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20 septembre 2011

Tweakker , le genre d’outils que j’aime.

tweakker.JPG

Comme je change de téléphone assez souvent (je sais, j’en vois certains rire) j’ai constamment besoin de (re)paramétrer mes mobiles. Grace à un ami sur twitter (@O_Malucinho) j’ai découvert un petit outil en ligne que je veux aussi partager avec vous.

 

Tweakker. Plus besoin de courir dans une agence et de subir les humeurs des agents, plus besoin d’attendre longuement en ligne qu’un éventuel service client vous répondre. En plus c’est facile. Tu entres tes coordonnées, en indiquant la marque et la série de ton mobile, ton pays et ton numéro de téléphone ainsi de suite. En moins d’une minute tu recevras tes paramètres. Tu as juste à cliquer « Ok » puis « OK » et c’est tout.

Allez, essayez ! Je suis sûr que vous allez aimer. Seul inconvénient : vous êtes facturés par page.

Sinon (sans faire de pub) je vous propose l'offre de MTN que j'ai déjà utilisée. C'est pratique et vous pouvez choisir votre conso.

Taper *123*6# et choisissez votre profil (heure 300f, jour 1000f, semaine 3000f mois 10 000f)

 

FRCI, nouvelles causes d'accidents

J’ai encore en mémoire l’accident qu’a eu un de mes amis ce week-end sur l’axe Abidjan-Bassam. J’y pense encore surtout que ce matin il m’apprend que l’histoire restera « sans suite ». « Parce que ce sont des éléments des FRCI ».

Pour rappelle. Dimanche 18 septembre après midi, alors qu’il se rendait à Bassam (avec son père, sa femme et son fils de 4mois), un véhicule venant dans l’autre sens, percute violemment leur voiture. Le choc est terrible.

Quand j’ai vu la carcasse de la voiture j’ai crié « C’est un miracle ! ». Il n’y a eu aucune perte en vies humaines. Quelques blessés légers dans la voiture de mon pote. Et de l’autre côté, les quatre occupants s’en sortent sains et saufs. C’est une voiture occupée par des jeunes ( je leur donne en moyenne 22 ans) qui se réclament être des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire). Jean, tee-hirt près le corps, baskette, et casquettes, ils ressemblaient plus à des artistes qu'à des militaires. Leur « chef » qui dit se nommer « Caporal N’CHO », ne peut pourtant pas identifier l’unité à laquelle il appartient. Il jure cependant qu’il est du « Corps ».

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19 septembre 2011

Anna Schumann, a passion proved for Zouglou

IMG_9220.JPG"World" is the global view of Anna Schumann as far as the Zouglou music is concerned in 20 years. " I believe in a mixture of this rhythm with others for exemple a Zouglou-Jazz , Zouglou of carraïbes etc. ", she says .Anne (also Anna as she demands) speaks about the zouglou as an typical music that can influence the cultural world in a global way ".

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Anna Schumann, le Zouglou dans la peau

Elle a 33 ans, du charme mais aussi plein d’amour pour la Côte d’Ivoire. Pour la musique ivoirienne aussi. Pour le Zouglou surtout. Dans sa voix, résonnent encore des noms comme « Bilé Didier, Poussin Choc, Espoir 2000 ». Avec son accent hybride entre l’anglais, l’allemand et « l’ivoirien », le mot « zouglou » prend une couleur plus « world ».

« World » ! C’est comme ça que Anne Schumann voit cette musique ivoirienne dans 20 ans. « Je vois le zouglou-jazz, le zouglou des carraïbes etc.. », lance t-elle. Anne (on prononce « Anna », elle y tient) parle du zouglou comme « la musique qui doit et qui peut influencer le monde culturel de façon global ».

IMG_9208.JPGUne Allemande, qui étudie la culture et la littérature africaine à l’université de Londre (Angleterre) ? Elle en rit lorsqu’on lui demande pourquoi le zouglou. « Ça été le coup d’foudre la première fois que je suis venu en Côte d’Ivoire. C’était en 1996 », se souvient-elle. A cette époque, elle est en vacance à Abidjan (et à Daloa) pour voir des amies. C’est alors qu’elle entend pour la première fois de sa vie « cette sonorité particulière pleine d’humour et de vérité ». A cette époque, elle ne comprend pas le français, mais le rythme lui plaît. « En boîte je regardais les gens danser et j’imitais ». Son aventure « 96 » va réveiller en elle le désir d’aller plus loin que danser au son des « Salopards » ou de « Esprit Wôyô ». « J’ai voulu comprendre les fondements de cette musique et comment elle influence son peuple, sa génération, le monde en général ».


podcast

10 ans plus tard, « Anna » revient en Côte d’Ivoire, débordante d’idées et parlant un peu français. Peu importe ! Elle a son idée en tête : « Faire une thèse sur le zouglou ». «Pendant une année (de 2007 à 2008) j’ai rencontré des personnalités comme le professeur Zadi Zahourou, mais aussi de nombreux artistes qui m’ont ouvert leurs portes afin que je comprenne mieux leurs motivations, leurs inspirations, leurs visions. Ça m’a beaucoup aidé », avoue t-elle pleine de reconnaissance à l’endroit du « milieu zouglou ». Elle passe son temps entre les différentes bibliothèques de l’université et les musiques zouglou de tous les temps. « J’ai écouté presque toutes les époques. Depuis Bilé Didier jusqu’à ‘‘Sign’Zo’’ de Yodé et Siro », raconte t-elle. Au final : « The Social and political Dynamics of Zouglou Music in Abidjan (Côte d’Ivoire), 1998-2008 ». Une thèse de 320 pages qui lui donne désormais le titre de  Docteur Langue et Littérature Africaine. [Elle a soutenu à Londres en janvier 2011].

Mais pour Anna l’aventure ne s’arrêtera pas là. «Je pars en Afrique du sud pour travailler sur un nouveau projet au tour du thème, les nouveaux médias et les dynamiques des musiques africaines » annonce t-elle. Un projet qui prend en compte le Web et les musiques africaines.  En attendant, elle « distribue » sa thèse autour d’elle. «C’est ma façon à moi d’apporter ma contribution scientifique à la culture ivoirienne » se réjouit Anne Schumann. Pour elle, plus que jamais, le zouglou à besoin d’aller plus loin que le monde francophone. « Le Zouglou doit conquérir le monde anglophone. C’est dommage qu’une si grande richesse reste limitée dans une seule sphère. Peut être que le jour où les chanteurs zouglou ajouteront l’anglais aux langues locales, ils se feront aussi entendre de ce côté du monde », lance t-elle avec un large sourire.

[Cette entrevue m'a rappelé un débat qu'on avait eu sur le zougou en 2008]

Version anglaise

18 juillet 2011

Abidjan accueille le Summer E-School 2011

seschool.jpgLa Côte d’Ivoire se prépare à vivre un évènement unique pour ceux qui pratiquent le web comme pour ceux qui regardent cet outil de loin (soit par crainte ou même par désintéressement). Du 7 au 10 septembre prochain à l’Université de l’Atlantique d’Abidjan (Cocody 2-plateaux) va se tenir la première édition du Summer E-School, l’université d’été aux pratiques du web.

Et pour cette première édition, les organisateurs ont choisi de rassembler les participants autour du thème : « Dans le monde de l’Open Source ». Objectif : « faire découvrir des instruments en ligne gratuits et faciles à prendre en main et qui pourraient répondre aux besoins des participants ». Ce sont donc environ un peu plus de 200 personnes (il semble que les places soient limitées) qui sont attendues à ces journées. Journalistes, associations, entreprises, particuliers, artistes. « Pour chaque environnement internet réserve une panoplie d’instruments, simples, légers et utiles pour une efficacité dans leurs actions habituelles ». Il est bon que ceux qui ne les connaissent pas les découvrent, et que ceux qui sont au fait des applications et autres « gadgets en ligne » gratuits, soient informés des (r)évolutions qui se font en la matière.

Au programme de ces 4 jours du Summer E-School. Des conférences et des ateliers pratiques sur des thématiques bien précises. Par exemple, comment créer sa web radio ou sa webtélé avec des outils simples et gratuits« connaître et maîtriser les applications offertes par google » etc…

Des orateurs bien connus du web ivoirien les entretiendront sur des thèmes d’actualité. Par exemple « la liberté d’expression en ligne », « le web 2.0 et la solidarité », « comprendre l’open source » etc.

banner.jpgPetit plus, des ateliers assez originaux. Un atelier pour apprendre à faire des dessins (de presse) et un autre atelier pour apprendre à faire de la photo.

Autre élément tout aussi intéressant, c’est la gratuité en ce qui concerne la participation. Il faut juste s’inscrire en ligne sur le site de l’évènement. Un numéro par la suite est attribué par mail et par sms. Cela servira à récupérer un badge d'accès le jour du Summer E-School.

Si vous êtes à Abidjan dans la période n'hésitez pas à y faire un tour. Et n'hésitez surtout pas à faire le buzz autour de vous.

NB: le hashtag (de l'évènement) surt twitter est #seschool

11 juillet 2011

Polman s’expose à Abidjan

 

affiche expo.jpgLa galerie « CRYO » des 2-plateaux (Abidjan-Cocody) va accueillir une exposition tout à fait particulière, organisée par l’Agence E-Voir. L’exposition du Blogueur et dessinateur Polman.

Depuis quelques années, il nous a habitués à ses dessins qui se veulent le miroir de notre société actuelle. Polman est le premier Bd-blogueur ivoirien. Il a été désigné en avril dernier « meilleur blogueur 2011 » aux Ivoire Blog Awards.

Ce jeune homme a un sacré coup de crayon au point certains de ses dessins ont fait le tour du monde. A la lisière de l’humour et des faits réels, Roland N’Dekploman (de son vrai nom) a imposé sa marque : « Les Carnets de Polman ».

Des projets, il en a énormément, et cette exposition sera l’occasion pour ce juriste de formation, de les présenter mais aussi de permettre à ceux qui aiment ses dessins de les redécouvrir. Et pour ceux qui ne les connaissent pas encore, ce sera l’occasion de voir ces caricatures qui nous ont fait sourire et parfois rire aux éclats tout en nous emmenant à réfléchir.

Polman, va au cours de cette exposition, parler de lui, de comment il travaille. Les visiteurs auront l’occasion de voir des brouillons mais aussi des dessins qui n’ont jamais été publiés.

Notez donc dans vos agendas : «Samedi 6 août 2011 à partir de 10 heures à la galerie CRYO » Passez soutenir ce talent.

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Info service

Entrée Libre

Agence E-Voir

contact@e-voir.net

+225 02 50 39 32

 

27 juin 2011

Saison des pluies à Abidjan. Remake

[Ceci est une piqûre de rappel... comme à chaque mois de juin de chaque année]

Et revoilà le mois de juin ! Avec ses pluies diluviennes et ses morts, ses déplacés... et les dégâts matériels. J'ai lu ce matin à la Une de Fraternité matin (le quotidien gouvernemental ivoirien) "Les glissements de terrain font 5 morts". Alors, comme chaque année je vais rechanter la même chanson avec le même refrain. Comme en 2008 ou en 2009. On attend encore qu'il y ait des morts avant de réagir. Dans les jours à venir nos autorités vont faire des tournées de consolation auprès des familles éprouvées.

Dès le début des premières pluies, ce blogueur a commencé à tirer la sonnette d'alarme. Le Plan Orsec a peut être été réactivé trop tard. Dans tous les cas, pour les nouvelles autorités, voici un autre challenge: "éviter que les saisons des pluies soient des remakes chaque année". Il est encore tant de limiter les dégâts. A l'année prochaine pour un mois de juin sans dégât. Espérons-le.

19 juin 2011

Réponse d'une journaliste togolaise à ceux qui connaissent mieux l'Afrique que les Africains

Rarement sur ce blog je m'écarte des sujets de la Côte d'Ivoire. Mais voici un post que j'ai lu sur le blog d'une amie et collègue journaliste, Marthe Fare, qui a rédigé un gentil droit de réponse à Jacques Mouriquand (je ne le connaissais pas jusque-là), journaliste et auteur suisse de "QUE SAIS-JE SUR L'ECRITURE JOURNALISTE". L'histoire est simple. La journaliste africaine a posté un lien sur son profil twitter. Cela lui a valu injure et méprise de la part du grand "Savant Blanc Journaliste".

Cet incident comme que vous allez lire et comme le mentionne la journaliste Togolaise est monnaie courante. J'en ai vu des "spécialistes de l'Afrique" qui ignore tout de ce continent (bon mais ça c'est pas nouveau). Le pire c'est lorsqu'ils prétendent mieux connaitre un pays africain que les habitants de ce pays qui y sont nés et y ont vécu.

Voici son droit de réponse. Bonne lecture !

08 juin 2011

Web, liberté d'expression et notre responsabilité

freedomofexpressionr.jpgJe suis à Johannesburg pour participer (du 8 au 9 juin) à un atelier sur la liberté d’expression en ligne. Un « Workshop » parrainé par Google et organisé par « Global Voices et le Committee to Protect Journalists ». « Freedom of Expression in Sub-Saharan Africa ».

Les organisateurs justifient l’opportunité d’une telle rencontre par le fait qu’il y a « un besoin croissant pour une sensibilisation accrue » à la liberté d’expression en Afrique. Surtout sur Internet. «Cette nécessité, souligne Google South Africa, est devenue plus urgente à la lumière des actes de plus en plus agressifs et sophistiqués de la part de certains gouvernements africains en vue supprimer la liberté d'expression ».

Et les exemples sont légions. Les méthodes de blocages aussi. Espionnage, le blocage des accès aux plateformes de réseaux sociaux, fermeture de services mobiles tels que SMS (On a connu ça pendant des mois en Côte d’Ivoire).

Le Workshop va se concentrer sur les journalistes et les blogueurs et les risques qu’ils encourent dans certains pays. Objectif, trouver des tactiques et les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d’expression.

Des pratiques qui peuvent nous être utile, à l’heure où la Côte d’Ivoire veut sortir de longs moments de crises (qui ont sévèrement touchés la presse). Des journalistes sont encore aujourd'hui dans la peur et dans la crainte de sortir leurs plumes. Les quatre derniers mois ont été terribles. Assassinats, emprisonnement, enlèvement, agression physique, menace de mort. Des journalistes de tous les camps ont été traqués par des partisans du camp adverse. (Ils sont moins nombreux aujourd’hui, mais toujours aussi (volontairement ou non) censurés).

C’est désormais aussi l’un des challenges qui attendent les nouvelles autorités : Réconcilier (toute) la presse avec la (vraie) liberté d’expression, mais aussi les journalistes avec le professionnalisme et la responsabilité.

Sur le Web, les choses sont moins pénibles. Les agressions se limitent à des injures, des menaces en ligne. Certains blogueurs ont vu parfois leur appareils photos confisqués. [D'autres blogueurs préfèrent ne pas se montrer à visage découvert au regard de leur prise de position en faveur (ou contre) un camp].

C’est sûr, c’est une opportunité pour les blogueurs (et ceux qui utilisent le web) qu’Internet échappe (pour l’instant) aux autorités. Sur les blogs et les réseaux sociaux, tout se dit. Il y a seulement qu’à regarder sur le hashtag #civ2010 (twitter) pour s’en rendre compte.

Les sites et blogs se sont multipliés par 50, voire même plus au cours de ces derniers mois. C’est une bonne chose ! Ce à quoi tous doivent être sensibilisés, c’est la responsabilité. Liberté TOTALE d’expression OUI ! mais tous les acteurs doivent mesurer à quel point un simple mot ou une simple phrase sur internet ou sur du papier peut être aussi destructrice qu’un obus. C’est la leçon que je garde.

 

05 juin 2011

Communiqué de Presse - "Une Minute de Silence"

une minnute de silence.jpg

Soutenons le Projet « Une minute de Silence »

Montrer les inconvénients et incidences des conflits armés sur les populations civiles. Tel est l’objectif du projet de court métrage « Une Minute de silence » initié par Armand Bray un jeune ivoirien de 23 ans qui vit à Abidjan en Côte d’Ivoire. « Une minute de Silence » est un récit de fiction mais les faits qui y sont relatés (en dehors de la mort du personnage principal), sont inspirés d’une histoire vécue.

Ce court métrage tient à présenter les faits sans parti pris et appréhender de la façon la plus simple possible (à la façon d’un civil apolitique qui y a laissé sa peau) la journée du 04 avril 2011 qui fût une grande première dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Synopsis :

Quatre jours après de violents combats, les activités semblaient reprendre. Innocent K, muet de naissance, fils ainé d’une femme divorcée ayant deux enfants à sa charge, sort se ravitailler en vivres à l’instar des habitants de son quartier et en profite pour rendre visite à certains proches dont il était resté sans nouvelles depuis un long moment.

Il ignore qu’il prend rendez-vous avec la mort…

 

Le coût total de la production est estimé à 3000 euros. En moins de 72 heures, le projet a déjà rassemblé 150 euros. Soit 4% du montant total. Arman Brey se dit confiant même s’il reconnaît que le temps est court.

«J’ai jusqu’au 30 juin pour rassembler cette somme sinon ça tombe à l’eau », précise t-il. Pour aider et soutenir ce projet c’est simple. Il suffit de se rendre sur http://fr.ulule.com/minute-de-silence/. Les montants varient entre 3 et 100 euros ou plus.

A quoi va servir le financement ?

Afin de mettre toutes les chances du coté du projet, entre système D et méthode « pédagogique », le financement servira à garantir la bonne production du court métrage.

Depuis le casting, la distribution des rôles, les répétitions, la location de la camera, du matériel de son, de lumière, la machinerie, la création des décors, le tournage en lui-même, les déplacements, le cartering, la paie des acteurs et figurants, des techniciens, le montage, le mixage et l’exportation définitive sur support de diffusion.

La plupart des films qui sont réalisés en Afrique, par des réalisateurs Africains ne sont pas toujours de belles factures. Mauvaise préparation, mauvaise logistique, manque de moyens, les raisons diffèrent d’un réalisateur à un autre mais l’alibi du manque de moyens revient assez souvent. Et pourtant beaucoup d’entre nous, réalisateurs Africains avons de bonnes intentions pour nos films mais le résultat se fait toujours attendre.

Le message que véhicule Une minute de Silence et l’objectif de carrière visé pour ce court métrage (festivals de cinéma en priorité) sont si sérieux, si important qu’il serait préjudiciable de retomber dans le piège classique du « j’ai fais de mon mieux » pour justifier un résultat d’une piètre qualité au moment de l’aboutissement du projet.

Aussi l’idée n’est pas non plus de s’inscrire dans le schéma de ce qu’on peut appeler la haute bourgeoisie cinématographique (camera red one ou autre chose du genre ça serait l’idéal) afin de ne pas se retrouver avec un immense budget. Non.

Ce projet est une aventure passionnante. En le subventionnant ou en le faisant circuler autour de vous, vous contribuez à l’expansion du message qu’il véhicule et lui donnez plus de chance de voir le jour…

 

A propos du porteur de projet

Armand Brey est un réalisateur ivoirien de 23 ans, vivant en Côte d’ivoire.

Il est employé dans une agence d’événementiel depuis Janvier 2010. Mais actuellement, il a décidé de se consacrer pleinement à l’élaboration et à la préparation de son futur court métrage. Mais Armand n’est pas un nouveau venu dans le cinéma.

COURT METRAGE

Octobre 2010, assistant opérateur sur le court métrage BABI de la réalisatrice SIAM MARLEY.

REPORTAGE

  • Réalisateur d’une d’interview-reportage d’environ 15 min dénommé 2009, LE BIILAN, film qui retrace l’activité culturelle HIP HOP en cote d’ivoire depuis son apogée en 96-99 jusqu'à 2OO9 et qui a vu la participation d’activistes du milieu (Artistes, animateurs…) http://lnp.sn/Zcf http://lnp.sn/ZcY
  • Cadreur Making of pour le concerto festival (un festival de musique qui a lieu chaque année à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire), édition 2009 et 2010.

CLIP VIDEO

  • Octobre 2010, réalisateur du clip TEGUE LE SON du groupe de rap AFROVIZION dont voici le Teaser. http://lnp.sn/Zcg
  • Chargé de la coordination et du repérage, participation à la réalisation du clip vidéo RAP FRANC CFA de l’artiste franco-congolais YOUSSOUPHA, de passage à Abidjan dans le cadre de sa tournée internationale en début du mois d’octobre 2010. http://lnp.sn/ZcM
  • Réalisateur du clip ON EST FATIGUE de l’artiste rappeur SMATCHY courant 2008. http://lnp.sn/ZcQ

SERIE TV

En 2008, assistant réalisateur sur 24 épisodes du téléfilm SIGNATURE, déjà passé sur la chaine Nationale ivoirienne, certaines chaines de la sous région, sur Cfi et peu être bientôt sur TV5. Un téléfilm du réalisateur Alain GUIKOU.

Arman Brey explique davantage dans cette interview

Ouest Afrika Blog, et de 2 !

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a accueilli la formation de 8 journalistes des radios communautaires de 3 pays de l’Afrique de l’Ouest. Venus du Togo, du Mali et du Burkina Faso, ils ont été sélectionnés sur concours avec l’aide des réseaux des radios communautaires de ces différents pays.

Du 23 au 27 mai donc, ces 8 nouveaux Ouestafrikablogueurs ont été sensibilisés à rechercher des informations locales simples (parfois même ordinaires) mais qui témoignent de la vie de leurs communautés.  Ils ont été également formés à la maitrise des appareils photos et enregistreurs qui ont été mis à leur disposition avec le soutien de la coopération française et des ambassades de France dans les pays qui participent à ce projet.

Les blogueurs ont été très souvent sur le terrain pour apprendre à recueillir des informations, à faire de bonnes images mais aussi à capter du son. Ils ont passé encore plus de temps derrière leurs ordinateurs à « écrire pour le web », à « redimensionner une image», à « monter un son » et à mettre tous ces éléments sur la plateforme de blog « Wordpress » qu’utilise Ouest Afrika Blog.

Après cinq jours d’intenses ateliers, quelques articles ont été produits (lire les premiers exercices) par des blogueurs heureux de découvrir ce nouvel outil du web et de voir à quel point il peut servir de support pour tout média.

Désormais ils retournent chacun dans leurs villes et pays respectifs où ils seront suivis et encadrés par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille pendant les deux années que va durer le projet.

Tous les Ouestafrikablogueurs

[La première édition avait eu lieu à Bamako ]

 

17 mai 2011

Retrouver avec Recouris.com

Et pourquoi pas un peu de pub pour cette initiative que je trouve bien indiquée et surtout utile. Recouris.com. Mais de quoi s'agit-il ?

C'est en fait un site de recherche de pièces perdues (carte d’identité, passeport, etc). Touré Yaya, le concepteur du site indique qu'il s’agit d’un site "où les Ivoiriens pourront retrouver leurs véhicules volés rien qu’en tapant la marque et la plaque d’immatriculation". Il sillonne, pour ce faire, les lieux de restitution de véhicules pour relever leurs marques, plaques, séries afin de stocker ces données dans leur base de données.

Selon le concepteur, Recouris.com sera juste un outil Ntic pour servir d’interface entre les propriétaires de véhicules ou objets égarés et les services "des objets trouvés" chargés de recenser et de restituer ces objets.

Allez-y, c'est pas mal. Surtout que de nouveaux services  (en construction) sont visibles. Notamment les pharmacies de garde et le répérage dans Abidjan.

Infos service:

Recouris.com/ (+225) 02120120

07 mai 2011

Maintenant allons de l’avant

Hier vendredi 6 mai 20111, Alassane Ouattara a prêté serment comme « Président de la république de Côte d’Ivoire ». Au nombre des invités présent à cette cérémonie brève mais « pleine d’émotions » (selon les participants), on a aperçu le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, le président du Conseil constitutionnel, Yao Paul N'dré, le président du Conseil économique et social, Laurent Donat Fologo, le président de la Cour suprême, TIa Koné, le Grand Chancelier, le Chef d’Etat Major des armées (et tous les généraux), le doyen des diplomates, le Nonce Apostolique, (une partie de) la presse nationale et internationale.

Désormais, je l’espère en tout cas, le film d’horreur « crise Post-électoral » doit être loin derrière nous. Quelqu’un me disait au téléphone, « si on aime ADO, on doit se mettre au travail pour l’accompagner dans son programme. Et si on ne l’aime pas, on doit lui accorder le bénéfice du doute et si c’est trop dur pour nous, alors vengeons-nous dans le travail en travaillant plus ». J’en ai rit. Mais je trouve que mon interlocuteur avait raison.

Il nous faut nous mettre rapidement au travail. Nous avons perdu trop de vies humaines, trop de temps, trop d’argent et surtout trop de confiance réciproque entre Ivoiriens. Et tout ça « grâce » au Conseil constitutionnel. Pendant 4 mois les deux camps (LMP Vs RHDP) se sont bagarrés à coup de médias, de menaces et d’armes (très souvent ) lourdes.

Aujourd’hui avec cette prestation de serment, Ouattara prend officiellement la fonction suprême de la Côte d’Ivoire. Qu’on le veuille ou pas, il va falloir faire avec. Et c’est dans l’intérêt de la Cöte d’Ivoire que nous avancions tous les mains dans les mains. Sinon, on peut choisir de continuer encore de se bagarrer et de faire davantage reculer la Côte d’Ivoire. Ou alors on peut décider de mettre tout en œuvre (chacun à son niveau et dans son domaine) pour que l’éléphant d’Afrique se remette sur ces pattes.

C’est sûr Ouattara tout comme Gbagbo ont beaucoup de chose à nous expliquer. J’espère que la plateforme « Vérité & réconciliation » nous permettra de mieux comprendre ces quatre mois de crises profondes, dont on en garde encore les stigmates.

La pensée de la semaine : "Satan nous a possédé", Yao Paul N'dré, président du conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, à propos de la crise.

05 mai 2011

On aurait donc pu éviter la guerre ?

Côte-dIvoire_Présidentielle_Cérémonie-dinvestiture-du-nouveau-Président-de-la-République-Laurent-Gbagbo-au-palais-présidentiel-à-Abidjan-Plateau-le-samedi-04-décembre-2010_V2.jpgJe cherche une explication logique à l'attitude du président du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire, Yao Paul N'Dré, sans en trouver. Finalement, je crois fondamentalement que "Pablo" a commis un grave péché. Celui d'avoir laisser la situation pourrir alors qu'il avait les clés entre ses mains pour stopper tout ça. Je ne vais pas revenir sur le débat "de se dire et se dédire". La dessus, je suis formel, il aurait dû se taire et démissioner. En tout cas pas l'ouvrir aujourd'hui. Ce temps là est passé.

Après cinq mois, après tant de morts, après tant de destructions de biens, après tant de d'exilés, le président du Conseil Constitutionnel reconnait que "les normes et dispositions internationales acceptées par les organes nationaux compétents ont une autorité supérieure à celle des lois et aux décisions juridictionnelles internes sous réserve de leur application par l`autre partie".

Après avoir laisser les deux camps (LMP/RHDP) en arriver aux armes, "Pablo" se souvient soudain que "M Alassane Ouattara est déclaré président de la République de Côte d'Ivoire". Mais de qui se moque t-on finalement ? Des Ivoiriens qui ont cru bien faire en allant voter à deux reprises ?

Le 10 mars 2011 le panel des chefs d'Etat de l'Union africaine rendait son avis à Addis-Abéba lors d'un mini sommet de l'organisation. Alassane Ouuattara était, selon eux, "le seul président de la Côte-d'Ivoire". Le panel demandait même à la cour constitutionnelle "d'organiser son investiture". C'était le 10 mars. Un mois jour pour jour avant la capture de Laurent Gbagbo.

ADO_Yaondre_21avr11 (1).JPGCe jour-là, Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (fondé par Gbagbo) s'interrogeait: "sur quelle base peut-on dire que Monsieur Alassane Ouattara a été élu, cette question est restée sans réponse ou du moins avec des réponses insatisfaisantes". En ce temps-là, qu'est ce qui empêchait le président du Conseil constitutionnel de répondre en donnant les Considérations qu'il a évoquées en grande pompe dans sa déclaration de ce 5 mai 2011. Lui, le même Paul Yao N`Dré qui avait proclamé "Laurent Gbagbo réélu président avec 51,45% des suffrages au scrutin de novembre", invalidant les résultats de la commission électorale indépendante, certifiés par l'ONU, qui donnait M. Ouattara vainqueur avec 54,1% des votes. Lui ce professeur de droit (précisement de relations internationales) "invite 'aujourd'hui, ndb) le président Alassane Ouattara à prêter serment en audience solennelle dans les meilleurs délais".

"Habituellement la prestation de serment se fait lors de la cérémonie d`investiture, mais dans ce cas précis (...) le Conseil constitutionel va jouer son rôle demain", vendredi, a déclaré Paul Yao N`Dré après avoir présenté à M. Ouattara la décision du Conseil le proclamant chef de l`Etat. [extrait dépêche AFP]

Aujourd'hui, après une crise de 3000 morts et des millions de déplacés, "Pablo" arrive (littéralement) comme un médécin après la mort. On aurait donc pu éviter tout cela. Yao Paul N'dré aurait donc dès le 11 mars faire cette déclaration qui approuve la décision de l'UA.

Heureusement, que nous sommes là pour la voir et la vivre. Parce que cette histoire là, personne ne viendra la falsifier. Trop de morts et de dégâts qu'on aurait pu éviter et qui pèsent aujourd'hui sur la mémoire de la Côte d'Ivoire et sur les mains de Laurent Gbagbo et son "frère" Alassane Ouattara. Quel gachis, Pablo. Quel gâchis !

Décembre 2010

 

Mai 2011

02 mai 2011

Western Union de retour en Côte d'Ivoire

trans_western.jpgCe matin sur mon mobile je reçois ce message du 10044 (je suis abonné à la newsletter de Western Union): "Flash Info Western Union: Le service transfert d'argent vers  la Côte d'Ivoire est de nouveau disponible!". Très heureux donc, je porte le message à la connaissance de tous via mon profil Facebook et Twitter. Mais les commentaires et autres interrogations sur la véracité de cette info m'emmènent à rechercher confirmation.

[Un ami m'a dit inbox: "Yoro, pardon, il y a trop rumeurs maintenant à Abidjan. Donc confirme-moi s'il te plait"].

J'appelle donc le siège de Western Union en France au 08 00 900 407. J'ai au bout du fil le sevice client à qui je demande confirmation de l'information. "Pour quelle(s) ville(s) Monsieur ?", me demande la dame au bout du fil. Je lui indique que je voudrais savoir s'il est possible d'envoyer de l'argent à Abidjan, où à partir d'Abidjan. Elle me repond que oui en ajoutant "pour Abidjan, mais aussi Yamoussoukro et quelques villes du pays".

C'est une assez bonne nouvelle. Bientôt donc, ce sera l'ensemble des (Plus de) 570 points de vente en Côte d'Ivoire qui seront disponibles "pour envoyer et recevoir de l'argent rapidement et avec fiabilité".

20 avril 2011

Fin d'expression pour les bleus ?

Après la chasse au sorcière pour les hommes politiques par les partisans du nouveaux camp au pouvoir, voici désormais la chasse aux journalistes "Bleus". Les sièges des journaux Le Temps et Notre voie, fidèles à Laurent Gbagbo ont été littéralement saccagés et pillés. Aujourd'hui, ce sont les journalistes du Nouveau Courrier qui craignent pour leurs vies. Leurs crimes: être bleue. C'est à dire être partisan de Laurent Gbagbo.

Dans la crise Post-électorale, je ne connais pas un seul quotidien en Côte d'Ivoire qui n'a pas soutenu son camp. Parfois avec beaucoup d'erreurs. Et ça il faut le dire. En bleu, en rouge ou en vert, tous les journaux ivoiriens se sont montrés partisans activant parfois le feu. J'entends certains crier "il faut juger tous les jounaux qui ont incité à la haine". Et c'est bien. ça veut dire tous les quotidiens quelque soit leurs couleurs devront passer sous le coup de la loi. Mais on verra bien quand la justice aura décidé de prendre ce chemin.

Pour aujourd'hui, à l'ère de la "Page Blanche" et de la "Vérité et Réconciliation", certains journalistes sont menacés de morts par les partisans de Ouattara parce que n'ayant pas fait allégeance à Alassane Ouattara ou parce qu'ils n'ont pas partagé le même point de vue que les quotidiens d'en face.

 

Le courrier-ci dessous a été envoyé aux journalistes et responsables du Nouveau Courrier. Je vous en donne lecture.

De : Mamadou Ouatara

À : ftoti@nouveaucourrier.com; frankoliviert@yahoo.fr; bahi_stephane@yahoo.fr; sbahi@nouveaucourrier.com; eakani@nouveaucourrier.com; saintcoula@yahoo.fr; cyletemps@yahoo.fr
Envoyé le : Ven 15 avril 2011, 15h 48min 19s
Objet : vos jours sont comptes

Vous les journalistes de GBAGBO la vous aller voir on va vous poursuivre jusqu.à votre dernier retranchement , et vous corriger un à un .
Votre protecteur n.est plus la , c,est ADO qui est la maintenant et donc vous aller payer toutes vos injures. Il n,y aura plus de liberte de presse ici en CI
on va tous vous tuer vous les asticos de GBAGBO.
A bon entendeur salut . on vous aura tous


Le redacteur en Chef du Journal, Saint Claver OULA  a pris le monde à témoin des menaces et appels au meurtre des partisans de Ouattara contre les journalistes des journaux privés dits journaux "bleus" qui voient différemment l'actualité politique autre que les journaux proches de Ouattara, ou qui partagent la même idéologie que Laurent Gbagbo.
Voici un mail qu'il a adressé ce lundi 18 avril à l'attaché de presse de l'ambassade des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, Teko Folli.


De : oula saint-claver 
À : "Teko, Folli X" 
Envoyé le : Lun 18 avril 2011, 17h 01min 36s
Objet : Tr : vos jours sont comptes

Salut Teko,

A ta demande, je t'envoie ce mail (ci-dessous) d'un certain Mamadou Ouattara, qui nous donne des raisons d'entrer dans la clandestinité en attendant que les nouveaux hommes forts acceptent une diversité d'opinion sur la crise en Côte d'Ivoire.
Ce mail démontre clairement que les journalistes des journaux privés dits journaux "bleus" qui voient différemment l'actualité politique autre que les journaux proches de Ouattara ou qui partagent la même idéologie que le président déchu, Laurent Gbagbo, font l'objet de menaces récurrentes. Après le saccage et le pillage du journal Le Temps et de Notre Voie, puis une visite d'hommes armés au siège du Nouveau Courrier (rapportée par le vigile des lieux), ce sont les journalistes eux-mêmes qui sont ciblés. Nous recevons des mails ou coup de fil de menaces (lire ce message ci-dessous) d'un certain Mamadou Ouattara.

Le dimanche 17 avril à 10h30, sur la radio, la Voix du Rassemblement (pro-Ouattara), c'est pratiquement à un appel au meurtre contre les journalistes du Nouveau Courrier que ce sont livrés animateurs et intervenants. Ils ont traité les journalistes, notamment le directeur de la rédaction Théophile Kouamouo, de tous les péchés d'Israël. Des intervenants ont même déclaré ouvertement qu'il faut nous faire payer toutes nos critiques à l'endroit de leur leader et de ses proches.
Ce lundi 18 avril, moi-même, j'ai reçu un coup de fil d'un numéro anonyme me narguant, eu égard à notre absence sur le marché. "Vous n'avez pas dit que vous êtes garçons ? On vous attend", a-t-il dit, appuyant ses propos un long tchrou (expression de mépris), sans même décliner son identité. Je lui ai tout simplement dit merci.

Notre pigiste à Yamoussoukro (Zouhou Patrice : 40......) a été joint au téléphone, samedi dernier, par un certain Yacouba Sidibé (un des responsables locaux du RDR) qui lui a rappelé que son journal, Le Nouveau Courrier, avait publié le 22 mars dernier, un article révélant son rôle dans la prise de Yamoussoukro par les forces rebelles pro-Ouattara. Pour cela, il comptait lui régler son compte dès l'instant où il l'appréhenderait.

Dans un tel contexte, nous ne pouvons que nous cacher et cacher notre famille parce que nous possédons suffisamment de preuves qui démontrent que notre vie est sérieusement en danger dans cette ambiance d'insécurité.

Saint Claver OULA
Journaliste professionnel
Rédacteur en chef du Nouveau Courrier

Le journal le Patriote (Pro-Ouattara) écrivait dans édition du 20 avril "Dans les médias, la terreur a changé de camp", repprenant la déclaration du Secrétaire Général de Reporter Sans Frontière:

"Plusieurs journalistes ivoiriens proches de l'ancien chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, sont traqués par des partisans d'Alassane Ouattara et ont dû entrer en clandestinité par crainte d'être victimes de règlements de comptes, a appris Reporters sans frontières auprès des intéressés et de plusieurs sources concordantes.

Nous sommes très inquiets et mettons en garde les nouvelles autorités contre une situation qui pourrait leur échapper mais dont elles seraient tenues responsables. La volonté de certains partisans du nouveau Président de faire la chasse aux journalistes du camp adverse pour se venger est simplement inacceptable et indigne. Nous appelons le président Ouattara à demander publiquement à ses partisans de renoncer à cette volonté de vengeance et de respecter la pluralité des opinions", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de l'organisation".

Mais cette traque aux journalistes Pro-Gbagbo ne se limite pas qu'au format papier. certains blogeurs sont visés. Le Blogueur Claudus, président des Facebookeurs pour Gbagbo a écrit une sorte de post d'adieu. Il écrit en conclusion de son post:

"Et quand on est quasiment obligé de faire de l'autocensure ? La liberté de penser et de s'exprimer fout le camp de mon pays !!! Dommage. Vous allez me manquer !!!"

Le blogueur a dû fuir le pays, parce que se sentant menacé. C'est bien loin donc l'époque où on pouvait parler sans crainte ? Est ce fini l'ère de la liberté de la presse ? simples questions. On attend de voir.

18 avril 2011

Abidjan retrouve ses lundis

Abidjan_normale.JPG

La vie est en train de reprendre, on ne peut plus en douter. Ce matin j’ai entendu les nombreux klaxons des taxis et autres wôrôs wôrôs (taxis communaux). J'ai vu les gbakas (mini bus) et leur apprentis-accrobates. J'ai revu la vendeuse de "pain-condiments". Oui, elle aussi est de retour. Sur les trottoirs, des personnes attendaient patiemment des taxis pour certainement se rendre au travail. Dans les véhicules, les discussions sont bonne enfant. On revient sur les derniers évènements en Côte d’Ivoire, le changement de régimes, les peurs, les craintes mais aussi les espoirs pour demain.

woro woro.jpg

Pour certains, c’est leur première sortie après 3 semaines de « réclusions » rythmées de tirs, de bombardements, de rumeurs et de souffrances. «ça chauffé ici on dirait », s’exclame une dame à bord d’un véhicule qui l’emmène de Treichville à Bassam en montrant du doigt un bâtiment littéralement saccagé.. «Ce sont les bureaux de Côte d'Ivoire télécom», rétorque le chauffeur du véhicule.

Par moment j'aperçois à certains arrêts de bus des gens adossés sur les bords de l’abri. «Ils attendent le bus », lance quelqu’un. Dans la rue j'en vois très peu d’ailleurs. Mais il y en a quand même. La vie à Abidjan est en train de reprendre on ne peut pas plus en douter. Désormais, il faut que les banques ouvrent et il faut que le Plateau (centre administratif et des affaires) se mette en marche.

Finalement, je pense qu’il est important de se (re)mettre rapidement au travail. Laissons aux politicienx de régler les questions politiques, aux militaires et policiers de s’occuper de l’aspect militaire et sécuritaire. Mais nous, réconcilions-nous avec le travail et mettons de côté nos rancœurs car comme on aime bien le dire ici à Abidjan « Nous sommes obligés de vivre ensemble ». Si pour une fois de plus, nous avons l’occasion de relever la Côte d’Ivoire, n’hésitons pas. La vie continue et elle peut être meilleure pour tous, si et seulement nous décidons de mettre fin à tout sorte de belligérance.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Crédit photo 1: Abidjan.net

 

15 avril 2011

Paypal va débloquer les fonds du #civsocial

Dans mon précédent post, on parlait de comment les fonds du #civsocial avait été bloqués par l'entreprise Paypal. Aujourd'hui 15 avril 2011 les choses semblent avoir bougé dans le bon sens.

Je vous propose l'article de Jean Patrick Ehouman qui nous explique comment "Paypal s’est rachetée une image en Côte d’Ivoire grâce à Akendewa et ".

14 avril 2011

Quand Paypal "sabote" #civsocial

 

paypal.jpgL'opération #civsocial lancé par l'Ong Akendewa risque de prendre un sacré coup. Et si tel est le cas, ce sont des milliers de personnes en detresses qui souffriront encore plus dans ce climat de crise humanitaire aigue. A l'origine du frein de cette action humanitaire, Paypal.

Depuis ce matin de nombreux messages circulent sur la toile, nous invitant à signer une pétition, mieux à demander à paypal de débloquer les fonds d'Akendewa qu'ils retiennent. Pour mieux comprendre ce qui se passe, j'ai demandé à Jean Patrick Ehouman, président de l'Ong, de m'éclairer. Je partage avec vous l'état des lieux et les conséquences si rien n'est fait.

Combien avez vous "entre les mains" de Paypal ?

"Nous n'avons pas grand chose. Il reste environs 3 000€ lorsqu'on enleve les taxes et aussi les premiers achats que j'ai réussi à faire juste avant qu'ils ne bloquent le compte"

Paypal n'était-il pas au courant du fait qu'Akendewa n'est pas une association française quand vous les sollicitiez pour ce projet ?

Comme mentionné dans la pétition, Akendewa n'est pas de droit français. Mais en attendant de créer une asso affiliée, dans l'urgence, j'ai utilisé mon compte et je les ai eu au téléphone lors d'un premier blocage pour leur expliquer le problème. Car nous ne pouvions pas créer un compte pour Akendewa vu que le système bancaire ivoirien est hors service. J'ai eu paypal au téléphone hier (mardi 12 avril, ndb) qui m'avait assuré que compte tenu de la situation bancaire en Côte d'Ivoire et de l'urgence humanitaire, les fonds seraient débloqués dans les heures qui suivaient. Et aujourd'hui, je les appelle ils me disent qu'en fait non".

Peux-tu expliquer aux internautes ce à quoi devrait servir cet argent ?

Oui. Avant que nous commençions la collecte, nous avions utilisé notre propre argent (qui n'appartient pas à Akendewa car les banques ivoiriennes fermées) pour acheter les premiers téléphones + 2 ordinateurs + 600 cedis d'unité téléphonique pour commencer. Mais les dons qui ont été octroyés par des personnes de bonnes volontés (et je les en remercie) servent à payer des unités téléphoniques. C'est avec ces unités que nous arrivons à (re)contacter les personnes qui ont besoin de secours soit pour les localiser ou pour trouver quelqu'un qui peut les aider. Les dons servent aussi à acheter des denrées de premières nécessité tels que le lait, le pain que nous donnons aux victimes lorsque nous arrivons sur place".

En conclusion, tant que Paypal bloque cet argent, ce sont de nombreuses personnes victimes de balles perdues, de manques de médicaments, en attente d'accouchement, qui meurent de faim ou de soif etc... qui seront livrées à elles-mêmes dans un environnement d'insécurité digne d'un film western. Je nous exhorte à signer la pétition et pour ceux qui le peuvent à harceler Paypal, au nom de toutes ces vies que cette entreprise va mettre en danger.

 

09 avril 2011

Chœurs unis pour la Paix en Côte d'Ivoire

choeur unis pour la paix.jpg

L’objectif était de réunir des jeunes ivoiriens qui vivent à l’extérieur, épris de paix et qui voulaient poser leurs voix sur le projet : Un Chœur pour la Paix. Un véritable Coeur à Choeur... avec des jeunes de divers pays de résidence, mais surtout sans considération religieuse, ni ethnique ou sociale.

Le jour même où l’idée a germé, j’ai lancé un appel sur Facebook. J’ai automatiquement reçu une dizaine de réponses d’au moins 5 pays différents et 3 continents différents. Amérique, Europe, Asie. 10 jeunes ivoiriens en tout ont particpé de façon bénévole mais avec leur cœur à ce projet.

L’idée était aussi de réussir avec des moyens amateurs à faire passer le message de paix. Les arrangements ont donc été fait sur un Yamaha MM3 avec comme logiciel le basic Audacity. La table de mixage qui a servie a capter le son est un Behringer Xenyx 1204USB avec une option USB. Je prenais donc directement les sons comme dans un vrai studio.

J’ai écris le texte et j’y ai mis la mélodie. J'ai voulu les paroles simples et la mélodie facile à retenir.

Refrain:

Tu es mon frère, prends-moi dans tes bras

Tu es ma soeur, j'ai besoin de toi

d'un même accord, cultivons la paix

d'un même choeur (ou choeur) préparons demain

Après un premier jet, chaque participant a reçu la chanson mais aussi le script avec les parties où chacun devait intervenir. Selon leur sensibilité mais avec talents, ils m’ont renvoyé leur voix (sans la musique). J’ai donc simplement collé sur ce qui existait au fur et à mesure que ça tombait.

En une semaine, on avait tous les éléments en place. Puis, deux longues nuits pour le mixage, histoire d’ajuster les sons et voilà !

Le clip !

Faire le clip était un autre challenge. J’ai donc décidé de prendre des vidéos amateurs de chaque chanteur. Les films ont été faits parfois avec des téléphones portables, souvent avec des webcams parfois aussi avec des appareils photos numériques ou des caméscopes.

L’une des difficultés étaient de rassembler ces vidéos parfois très lourdes. Nous avons donc utilisé deux services. Sendspace.com ou, pour les fichiers plus lourds, sendbox.fr.

Une fois rassemblés, les éléments ont été mis sur Dvd puis envoyé par la Poste à Paris pour le Mastering et la conception du clip par les soins de Sotty.

La conception de l’Affiche a été faite à Abidjan par mon p’tit frère qui me sert d’infographe (Son blog) et m'a été envoyée par mail via Gmail.

Voici donc le résultat de tout ce processus qui aura duré un peu plus de 15 jours et qui au final m’a été envoyé de la France à Abidjan via Internet grâce à Free..

C’est quoi la suite ?

Le Chœur unis pour la Paix avait souhaité au-delà d’une large diffusion sur Internet vendre le Dvd qui sera conçu et de reverser les bénéfices des ventes à une bonne œuvre. Finalement, nous mettrons cette vidéo en Open Source pour une plus large diffusion. Mais l'idée est de réaliser plus tard un bien meilleur clip et arriver à réunir tous ces jeunes qui ont participé à ce projet. Alors pour ceux qui voudraient contribuer à notre action nous accepterons vos dons. (Contacter le + 225 02 50 39 32 ) ou isyoroba@gmail.com

Crédit :

C’est l’occasion pour moi de remercier

Joelle Coulibaly, à Bangalore en Inde

Prisca Toti à Paris en France

Joas Adou à Bangalore en Inde

Tanguy Anegbele Indianapolis aux Usa

Armel Zadi à Fès au Maroc

Gerarld Kouassi à Rabat au Maroc

Le Chœur Zélikazé à Paris en France

Dany Assounh à Lyon en France

Landry Kouakou à Bruxelles en Belgique

Edja Marius à Paris en France

Israël Yoroba à Lille en France

Samuel G, pour la belle affiche

Guyguy pour les longues nuits à travailler sur le mastering et le Clip

Valerie pour ses encouragements

08 avril 2011

Abidjan : tragédie humanitaire à l’ombre de la guerre

Depuis quelques mois, je savais la situation difficile en Côte d’Ivoire et plus particulièrement à Abidjan. Aujourd’hui, elle est plus que jamais alarmante. C’est peu de le dire. Dans la cacophonie des bombardements aériens, à l’ombre de la bataille entre les deux camps, ce sont des centaines voire des milliers de victimes qu’on dénombrera quand tout redeviendra calme. Si bien sûr tout redevient calme.

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«Diallo, je voudrais deux litres d’huile et du riz », ai-je demandé il y a quelques jours au seul « boutiquier mauritanien » qui avait osé ouvrir. «C’est fini », m’a-t-il lancé. Les prix des seuls produits que j’ai pu acheter ont quasiment triplés de prix. Dans de nombreux quartiers comme le mien, les denrées alimentaires commencent à manquer. Les supermarchés et autre surface qui ont pu ouvrir ont été pris d’assaut par les clients ou même par des pillards. «On a pris ce qu’on pouvait. On espère que ça va suffire pour les jours à venir », me lance Adou un de mes amis que j’ai eu au téléphone. Il venait de faire ses provisions. Dans sa maison à la riviera, en plus de sa femme et de ses deux enfants, ce sont ajoutés deux familles. «Nous sommes 20 dans la maison, un deux chambres salon ».

Aujourd’hui, à Abidjan, chaque famille est déplacée ou accueille des familles déplacées. Il faut donc doubler les rations alimentaires qui se font de plus en plus rares.

Dans certains quartiers, il n’y a plus d’eau ni d’électricité. «Le courant est revenu seulement hier après plus d’une semaine de coupure », m’apprend Stéphane, un ami qui habite la Riviera 2. «Chez nous il n’y a plus d’eau. On se demande comment on va faire », s’interroge Dramane qui habite lui un quartier de la commune de Yopougon.

 

La santé au point mort !

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« Nous sommes débordés. Il y a des blessés par balles, des morts, des femmes enceintes. Mais le pire c’est qu’il n’y a pas de médecins », déplore N’Goran A. Il est l’un des rares médecins au CHU de Cocody. Les derniers bombardements de l’armée française ont aggravé les choses. Des maisons ont été détruites, des écoles aussi. Des hôpitaux aussi. «On a pas encore de bilan, mais croyez moi j’ai pu voir de nombreux corps à terre », raconte Partick S, sans pouvoir donner plus de précisions sur leurs nombres. « Je n’ai pas pu prendre des photos, moi aussi je fuyais », raconte t-il. Il fait partie de ceux qui ont voulu braver les bombardements aériens et qui sont sortis dans les rues. «L’un des dangers, craint-il, c’est qu’il y a encore des cadavres dans les rues et qui sont là depuis plusieurs jours. Bonjour l’épidémie de choléra ». Un autre ami qui, lui, habite Koumassi, m’a envoyé une photo d’un corps en putréfaction. «Ça fait 5 jours qu’il est là », précise t-il dans son mail. Dans les rues de la capitale désormais, cadavres et tas d’ordures se disputent les voies et trottoirs.

«Nous sommes débordés », lance Mohamed Diaby qui, avec d’autres blogueurs gèrent un « Call Center » pour les urgences. « Les appels à l’aide sont telles que sur notre échelle de crise, un blessé par balle est un incident mineur », témoigne t-il. Le manque de médicaments est criard. Quelques pharmacies ont ouvert. Mais il n’y a pas tous les médicaments. «Et même quand il y en a, combien sont ceux qui ont encore les moyens de se payer un médicament. Les banques sont fermées depuis plus d’une semaine », rappelle en colère Dr Blé, pharmacien.


L’insécurité est partout, la mort aussi

Cocody, Adjamé, Abobo, Marcory etc. Aucune commune n’est épargnée par ce climat d’insécurité grandissante. «Dans notre parking, ils ont fait coucher tous ceux qu’ils rencontraient avant de les dépouiller de tous leurs biens », raconte une habitante de la riviera Golf. Selon elle, les voitures étaient tâtées au fur et à mesure et certaines emportées par des hommes armés. «Surtout les 4×4 » précise t-elle.

Il y a quelques semaines des milliers de prisonniers ont été libérés des prisons. Certains se sont retrouvés avec des armes à la main. Abidjan a désormais encore plus peur. C’est désormais la porte ouverte à l’insécurité avec des braquages et pillages à l’arme lourde et à l’arme automatique. «C’est devenu la jungle », lance craintif un de mes collègues journalistes. «Moi j’évite de sortir. Parce qu’on raconte que les hommes en armes tirent sur les passants. C’est grave », s’indigne t-il.

Sur ce blog j’ai pu lire ce témoignage :

«Lorsque des coups de feu, souvent à l’arme lourde, ont commencé à tonner dans notre zone jeudi dernier, ma famille et moi avons choisi de nous enfermé dans la maison le temps que la situation redevienne normale. Le samedi, dans la matinée, nous avons reçu une visite de cinq hommes armés qui ont réussi à forcer notre portail. Ils ont ensuite fait irruption au salon et ont pu emporter tout ce qui était à leur porté, après m’avoir intimé l’ordre de leur remettre la clé des deux véhicules stationnés dans la cour», témoigne cet habitant du sous quartier Angré les Arcades. »

Abidjan perle des lagunes, est devenue délétère. Catastrophe humanitaire ? Oui. Je ne parle même pas de ces quartiers où désormais, être un homme valide c'est être une proie idéale à l’enrôlement dans une milice. Je ne parle même pas de tous ces nouveaux-nés qui naissent chaque jour et qui voient leur espérance de vie raccourcie. Je ne parle même pas de ces vieux et des malades qui n’attendent (ou n’appellent) que la mort.

A Abidjan, aujourd’hui c’est un climat de guerre. Le silence fait encore plus peur. « Car on ne sait pas si c’est le calme avant la tempête ». Et chaque jour on s’éloigne de plus en plus d’une voie de sortie pacifique. Et en arrière plan, les victimes commencent à se compter par milliers.

16 mars 2011

Mieux voir ses photos sur Facebook

Depuis quelques mois, Facebook a décidé de nous faire subir une nouvelle façon de regarder nos photos. (Quelle idée même ce fond noir ?) Donc Voici comment vous regardez vos photos actuellement.

trucphoto1.JPG

Comme moi, vous en avez marre. Alors voici un tuyau pour regarder tranquillement vos photos sans cet écran noir qui vous stress.

D'abord faites un clic-droit sur la photo (comme ci-dessous présenté)

trucphoto2.jpg

Ensuite cliquez sur "Ouvrir dans un nouvel onglet (ou nouvelle fenêtre)". Et voilà, le résultat !

trucphotoresult.JPG

 

07 mars 2011

Déplacés d'Abobo, la chaîne solidaire à leur secours

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Quand sonne l’heure de la guerre, sonne aussi l’heure de la solidarité. Avec les affrontements et le climat de terreur qui ont lieu à Abobo, de nombreuses familles ont quitté cette commune surnommée par certains « Bagdad » à cause de la violence des combats. Pour les plus chanceuses elles ont pu trouver des familles d’accueil dans d’autres quartiers de la capitale. D’autres par contre ne savent pas où aller. Elles ont élu domicile dans des édifices publics ou religieux. Mais voilà. Une initiative vient de naître et déjà, elle fait le buzz pour le plus grand bien de ces déplacés d’un nouveau genre. Ce week end dernier, ils ont reçu la visite d’hommes et de femmes aux cœurs grands et aux mains chargés de nourritures et de vêtements et tout autre nécessaire.

solida.JPGTout est parti d’une idée. Abdel Kader Dia, jeune entrepreneur ivoirien, devant l'ampleur de la catastrophe humaine qui se déroule à Abobo décide de créer un groupe sur Facebook afin d'associer ses amis et de toucher le plus de personnes possibles. Avec lui, d'autres jeunes.

Des messages d’appel à l’aide sont diffusés sur facebook. L’écho se répand de profils en profils, de pages en pages sur le réseau social. A cela, les initiateurs ajoutent le bouche à oreille pour ceux qui sont un peu loin du web. Le virtuel et le réel sont donc mixés pour une large diffusion. Et ça marche ! Les dons arrivent de partout. «Il y a même des gens qui en passant, voyant ce qu'on a déjà collecté, reviennent déposer quelque chose. C'est merveilleux », lance ému un des bénévoles.

Sur un site aux 2-plateaux (quartier de la commune de Cocody) les dons sont recueillis par des bénévoles. Nourritures, vêtements, savons et autres produits hygiéniques, boissons, médicaments. «Nous faisons un dispatching en classant les contributions par nature et ensuite par site d'accueil, en fonction des besoins exprimés ou prévisibles». Les dons sont par la suite acheminés vers des centres d’accueils recensés.

C’est le cas de ce "camp de réfugiés" qui a recueilli les enfants orphelins du "centre Canaan" qui était jusqu’à une date récente à Abobo. «Profitant d'une accalmie, la responsable a quitté Abobo à pieds avec une vingtaine d'enfants. Imaginez ces enfants dans le flot des adultes quittant la commune. Elle était constamment obligée de les appeler par leurs prénoms pour s'assurer qu'aucun ne s'était perdu. Par miracle, ils sont tous sains et saufs», selon les témoignages recueillis.

 

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Ce samedi 5 mars donc, les donateurs sont venus les bras et les voitures chargés. Les initiateurs cachent difficilement leur joie et leur étonnement : «Les contributions du samedi (5 février, ndlr) ont dépassé celles de la semaine précédente et le nombre de bénévoles a été multiplié par trois voire quatre. C'était fabuleux ! », s’exclament-ils avant d’ajouter « ils ont mis leurs voitures à notre disposition sans même demander qu'on y mette du carburant. La générosité des Ivoiriens et des habitants de Côte d’Ivoire ne cessera jamais de nous combler de joie ». Si dans leurs propos ces braves gens parlent « d’habitants de Côte d’Ivoire », c’est bien parce qu’il n’y a pas que les Ivoiriens qui ont contribué. «Nous avons reçu spontanément des paquets d'eau en sachet d'une boutique de quartier tenu par des mauritaniens. Ils se sont sentis concernés quand ils ont su de quoi il s'agissait ».

Et pour la suite ?

enfantdecanaan.JPGLes bénévoles disent ne pas avoir d’agenda prédéterminé. «C’est une réaction à un besoin urgent et nous nous sommes sentis concernés. L'idéal serait que chaque habitant de la Côte d'Ivoire se dise qu'il peut se soucier de son prochain, même en temps de paix. Pour faire le bien, nul besoin de cadre formel. Ce sont des rapports d'humain à humain », indiquent t-ils.

Néanmoins pour eux, l’objectif restent les victimes et les déplacés de toute la Côte d’Ivoire. «Vu l'urgence de la situation et la proximité des déplacés d'Abobo », ils ont été les premiers vers qui l’opération a été menée. «Nous travaillons à aller de l'avant et à porter notre action bénévole à tous ceux qui en ont besoin. Nous en profitons pour dire que nous recensons les sites qui accueillent les déplacés alors n'hésitez pas à vous rendre sur la page (facebook) et à nous informer » annonce William Ahoma l’un des organisateurs.

Désormais leur vœu est que cet élan de solidarité soit encore plus fort au cours de cette semaine car «le week-end prochain (12 mars ndlr), nous entamerons la seconde phase de distribution avec un accent particulier sur les consultations médicales et la distribution de médicaments ». L’appel est donc lancé.

_________________________________________________________________________________ 
Les contacter :

Abdel Kader Dia au (00225) 07 09 60 36 / William Ahouma au 01 00 55 22

Le lien du groupe:

http://lnp.sn/ZJR

Infos utiles

http://lnp.sn/ZJz

 

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

01 mars 2011

A vous de voter le meilleur blog ivoirien

C’est l’heure des votes pour le concours de Ivoire Blog Awards du meilleur blog en Côte d’Ivoire. C’est donc aux internautes de faire leurs choix. Pour permettre à vos électeurs d’arriver directement sur votre page de concours faites ceci:


- Téléchargez la photo ci-dessous ou ce code : <a href= »http://ivoireblogawards.avenue225.com/tous-les-blogs/« ><img src= »http://ivoireblogawards.avenue225.co...m/up-1.png » width=210 height=52/></a>

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- Faites un hyperlien vers votre page de concours.

- Et c’est tout. Vos électeurs en cliquant sur l’image iront directement voter pour VOUS.


Bientôt, ce sera au Jury de désigner le meilleurs de chaque catégories. Tous les lauréats recevront leurs prix le 15 avril lors d’une cérémonie. Des prix offerts par notre Sponsor et nos Partenaires.
Bonne chance à tous.

18 février 2011

Sur les antennes de France Culture

Hier jeudi 17 février (en compagnie de Dana Diminescu, sociologue, directrice du Programme d’études sur l’usage des TIC dans les migrations), j’étais invité à l’émission Culture Monde sur (la radio) France Culture pour parler des Migrants et des TIC. L’occasion d’expliquer pourquoi le concept des Avenues Afrique a été lancé. Mais surtout d’expliquer comment fonctionne notre web émission (Radio Avenue Web) qui est diffusée chaque semaine à partir de lundi sur Avenue225.

Je vous propose un extrait de l’émission.

Vous pouvez écouter l’intégralité de l’émission.

14 février 2011

Avec des mots (bien) de chez nous

mortderire.jpgCes dernières semaines de nouvelles expressions sont apparues sur facebook pour exprimer les joies, les rires, les étonnements et les colères. Avec cette mention en prime «mintnan la on fè en ivoirien, c bouclé sur les...» (Traduction : Maintenant on fait en version ivoirienne. Fini les…) lol, Mdr, vdr, ptdr...

Pour ceux qui ont raté le train il n’est pas tard. Je vous propose de vous abreuver de ces nouvelles lettres qui traduiront tout ce que vous ressentez. Avec des mots tirés des expressions quotidiennes et urbaines des Ivoiriens. Lool. Euh, je voulais dire ysvdrrrrrrr

YR = yé ri (je ris)

YRJYM = yé ri jikaaaa yé mourir (Je vais rire jusqu’à je vais mourir)

YRJYMOV = yé ri jikaaa yé mal o ventre (Je ris jusqu’à j’ai mal au ventre)

......TMD = ta me dja ou ta me douf (tu me tue)

TMK : ta me kill ou tu me kill (Tu vas me Kill, tu me tue)

YREF = ya rien en face (Il y a rien en face) à completer avec CM : cé maïs (C’est maïs, je sais pas comment traduire ça hein)

YRJYC = yé ri jikaaa yé chiéééé (Je ris jusqu’à je chie)

YRJYP= yé ri juska y péter (Je ris jusqu’à je pète)

YSV= yé si versé (Je suis versé, euh je crois que ça veut dire je suis dépassé non ?)

YSVDR = yé si versé de rire (Je suis versé de rire)

YSF = yé si fan - yé si fier (Je suis Fan, Je suis fier)

CPA = cé pa affaire (C’est pas affaire, à comprendre aussi par « C’est terrible ! »)

MD = Mal doux (Très intéressant)

CCS = Cè Cohan SAHé (C’est comme ça ça y est, on peut pas (le) changer)

RML= Rehade Mogo La (Regarde Môgô là, regarde ce gars là)

CR= Ca Roule (ça roule)

YSE= Ye sui enjailéé (Je suis enjaillé, je suis content)

CG= Cè Gatéé (C’est gâté, tout est mélangé ou C'est du bon selon les cas)

La liste n’est pas exhaustive et je laisse à votre imagination le soin de nous dénicher de nouvelles trouvailles que je completerai volontiers.

11 février 2011

Mesdames devenez Ayana !

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Couleurs chaudes, design classe et dans l’air du temps, actu intéressante, informations utiles et fouillées. Voici Ayana… le nouveau Webzine féminin. Je crois d’ailleurs que c’est le tout premier en Côte d’Ivoire non ? bon personnellement j’en connais pas d’autres.  En tout ce webzine est en ligne. Et je tiens ici à féliciter toute l’équipe qui a mis tout en œuvre pour que cette idée devienne vivante.

Pour sa sortie ce vendredi 11 février, je me permets donc d’en faire la pub tambour battant. Oui. Quand c’est bon et quand c’est beau et pro, pourquoi s’en priver.

Ayana, se veut « un webzine féminin, tendance et lifestyle, qui met un accès prépondérant sur la proximité avec ses lectrices. Car en général, les magazines africains féminins et/ou dédiés à la mode, négligent bien trop souvent cet aspect » (ça c’est vrai, ndlr).

Ayana s’adresse donc en priorité aux jeunes femmes africaines branchées, dynamique, qui s’activent et s’affirment, qu’elles soient des jeunes cadres dynamiques, des entrepreneurs ou des mères de famille ‘’new génération’’. Ayana est le webzine des jeunes africaines actives et branchées.

Mesdames soyez In. Soyez Ayana car cette fois vous êtes servies… accourez donc alors !

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06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

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Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.

18 janvier 2011

Epitre à un Grand Inconnu

Lumumba14.jpg

Je ne t’ai pas connu

Mais ce soir je verse une larme pour toi,

Cher inconnu

D’une forêt assiégée de putois.

 

Je ne t’ai jamais connu

Car je n’étais pas encore né.

Et pourtant,

Je ressens ton combat de l’indépendance AB-SO-LUE

Qu’à l’Afrique tu as voulu donner.

 

Et Pourtant…

L’histoire a chaussé ses mêmes ablacons.

Ce qui te tiraillais hier,

Me chiffonne aujourd’hui.

 

Le Temps

Est redevenu sombre du haut de mon balcon.

Ceux qui te mitraillaient hier

Ont gardé l’habitude du Chien-maudit.

 

Et je dis,

L’histoire a gardé ses mêmes ablacons sales.

Les Assassins de la forêt

Sont devenus maîtres dans les crimes de nos villes.

 

L’histoire a conservé ses « Sauvages » dans les malles

Les Vautours de ton corps fusillé, brulé puis transformé en engrais

Sont restés des manipulateurs habiles.

 

Et pourtant,

Je ne t’ai jamais connu

Ô toi « GRAND INCONNU ».

Mais je ressens sur mon cœur

Les goûts acides du sourire de tes « torpilleurs »

 

Et pourtant,

Je les reconnais :

Communauté Internationale

Casques

Bleus et Blancs

Sang rouge vif

Forêt noire…

Pluie meurtrière

 

Je les revois.

Encore

Aujourd’hui

Entassés

Relookés

Entrelacés

Autour de nos vies…

De nos survies.

 

L’histoire n’a pas changé d’ablacon.

Poils pourris

Sexe meurtri

Cacao, Café, Coco, Beauté

Hévéa, Or, Dictat, morts.

Diamant, Cuivre et Fer

Savamment arrachés à nos pères.

 

Nos mémoires ont de la mémoire

Vives ou mortes

Elles retiennent.

Pour nous et pour nos enfants,

Patrice tu auras existé.

 

Lille le 17 janvier 2011, pour celui que je n’ai jamais connu

(Israël Yoroba GUEBO)