par des abonnés Twitter via leurs téléphones portables. L'utilisatrice @MaryMary225 a signalé les bousculades et les dégradations effectués dans son bureau de vote à Créteil.


La plateforme Wonzomai

La plateforme mise en place par Akendewa et Internet sans Frontières, Wonzomai, est une expérience inédite en Afrique Francophone. Plus d'un milier de visiteurs uniques se sont ainsi connectés le jour du scrutin, moins d’une semaine après son lancement. Elle a surtout permis au citoyen ivoirien de l’extérieur d’avoir un apperçu des informations capitales récoltées via Twitter.

Une difficulté cependant est apparue pour cette prmière utilisation : la réplication automatique des informations reçues via SMS n’a pas correctement fonctionné le jour du scrutin pour des raisons techniques. Cependant, une retranscription manuelle des incidents importants et vérifiés reçus a été opérée par l'équipe d'Akendewa et d'Internet Sans Frontières. La nécessité également de mettre en réseau les différentes organisations d’observation électorale présentes sur le terrain et les équipes chargées de faire fonctionner la plateforme est devenue évidente.

Lire l'intégralité de l'article sur Internet sans Frontière

26 février 2010

Fin des manifestations annoncée par le RHDP

L'opposition ivoirienne a annoncé vendredi qu'elle mettrait fin aux manifestations des deux dernière semaines, à la suite de nomination d'une nouvelle commission électorale dirigée par un de ses représentants. "Il importe maintenant d'organiser des élections qui soient honnêtes et transparentes, et dont les résultats pourront être acceptés par tous", a déclaré Youssouf Bakayoko, ancien ministre des Affaires étrangères, qui préside depuis jeudi soir la nouvelle commission.

Source JDD.fr / vidéo Afreekelection.com

18 février 2010

48 heures Chrono pour Soro Guillaume

soro.jpg
Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a déclaré jeudi avoir obtenu du président Laurent Gbagbo "48 heures supplémentaires" pour former le nouveau gouvernement, attendu depuis la dissolution vendredi du précédent cabinet par M. Gbagbo.
"Le chef de l'Etat a montré sa bonne volonté et a bien voulu accorder les
48 heures supplémentaires (demandées) pour que le Premier ministre puisse finaliser le gouvernement", a affirmé M. Soro à la presse, après une séance de travail avec M. Gbagbo dans la capitale politique Yamoussoukro.
"Nous ferons tout ce qu'il faut pour que personne ne soit laissé de côté, pour que la Côte d'Ivoire renoue avec la tranquillité", a-t-il lancé, insistant sur son objectif d'"un compromis, un consensus dans la mise en place du gouvernement".
"Nous allons continuer les discussions et je demande aux Ivoiriens de garder non seulement la sérénité mais l'espoir", a ajouté M. Soro.
La formation du cabinet achoppe sur la question de la participation de l'opposition, qui a conditionné son retour à un "rétablissement" de la Commission électorale indépendante (CEI) également dissoute.
Des manifestations d'opposants, parfois émaillées de violences, se sont poursuivies jeudi dans plusieurs villes du pays.

Source AFP

13 février 2010

Dissolution du gouvernement en vidéo

Lire le script chez Théo

05 février 2010

Gbi de Fer dit ses vérités sur la Côte d'Ivoire

On le connaissait comme un comédien, un comique, un "bouffon" parfois...

Mais dans cette vidéo, Gbi De Fer s'est débarrassé de ses habits de comédiens pour dresser une analyse sur la situation en Côte d'Ivoire que je trouve très juste et très objective. Je vous propose de regarder la vidéo produite par IvoireTv.net (le youtube version Côte d'Ivoire).

18 octobre 2009

Bédié répond à Gbagbo

1843.jpgL'opposant Henri Konan Bédié n'est pas allé par le dos de la cuillère pour réagir aux propos du président Gbagbo. Celui-ci avait ironisé sur le fait que l'existence politique de certains hommes et femmes en Côte d'Ivoire ne repose, selon lui, que sur des liens qu'ils ont avec l'étrange.

Au lendemain de la candidature du chef de l’Etat Laurent Gbagbo à la prochaine présidentielle, le candidat de l’ancien parti unique PDCI Henri Konan Bédié tenait meeting samedi à Port-Bouët, la commune aéroportuaire. L’occasion pour l’ex-président de la République de répondre aux attaques verbales du désormais candidat Gbagbo, qui avait dit vendredi : « Il y a des hommes et des femmes en Côte d’Ivoire dont l’existence politique ne repose que sur les liens qu’ils ont avec l’étranger », Au micro du correspondant de RFI, celui que l'on surnome "N'Zuéba" dénonce « l’irresponsabilité  et le peu de sérieux » de Laurent Gbagbo.


podcast

tlcharger.jpg

 

 

 

Source RFI

16 septembre 2009

Report des élections : ce que gagnent les partis

big_gbagbosoro.jpgChez les citoyens ivoiriens, le doute s’installe de plus en plus sur la tenue effective des élections présidentielles à la date du 29 novembre.
Une chose est sûre. S’il y a des personnes qu’un report ne déplaira pas, ce sont les acteurs comédiens politiques de quelques bords qu’ils soient.

Pour le Président Gbagbo, un report (à 2010 ?) serait le couronnement de 10 années de pouvoir auquel il s’est fortement attaché agrippé. «Je reste à la barre», disait-il quelques années en arrière. La constitution lui sert d’appui et la guerre d’excuse. Plus elle dure, la loi fondamentale lui donne le droit de rester (aussi longtemps) au pouvoir.

A ses côtés, le premier ministre (ex-chef rebelle), Guillaume Soro. Ennemie de Gbagbo qu’il était, on assimile désormais l’ancien SG de la Fesci à son «bon petit !» (expression ivoirienne signifiant "son bedieado.jpgprotégé"). En plus, l’une des missions que s’est assignée le Chef du Gouvernement ivoirien, est d’aider à sortir de la crise par les élections. Lui aussi est accroché. Il ne veut rien lâcher.

Il sera encore premier ministre (avec tous les honneurs et les avantages) jusqu’à ce qu’on «sorte par les élections». Pas question pour lui, on imagine, de passer la main si sa mission n’est pas achevée.

Du côté de l’opposition, on fait fi de ne pas apprécier la posture de ce tamdem mariage Gbagbo-Soro. Pourtant, tous les partis politiques sont heureux d’avoir (au moins) un poste dans ce «gouvernement de consensus réconciliation». Et cette "salade" ministérielle va continuer à fonctionner avec ses tares et ses scandales. En attendant, les élections effectives et la formation d’un nouveau gouvernement par celui qui aura remporté.

Gbagbo bedie ado table.jpg

2010 semble être pour tous ceux-là, une bonne année. Gbagbo fera "ses" 10 ans de pouvoir (avec à son actif, la victoire des éléphants à la Can et au Mondial). Et le pouvoir aura lui-même été partagé avec tous les partis (qui en auront tiré de très grands profits)… ceux qui le haissent, ceux qui l’aiment, ceux qui rasent les murs de la présidence.
En plus, 2010 sonnera (mieux dans les oreilles) «50 ans de la Côte d’Ivoire». Ça pourrait être un beau créneau et une belle période pour célébrer (en grande pompe, avec plus de jours fériés à l’appui) la sortie définitive de la crise. On pourra faire des «Giga fêtes» jumelées…trimelées, quadrimelées etc.

Mais au fond, qu’en est-il de ces populations qui sont fatiguées des conséquences de cet état de stagnation qui ne sert qu’à engraisser les politiques…

On organise des pseudos campagnes électorales, des semblants de cérémonies d’investitures, on se précipite pour déposer les candidatures, on reste aussi chez soi dans les salons présidentiels à raffiner peaufiner des blocages… et au finish, on va nous annoncer dans quelques jours le report des élections avec comme excuse «des élections propres». Et toutes les parties vont se rendre à l’évidence (en chœur) qu’«effectivement, c’est la meilleure chose à faire». De qui se moque-t-on ?

Nouveau report des l'élections ?

urne-1.jpgLa rumeur selon laquelle l’élection présidentielle, prévue le 29 novembre, "risque d'être encore une fois d'être ajournée", court à Abidjan, rapporte Le Potentiel de Kinshasa. Le 14 septembre, on a appris que la publication des listes électorales, qui était attendue pour le mois d'août, ne serait pas effective avant la mi-octobre, à cause de problèmes logistiques et financiers qui traînent en longueur.

"Si les conditionsne sont pas réunies pour une liste consensuelle et un scrutin transparent, le chef du gouvernement prendra ses responsabilités", a fait savoir le bureau du président Laurent Gbagbo. Pour beaucoup, il s’agit d’un nouveau prétexte pour reporter une élection que les Ivoiriens attendent depuis 2005.

La France pour sa part a demandé mercredi que les retards dans la confection de la liste électorale pour la présidentielle en Côte d`Ivoire soient résorbés afin de permettre une bonne tenue du scrutin le 29 novembre. (Lire le point sur les déclaration de Bernard Valéro, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères).

Lire l'article intégral de Le Potentiel ici

Source

20 juillet 2009

Les partis, les blogs et les réseaux sociaux

 

les 3.jpg

Les blogs. Nous n’avons plus que ce mot à la bouche. Au départ, certains trouvaient que c’était une banalité, un épiphénomène. Mais bien vite ils se sont rendus compte de l’importance de ce puissant moyen de communication et d’expression…libre.
Les partis politiques sont désormais dans la danse. Toutes les tendances ont désormais leurs blogs et figurent de plus en plus sur les réseaux sociaux notamment les plus influents tels que facebook, Skyrock, Hi5...

Trois groupes de partis sont mis au scanner. Les «grands partis» que sont (par ordre d’arrivée au pouvoir) le Pdci, le Fpi et le Rdr(?). Ensuite ceux qui sont appelés les «petits partis» ou partis «périphériques» tels que le Pit (Parti ivoirien des travailleurs), le MFA (Mouvement des Forces d‘avenir), l’Udpci (Union pour la démocratie et la paix en Côte d‘Ivoire). Enfin les partis émergeants (ou dissidents appelez-les comme vous le sentez) comme le Rpp et bien d‘autres.

 

Ado web.jpg


Commençons avec le parti le plus communicateur en Côte d’Ivoire. Le Rassemblement des républicains (RDR). A côté du site web du parti dirigé par l’ancien premier ministre Alassane Ouattara (voir sa page facebook), un nombre important de blogs est néspour diffuser largement les idées du parti et bien entendu les activités.
L’un des plus grand activiste en matière de cet outil est certainement le ministre des Tic Hamed Bakayoko avec son blog.  Un espace mit assez régulièrement à jour avec des textes et des photos, mais aussi des vidéos. «Am’Bak » comme il aime se faire appeler diffuse toutes ses activités en tant que ministre, mais aussi entant que homme fort du RDR (Il est le Directeur central de campagne chargé de la jeunesse). Il est également présent sur Facebook, et sur HI5.

ddc rdr.jpgA côté de lui, il y a les sections régionales, départementales ou celles des quartiers qui ont jugé utile d’avoir des blogs. J’en veux pour preuve le blog initié par la direction de campagne de Yopougon Songon (voir ici). Elle a dû ouvrir un autre blog et ce, se défend t-elle  «dans le soucis de mieux rendre compte des activités au niveau de la zone Yopougon-Songon (quartier de la plus grande commune d‘Abidjan)». Il y a également le désormais célèbre blog de la section des jeunes du RDR de Yopougon crée en décembre 2008. Ce blog est actualisé presque tous les jours. Au-delà des informations sur la section, toutes les activités du président du parti sont reprises. Les auteurs de ce blog se prononcent également sur l’actualité nationale et internationale. Tous les sujets y passent. Politique, société, religion, sport, économie: c’est un vrai journal.
Au niveau national, il y a ce blog. L’auteur serait Karamoko Yayoro, l’actuel président des jeunes du parti. Les activités des jeunes et du parti en général figurent.
Les partisans du Rdr en France ont leur espace interactif. Un blog qui déroule les activités du Rdr qui se font à l’étranger.
Le moins que l’on puisse dire, même si l’on sait qu’il existe d’autres blogs que nous n’avons pas pu trouver, c’est que le Rassemblement des républicains utilise à fond cet outil.

 

hkb web.jpg


Qu’en est-il du plus vieux parti de Côte d’Ivoire? Ce parti que l’on indexe comme «dépassé» en matière d’utilisation des Tic. Eh bien, ce qui le pensent, risquent de se tromper. À côté du site officiel du parti d’Houphouët Boigny qui a une certaine interactivité (l‘une des spécificités d’un blog), l’actuel président du parti Henri Konan Bédié, marque sa présence sur Facebook et surtout sur Skyrock.  Des espaces où les idées du Pdci sont diffusées.

Dans les directions de campagnes on s’organise également pour être présent sur le web via les blogs. La direction de campagne de Didiévi (ville dans le centre de la Côte d’Ivoire) à son blog. On y trouve des informations générales sur des faits dans la région mais surtout des activités du Pdci dans la zone. Le Pdci de la diaspora fait aussi parler de lui. En Suisse comme en France on retrouve des blogs dédiés à l’ancien parti au pouvoir. Justement dans un classement du Weborama le blog du Pdci de France est dans le peloton de tête.
Ajoutons aux blogs du Pdci du Danemark et des Usa, un forum de discussion autour des thèmes qui touchent le parti.

bombetblog.jpgPourtant, dans cette famille politique, le torchon brûle. Il y a de la dissidence. Et cela se voit aussi dans des blogs créés par d’anciens membres du parti ou dédiés à ceux-ci. En tête, l’ancien ministre de l’intérieur Emile Constant Bombet avec un blog qui lui est consacré. L’auteur de ce blog tient à montrer que «Henri Konan Bédié est devenu et continu d’être celui qui a le plus bénéficié et qui continue de tirer profit du système que Houphouet-Boigny a mis en place pour son pays, la Côte d’Ivoire». Il demande à Bombet de «prendre ses responsabilités». «Nous demandons donc á Emile Constant Bombet de reprendre le relais là où il a été déposé pour rallumer la flamme militante du PDCI-RDA et redonner espoir aux millions d’Ivoiriens qui désirent encore retrouver leur belle Côte d’Ivoire», écrit le blogueur. (Lire entièrement la requête ici)
Autre dissident et certainement le premier depuis le début de la crise ivoirienne. Laurent Dona Fologo, actuel président du Conseil économique et social. Sorti du Pdci rda, il a créé le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (RPP-P?-). Son parti à un site web qui  diffuse la (nouvelle) vision du «père du sursaut national». D’ailleurs son blog personnel le suit dans toutes ses activités. Pas souvent mis à jour, il reprend de façon générale des articles de journaux qui sont consacrés à Fologo.
En somme, même s'il est qualifié de "conservateur" dans ses idées et ses méthodes, il faut reconnaître que le Pdci n’entend pas être en marge de l’utilisation des outils du Web 2.0. Et il le fait mieux que plusieurs d'ailleurs. Au vu de ce qu'on pourrait appeler une "marée verte" sur le net.

gbagboweb.jpg


Quittons le vieux parti pour atterrir dans celui des refondateurs. C’est-à-dire le Front populaire ivoirien (FPI) créé et dirigé par Laurent Gbagbo. On lui reprochait ici de ne pas avoir de site web fonctionnel. Maintenant c’est chose faite. Mais jetons un regard sur les blogs et la présence dans les réseaux sociaux.
Quasiment absent de cet univers. Mais on peut retrouver une page du Président de la république sur Facebook et un profil du FPI. Sur Hi5, une page de campagne est drôlement vide. Certainement, le parti du Chef de l’Etat ne trouve pas l’utilité de mener le combat sur le web.

Quid des «petits» partis tels que le Pit, le MFA et l’Udpci.
Pas grand-chose.

DMblog.jpgA part leurs sites web, le Pit et l’Udpci sont quasiment absents de la blogosphère et des réseaux sociaux. Le MFA malgré son site web, a un blog qui lui est dédié. Rien de plus. L’auteur de cette plateforme écrit pourtant que «les propos tenus n'engagent que leur auteur et ne peuvent être considérés comme l'expression de la pensée du MFA».
A leurs côtés, l’un des derniers arrivés sur la «scène grand public» de la politique ivoirienne. Gnamien Konan, ancien directeur national de la Douane. En plus de son blog et de son site régulièrement mis à jour, il jouit d'une forte présence sur sa page facebook. Aussi, parmi les isolés ou les exilés l’on peut découvrir  le «blog politique de Doumbia Major», (ex ?) membre de l’ex-rebellion, et son profil sur Facebook.

C'est certain. Les hommes politiques (à l’exception de certains) en Côte d'Ivoire, ont compris qu’il existe une vrai démocratie sur le web. Et ils ne s’en privent pas. Désormais, petits comme grands, tous les partis ont la chance d’être logés au même rang sur la toile. Tant pis pour ceux qui ne veulent pas en profiter.

18 janvier 2008

BCEAO: la preuve du "jeu politique de Gbagbo"

Un extrait de son interview

podcast

10:55 Publié dans les 5 grands - 1 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gbagbo, rfi, bceao