04 janvier 2012
Et si on utilisait le Hashtag #CIV?
Les utilisateurs de twitter de façon générale (et en Côte d’ivoire de façon particulière) savent ce que c’est qu’un « Hashtag ». C’est un « moyen pour ajouter des informations additionnelles aux tweets (post sur twitter), pour les catégoriser selon un contexte. C’est une information permettant de les lier à un groupe de tweets décrivant un événement ou un lieu, une chose ou une personne». (Plus loin dans la définition). Le hashtag Twitter est créé en rajoutant un symbole diése # devant le mot-clé.
Dans la « twittosphère » ivoirienne c’est le hashtag #civ2010 qui a longtemps régné. Il a été utilisé à la faveur des élections et boosté lors de la crise post-électorale. Et depuis, les utilisateurs de twitter et ceux qui s’intéressent à l’actualité ivoirienne n’ont pu se défaire de ce mot-clé qui n’était plus forcément rattaché à l’actualité politique uniquement. D’autres hashtag ont été fortement utilisés mais n’ont pas eu le même succès. #civsocial (pour aider les personnes dans le besoin) #kpakpatoya (pour se faire des amis dans une ambiance bonne enfant, pour toutes les blagues et pour déconner parfois sans tabou) pour ne citer que c’est deux-là.
A la fin de l'année 2011, l’utilisation du mot clé #civ2010 a été remis en cause par des twittos (utilisateurs de twitter) qui le trouvaient dépassé, antidaté et hors du contexte actuel. Les débats ont été portés sur la "place publique" pour aboutir finalement à un vote en ligne ce mardi 3 janvier 2012. Trois hastag en compétition : #côtedivoire, #civ et #civ225. Sur 115 votants 59% ont décidé d’adopter le #civ.
Pour ma part je le trouve très bien et efficace. D’abord parce qu’il est court, donc il nous fait gagner des caractères (il en faut 140 max seulement pour un tweet). Mais aussi parce qu’il n’est rattaché à aucun indice fixe. Le #civ2010 était cantonné à l’année 2010 et aux évènements qui ont suivi, le #civ225 est « aggripé » à l’indicatif de la Côte d’Ivoire et ne peux être modulé. Et comme l’affirme @kanazan « avec #civ on peut le décliner à l’infini… genre #civTech #civBiz #civEco » et j’ajoute #civsocial, #civzik, #civsport.
Pourtant, une question se pose. « Nos » utilisateurs de twitter vont-ils suivre le mouvement. Vont-ils se départir du #civ2010 qui est devenu un nid de haines, d’injures et de palabres. Pourquoi ne pas d’un commun accord adopter un mot clé plus constructif. Pourquoi ne pas de corps à cœur utiliser le #civ et rendre notre fil d’actualité plus sain et plus fédérateur ?
Une chose est sûre, la communauté twitter ivoirienne, si elle le désire peut faire adopter le #CIV. Le hashtag est dans notre camp.
09:33 Publié dans Bon à savoir, Ce que je crois, Elections, Tout nouveau tout beau!, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : #civ, #civ2010, twitter, twittosphère, côte d'ivoire, hastag
13 décembre 2011
Les législatives c’est fini. Libérez les murs !
La campagne pour les législatives 2011 en Côte d’Ivoire, a donné lieu à de nombreux posters et autres affiches placardés parfois dans des espaces publiques ou sur les murs des maisons. Dans le feu de la campagne, personne n’a osé se plaindre. Et maintenant que c’est fini, il serait bien – et utile pour notre environnement – que les heureux élus députés tout comme les candidats malheureux viennent enlever de nos murs (de nos arbres et de nos panneaux de signalisation) leurs images et leurs slogans. Rien ne justifie qu’ils soient encore là.
12:51 Publié dans Abidjan de maintenant, Ce que je crois, Elections, Fatigué de parler... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : abidjan, côte d'ivoire, législatives 2011, campagne, affiche
08 décembre 2011
Ils sortent d’où ces candidats ?
La campagne pour les élections législatives en Côte d'ivoire bat son plein. Timidement, mais elle se tient néanmoins. Mais ce n’est pas ce qui me frappe. C’est plutôt la tronche des candidat(e)s. Ces INCONNUS. Pour moi qui suis dans la commune de Cocody, je vois des visages que je n’ai jamais connus auparavant. J’ai demandé à quelques amis s’ils en connaissaient. Peu d’entre eux savent quelques choses sur ces prétendants à la députation.
Mais alors sur quelle base veulent-il qu’on les choisissent ? Sur quels critères doit-on désigner celui qui parlera en notre nom ?
Je ne vous connais pas, je ne vous ai jamais vu à l’œuvre nulle part et vous débarquez à travers les rues de mon quartier pour balancer des tee-shirts, nous parler par affiches et pancartes interposés. Je ne sais pas de quoi vous êtes capables. Pendant 10 ans, je ne vous ai pas aperçu vous rapprocher des populations que vous courtisez tant aujourd’hui. Et subitement, vous arrivez à la tête de longs cortèges pour quémander ma voix.
Désolé, je ne suis pas dupe. Deux semaines, c’est trop court pour que j’aie confiance en vous. Votre belle affiche et votre campagne bruyante (avec fanfare et majorette) sont trop insuffisantes pour que vous me représentiez à l’assemblée nationale. Ce dimanche, je ne voterai pour personne.
10:16 Publié dans (Petit) Constat, Abidjan de maintenant, Ce que je crois, Duo ou duel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : election législative, côte d'ivoire, abidjan, civleg11
30 novembre 2011
Sales temps pour les journalistes ivoiriens
Alors qu’on avait annoncé qu’ils seraient libérés, les trois journalistes du quotidiens « Notre Voie » croupissent toujours en prison pour un délit que j’ai du mal à comprendre : « "incitation au vol, pillage et destruction de biens d`autrui par voie de presse ». Selon les propos tenu par Me Serge Essouo à l’Agence France Presse.
César Etou, directeur de publication, Boga Sivori, chef du service politique, et Didier Dépry, secrétaire général de la rédaction ont été placés sous mandat de dépôt et devaient être "jugés dans une quinzaine de jours", ajoute Me Essouo.
Au départ, les trois journalistes convoqués le 24 novembre par la police avaient été placés en garde à vue pour « offense au chef de l`Etat » Alassane Ouattara dans un article et « atteinte à l`économie nationale » dans un autre.
Dans le premier article en cause, le journal affirmait que, "pendant que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara s`offre 40 Mercedes à 1,04 milliard de FCFA" (1,6 million d`euros). Selon Notre voie, les véhicules sont destinés aux membres du gouvernement.
L`autre article incriminé évoquait une prochaine dévaluation du franc CFA, malgré les démentis des banques centrales d`Afrique de l`Ouest et Centrale. "Le franc CFA sera bel et bien dévalué. Voici les preuves", titrait en Une le quotidien.
La lueur d’espoir qu’avait apporté la décision du procureur d’Abidjan, s’est bien vite éteinte. « J'ai ordonné aux enquêteurs de la direction de la police criminelle de les relâcher », avait confié à jeuneafrique.com le procureur de la République, près le tribunal de première instance du Plateau, Simplice Kouadio Koffi, dans un entretien téléphonique. « La loi sur la presse protège en effet les journalistes pour ce qui est du délit de presse, ce qui est le cas de l'offense au chef de l'État » précisait le procureur.
Cela n’a rien changé.
Les dénonciations des institutions internationales des droits des journalistes n’ont également rien apporté. Reporter Sans frontière dresse un bilan négatif. «Le constat est amer. Six mois après l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, Reporters sans frontières estime que le nouveau gouvernement ivoirien porte des atteintes régulières à la liberté de la presse. Mais pas n’importe laquelle : celle qui soutient ou est supposée proche de l’ancien président Laurent Gbagbo » écrit le site de Radio France International.
«On pouvait anticiper qu’il y aurait des sanctions contre des médias qui avaient soutenu ouvertement Gbagbo (...) mais là, ça tourne au règlement de compte », rapporte à Ambroise Pierre, responsable du bureau Afrique de RSF.
Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Alors qu’intervient ce nouvel épisode de l’arrestation des journalistes proche de l’ancien Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, un autre croupis en prison depuis des mois : Hermane Aboua, journaliste de la Radio Télévision ivoirienne (RTI).
RSF, qui a donc publié un communiqué s’inquiétant de la situation le 25 novembre, a été rejoint le même jour par la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, qui a dit « observer depuis quelques jours des développements peu rassurants sur le front médiatique avec des interpellations de journalistes suite à leurs écrits ».
Mais RSF pointe également la situation de quatre autres journalistes. Deux travaillent pour L’Inter, un quotidien connu pour ses sympathies pro-Gbagbo. Son rédacteur en chef Félix Bony aurait ainsi « été invité à se rendre dans les bureaux de Konaté Sidiki pour une "mise au point" ». Le même Konaté Sidiki aurait, toujours selon RSF, proféré des « menaces verbales » à l’encontre d’un correspondant de L’Inter, Achille Kpan.
D’autres voix se sont levées pour dénoncer cette arrestation des journalistes. Notamment celle du célèbre écrivain Serge Bilé. « C'est scandaleux qu'un président, qui se dit démocrate, puisse faire fi de la liberté élémentaire de la presse et laisser sa justice, forcément aux ordres, et son ministre de l’Intérieur, museler ainsi les médias », s’indignait-il.
La requalification des faits pour nos trois confrères inculpés, cache mal une réelle volonté de les inculper coûte que coûte alors que l’on approche vers la date fatidique des élections législatives. De telles actions sont de nature à créer un climat de tension.
J’ai encore en mémoire une « demande » d’Alassane Ouattara en 2010 alors que des journalistes du « Nouveau Courrier » étaient arbitrairement incarcérés. « Je demande la libération de ces journalistes », scandait-il, affirmant partout que la liberté de la presse devrait être respectée. Et pourquoi aujourd’hui en tant que Chef de l’Etat, Alassane Ouattara est-il si silencieux ?
["Les Etats-Unis s'étaient dits "troublés" par la "détention continue" des trois journalistes, dont l'opposant Alassane Ouattara avait réclamé la libération" (Source France 24 du 27 juillet 2010)].
C'est sûr, tous les journaux ne sont pas logés à la même enseigne. Et d’ailleurs où sont passés les organisations et associations de journalistes. C’est bizarre, il y a un grand silence autour de la situation de nos confrères. Qu’est devenu le si bavard Comité Ivoirien de protection des journalistes (CIPJ) ? Où sont passés les bouillants CNP (le Conseil National de la Presse), UNJCI (Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire) et GEPCI (Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire). ET où est passée la solidarité des autres journalistes ?
Pour l’heure nos trois confrères de "Notre voie" sont derrière les barreaux à faire la grève de la faim et à ruminer toute cette histoire qui de toutes les façons cache bien des raisons inavoués par le pouvoir en place. Qui seront les prochains ?
08:42 Publié dans A la chasse !, Abidjan de maintenant, Affaire de justice, Ce que je crois, Coup d'poing | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : césar etou, boga sivori, didier dépry, liberté de la pesse, côte d'ivoire, journaliste
04 novembre 2011
Inscription en ligne via Celpaid, galère et rumeur au rendez vous
Cette année les responsables de l’éducation nationale ont décidé d’installer une nouvelle donne concernant les inscriptions. Elles se feront en ligne. « Cette procédure permettra d’avoir des données fiables sur le nombre des élèves, mais aussi d’avoir une gestion transparente de la gestion du fonds que constituent les frais d’inscription », indiquait Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale Kandia Camara. C’était durant le mois d’octobre lors de la signature dune convention entre le ministère et une entreprise de paiement en ligne. (Nous y reviendrons). Concrètement, l'Etat dit vouloir avoir une idée sur le nombre d'élèves, mieux gérer les fonds que constituent les frais d'inscription. Bref, lutter contre les recrutements parallèles.
Personnellement je trouve que la procédure d’inscription en ligne est une gymnastique de trop pour les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes, pas forcément habituez à ces nouveaux moyens de paiment. Jugez-en vous-même ce que j’ai pu lire sur le site de Celpaid.
Pour les villes ou communes où il n'existe pas d'établissement financier partenaire de CELPAID.
Etape1:
Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F à l'économat de l'étabissement. Un reçu CELPAID d'une valeur de 6.000 f lui sera remis.
Etape2:
Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:
Mlle/Mme/Mr:.................................................................
Contact:..........................................................................
Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.
Etape3:
A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.
Pour les villes ou communes où il existent la COOPEC et la CECP.
Etape1:
Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F sur le compte bancaire de CELPAID.
Compte COOPEC N°............................................
Compte Caisse d'Epargne de Côte d'Ivoire (CECP): 01201 10952990001 48
Etape2:
Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:
Mlle/Mme/Mr:.................................................................
Contact:..........................................................................
Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.
Etape3:
A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.
Et l’entreprise de préciser que :
« Toute inscription qui ne se fera pas selon les prescriptions ci-dessus ne sera pas prise en compte ».
Celpaid se fait de la pub. La galère pour les utilisateurs
"S’il y a une structure qui n'a plus besoin de publicité depuis l'annonce de la rentrée scolaire, c'est bien la Celpaid. Cette maison spécialisée dans les transferts d'argent et achats électroniques vient de décrocher un gros marché" écrivait un journal de la place. Et elle marque le coup. Affiche publicitaire, branding, insertion dans les jounaux, spot radio et télé, bannière sur le web…
Mais finalement, est ce que la procédure d’inscription en ligne a été admise par les concernés ? Et si oui, ont-ils bien perçu la procédure ? Pas si sûr.
Les écoles non concernées sont celles de la Dren1 à savoir Cocody, Adjamé, Williamsville qui s'inscrivent aussi en ligne mais via MTN money à raison de 5500 Fcfa. Par Celpaid, l'inscription s'élève à 6000 Fcfa. Pourtant, l’insuffisance d’agence d'agences Celpaid dans les communes est sû de tous.
Quelques exemples :
« A Koumassi Prodomo, la seule agence assez exigüe d'ailleurs, recevait tous les élèves de la zone. Désormais, elle est transférée au Lycée municipal de la même commune. Une situation qui n'arrange les élèves du Lycée moderne de Koumassi obligés de parcourir de longues distances pour pouvoir s'y inscrire. Cela occasionne des bousculades, de longues attentes devant les guichets qui ont souvent des problèmes de réseaux. Toute chose qui a provoqué un début tardif des inscriptions le jeudi 27 octobre 2011 au lycée municipal. La rentrée scolaire prévue pour le 24 octobre 2011 devient alors une illusion. Car plus de 70% des élèves passent deux à trois jours devant les guichets sans pouvoir s'inscrire. C'est le cas de T. Ali, élève admis en classe de 1ère A dans le semi-privé. Il affirme être dans le rang depuis trois jours sans être reçu. Car habitant un peu loin du lieu d'inscription, il est fréquemment confronté à des rangs kilométriques ». (Source Nouveau Navire)
« A Daloa, la rentrée tarde à être effective une dizaine de jours après la date officielle, suite à, explique-t-on au niveau des responsables administratifs, des difficultés pour effectuer le paiement des frais d’inscription en ligne.
Si au plan purement administratif tout est prêt (les personnels, les enseignants sont en place et disposent les emplois du temps), les élèves tardent à prendre le chemin des classes en raison, a soutenu un chef d’établissement, de la non maîtrise du système d’inscription en ligne.
A ce sujet, le proviseur du lycée 2 de Daloa, M. Diomandé Zibo Sopoudé, a évoqué des insuffisances d’information tant chez les parents que sur la procédure.
Il est reproché aux structures chargées de l’opération une certaine lenteur, a-t-il ajouté (…) » (Source AIP)
Un deal de « gré à gré » ?
Les rumeurs fusent de partout. Accusant le ministère de l’éducation national d’avoir offert ce marché à Celpaid, alors que les marchés de l’Etat devraient faire l’objet d’appel d’offre. Sans doute avec des ristournes et retro-commissions conséquentes.
Vrai ou faux, le journal français la lettre du continent met les pieds dans le plats. « Le ministre ivoirien de l’Education nationale, Kandia Camara, vient de confier à la société Celpaid le marché du paiement en ligne des frais d’inscription de quelque 5 millions d’élèves ivoiriens », révèle le journal en ligne (et en PDF). Le journal continue pour écrire que « (.) le principal actionnaire de Celpaid n’est autre que son collègue, le ministre de la Construction et de l’Urbanisme Mamadou Sanogo », précisant que « ce contrat, obtenu de gré à gré, fait déjà grincer des dents au sein de la Banque mondiale », toujours selon La Lettre du Continent.
16:42 Publié dans (Petit) Constat, Abidjan de maintenant, Ce que je crois, Education, Fatigué de parler..., On dit quoi ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : celpaid, inscription en ligne, éducation nationale, côte d'ivoire, abidjan, dren, kandia camara
11 octobre 2011
Nouveaux bacheliers, bienvenus dans la galère !
Il y a des jours comme ça où l’optimisme fout le camp. Surtout quand on parle d’éducation nationale et quand les résultats du baccalauréat sont à 80% d’échec. Les raisons d’une telle contre-performance ? On peut en trouver des tonnes et des tonnes toutes aussi fondées les unes que les autres. On peut rejeter la faute sur les élèves eux-mêmes qui préfèrent les maquis et autres loisirs aux études. On peut accuser le système éducatif d’être mal construit. On peut s’en prendre à la crise post-électorale qui a fait de nos élèves des traumatisés, qui les a empêché d’étudier, qui a obligé certains à devenir des « élèves-déplacés » ou « élèves-exilés ». La liste des raisons qu’on voudra trouver et imaginer est longue.
Pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence, jamais des résultats n’avaient été aussi catastrophiques pour les élèves en classe de terminale. Et pour emprunter la « Une » de « Fraternité matin » (le journal gouvernemental) de ce jour : « BAC, la débâcle ». Le mal est là. De plus en plus profond au fil des années. Touchant même les classes du cycle primaire.
« Les résultats de la session 2011 de l’examen du Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (CEPE) ont été proclamés le mardi 20/09/2011 et ont donné un taux d’admission de 58, 22%. Selon Madame le Ministre de l’Education Nationale, Kandia CAMARA, ces résultats ne sont pas fameux comparés à ceux de la session 2010 qui étaient de 68, 90%. » (Source site du ministère de l’éducation nationale)
Je me demande bien ce qu’il en sera pour les résultats prochains du BEPC (Brevet d'étude du premier cycle) et du BTS (Brevet de Techniciens supérieurs) ? Certainement, dans la même mouvance.
Pourtant, les nouveaux bacheliers ne sont pas forcément les plus heureux. Vers qu’elles universités iront-ils ? Certainement pas vers celles de Cocody ou d’Abobo-Adjamé. Elles sont (officiellement) fermées pour rénovation. Pour combien de temps ? Nul ne le sait. De nombreux étudiants, sont donc là, à attendre impatiemment qu’une date leur soit communiquée. « C’est une année blanche qui ne dit pas son nom » me lançait un étudiant en communication avant de tenter de me démontrer que « pour les tenants du pouvoir actuel, annoncer une année blanche est mauvais pour leur communication et pour leur image. Eux qui ont voulu montrer et prouver qu’en dépit de tout il pouvait sauver l’école ivoirienne ».
Je demandais à un de mes jeunes amis son année d’étude. Il m’a répondu avec un éclat de rire : « Je suis année de maitrise, si l’université ouvre. Sinon considérons que je suis en Licence de droit ». Derrière ce rire, se cachait une grosse angoisse. Celle d’un avenir académique incertain.
Pour les nouveaux bacheliers donc, rien de rassurant les attends. « A part ceux dont les parents ont les moyens pour une université privée –dont la scolarité est au bas mot à 700 000 Francs CFA (un peu plus de 1000 euros) - ou pour les envoyer à l'étranger ».
Il est donc temps de se poser un peu pour que tous les acteurs du système éducatif ivoirien fassent un vrai diagnostic. COGES, Parents d’élèves, associations estudiantine et scolaire, ministère de l’éducation nationale, partenaires de notre système éducatif. Et qu'à ce diagnostic on y apporte de vraies réponses et des solutions durables. Parce qu’avec de tels scores ne soyons pas étonnés qu’à l’extérieur nos diplômes perdent de la valeur.
08:51 Publié dans (Petit) Constat, Ce que je crois, Education, On dit quoi ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : baccalauréat 2011, bac 2011, côte d'ivoire, abidjan examen
09 octobre 2011
Si le BarcampAbidjan 2011 m’était compté…
Un, deux, et … TROIS ! le Barcamp Abidjan 2011 a tenu toutes ses promesses. Pour cette troisième édition l’équipe d’Akendewa que préside JP Ehouman, n’a pas lésiné sur les moyens, ni sur les speakers encore moins sur l’organisation de façon globale. On a des entendu des rires, on vu des larmes, on a senti des silences, on a touché des stars, on a goûté de bons plats (au sens réel comme intellectuel). On a vécu tout simplement à ce BArcamp.
De 1 ! choix d’un "directeur-araignée"
Je reste convaincu que le choix de Cyriac Gbogou (le Chef du village #kpakpatoya) n’était pas fortuit ni le fruit d’un hasard. C’est un homme à 6 bras et à 6 pieds. Véritable chef d’orchestre, il ne manque pas de se mettre lui-même à la tâche quand il le faut. Au four et au moulin, « Krikri » (ou Siriki) a été la pièce maîtresse de la réussite de cette 3e édition du Barcamp Abidjan. Tantôt en pagne traditionnel, tantôt en tee shirt, c’était lui, l’homme de la situation. Le capitaine du bateau. A l’écoute de certains et au secours des autres.
De 2 ! Des Speakers de qualité…
…venus d’ici et (parfois de très) loin, les intervenants tous aussi intéressants les uns que les autres ont enseigné, conseillé, orienté et souvent évangélisé. Pour ma part, ici en Côte d’Ivoire, je retiens la participation du ministre de la jeunesse, Alain Lobognon, qui les jours ouvrables était sous le costume de ministre et le samedi dans son jean de geek. Il n’a pas manqué de suivre physiquement ou on line les différentes articulations de cette rencontre. Les organisateurs le diront, il a été d’un appui fort (et concret) dans l’organisation.
Je ne parlerai même pas des activistes du web qui se sont entassés dans la salle devenue trop petite depuis le premier jour pour contenir tout le monde. (Bon sur toutes les lèvres semblent se dessiner le palais de la culture pour le #BarcampAbidjan2012).
Je ne parle même pas de ces orateurs de talents qui ont suscité ovation et cris d’admiration dans la salle. Je ne parle même pas de ces speakers qui ont imposé le silence par leur démonstration, qui ont tenu en haleine l’assemblée parfois pendant plus d’une heure. Je ne parlerai même pas enfin, de ces simples utilisateurs et curieux qui sont entrés dans la grande famille Web de Babi (mot pour désigner « Abidjan » en nouchi, argot ivoirien).
Et de 3 ! Lieux de rencontre et de découverte
S’il y a un élément fascinant qu’on observe dans chaque rassemblement de ce genre, c’est le côté découverte. Un peu comme à la fin d’un jeu d’invisibilité. Sauf que dans les rassemblements d’acteurs ou d’utilisateurs du web, on a l’impression de se connaitre depuis longtemps. J’étais heureux de voir Nnenna, Francis Pisani. De rencontrer Anicet le Chorégraphe et toutes ces personnes qui de façon rapide te disent (avec un large sourire) "bonjour je suis …". Et tout de suite vous vous mettez à raconter vos vies. Parce que vous êtes « e-potes » depuis de longues années sur la toile.
Le BarcampAbidjan2011 a réussi à resserrer les liens entre les membres de la webcommunauté ivoirienne, mais aussi avec d’autres amis d’ailleurs.
Ce que je retiens :
« Innovation » ! A n’en point douter, c’est le mot qui est revenu le plus souvent. J’ai suivi avec beaucoup d’attention l’intervention de Mohamed Diaby. Et la définition que j’en garde : « L’innovation, c’est prendre des choses futiles pour en faire quelque chose d’utile ». Je salue donc tous les innovateurs ivoiriens, qui ont réussi à transformer notre vie, nos habitudes par ce qu’ils ont apporté. Quand j’entends (par exemple) #CIVSocial, je vois des vies sauvées, je vois des catastrophes évitées.
La Côte d’Ivoire a amorcé une ascension fulgurante depuis ces 3 dernières années… de grandes choses nous attendent en 2012 : l’année du Web ivoirien.
13:12 Publié dans A l'honneur, Abidjan de maintenant, Blog, Ce que je crois, Coup d'coeur, Web | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : barcamp 2011, barcamp abidjan 2011, akendewa, abidjan, côte d'ivoire, web
23 septembre 2011
Un point de + pour Facebook
Je ne sais pas si Google s'en remettra, mais je suis bluffé par le nouveau visage de Facebook. Le Géant Google - en ouvrant son réseau social à tout le monde - avait cru courcicuiter la conférence du patron de Facebook (qui s'est tenu hier). Comme me l'indiquait un de mes collaborateurs ce matin, nous sommes en train de tendre inexorablement vers le "Livre de notre Vie"... Notre LifeBook. Une idée qui je crois, a guidé et conduit Marck Zuckerberg et sa troupe jusqu'à présent. Mais cette fois en plus grand. Avec ce que les spécialistes appellent "L'arme Fatale": l'Open Graph.
J'ai donc testé. J'ai une "Timeline". Pas mal du tout. Pas du tout compliqué à installer. J'ai utilisé le "tuto" mis à dispositon par Presse-citron (Merci Eric DUppin!).
Mais qu'est ce que ça change ?
Beaucoup. D'abord j'ai un archivage (et un visuel) plus vaste mais bien précis de mes "activités" sur Facebook. Par exemple, je peux revoir des anciens post en me souvenant de la date. Plus besoin de passer des heures à cliquer sur "Publication plus ancienne" avant d'espérer trouver l'article recherché. Je peux aussi voir dans le même temps sur la même page ce que font mes amis (avant il fallait cliquer au préalabre sur "Accueil"). POur la confidentialité, vous pouvez choisir de montrer votre "nouveau visage" à tout le monde ou de le garder pour vous seul ou pour vos "amis".
Mais ce qui m'enchante le plus, c'est le design. je le trouve plus... chic. En plus, je peux choisir (comme sur un blog) le type d'affichage que je veux, où je veux disposer mes colonnes etc...
En attendant les (Noooombreuses) mises à jour qui vont suivre, je me plais à explorer cette nouveauté.
L'orgueil de Facebook semble avoir été touché depuis le lancement de Google+. La tactique de "l'armée" Facebook semble avoir été de faire semblant de copier les applications de leur "nouveau" rival et de provoquer une riposte sur ce terrain. Et pendant ce temps, des "snipers" bossaient librement pour sortir ce "truc de Ouf". A la guerre comme à la guerre, je me demande bien quel coup Google pourrait donner de PLUS ?
10:01 Publié dans Blog, Bon à savoir, Ce que je crois, Duo ou duel, Tchié !, Tout nouveau tout beau!, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : facebook, timeline facebook, mark zuckerburg
08 juin 2011
Web, liberté d'expression et notre responsabilité
Je suis à Johannesburg pour participer (du 8 au 9 juin) à un atelier sur la liberté d’expression en ligne. Un « Workshop » parrainé par Google et organisé par « Global Voices et le Committee to Protect Journalists ». « Freedom of Expression in Sub-Saharan Africa ».
Les organisateurs justifient l’opportunité d’une telle rencontre par le fait qu’il y a « un besoin croissant pour une sensibilisation accrue » à la liberté d’expression en Afrique. Surtout sur Internet. «Cette nécessité, souligne Google South Africa, est devenue plus urgente à la lumière des actes de plus en plus agressifs et sophistiqués de la part de certains gouvernements africains en vue supprimer la liberté d'expression ».
Et les exemples sont légions. Les méthodes de blocages aussi. Espionnage, le blocage des accès aux plateformes de réseaux sociaux, fermeture de services mobiles tels que SMS (On a connu ça pendant des mois en Côte d’Ivoire).
Le Workshop va se concentrer sur les journalistes et les blogueurs et les risques qu’ils encourent dans certains pays. Objectif, trouver des tactiques et les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d’expression.
Des pratiques qui peuvent nous être utile, à l’heure où la Côte d’Ivoire veut sortir de longs moments de crises (qui ont sévèrement touchés la presse). Des journalistes sont encore aujourd'hui dans la peur et dans la crainte de sortir leurs plumes. Les quatre derniers mois ont été terribles. Assassinats, emprisonnement, enlèvement, agression physique, menace de mort. Des journalistes de tous les camps ont été traqués par des partisans du camp adverse. (Ils sont moins nombreux aujourd’hui, mais toujours aussi (volontairement ou non) censurés).
C’est désormais aussi l’un des challenges qui attendent les nouvelles autorités : Réconcilier (toute) la presse avec la (vraie) liberté d’expression, mais aussi les journalistes avec le professionnalisme et la responsabilité.
Sur le Web, les choses sont moins pénibles. Les agressions se limitent à des injures, des menaces en ligne. Certains blogueurs ont vu parfois leur appareils photos confisqués. [D'autres blogueurs préfèrent ne pas se montrer à visage découvert au regard de leur prise de position en faveur (ou contre) un camp].
C’est sûr, c’est une opportunité pour les blogueurs (et ceux qui utilisent le web) qu’Internet échappe (pour l’instant) aux autorités. Sur les blogs et les réseaux sociaux, tout se dit. Il y a seulement qu’à regarder sur le hashtag #civ2010 (twitter) pour s’en rendre compte.
Les sites et blogs se sont multipliés par 50, voire même plus au cours de ces derniers mois. C’est une bonne chose ! Ce à quoi tous doivent être sensibilisés, c’est la responsabilité. Liberté TOTALE d’expression OUI ! mais tous les acteurs doivent mesurer à quel point un simple mot ou une simple phrase sur internet ou sur du papier peut être aussi destructrice qu’un obus. C’est la leçon que je garde.
10:06 Publié dans Blog, Ce que je crois, Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : #fxafrica #foeworkshop, google south africa, liberté d'expression, freedom of expression, global voices, cpj
07 mai 2011
Maintenant allons de l’avant
Hier vendredi 6 mai 20111, Alassane Ouattara a prêté serment comme « Président de la république de Côte d’Ivoire ». Au nombre des invités présent à cette cérémonie brève mais « pleine d’émotions » (selon les participants), on a aperçu le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, le président du Conseil constitutionnel, Yao Paul N'dré, le président du Conseil économique et social, Laurent Donat Fologo, le président de la Cour suprême, TIa Koné, le Grand Chancelier, le Chef d’Etat Major des armées (et tous les généraux), le doyen des diplomates, le Nonce Apostolique, (une partie de) la presse nationale et internationale.
Désormais, je l’espère en tout cas, le film d’horreur « crise Post-électoral » doit être loin derrière nous. Quelqu’un me disait au téléphone, « si on aime ADO, on doit se mettre au travail pour l’accompagner dans son programme. Et si on ne l’aime pas, on doit lui accorder le bénéfice du doute et si c’est trop dur pour nous, alors vengeons-nous dans le travail en travaillant plus ». J’en ai rit. Mais je trouve que mon interlocuteur avait raison.
Il nous faut nous mettre rapidement au travail. Nous avons perdu trop de vies humaines, trop de temps, trop d’argent et surtout trop de confiance réciproque entre Ivoiriens. Et tout ça « grâce » au Conseil constitutionnel. Pendant 4 mois les deux camps (LMP Vs RHDP) se sont bagarrés à coup de médias, de menaces et d’armes (très souvent ) lourdes.
Aujourd’hui avec cette prestation de serment, Ouattara prend officiellement la fonction suprême de la Côte d’Ivoire. Qu’on le veuille ou pas, il va falloir faire avec. Et c’est dans l’intérêt de la Cöte d’Ivoire que nous avancions tous les mains dans les mains. Sinon, on peut choisir de continuer encore de se bagarrer et de faire davantage reculer la Côte d’Ivoire. Ou alors on peut décider de mettre tout en œuvre (chacun à son niveau et dans son domaine) pour que l’éléphant d’Afrique se remette sur ces pattes.
C’est sûr Ouattara tout comme Gbagbo ont beaucoup de chose à nous expliquer. J’espère que la plateforme « Vérité & réconciliation » nous permettra de mieux comprendre ces quatre mois de crises profondes, dont on en garde encore les stigmates.
La pensée de la semaine : "Satan nous a possédé", Yao Paul N'dré, président du conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, à propos de la crise.
09:10 Publié dans Abidjan de maintenant, Ce que je crois, les 5 grands - 1, On dit quoi ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alassane ouattara, côte d'ivoire, abidjan, prestation de serment, conseil










