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22 novembre 2012

Un autre drame se prépare sur le Pont FHB d’Abidjan

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Vendredi 5 aout 2011. Abidjan se réveille au rythme d'un drame. Un bus “19” bondé de monde dérape du pont Félix Houphouet Boigny et plonge dans la lagune.

"Les images sont insoutenables. Cet écolier sans vie qu'on retire de l'eau avec son sac au dos; ce soldat des Forces républicaines de Côte d'Ivoire(FRCI) qui éclate en sanglot à la vue du corps de sa femme; ce bus qu'on remonte à la surface par une énorme grue et qui n'avait plus ses occupants...Il faut être fort pour supporter cette scène(...)", écrivait le quotidien L'Inter.

Toute la Côte d’Ivoire est sous le choc. Une cinquantaine de corps sont repêchés. Une dizaine de rescapés. Et de nombreuses autres personnes restées introuvables. La lagune leur sera leur tombe. Les circonstances de ce drame restent du domaine de la spéculation. Les commentaires vont bon train. Et puis plus rien.

Sur le pont une partie des balises de sécurités a mis de nombreuses semaines avant d’être réparée. C’est sur ce même pont que depuis de nombreux mois, un danger guette les usagers. Pour ceux qui l’empruntent, ils ont dû remarquer qu’au virage à la montée du pont (dans le sens Plateau-Treichville) les balises de sécurités n'existent plus. En voiture, on voit clairement le vide…en bas. C’est à vous donner le vertige. Ça fait froid dans le dos. Lire l'intégralité de l'article et voir les photos du danger.

18 novembre 2012

Eglise Ad de Cocody Vs Cissé Bacongo : « Le Droit et Dieu avec nous ! »

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« Ce n’est pas par rapport à un régime ou à un parti politique que nous avons eu ce terrain » a tenu à préciser d’entrée de jeu Apollinaire Sery Gboagnon, premier responsable de l’Eglise Evangélique des Assemblées de Dieu de Cocody. « Nous sommes simplement une église et entant que telle nous avons eu ce site » a-t-il ajouté. Le culte de ce dimanche 18 novembre 2012 était l’occasion pour les responsables de l’église de donner (une fois de plus) leurs positions face à ce qu’ils qualifient d’agression de la part de Cissé Bacongo, le ministre de l’enseignement supérieur. «Nous avons notre terrain et on nous fait violence sur notre terrain. Nous ne pouvons accepter cela » a fermement lancé l’homme de Dieu, invitant ses fidèles et les chrétiens (en général) à ne pas rentrer dans les amalgames politiques. «N’allons pas sur le terrain politique » a-t-il souhaité. Malgré ce que les pasteurs de l’église considèrent comme de la provocation. «Le ministre est venu déposer 50 000 francs comme ‘‘offrande’’. Nous avons retourné cet argent par un de ses agents. C’est une attitude que nous dénonçons » s’est indigné le pasteur Appolinaire Gboagnon.

L’occasion était donnée aussi pour Jules Ballé, magistrat et membre de la communauté des Assemblées de Dieu d’indiquer que «qu’aucun terrain n’a été négocié » contrairement à ce qui avait été laissé entendre dans la presse. En effet, la télévision ivoirienne (et la presse écrite) a montré une délégation du ministre Bacongo affirmant que le terrain devrait être divisé… en deux. Et ce, à l’issue de négociation. «Il n’y a pas une seule portion que nous laisserons » crient les responsables de l’église. Brandissant le « certificat de propriété » en leur possession. « L’église est bel et bien le propriétaire du site. Le certificat de propriété, c’est l’Etat qui le délivre. Nous l’avons eu à l’issue d’une longue procédure qui dure depuis 1996. Et quand vous l’avez, on dit que vous avez la pleine propriété » a expliqué le magistrat Jule Ballé en précisant que ledit certificat est « inattaquable ! ». « Il ne peut être remis en cause » a-t-il assuré en dénonçant : « C’est une agression, une méprise du droit de propriété et une profanation du lieu de culte. C’est une atteinte au droit fondamentale ».

 

14 octobre 2012

Côte d'Ivoire Sénégal: Des supporters bléssés

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On l'a vu. Le Match Côte d'Ivoire/Sénégal est fini en queue de poisson. Et les supporters ivoiriens présents dans les tribunes du stade Leopold Senghor ont passé des moments difficiles. Contrairement à ce qu'ont voulu nous faire croire les journalistes hier sur le plateau du 20 heures de la première chaîne ivoirienne. "Il n'y a eu aucun blessés, je le repète, il n'y a eu aucun blessé", n'a cessé de crier Sébastien Ouegnin sur nos petits écrans.

Même le ministre sénégalais des sports s'est un peu embrouillé dans ces propos.

« Nous avons constaté avec le ministre des sports de la Côte d’Ivoire de même que le président de la fédération ivoirienne de football, tous ont constaté que grâce à Dieu, il n’y a pas eu de blessé. C’est vrai, quand il y a eu ces violences, il y a certains qui sont tombés d’eux-mêmes de là où ils étaient sur les gradins mais il n’y a pas eu de blessures grave encore moins de blessures ayant conduit à l’amener vers les hôpitaux ». (Bon il y a eu des blessés ou pas ? Ndlr)

Pourtant quelques minutes après, les réseaux sociaux déversent de nombreuses photos de supporters ivoiriens blessés. Hermann Kouassi, qui était sur les lieux, a publié des images qui m'ont choqué. Fort heureusement, ce n'est pas aller plus loin que ça. Fort heureusement, les Ivoiriens ont sû réagir avec sagesse, sans se laisser emporter par un quelconque esprit de vengeance.

Mais je pense que nous avions le droit de savoir ce qui se passait réellement au stade.

 

Crédit photo: hermann Kouassi & Abidjan.net

13 octobre 2012

Les éléphants marquent, les tribunes sénégalaises s'enflamment, twitter calme le jeu

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Tribune en feu. Supporters gazés. Joueurs sécurisés. Pelouses envahies de policiers et de militaires. presqu'une demie heure d'arrêt de jeux. Un spectacle qu'on avait souhaité éviter à tout prix. Hélas ! Les supporters sénégalais se sont laissés emportés par leur colère et déception après le penalty sifflé dans leur surface de réparation. Un penalty transformé par Didier Drogba, le capitaine ivoirien.

C'est vrai. La plus grande équation dans ce dernier affrontement Côte d’Ivoire Vs Sénégal, était certainement comment réussir à se qualifier sans provoquer la fureur des supporters sénégélais. Avec une longueur d’avance (4 à 2 à aller à Abidjan) les éléphants de Côte d’Ivoire conduits par Didier Drogba devaient coûte que coûte nous emmener une fois de plus en Afrique du Sud. Et ça, ils l’ont réussi.

Devant plus de 53 000 supporters dans le stade Leopold Senghor, l'équipe sénagalaise est éliminée en encaissant 2 buts. Même si, selon les commentaires de spécialistes, les Lions ont fortement dominé le match.

Sabri Lamouchi, l’entraineur ivoirien, semble t-il a décidé de jouer la défensive sans prendre de risque. Bon choix ? En tout cas ça a payé. Il pouvait compter sur un Copa Barry inébranlable dans ses perches et un Didier Drogba à l’affut de la moindre occasion pour marquer. 2-0 ! L'entraineur des éléphants vient de réussir à marquer un nouveau point à son avantage. Il avait été fortement critiqué dès sa nomination à la tête de l’équipe nationale.

2e mi-temps sur Twitter en mode fair-Play !

Au coup de siffler final. A la fin de la rencontre, c'est un goût amer qui nous restent sous le palais, et une mauvaise image que nous retenons dans nos yeux. Comment un si beau match, a pu partir littéralement en fumée ? Comment l'ambiance de fête dans les gradins a pu se tranformer en chasse aux suppoters.

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Pendant que les supporters ivoiriens présents au stade de Dakar sont en difficulté, sur les réseaux sociaux, les activistes ivoiriens et sénégalais se montrent fair-play. C'est la blogueuse Nenna qui lance le mouvement. "Du calme, du calme, du calme" lance t-elle dans un tweet, invitant les "Tweeporter" (supporters de twitter) ivoiriens à ne pas inciter à la violence.

 

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A sa suite, de nombreux appels au calme et à la retenue sont envoyés sur le site de micoblogging. On vire même dans les blagues.

 

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10 septembre 2012

A nos si chers frais de dossiers

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A la fin de l’offre de recrutement de l’ESATIC, on peut lire les pièces à fournir.

« • Une demande de candidature manuscrite adressée au Ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique.

• Un Curriculum Vitae.

• Une photocopie légalisée du diplôme, du certificat du diplôme, ou de l’attestation du diplôme.

• Un exemplaire de la thèse pour les titulaires du Doctorat, plus le résumé de la thèse.

• Une photocopie du dernier acte administratif pour les fonctionnaires.

• Une photocopie de la CNI.

Le reçu du paiement des frais d’analyse de dossier (20 000 frs) »

Cette liste de dossiers me rappelle une histoire que j’ai vécue ici à Abidjan. C’était en 2008. Une école qui dépend d’un ministère recrutait, entre autre, un « responsable de la communication ». A la liste des pièces à fournir, il fallait y joindre « 40 000 Francs CFA pour des frais de dossiers ». Et cette fois, il n’y avait pas de reçu.

Gombo* après gombo, j’ai obtenu mes sous, rassemblés mes dossiers et je suis allé déposer. Et 4 ans plus tard, on na m’a jamais rappelé ou même donné de suite. Je suis retourné de nombreuses fois, on m’a toujours dit de revenir. Peut être que mon dossier n'était pas convaincant. J'en convient ! Mais finalement, combien de personnes comme moi ont postulé, 40 000 francs à l'appui. 

4 ans après, je revois une telle annonce avec (cette fois-ci) des « frais d’analyse des dossiers ». Pour quoi faire ? Et le mot « reçu de paiement » n’enlève rien à mon étonnement.

A quoi va servir cet argent ? Surtout que le comité de sélection est composé de fonctionnaires de l’Etat. A priori en tout cas. Pourquoi alors c’est aux candidats de cotiser pour que leurs dossiers soient analysés ? Le ministère de la Poste et TIC, n’a-t-il pas plus les moyens ? 

On a critiqué les structures qui recrutent et qui font payer des frais de dossiers aux postulants. Et venant d’un Etablissement Public National (EPN), c’est vraiment gênant. Ou alors, c’est moi qui n’y comprend rien à la procédure de recrutement ?  

*Mot tiré du langage de rue ivoirien signifiant débrouillardise, petit métier pour arrondir ces fins de mois. 

Crédit photo

24 août 2012

Grève de taxis compteurs. Le piège se referme t-il sur les chauffeurs ?

taxi compteur, grève, transporteurs, abidjan, côte d'ivoire4 jours que nous sommes privés de taxis compteurs. Les conducteurs de ces véhicules oranges sont rentrés en grève depuis le début de la semaine parce que leurs collèges, les wôrô-wôrô (taxis communaux) font des lignes intercommunales. « En plus, ils ne paient pas de taxes », expliquaient en colère un chauffeur de « compteur ».

« On pourrait croire que les chauffeurs de taxis-compteurs ont volontairement poursuivi leur grève de 72 heures entamée depuis le mardi à l’appel de leur association, l’Actc, et cela, au mépris de l’accord signé mardi et mercredi avec leurs ministères de tutelle » se plaint ce matin le quotidien Le Nouveau Réveil.  

Et donc depuis 4 jours, le décor des Abidjanais se retrouvent sans ces taxis.

Les populations se sont donc rapidement accommodés. Gbaka puis Wôrô Wôrô, bus ou bateau-bus. De fil en aiguille elles arrivent à relier leurs domiciles à leurs lieux de travail. Et ce plus rapidement que d’habitude. Parce qu’en plus, les rues sont fluides sans les taxis compteurs. Pas d’embouteillages, pas de stationnements désinvoltes etc.

In fine, les syndicats de taxis compteurs risquent de se laisser prendre à leurs propres pièges.  Parce qu’enfin de compte, au fur et à mesure que les jours passent, ils ne font pas de recettes. Pendant ce temps, les autres transporteurs se remplissent les poches.

Seule solution : Reprendre le service pour montrer leur volonté de civisme, mais aussi leur bonne foi dans les négociations avec l’Etat. Parce que si ça perdure, nous citoyens, on va prendre une nouvelle habitude : se passer des taxis-compteurs.  

Crédit photo : Abidjan.net

06 août 2012

Ma ballade ce 6 août dans Abidjan

Lundi 6 août2012. J’ai été réveillé vers 5 heures 45 ce matin par un coup de fil. «Le camp militaire d’Akouédo est attaqué à l’arme lourde. Ne sortez pas », me prévient-on. Je me lève en sursaut. Je n’ai rien entendu. Alors que je n’habite pas loin de ce camp. J’arrête le bruyant ventilateur. J’entends alors de fortes détonations. Cela ressemble plutôt à des armes automatiques.

Sur la toile, twitter et Facebook sont envahis d’informations pas très précises. Une chose est sûre : « quelque chose se passe à Akouédo ». Mais quoi ? s’interroge t-on.

Au fur et à mesure que les heures passent on en sait un peu plus. Le camp Akouédo aurait été attaqué par des « assaillants avec la complicité de militaires à l’intérieur du camp » entend t-on sur les chaînes étrangères.

Je reçois de nombreux Sms me prévenant que la voie Bingerville-Abidjan serait barrée surtout au "carrefour Faya".

Vers 10 heures, je décide de faire la route pour constater par moi-même. Je vous livre à chaud en son et en image le témoignage de ma ballade.

 
podcast

Route de Bingerville

 

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Route Camp Akouedo

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Carrefour après barrage

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Route de la  Riviera Palmeraie

 

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25 mai 2012

Axe Bouaflé-Daloa, voici le pont de tous les dangers

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[Article mis à jour le 25 mai à 9h27] Suite au post ci-dessous, le ministre Alain lobognon, ministre de la jeunesse et de la promotion du service civique a réagi sur son compte twitter. "Le financement de ce pont est bouclé depuis 2011... Longtemps avant les Législatives. Appel d'Offres en coursLire l'appel d'offre. ]

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Cela ne semble préoccuper personne. Ça fait des années que ça dure. Aucun drame n’a été signalé. Et donc on laisse (per)durer les choses. 16 ans après, je suis revenu sur le tronçon qui relie Bouaflé à Daloa, deux villes du Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. J’ai été frappé par la même peur d’antan. Par les mêmes craintes d'alors. En fait, rien a changé depuis toutes ces années.

C'est un pont à voie unique dont le bitume aux deux extrémités s’est fortement dégradé. Une grande frayeur s’empare de vous lorsque votre voiture le traverse. C’est pire avec les cars de transport en commun. Les glissières de sécurité de part et d’autre de la voie ne tiennent que par miracle. Le risque d’un drame est imminent. En dessous du pont c’est un fleuve dont le courant est fort. Très fort. Je n’ose même pas imaginer un engin se renverser dans l’eau. Ça serait une catastrophe !

Dans ce pays on aime bien attendre les catastrophes avant de prendre les choses en main. Les autorités qui traversent ce « pont de la mort » attendent patiemment qu’un car de 70 places fasse le grand saut. On pourra alors décréter (tambour battant) 3 jours de deuil, et prendre en charge les parents de victimes. Alors qu’une simple décision politique peut nous éviter ces gymnastiques funéraires.

Je sais que toute notre attention est focalisée sur le « 3e Pont » à Abidjan. Mais n’oublions pas que quelque part au centre-ouest, il y a pont qui mérite d’être refait entièrement… au nom des promesses de campagnes électorales mais surtout au nom de la sécurité des usagers et du droit à la vie. 

16 mai 2012

La RTI toujours dans la manip ?

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Elle a été fortement critiquée pendant la crise post-électorale. Accusée d’être à la solde d’un camp et de tirer sur un autre. "La RTI du mensonge, la RTI de la manipulation". Telles étaient ses tares révélées, indexées et décriées à côté de son manque de professionnalisme.

Les temps ont changé, le régime a changé, les têtes ont changé… mais la RTI surtout la 1ère renommée RTI1 semble ne pas avoir changé sa manière de travailler.
Pour les rares personnes comme moi qui ont suivi le JT de 20 heures de ce mardi 15 mai 2012, elles ont du être aussi choquées que moi par cette vidéo diffusée en plein cœur du Journal. L’idée était de montrer que François Hollande, le nouveau président français, ne soutient pas Gbagbo. Surtout que depuis l’élection de François Hollande, les pro-Gbagbo et les Pro-Ouattara se l’arrachent par presse interposée.

David Mobio le présentateur annonce dans son lancement « avant d'accéder à la Présidence, le nouveau président français s'est prononcé sur l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo ». Vient ensuite la vidéo.


Mais que veut dire « avant d’accéder à la présidence ? ». A quel moment le présentateur veut que le citoyen lambda se situe ? Pourquoi ne pas signifier clairement que cette vidéo a été faite le 22 décembre 2010 en pleine crise post-électorale ? Quel est le point de vue aujourd’hui de l’International Socialiste vis-à-vis de l’ancien parti au pouvoir ? Je me demande bien pourquoi avoir fait sortir cette vidéo de son époque pour la brandir de façon sournoise comme datant de juste avant l'élection du candidat du parti socialiste.

La Rédaction de ce 20 heures aurait pu trouver une autre parade que celle-ci pour indiquer que Hollande ne changera pas d’avis sur Laurent Gbagbo.
Je trouve cela maladroit, inopportun et peu honnête. Et qui au final vient démontrer le contraire de ce que la Maison Bleue voulait faire passer comme message.

Le rôle de la RTI n’est pas de prendre partie pour un camp dans cette bataille « Hollandaise ». Son rôle faut-il le rappeler, est de nous informer sur la vie des citoyens et des évènements qui les touchent. De nous donner une information dépourvue de toute attache politique au sens militant du terme.

Je reste convaincu que si la RTI le voulait, elle aurait pu obtenir une interview de François Hollande qui se serait prononcé sur ce qu’il pense de Gbagbo et du FPI à l’heure actuelle. Si la RTI le voulait, j’ai bien dit.

04 avril 2012

DJ Arafat, 8500 volts de lâcheté et de stupidité

Il se nomme Dj Arafat. Surnommé aussi commandant Zabra. Lui, l'icône de certains jeunes ici comme ailleurs. (Je me demande bien pourquoi). Ils lui copient sa coiffure, son accoutrement, ses pas de danses. Il est adulé.

C'est cet homme qui s'est illustré (une fois de trop) de la manière la plus lâche dans une vidéo diffusée sur internet. Le "Commandant" a décidé de mettre au pas une demoiselle (qu'il dit être sa copine) de façon sauvage et inhumaine. On le voit sur cette vidéo, briser des assiettes en porcelaine sur le crâne de sa "dulcinée"(?). La raison de cette torture : Elle l'aurait trompé. (Ah bon ?)

Preuve que le courage est une qualité qui manque à l'individu, Arafat est obligé de boire quelques gorgées de liqueurs avant de la battre à nouveau. Quel lâche !

Et c'est cet individu-là, qui est écouté, célébré, applaudi et copié à longueur de journée ! Ne soyons pas étonnés que ce (mauvais) modèle déteigne sur ses suiveurs. Bientôt le taux de femmes et filles battues va augmenter. "On va faire comme Arafat"... Peut être aura-t-on droit à un nouveau concept né de cette frasque : "Le Cassé cassé" ou encore "le Kpatra Kpatra*"

Je n'ai pas encore entendu les nooombreuses associations de défenses des droits de l'Homme (et des Femmes) lever la petite voix pour dénoncer de tels agissements. Pourquoi le ferait-elle ? Après tout, c'est le Commandant Zebra. Celui qui nous fait bouger. Celui qui nous donne des volts d'ambiances dans des chansons des cris et des singeries vides de sens. Que voulez-vous ? On l'aime comme ça. Même s'il doit battre nos filles et nos soeurs. Shame on You !

 

23 décembre 2011

Scènes de tortures dans une école à Treichville

Je suis tombé sur cette vidéo qui fait le buzz sur la toile depuis ce matin et qui m'a choqué. D'abord pour le traitement réservé à ces élèves, mais surtout pour la suite. Selon certains commentaires, il s'agirait d'élèves "sanctionnés pour avoir mis des pétards dans la cour d'une autre école". On voit très bien un des responsables de l'école Voltaire (à laquelle les jeunes appartiennent) - aider de membres des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) - infliger de nombreux coups violents aux malheureux élèves à l'aide d'un tuyau en plastique. Le commentaire qui accompagne la vidéo sur Youtube indique que c'est au collège Voltaire (de Treichville). Pour l'heure, je n'ai aucune confirmation des circonstances de ces évènements. Mais en me limitant à la vidéo, j'ai pu reccueillir les propos du responsable de l'établissement auquel appartiennent les deux élèves torturés.

"Je vous informe que ceux là, ont lancé des « Bangers » (pétards) pour déloger leurs camarades du lycée moderne de Treichville… nous venons de les prendre au lycée moderne de Treichville. Je vous informe, la seule personne qui va oser avoir un seul banger dans cette école, jusqu’aux congés de Noël, il va subir ce que vous êtes en train de voir.

Ça c’est un. Et on va le renvoyer définitivement. Je vous préviens ! Et le sort qu’ils sont en train de subir, ils vont continuer ça à la Garde Républicaine, où on va encore les ‘‘chicotter’’ (frapper avec la chicotte). Méfiez-vous, Méfiez-vous, après ce que vous venez de voir, disparaissez et allez-y manger et je ne veux plus vous voir".

Je trouve que c'est ihnumain, dégrandant, cynique et honteux de se déchaîner sur ces gosses. On a tous lancé des pétards à la veille des congés de noël. C'est un peu une tradition. ça nous a valu des sanctions disciplinaires (des notes en moins sur la conduite, ou des retenus), mais jamais autant de violences n'ont été observées. Je ne permettrai jamais qu'on torture, mon fils ou mon frère de cette sorte. En plus, je ne vois pas très bien le rôle que viennent jouer les FRCI dans cette torture ni la nécessité de "tranférer" ces pauvres gamins au camp militaire de la Garde républicaine. C'est dommage ! Je suis dégouté.

14 décembre 2011

Pièce lisse « on ne prend plus » !

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C’est la psychose à Abidjan. Elle circule de plus en plus ces pièces rendues lisses par on ne sait qu'elle gymnastique. Je suis toujours stressé quand un chauffeur de taxi ou un boutiquier me rend des pièces de monnaie. Je m’assure désormais qu’aucun de ces métaux lisses ne me reste entre les mains.

Je me suis rendu compte que ces « 100 francs », « 200 francs », « 250 francs » sont refusées par tous et partout. Et chacun use de stratégie pour se débarrasser de celles-ci. Dans les taxis, le chauffeur les « écoule » la nuit en faisant la monnaie à ses clients, les gérants de boutique de quartiers les mettent entre deux billets de mille à votre insu. et nous les clients, on guette un moment d'inattention des vendeurs pour "larguer" cet argent. Certains vont jusqu'à offrir ces monnaies à des mendiants.

Mais en fait, pourquoi ces pièces sont tant détestées. La réponse est partout la même. « Personne ne veut prendre, donc moi je ne prendrai pas non plus ». Et la chaîne ne s'arrête pas. En fin de compte je n’ai trouvé aucune réponse solide.

A cela, il faut ajouter qu’Abidjan, il y a une vraie pénurie de pièces de monnaie. Autant transformer toutes ces piècettes en billets. Là encore c’est un autre combat. Vue l’indélicatesse avec laquelle certains d'entre nous tiennent les billets de banque.

13 décembre 2011

Les législatives c’est fini. Libérez les murs !

La campagne pour les législatives 2011 en Côte d’Ivoire, a donné lieu à de nombreux posters et autres affiches placardés parfois dans des espaces publiques ou sur les murs des maisons. Dans le feu de la campagne, personne n’a osé se plaindre. Et maintenant que c’est fini, il serait bien – et utile pour notre environnement – que les heureux élus députés tout comme les candidats malheureux viennent enlever de nos murs (de nos arbres et de nos panneaux de signalisation) leurs images et leurs slogans. Rien ne justifie qu’ils soient encore là.

 

04 novembre 2011

Inscription en ligne via Celpaid, galère et rumeur au rendez vous

celpaid.jpgCette année les responsables de l’éducation nationale ont décidé d’installer une nouvelle donne concernant les inscriptions. Elles se feront en ligne. « Cette procédure permettra d’avoir des données fiables sur le nombre des élèves, mais aussi d’avoir une gestion transparente de la gestion du fonds que constituent les frais d’inscription », indiquait Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale Kandia Camara. C’était durant le mois d’octobre lors de la signature dune convention entre le ministère et une entreprise de paiement en ligne. (Nous y reviendrons). Concrètement, l'Etat dit vouloir avoir une idée sur le nombre d'élèves, mieux gérer les fonds que constituent les frais d'inscription. Bref, lutter contre les recrutements parallèles.

Personnellement je trouve que la procédure d’inscription en ligne est une gymnastique de trop pour les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes, pas forcément habituez à ces nouveaux moyens de paiment. Jugez-en vous-même ce que j’ai pu lire sur le site de Celpaid.

 

Pour les villes ou communes où il n'existe pas d'établissement financier partenaire de CELPAID.

Etape1:

Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F à l'économat de l'étabissement. Un reçu CELPAID d'une valeur de 6.000 f lui sera remis.

Etape2:

Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:

Mlle/Mme/Mr:.................................................................

Contact:..........................................................................

Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.

Etape3:

A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.

Pour les villes ou communes où il existent la COOPEC et la CECP.

Etape1:

Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F sur le compte bancaire de CELPAID.

Compte COOPEC N°............................................

Compte Caisse d'Epargne de Côte d'Ivoire (CECP): 01201 10952990001 48

Etape2:

Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:

Mlle/Mme/Mr:.................................................................

Contact:..........................................................................

Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.

Etape3:

A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.

Et l’entreprise de préciser que :

« Toute inscription qui ne se fera pas selon les prescriptions ci-dessus ne sera pas prise en compte ».

Celpaid se fait de la pub. La galère pour les utilisateurs

"S’il y a une structure qui n'a plus besoin de publicité depuis l'annonce de la rentrée scolaire, c'est bien la Celpaid. Cette maison spécialisée dans les transferts d'argent et achats électroniques vient de décrocher un gros marché" écrivait un journal de la place. Et elle marque le coup. Affiche publicitaire, branding, insertion dans les jounaux, spot radio et télé, bannière sur le web…

Mais finalement, est ce que la procédure d’inscription en ligne a été admise par les concernés ? Et si oui, ont-ils bien perçu la procédure ? Pas si sûr.

Les écoles non concernées sont celles de la Dren1 à savoir Cocody, Adjamé, Williamsville qui s'inscrivent aussi en ligne mais via MTN money à raison de 5500 Fcfa. Par Celpaid, l'inscription s'élève à 6000 Fcfa. Pourtant, l’insuffisance d’agence d'agences Celpaid dans les communes est sû de tous.

Quelques exemples :

« A Koumassi Prodomo, la seule agence assez exigüe d'ailleurs, recevait tous les élèves de la zone. Désormais, elle est transférée au Lycée municipal de la même commune. Une situation qui n'arrange les élèves du Lycée moderne de Koumassi obligés de parcourir de longues distances pour pouvoir s'y inscrire. Cela occasionne des bousculades, de longues attentes devant les guichets qui ont souvent des problèmes de réseaux. Toute chose qui a provoqué un début tardif des inscriptions le jeudi 27 octobre 2011 au lycée municipal. La rentrée scolaire prévue pour le 24 octobre 2011 devient alors une illusion. Car plus de 70% des élèves passent deux à trois jours devant les guichets sans pouvoir s'inscrire. C'est le cas de T. Ali, élève admis en classe de 1ère A dans le semi-privé. Il affirme être dans le rang depuis trois jours sans être reçu. Car habitant un peu loin du lieu d'inscription, il est fréquemment confronté à des rangs kilométriques ». (Source Nouveau Navire)

« A Daloa, la rentrée tarde à être effective une dizaine de jours après la date officielle, suite à, explique-t-on au niveau des responsables administratifs, des difficultés pour effectuer le paiement des frais d’inscription en ligne.

Si au plan purement administratif tout est prêt (les personnels, les enseignants sont en place et disposent les emplois du temps), les élèves tardent à prendre le chemin des classes en raison, a soutenu un chef d’établissement, de la non maîtrise du système d’inscription en ligne.

A ce sujet, le proviseur du lycée 2 de Daloa, M. Diomandé Zibo Sopoudé, a évoqué des insuffisances d’information tant chez les parents que sur la procédure.

Il est reproché aux structures chargées de l’opération une certaine lenteur, a-t-il ajouté (…) » (Source AIP)

Un deal de « gré à gré » ?

Les rumeurs fusent de partout. Accusant le ministère de l’éducation national d’avoir offert ce marché à Celpaid, alors que les marchés de l’Etat devraient faire l’objet d’appel d’offre. Sans doute avec des ristournes et retro-commissions conséquentes.

Vrai ou faux, le journal français la lettre du continent met les pieds dans le plats.  « Le ministre ivoirien de l’Education nationale, Kandia Camara, vient de confier à la société Celpaid le marché du paiement en ligne des frais d’inscription de quelque 5 millions d’élèves ivoiriens », révèle le journal en ligne (et en PDF). Le journal continue pour écrire que « (.) le principal actionnaire de Celpaid n’est autre que son collègue, le ministre de la Construction et de l’Urbanisme Mamadou Sanogo », précisant que « ce contrat, obtenu de gré à gré, fait déjà grincer des dents au sein de la Banque mondiale », toujours selon La Lettre du Continent.

11 octobre 2011

De l’abus de nos numéros

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Un ami vient de recevoir cette pub sur son mobile. Elle proviendrait de la LONACI :

« Gagne une Bmw318 en envoyant par sms au 98040 ta proposition de prix de la BMW18l. TROUVE LE PRIX ET GAGNE.TIRAGE CHAQUE SOIR AVANT LE JT DE 20 H ».

Mon ami est tout en colère d'autan plus que selon ces dires, "ce n'est pas la première". Et il a raison.

Je suis également client chez deux opérateurs et je reçois ce genre de message qui s’apparentent à des spams. Je n’ai rien demandé pour qu’on m’envoie ce genre de pub. D’ailleurs [je me le demande bien] de quels droits les opérateurs de téléphonie mobile s’autorisent à communiquer nos numéros à d’autres entreprises. De quel droit eux-mêmes, nous surchargent-ils nos mobiles sans notre consentement.

Je suis peut être mal informé. Mais j’ai besoin de comprendre. Surtout que je commence à regretter de m’être fait identifier.

 

20 septembre 2011

FRCI, nouvelles causes d'accidents

J’ai encore en mémoire l’accident qu’a eu un de mes amis ce week-end sur l’axe Abidjan-Bassam. J’y pense encore surtout que ce matin il m’apprend que l’histoire restera « sans suite ». « Parce que ce sont des éléments des FRCI ».

Pour rappelle. Dimanche 18 septembre après midi, alors qu’il se rendait à Bassam (avec son père, sa femme et son fils de 4mois), un véhicule venant dans l’autre sens, percute violemment leur voiture. Le choc est terrible.

Quand j’ai vu la carcasse de la voiture j’ai crié « C’est un miracle ! ». Il n’y a eu aucune perte en vies humaines. Quelques blessés légers dans la voiture de mon pote. Et de l’autre côté, les quatre occupants s’en sortent sains et saufs. C’est une voiture occupée par des jeunes ( je leur donne en moyenne 22 ans) qui se réclament être des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire). Jean, tee-hirt près le corps, baskette, et casquettes, ils ressemblaient plus à des artistes qu'à des militaires. Leur « chef » qui dit se nommer « Caporal N’CHO », ne peut pourtant pas identifier l’unité à laquelle il appartient. Il jure cependant qu’il est du « Corps ».

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27 juin 2011

Saison des pluies à Abidjan. Remake

[Ceci est une piqûre de rappel... comme à chaque mois de juin de chaque année]

Et revoilà le mois de juin ! Avec ses pluies diluviennes et ses morts, ses déplacés... et les dégâts matériels. J'ai lu ce matin à la Une de Fraternité matin (le quotidien gouvernemental ivoirien) "Les glissements de terrain font 5 morts". Alors, comme chaque année je vais rechanter la même chanson avec le même refrain. Comme en 2008 ou en 2009. On attend encore qu'il y ait des morts avant de réagir. Dans les jours à venir nos autorités vont faire des tournées de consolation auprès des familles éprouvées.

Dès le début des premières pluies, ce blogueur a commencé à tirer la sonnette d'alarme. Le Plan Orsec a peut être été réactivé trop tard. Dans tous les cas, pour les nouvelles autorités, voici un autre challenge: "éviter que les saisons des pluies soient des remakes chaque année". Il est encore tant de limiter les dégâts. A l'année prochaine pour un mois de juin sans dégât. Espérons-le.

08 avril 2011

Abidjan : tragédie humanitaire à l’ombre de la guerre

Depuis quelques mois, je savais la situation difficile en Côte d’Ivoire et plus particulièrement à Abidjan. Aujourd’hui, elle est plus que jamais alarmante. C’est peu de le dire. Dans la cacophonie des bombardements aériens, à l’ombre de la bataille entre les deux camps, ce sont des centaines voire des milliers de victimes qu’on dénombrera quand tout redeviendra calme. Si bien sûr tout redevient calme.

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«Diallo, je voudrais deux litres d’huile et du riz », ai-je demandé il y a quelques jours au seul « boutiquier mauritanien » qui avait osé ouvrir. «C’est fini », m’a-t-il lancé. Les prix des seuls produits que j’ai pu acheter ont quasiment triplés de prix. Dans de nombreux quartiers comme le mien, les denrées alimentaires commencent à manquer. Les supermarchés et autre surface qui ont pu ouvrir ont été pris d’assaut par les clients ou même par des pillards. «On a pris ce qu’on pouvait. On espère que ça va suffire pour les jours à venir », me lance Adou un de mes amis que j’ai eu au téléphone. Il venait de faire ses provisions. Dans sa maison à la riviera, en plus de sa femme et de ses deux enfants, ce sont ajoutés deux familles. «Nous sommes 20 dans la maison, un deux chambres salon ».

Aujourd’hui, à Abidjan, chaque famille est déplacée ou accueille des familles déplacées. Il faut donc doubler les rations alimentaires qui se font de plus en plus rares.

Dans certains quartiers, il n’y a plus d’eau ni d’électricité. «Le courant est revenu seulement hier après plus d’une semaine de coupure », m’apprend Stéphane, un ami qui habite la Riviera 2. «Chez nous il n’y a plus d’eau. On se demande comment on va faire », s’interroge Dramane qui habite lui un quartier de la commune de Yopougon.

 

La santé au point mort !

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« Nous sommes débordés. Il y a des blessés par balles, des morts, des femmes enceintes. Mais le pire c’est qu’il n’y a pas de médecins », déplore N’Goran A. Il est l’un des rares médecins au CHU de Cocody. Les derniers bombardements de l’armée française ont aggravé les choses. Des maisons ont été détruites, des écoles aussi. Des hôpitaux aussi. «On a pas encore de bilan, mais croyez moi j’ai pu voir de nombreux corps à terre », raconte Partick S, sans pouvoir donner plus de précisions sur leurs nombres. « Je n’ai pas pu prendre des photos, moi aussi je fuyais », raconte t-il. Il fait partie de ceux qui ont voulu braver les bombardements aériens et qui sont sortis dans les rues. «L’un des dangers, craint-il, c’est qu’il y a encore des cadavres dans les rues et qui sont là depuis plusieurs jours. Bonjour l’épidémie de choléra ». Un autre ami qui, lui, habite Koumassi, m’a envoyé une photo d’un corps en putréfaction. «Ça fait 5 jours qu’il est là », précise t-il dans son mail. Dans les rues de la capitale désormais, cadavres et tas d’ordures se disputent les voies et trottoirs.

«Nous sommes débordés », lance Mohamed Diaby qui, avec d’autres blogueurs gèrent un « Call Center » pour les urgences. « Les appels à l’aide sont telles que sur notre échelle de crise, un blessé par balle est un incident mineur », témoigne t-il. Le manque de médicaments est criard. Quelques pharmacies ont ouvert. Mais il n’y a pas tous les médicaments. «Et même quand il y en a, combien sont ceux qui ont encore les moyens de se payer un médicament. Les banques sont fermées depuis plus d’une semaine », rappelle en colère Dr Blé, pharmacien.


L’insécurité est partout, la mort aussi

Cocody, Adjamé, Abobo, Marcory etc. Aucune commune n’est épargnée par ce climat d’insécurité grandissante. «Dans notre parking, ils ont fait coucher tous ceux qu’ils rencontraient avant de les dépouiller de tous leurs biens », raconte une habitante de la riviera Golf. Selon elle, les voitures étaient tâtées au fur et à mesure et certaines emportées par des hommes armés. «Surtout les 4×4 » précise t-elle.

Il y a quelques semaines des milliers de prisonniers ont été libérés des prisons. Certains se sont retrouvés avec des armes à la main. Abidjan a désormais encore plus peur. C’est désormais la porte ouverte à l’insécurité avec des braquages et pillages à l’arme lourde et à l’arme automatique. «C’est devenu la jungle », lance craintif un de mes collègues journalistes. «Moi j’évite de sortir. Parce qu’on raconte que les hommes en armes tirent sur les passants. C’est grave », s’indigne t-il.

Sur ce blog j’ai pu lire ce témoignage :

«Lorsque des coups de feu, souvent à l’arme lourde, ont commencé à tonner dans notre zone jeudi dernier, ma famille et moi avons choisi de nous enfermé dans la maison le temps que la situation redevienne normale. Le samedi, dans la matinée, nous avons reçu une visite de cinq hommes armés qui ont réussi à forcer notre portail. Ils ont ensuite fait irruption au salon et ont pu emporter tout ce qui était à leur porté, après m’avoir intimé l’ordre de leur remettre la clé des deux véhicules stationnés dans la cour», témoigne cet habitant du sous quartier Angré les Arcades. »

Abidjan perle des lagunes, est devenue délétère. Catastrophe humanitaire ? Oui. Je ne parle même pas de ces quartiers où désormais, être un homme valide c'est être une proie idéale à l’enrôlement dans une milice. Je ne parle même pas de tous ces nouveaux-nés qui naissent chaque jour et qui voient leur espérance de vie raccourcie. Je ne parle même pas de ces vieux et des malades qui n’attendent (ou n’appellent) que la mort.

A Abidjan, aujourd’hui c’est un climat de guerre. Le silence fait encore plus peur. « Car on ne sait pas si c’est le calme avant la tempête ». Et chaque jour on s’éloigne de plus en plus d’une voie de sortie pacifique. Et en arrière plan, les victimes commencent à se compter par milliers.

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

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Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.

02 octobre 2010

Evitez ce chemin, c’est du suicide !

C’est de la bêtise tout simplement. Bêtise quand des individus qui ont la vie des gens entre leur main, s’en foutent et préfèrent gagner du temps à nos risques et périls.

«Monsieur, ne vous inquiétez pas », me lance le conducteur du taxi que j’ai emprunté des 2-plateaux à la Riviera (deux quartiers chics de la commune présidentielle d’Abidjan). Normalement, le trajet classique ne présente aucun danger. Seulement, depuis quelques mois, la voie campus-riviera est fermée à la circulation. La raison : le pont qui relie ces deux points menace de s’effondrer. Après les pluies diluviennes qui se sont abattues ces vacances sur la capitale et les inondations qui ont suivie, des parties du bitume se sont effritées. L’alerte a été donnée par plusieurs médias. Et même si elles ont réagit un peu tardivement, les autorités abidjanaises ont décidé de se pencher sur ce cas. Première mesure : « Accès interdit ! ». Et pour bien signifier cette interdiction, de grandes barres de bétons (colorées de rouge et de blanc) ont été dressées à chaque extrémité du pont. Qu’à cela ne tienne ! Les chauffeurs de taxis (et même de véhicules personnelles) ont décidé de braver néanmoins cet interdit.

Ce mardi donc je suis assis dans le taxi, plongé dans mon téléphone, quand soudain, je le vois rouler en direction de la « route interdite ». Je m’étonne. Et en colère, j’intime l’ordre au chauffeur de faire demi-tour. «C’est un bon raccourci. On va éviter les embouteillages », se justifie t-il. Quand à savoir s’il n’a pas conscience du danger il me répond : «Où est le danger, tout le monde passe par ici… même les gros camions ».

Je décide alors de tenter l’expérience pour avoir le film. Mais ce que j’ai vu m'a donné à réfléchir. Au niveau de la partie affaissée, vous sentez bien la voiture descendre puis remonter. De part et d’autre de la route, on peut s’apercevoir que le pont ne tient qu’à un bout de terre. Qu’à cela ne tienne ! Tant qu’on peut vite passer, gagner du temps et donc de l’argent, notre vie et celle des personnes qu’on transporte n’a plus trop d’intérêt.

Alors que nous atteignons l’autre bout du chemin, je vois une file de véhicules qui n’attendait que nous libérions la route pour passer. Et parmi ces véhicules, un camion chargé de sable ronfle son moteur prêt à affronter ce pont à ses risques et périls. Bêtises tout simplement !

 

31 août 2010

Cité Mermoz, zone interdite ?


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Depuis un peu plus d’un an que j’ai lancé le projet des Avenues et particulièrement Avenue225, mon objectif était d’essayer de montrer le quotidien de la Côte d’Ivoire, les vraies réalités. J’ai voulu avec la belle équipe d’Avenants (les rédacteurs web d’Avenue) qui m’accompagnent sortir du quotidien chargé des agendas politiques et rester concentré sur « l’information de proximité ». Le journalisme citoyen est notre cheval de bataille et nous essayons de faire chaque jour un peu mieux en comptant sur les encouragements, les remarques et critiques (parfois dures) de nos lecteurs.

Dans cette logique nous touchons tous les sujets qui nous paraissent intéressants. Ce qu’il y a de beau, de bon mais aussi ce qui ne nous honore pas en tant qu’Ivoirien et qu’il faut dénoncer et changer. Mais voilà, il semble qu’il y a des sujets ou des zones dans lesquelles il ne faut pas s’aventurer. Et aujourd’hui l’un de nos Avenants paie les frais de ses écrits.

Judik-Hael Dahé est un jeune étudiant en licence de droit. Il est aussi l’un des rédacteurs web d’Avenue225. « Judik » réside à la cité universitaire de Mermoz où de temps en temps il rapporte des situations intéressantes et parfois surprenantes sur la vie en cité. Le 8 juille t dernier, il a écrit un article sur le restaurant de la cité. « Le restaurant universitaire de Mermoz bientôt fermé? ».

« La situation du restaurant universitaire de Mermoz dans cette période était très critique. Si bien que certains étudiants qui résident au sein de la cité trouvaient dans le fait d'aller chaque midi et soir prendre leur nourriture, un véritable calvaire », affirme Judik. Il prend sur lui l’initiative de mettre à nu cette situation. Manque d’hygiène, nourriture fade et faite sans grand soin etc. L’article met le doigt sur la situation désastreuse du restaurant d’une cité universitaire jadis enviée. Le Centre régional des oeuvres universitaires d’Abidjan (CROU-A) et la société prestataire se rejettent mutuellement la faute. Les photos qui illustrent le papier font vomir. L’article de l’Avenant est reprit par le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.

reastomermoz.jpgUn plat indigeste

« Sans le savoir je mettais donc le pieds dans un plat qui allait être difficile pour moi à digérer ». L’auteur de l’article contre toute attente va être convoqué. « Un matin, en cours, mon portable se met à sonner. Je décroche, une voix me dit de rentrer d'urgence sur la cité universitaire (...) Une trentaine de minutes plus tard, une autre voix, que je reconnais d'ailleurs me dit avec insistance la même chose ».

Sur la cité, il est au banc des accusés. En face de lui, des responsables du CROU-A, la société prestataire mais aussi des responsables de la Fedération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci, principal syndicat). Judik est accusé dans un premier temps d’avoir diffusé les propos du responsable du CROU-A sans son autorisation et dans un second temps d’avoir fai ;/script> t son reportage sans avoir obtenu la permission de la Fesci. En guise de réparation, les éléments de la Fesci écrivent eux-mêmes un article qu’ils nous somment de diffuser. L’article dit en résumé que tout va bien et que ce que nous avons publié est faux.

Je dépêche donc une équipe pour calmer les esprits. Et leur faire comprendre qu’un tel papier ne peux passer dans notre espace, parce qu’il ne reflète pas la vérité et va contre notre ligne éditoriale. Nous leur propo sons donc de revenir quand les choses se seront améliorées afin d’indiquer sur notre site et dans le Nouveau Courrier les avancées dans le Resto’ U. Une proposition qui trouve l’assentiment de tous.

Une semaine après cette rencontre, Judik se rend compte que (subitement) les choses sont en train d’évoluer. Le Chef cuisinier est remplacé par un autre diplômé d’une école professionnelle d’hôtellerie. Le menu est amélioré. « Les étudiants ont même été étonnés par ce changement soudain ». Judik fait un autre papier « Restaurant universitaire de Mermoz : Les choses s’améliorent ! ». L’article est repris par Le Nouveau Courrier et tout rentre dans l’ordr e… mais par pour longtemps.

Quelques semaines plus tard, nous organisons une formation à Abidjan pour les Avenants régionaux. Ils sont logés à proximité de la cité Mermoz. L’un d’eux dans le cadre d’un exercice fait un détour par la cité et se rend compte qu’elle n’est plus la résidence qu’il a connue il y a des années en arrière.

Son papier est publié le 22 août sur le site Avenue225 et il est repris le lendemain par Le Nouveau Courrier. "Cité Mermoz, la vie universitaire en décadence". C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Des éléments de la Fesci font irruption dans la chambre de Judik pour manifester leur mécontentement. «Ils m’ont demandé de révéler le lieu où ils peuvent retrouver l’auteur de l’article ». Pour eux, si l’article a été diffusé dans la presse, c’est bien parce que Judik-Hael Dahe l’a autorisé. Son appareil photo est confisqué et un ultimatum lui est donné pour qu’il « livre celui qui a raconté ces choses sur la cité Mermoz ». L’Avenant dort d ésormais d’un œil, ne sachant comment cela va finir.

La cité Mermoz et les sujets des étudiants apparaissent comme des dossiers à ne pas toucher. Des enquêtes à ne pas mener. Sans avoir la prétention de vouloir faire de l’investigation dans le style « Les Experts Miami », je crois que tout citoyen à le droit de dire ce qu’il pense et de présenter aux yeux du monde son environnement immédiat où il vit. Et c’est ce qu’a fait cet Avenant. C’est d’ailleurs pour cela qu’Avenue225 est né. Donner la parole aux citoyens qui vivent en Côte d’Ivoire. Visiblement, cette mission a ses limites dans des zones comme la cité Mermoz, au point de recevoir des menaces et de confisquer le matériel de ceux qui font leur travail.

Pour nous, ce n’est pas un élément dissuasif. C’est plutôt un encouragement à persévérer car en fin de compte c’est bien la preuve que nous sommes écoutés et que nous pouvons à notre façon faire bouger les choses. Aujourd’hui, le restaurant de la cité universitaire de Mermoz est fermé pour rénovation. Et nous sommes heureux et fiers d’avoir contribué à faire changer les choses.

Cependant, pour ne pas mettre la vie des Avenants en danger (puisque certains vivent en résidences universitaires), je leur ai demandé (pour l’instant) de ne pas écrire sur tout ce qui touche aux étudiants et à la Fesci. Il y a bien d’autres aspects de la vie quotidienne des Ivoiriens que nous pourrions montrer. Et c’est ce que nous allons nous atteler à faire.

 

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15 avril 2010

Fin de bras de fer

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Tout est bien qui fini bien. La crise aura duré 4 longs jours. 4 jours de galères pour les ménagères tant les prix des denrées alimentaires ont flambé. 4 jours de marche sous un soleil de plomb. 4 jours d’autostop et de covoiturage.
Finalement après le rendez vous manqué du mercredi, le ministre des transports et des syndicats de transporteurs ont pu se rencontrer pour échanger…trouver (au moins) un accord.
Le porte parole du comité de crise a fait l’annonce ce après midi incitant les transporteurs à reprendre le travail «immédiatement».


podcast

Mais jusqu’au soir, aucun mouvement de reprise n’avait été observé dans les communes d’Abidjan. Albert Flindé, le ministre des transports a confirmé l’information sur le plateau du 20 heures de la première chaîne de télévision ivoirienne.
Lire la suite et écouter les différents discours.

Petite chanson de Daouda pour nous rappeler combien les Gbaka (minibus de transport en commun) nous tiennent à coeur...

 

05 février 2010

Gbi de Fer dit ses vérités sur la Côte d'Ivoire

On le connaissait comme un comédien, un comique, un "bouffon" parfois...

Mais dans cette vidéo, Gbi De Fer s'est débarrassé de ses habits de comédiens pour dresser une analyse sur la situation en Côte d'Ivoire que je trouve très juste et très objective. Je vous propose de regarder la vidéo produite par IvoireTv.net (le youtube version Côte d'Ivoire).

13 août 2009

Le Mabef News se met au plagia

yoh.JPGAprès la récente sortie du quotidien "Le Jour Plus" que nous avons décriée ici, c’est le support-journal du Mabef (marché des assurances, banques et établissements financiers) qui fait parler de lui. La petite équipe avec laquelle je travaille sur un petit mag’ en ligne, m’a informé qu’un de nos articles avait été piqué par le Mabef News. Le pire, c’est que, mot pour mot, l’article a été copié et placardé avec les photos et porte la signature d’un journaliste dudit journal.

Vous pourrez vous-même en juger en lisant l’article et en cliquant sur les photos pour les agrandir et constater. Ils auraient pu avoir l’honnêteté de reconnaitre le travail à risque (quand on connait les dangers de la zone de la casse) en donnant simplement la source. Mais comme d’habitude et comme on le voit de plus en plus dans bon nombre d’organes de presse, le journaliste prend des articles sur internet (croyant que sa ruse ne sera jamais découverte) et les brandit comme siens. C’est triste !

 

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Je vous laisse ici une réaction de ces jeunes qui souhaitent «un peu de respect» pour leur plume, aussi fine soit-elle.

«(...) Grande fut notre surprise de découvrir lors d’une revue de presse le jeudi 23 juillet 2009 un acte de plagiat de la part d’un hebdomadaire de "Mabef news" (marché des assurances, banques et établissements financiers) dans son numéro 67 en date du jeudi en question. Dans sa page «Enquête»; le journal  a carrément repris un article écrit Lionel VEH sur Avenue 225 et mis en ligne depuis le vendredi 12 Juin 2009 sur le site d’information en ligne.
De son titre initial « Dans l’univers de la Casse d’Abobo» l’article a été rebaptisé «La casse, une mine d’or». Et il est signé de Bruno KOUASSI.
Si les usages du journalisme permettent qu’un confrère reprenne dans son journal un article issu d’un autre magazine, l’étique et la déontologie du métier exige un minimum de respect de la propriété intellectuelle. Aussi  les sources véritables de l’article repris doivent-elles être précisées. Ce que Bruno KOUASSI et le "Mabef news" ont totalement ignorés.
De plus, de tels actes nous amènent à penser d’un journal, qu’il manque de sérieux. Les responsables des journaux devraient donc s’assurer de l’authenticité des sources et des informations qu’ils publient dans leurs journaux. Cela éviterait à un hebdomadaire qui se dit" panafricain" de plagier le travail des autres.»
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02 juillet 2009

Usurpation d’image

 

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Il y a environ deux semaines en arrière, la communauté évangélique des Assemblées de Dieu de la commune de Cocody était offusquée par la photo placardée à la Une du quotidien ivoirien le Jour.

A l’origine, cette photo avait été faite par Camille Millerand, photographe français qui a travaillé avec moi sur le projet Chronique Ivoirienne qui était diffusé sur le site de "Afrique in visu". Dans la série de thèmes que nous avions à traiter et qui tournaient autour de la jeunesse ivoirienne, nous avions abordé la question du mouvement des (églises) «évangéliques» en Côte d’Ivoire et précisément à Abidjan. Ladite photo avait été prise à l’occasion d’un culte d’adoration dans l’église.

20090616_lejour_1720.jpgPourtant, à ma grande surprise, le lundi 16 juin, je suis alerté par des amis m’informant qu’un «scandale était paru à la Une du journal le Jour». Ce journal d’ailleurs a décidé depuis un certains temps de tomber dans le sensationnel pour attirer ses maigres lecteurs qui commencent à débarrasser le plancher. Une photo plaquée à la Une pour illustrer le titre suivant : «Guérison miraculeuse dans les églises. GOKA (Nigieria) : Le sanctuaire où les pasteurs prennent leurs pouvoirs. Voici les églises concernées». Et à l’intérieur du journal avec la même photo à l’appui, un article qui tentent lamentablement de démontrer comment des pasteurs ivoiriens puisent leurs pouvoirs mystiques à Goka au Nigeria.

Mais jamais l'église où la photo a été prise est citée, ni même la source de la photo ou l'auteur de celle-ci.

Premier effet, les fidèles de l'église dans laquelle nous avions "tourné" ont commencé à se sentir trahis par nous. Vu qu'on nous (re)connaissais très bien dans le milieu. Sur place, j'ai dû jongler en faisant appel à des "diplomaties" pour calmer la colère des fidèles de l'église  - et même des pasteurs - et leur expliquer que les photos avaient été volées sur le net.

Deux choses tristes. Premièrement, que l’origine et la source de la photo n’ont pas été précisées selon la bienséance journalistique. Deuxièmement, qu’elle a été placée hors de son contexte.
J’ai donc profité de mon séjour à Paris pour retrouver Camille et recueillir ses impressions face à un tel acte. surtout qu'il a l'intention de revenir en Côte d'Ivoire.

-    Camille, peux-tu dire aux internautes dans quel contexte cette photo a-t-elle été prise ? Que voulait-elle illustrer à l’origine ?

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-    Comment as-tu réagit quand tu as sû qu'elle avait été utilisée sans ta permission et ce, à d'autres fins ?

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-    Cela pose l’épineuse question de la protection des images des journalistes photo ? Quelle solution penses-tu sera la bonne pour arrêter ce genre d'écart ?

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13 juin 2009

Juin et ses drames à Abidjan

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Et revoilà le mois de juin... et revoilà ses pluies diluviennes avec leurs lots de dégâts.  Hélas, 19 morts pour cette fois-ci ! "Quinze morts au Banco I, un à Boribana deux quartiers précaires de la commune d’Attecoubé, et trois autres à Gobélé dans la commune de Cocody", voilà le détail du bilan que révèle Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental. Selon le même journal, "la pluie a provoqué des glissements de terrains et des éboulements de maisons". Et c'est ce qui a occasionné ce drame. Juin 2009, la "tradition" macabre s'est malheureusement vérifiée.

Plus les années passent, plus le bilan s'alourdit.

En 2005, sept personnes issues d'une même famille trouvaient la mort lors des pluies diluviennes.  Il y a eu aussi 2007. En 2008 également d'autres morts étaient enregistrés.

Cette année encore, le sinistre aurait pu être évité.

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Longtemps l'on a tiré la sonnette d'alarme pour que des mesures soient prises afin que de tels drames soient évités. J'en parlais déjà ici, les autorités ont toujours eu du mal à lever les pas quand il s'agissait de prévenir ce genre de catastrophe. Mais c'est au pas de course qu'elles se rendent sur les lieux des sinistres pour faire les constats. Les expériences des années antérieures n'ont pas servi. Il est vrai que les populations de ces quartiers précaires construisent (de façon anarchique) sur des terrains dangereux. C'est vrai que leurs constructions sont fragiles et faites de plus de terre que de ciments. C'est vrai que leur responsabilité est aussi engagée dans ce qui est arrivé une fois de trop à Abidjan.

Mais je pense pour ma part, que la plus grosse part de responsabilité doit revenir au gouvernement. Je proposais l 'année dernière qu'une table de discussions soit dressée entre les populations des bidonvilles (parfois installées depuis des décennies) et les autorités pour qu'un terrain d'entente soit trouvé et que l'on arrive enfin à trouver des solutions. Je pense que l'Etat à les moyens s'il le désire, de résoudre progressivement la question de bidonvilles à risque. C'est une question de volonté politique. On pourrait par exemple, sacrifier les milliards dépensés pour les monuments (qui encombrent trop souvent les rues) pour trouver des solutions à ce problème de quartiers précaires. On pourrait pourquoi pas, abandonner pour un temps les projets de jardinages sur les voies pour prévenir ce genre de drame en saison pluvieuse. [Pour information, la commune présidentielle de Cocody compte à elle seule un peu plus de 13 quartiers précaires]

Mais, en Côte d'Ivoire, nous avons l'art de l'indemnisation et des "décisions après la mort". Pour cette année, ça en fait un drame de trop ! Les jours à venir seront consacrés à des hommages aux familles des victimes, à des indemnisations et puis on annoncera de nouvelles mesures et puis... on attendra (je n'espère pas) le drame d'un autre juin d'une autre année.

 

 

02 mai 2009

Jour férié raté !

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Dans son édito du numéro 4 de Objectifs Hebdo, Théophile Kouamouo s’interrogeait : «Et s’il y avait trop de jours fériés ? Affirmant plus loin que «l’inflation des jours fériés que nous connaissons est aggravée par la culture bien particulière que l’administration publique semble avoir transmise aux grandes entreprises du secteur privé (…)». En Côte d’Ivoire, l’on cherche le bon prétexte pour rester à la maison. Décès d’une personnalité, victoire d’une équipe nationale, anniversaire de décès, anniversaire de naissance et… journée internationale.
C’est la dernière trouvaille qu’avait souhaité faire passer au plus haut sommet, un groupe de femmes lors de la cérémonie qui s’est tenue le 1er Mai dernier au palais présidentiel à l’occasion de la fête de travail (jour férié également). Ces femmes ont sans honte ni gène, demandé au Président de la République de faire de la « Journée internationale » de la femme, un jour férié en Côte d’Ivoire. Le Chef de l’Etat a été (heureusement) catégorique sur la question. «On peut mieux célébrer cette journée, mais ne comptez jamais sur moi pour trouver un autre jour férié… nous en avons déjà trop», a-t-il affirmé en réponse à cette doléance.
ab5d6503.jpgLà où certains demandaient la revalorisation du SMIG, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, d’autres trouvaient juste de porter publiquement  et officiellement - devant les médias internes et internationaux – leur désir de trouver un autre jour de repos.
«Nous ne travaillons pas assez», n’a pas manqué de souligner le Président ivoirien. Chose vraie. Je vous épargnerai le mode de travail dans l’Administration publique et qui tend à gagner le secteur privé.
La situation est grave. Grave parce que c’est marqué dans notre éducation que nous devons plus nous reposer au détriment du travail… et espérer gagner beaucoup d’argent. Grave parce que ce genre de mentalité appelle la facilité. La corruption s’offre alors à nous comme raccourci.
Travaillons plus pour gagner plus ! Comme ironise Kouamouo, cette formule pourrait être adaptée à notre contexte. Et j’ajoute cette phrase inspirée de la version originale biblique : «Que celui qui travaille peu mange peu également !».

27 avril 2009

La Fesci fait (encore) parler d'elle: 1 mort

mod_article46422.gifC'est avec peine et révolte que j'ai lu aujourd'hui, cet article que j'ai intégralement repris un peu plus bas. La tristement légendaire fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire a encore frappé. Son actualité rime trop souvent avec assassinat et mercenariat. Quand je finis de lire un tel article, j'ai froid dans le dos. Que des adolescents manient avec une agilité macabre la machette, la hache ou même le pistolet. Là où ils devraient mieux manier le stylo ou (pour être fashion) l'ordinateur. C'est de plus en plus fou. Ce que je dis là n'est certes pas nouveaux. Mais honnêtement, j'ai de plus en plus peur parce que j'ai encore des frères et des soeurs qui fréquentent les écoles et les universités tenues de mains de maîtres per la Fesci. Pas vous ? Certains n'ont pas cette peur-là, parce qu'ils n'ont personne dans les écoles ivoiriennes. Peut être commenceront-ils à être inquiet quand il y aura une section Fesci à Paris, à Bruxelle, à Lisbonne, à Baltimore...
On avait pensé qu'avec l'arrivée du nouveau secrétaire général du syndicat que les choses seraient nouvelles. Lui qui a dès le début de son mandat placé son secrétariat sous les grâces du Seigneur dans une église évangélique. Pur Théatre ? Le chien n'a pas encore changé ses manières... (d'agir).
Toutes mes condoléances à la famille du "fescistes" assassiné à l'arme blanche. Quelle barbarie ! Lisez !

"La ville de Daloa a été le théâtre de violents affrontements entre factions rivales de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci) dans la nuit du vendredi au samedi 25 avril 2009. Bilan de la rixe, un mort. Il s’agit de Doh Glao Mathieu, secrétaire général de la section locale du lycée Pierre Mendès.

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16 février 2009

Congés de (quel) printemps ?

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En côte d’ivoire les congés et les vacances sont légions. Les derniers en date ce sont les congés de printemps qui ont débuté depuis le vendredi dernier. Et ils vont durer une dizaine de jours.
Le nom et l’opportunité de ces congés me choquent toujours.
Printemps ? Une saison qui n’existe guère dans la climat ivoirien, mais qui sert d’excuses pour prendre des vacances. Je suis encore plus choqué du fait que nous évoluons dans un système éducatif où les grèves des enseignants et des élèves ou des étudiants (de la Fesci) se font presque chaque semaine. Dans de telles conditions comment admettre encore des jours de fermetures des classes sans raisons valables ?
A côté des arrêts de cours dus aux grèves, il y a ceux qui sont institutionnalisés : St sylvestre, printemps, pâques, ramadan, mahouloud, fête d’indépendance, fête de la paix, pentecôte, ascension, assomption, tabaski, noël, vacance d’été… j’en ai certainement oublié. Lorsqu’on totalise le nombre de jours de cours on se retrouve à deux mois de cours dans l’année. Et là encore, je suis sûr que mes calculs ne sont pas forcément justes.
Ne nous attendons pas à obtenir de bons résultats aux différents examens quand le programme n’est pas épuisé par les enseignants. Ne nous attendons pas à avoir des élèves qui aiment l’école quand ils sont cinq jours sur sept à la maison.
Trop de vacances tuent le système scolaire. C’est ce que je crois. Pas vous ?