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22 novembre 2012

Un autre drame se prépare sur le Pont FHB d’Abidjan

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Vendredi 5 aout 2011. Abidjan se réveille au rythme d'un drame. Un bus “19” bondé de monde dérape du pont Félix Houphouet Boigny et plonge dans la lagune.

"Les images sont insoutenables. Cet écolier sans vie qu'on retire de l'eau avec son sac au dos; ce soldat des Forces républicaines de Côte d'Ivoire(FRCI) qui éclate en sanglot à la vue du corps de sa femme; ce bus qu'on remonte à la surface par une énorme grue et qui n'avait plus ses occupants...Il faut être fort pour supporter cette scène(...)", écrivait le quotidien L'Inter.

Toute la Côte d’Ivoire est sous le choc. Une cinquantaine de corps sont repêchés. Une dizaine de rescapés. Et de nombreuses autres personnes restées introuvables. La lagune leur sera leur tombe. Les circonstances de ce drame restent du domaine de la spéculation. Les commentaires vont bon train. Et puis plus rien.

Sur le pont une partie des balises de sécurités a mis de nombreuses semaines avant d’être réparée. C’est sur ce même pont que depuis de nombreux mois, un danger guette les usagers. Pour ceux qui l’empruntent, ils ont dû remarquer qu’au virage à la montée du pont (dans le sens Plateau-Treichville) les balises de sécurités n'existent plus. En voiture, on voit clairement le vide…en bas. C’est à vous donner le vertige. Ça fait froid dans le dos. Lire l'intégralité de l'article et voir les photos du danger.

24 octobre 2012

Air Côte d’Ivoire. 3 challenges pour nous (re)conquérir

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11 Capitales. Abidjan (Côte d’Ivoire), Dakar (Sénégal), Conakry (Guinée), Bamako (Mali), Ouagadougou (Burkina), Lomé (Togo), Accra (Ghana), Douala (Cameroun), Libreville (Gabon), Cotonou (Benin) et Brazzaville (Congo). Ce sont ces villes que compte desservir la nouvelle compagnie aérienne ivoirienne « Air Côte d’Ivoire ».

Dans la forme, rien de nouveau. Puisque ce n’est pas la première compagnie en Côte d’Ivoire. Même si, c’est vrai, le nom a changé. Les visuels aussi. Les hommes aussi.

Mais au regard des épisodes des défuntes Air Afrique et Air Ivoire, la nouvelle Air Côte d'Ivoire devra nous séduire, sous convaincre, nous rassurer ... nous reconquérir. Et pour ce faire trois grands défis l'attendent.

Dans un premier temps, comment relier les capitales sous régionales sans détours ? Une fois pour aller à Lomé, l’avion que j’ai pris a fait escale d’abord au Mali. Du coup, pour un trajet habituel de 1 heures, on en a fait 3 et demie. Il va falloir donc que « Air Côte d’ Ivoire » privilégie les vols directs.

Aussi, comment relier la zone ouest africaine, aux autres régions Africaines ? Par exemple, il n’existe pas de ligne directe entre Abidjan et Kinshasa. C’est un marché à prendre. Et ce n’est pas la clientèle qui manque.

Deuxième challenge. Les vols internes. Ça sera certainement le plus dur. Il faudra changer nos habitudes en facilitant les services (par exemple possibilité de réserver en ligne ou sur son mobile) et en prenant soin des passagers. Je suis sûr que dans les premiers mois (ou même la première année) on sera chouchouté, choyé… le client sera roi. C’est la période de conquête. Il faudra que ces bonnes habitudes continuent et se perpétuent en s’améliorant. (Ne pas faire comme Royal Air Maroc qui aux fils des années relègue ses clients au dernier rang).

Autre élément pour (re)conquérir le cœur des Ivoiriens. Il faudra nous rassurer. Je veux bien prendre Air Côte d’Ivoire pour aller à Bouaké, à Man ou à San Pedro, mais je tiens à arriver (sain et sauf). Cela passe par l’achat d’avions neufs et non de « France aurevoir »*. Des avions qui respectent toutes les mesures de sécurité et de sureté. Avec des pilotes de qualité et d'expérience. Pas de chauffeur de Wôrô Wôrô (taxis communaux) sans permis. De grâce !

Troisième défis, enfin. Le coût. Oui oui. Si Air Côte d'Ivoire, veut se maintenir en l'air (avec nous à bord) elle devra baisser les coûts des billets. Je trouve scandaleux que je paie presque de 400 000 francs pour partir d'Abidjan à Dakar, ou d'Abidjan à Cotonou ou même parfois à Ouagadougou. (à l'époque de Afriqiyah, la compagnie libyenne, c'était presque le prix du vol abidjan-Paris). La nouvelle compagnie ivoirienne devra donc se démarquer des autres compagnies aériennes sous régionales qui n'ont aucune politique de prix.

Quoiqu'il en soit, nous attendons de voir les premiers vols de la compagnie ivoirienne. Et si j’ai l’occasion, je serai le premier à le tester pour vous.

Source Article

*Tout les objets d'occasion, de seconde main, importés.

Crédit Photo : Abidjan.net


 

18 octobre 2012

Attaques à répétition : qui sont les coupables ?

Le blogueur Cyriac Gbogou a repris la chronologie des différentes attaques qui surviennent de façon récurrente presque tous les mois. « A ce jour, 12 attaques depuis le début de l’année 2012 », précise t-il.

Les scénarios de ce « film western en Live » sont sensiblement les mêmes. La nuit. Un petit groupe armé. Quelques assaillants tués, blessés ou capturés (mais jamais montrés). Des mesures de sécurité « désormais renforcées ( ?) ». Et rendez vous pour la prochaine attaque.

Finalement qui sont ceux qui attaques et pourquoi le font-ils ?

Dans les premiers épisodes de cette série d’attaque, les « Pro-Gbagbo en exil » ou au sein de l’armée étaient montrés du doigt. Lida Kouassi, Alphonse Douati, Laurent Akoun. Ces « troubleurs d’ordre » ont donc été mis hors d’état de nuire aux arrêts. Mais rien n’y fit.

Chaque mois qui passe a son lot de nouveau commissariat ou camp militaire attaqué.  Et de moins en moins, les autorités se précipitent pour accuser les partisans de l’ancien Chef d’Etat. De moins en moins les regards du pouvoir en place s’orientent vers le Ghana, pays voisin, lui aussi accusé de servir de base arrière de déstabilisation.

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13 octobre 2012

Les éléphants marquent, les tribunes sénégalaises s'enflamment, twitter calme le jeu

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Tribune en feu. Supporters gazés. Joueurs sécurisés. Pelouses envahies de policiers et de militaires. presqu'une demie heure d'arrêt de jeux. Un spectacle qu'on avait souhaité éviter à tout prix. Hélas ! Les supporters sénégalais se sont laissés emportés par leur colère et déception après le penalty sifflé dans leur surface de réparation. Un penalty transformé par Didier Drogba, le capitaine ivoirien.

C'est vrai. La plus grande équation dans ce dernier affrontement Côte d’Ivoire Vs Sénégal, était certainement comment réussir à se qualifier sans provoquer la fureur des supporters sénégélais. Avec une longueur d’avance (4 à 2 à aller à Abidjan) les éléphants de Côte d’Ivoire conduits par Didier Drogba devaient coûte que coûte nous emmener une fois de plus en Afrique du Sud. Et ça, ils l’ont réussi.

Devant plus de 53 000 supporters dans le stade Leopold Senghor, l'équipe sénagalaise est éliminée en encaissant 2 buts. Même si, selon les commentaires de spécialistes, les Lions ont fortement dominé le match.

Sabri Lamouchi, l’entraineur ivoirien, semble t-il a décidé de jouer la défensive sans prendre de risque. Bon choix ? En tout cas ça a payé. Il pouvait compter sur un Copa Barry inébranlable dans ses perches et un Didier Drogba à l’affut de la moindre occasion pour marquer. 2-0 ! L'entraineur des éléphants vient de réussir à marquer un nouveau point à son avantage. Il avait été fortement critiqué dès sa nomination à la tête de l’équipe nationale.

2e mi-temps sur Twitter en mode fair-Play !

Au coup de siffler final. A la fin de la rencontre, c'est un goût amer qui nous restent sous le palais, et une mauvaise image que nous retenons dans nos yeux. Comment un si beau match, a pu partir littéralement en fumée ? Comment l'ambiance de fête dans les gradins a pu se tranformer en chasse aux suppoters.

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Pendant que les supporters ivoiriens présents au stade de Dakar sont en difficulté, sur les réseaux sociaux, les activistes ivoiriens et sénégalais se montrent fair-play. C'est la blogueuse Nenna qui lance le mouvement. "Du calme, du calme, du calme" lance t-elle dans un tweet, invitant les "Tweeporter" (supporters de twitter) ivoiriens à ne pas inciter à la violence.

 

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A sa suite, de nombreux appels au calme et à la retenue sont envoyés sur le site de micoblogging. On vire même dans les blagues.

 

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10 septembre 2012

A nos si chers frais de dossiers

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A la fin de l’offre de recrutement de l’ESATIC, on peut lire les pièces à fournir.

« • Une demande de candidature manuscrite adressée au Ministre de l’enseignement supérieur et de la Recherche Scientifique.

• Un Curriculum Vitae.

• Une photocopie légalisée du diplôme, du certificat du diplôme, ou de l’attestation du diplôme.

• Un exemplaire de la thèse pour les titulaires du Doctorat, plus le résumé de la thèse.

• Une photocopie du dernier acte administratif pour les fonctionnaires.

• Une photocopie de la CNI.

Le reçu du paiement des frais d’analyse de dossier (20 000 frs) »

Cette liste de dossiers me rappelle une histoire que j’ai vécue ici à Abidjan. C’était en 2008. Une école qui dépend d’un ministère recrutait, entre autre, un « responsable de la communication ». A la liste des pièces à fournir, il fallait y joindre « 40 000 Francs CFA pour des frais de dossiers ». Et cette fois, il n’y avait pas de reçu.

Gombo* après gombo, j’ai obtenu mes sous, rassemblés mes dossiers et je suis allé déposer. Et 4 ans plus tard, on na m’a jamais rappelé ou même donné de suite. Je suis retourné de nombreuses fois, on m’a toujours dit de revenir. Peut être que mon dossier n'était pas convaincant. J'en convient ! Mais finalement, combien de personnes comme moi ont postulé, 40 000 francs à l'appui. 

4 ans après, je revois une telle annonce avec (cette fois-ci) des « frais d’analyse des dossiers ». Pour quoi faire ? Et le mot « reçu de paiement » n’enlève rien à mon étonnement.

A quoi va servir cet argent ? Surtout que le comité de sélection est composé de fonctionnaires de l’Etat. A priori en tout cas. Pourquoi alors c’est aux candidats de cotiser pour que leurs dossiers soient analysés ? Le ministère de la Poste et TIC, n’a-t-il pas plus les moyens ? 

On a critiqué les structures qui recrutent et qui font payer des frais de dossiers aux postulants. Et venant d’un Etablissement Public National (EPN), c’est vraiment gênant. Ou alors, c’est moi qui n’y comprend rien à la procédure de recrutement ?  

*Mot tiré du langage de rue ivoirien signifiant débrouillardise, petit métier pour arrondir ces fins de mois. 

Crédit photo

10 juillet 2012

Webolitique : Cyberactivistes Pro-Gbagbo, la bataille sur le Web (2)

Cet article fait est la suite de la serie "Webolitique" dont le premier épisode portait sur "comment le pouvoir en place utilise le Web". sitegbagbo.JPG

Un an après l'arrestation de leurs mentors, les membres de l’opposition ivoirienne n’ont pas baissé les bras sur les réseaux sociaux. Même si par moment, les sites web et les réseaux sociaux de l’ancien président ivoirien semblent en agonie, ceux de ces partisans se vivifient. Coupés des médias locaux et ne jouissant pas de plages dans la presse internationale (comme ceux du pouvoir en place) les « Pro-Gbagbo » se trouvent un espace plus large et plus instantané : les réseaux sociaux. Face à un pouvoir qui veut prendre du terrain sur le Web, l’opposition organisent la « résistance » sur le web. Parcourons, les couloirs des plus actifs sur Internet. C'est une liste non exhaustive  

 

Les comptes de Laurent Gbagbo abandonnés ? 

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLaurent Gbagbo même s’il reste enfermé, est toujours présent sur la toile. C’est vrai, l’ancien site officiel de la présidence n’est plus fonctionnel. Mais son espace personnel est régulièrement mis à jour. On y retrouve toute l’actualité sur les différents exilés ou emprisonnés politiques. Mais aussi des infos sur l’état de Laurent Gbagbo lui-même. Et sur les réseaux sociaux aussi, le patron du FPI est bien vivant. Deux pages « Facebook Officiel ». Laurent Gbagbo qui compte plus de 7200 fans ou Gbagbo Laurent qui totalise plus de 9700 « j’aime ». Deux comptes « Twitter » aussi qui, pour l’heure, sont au point mort. Le premier qui a arrêté d’être alimenté depuis le 15 mars (plus de 1000 abonnés) et le second est à plus de 1700 abonnés avec le dernier « tweet » qui remonte au 13 avril. Tout comme le site Web Lgconnect qui lui-même est en berne. Le deuxième compte « Twitter » s’est arrêté le 13 avril. 2 jours après l’arrestation de Laurent Gbagbo. Il totalise un peu plus de 3000 abonnés.

Alain Toussaint et les autres… sur tous les fronts

Il est certainement le plus actif de la “résistance” dans les manifestations qu’il initie ou auxquelles il participe. Mais également, sur la toile. Alain Toussaint est fortement présent. Son compte « Twitter » qui compte plus de 2000 « followers » est son média personnel. Il y met les photos, des liens sur ses activités. Pour le porte-parole de Gbagbo en Europe,  c’est aussi le lieu pour débattre. Idem pour son compte « Facebook ». 17 882 Fans. Véritable média en ligne. Où sont déposés textes, photos, vidéos etc.  Sur cet espace, Alain Toussaint livre les comptes-rendus de ses tournées, mais aussi des activités des partisans de Laurent Gbagbo en Europe ou ailleurs dans le monde. [NB: Mise à jour par Alain Toussaint sur Twitter. 2 700 followers sur Twitter / 5 203 Amis et 17 895 abonnés sur Facebook au 10 juillet 2012.]

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueAutre hyperactiviste engagé sur la toile : Steve Beko.  C’est son surnom. Il est perçu comme «celui qui se positionne, aujourd’hui, comme l’un des grands défenseurs, sur le réseau social Facebook, des idées de l’ancien président, Laurent Gbagbo ». Son profil « Facebook » mais également sa page « Twitter » ou minutes après minutes les idées, pour galvaniser les troupes, sont émises. http://twitter.com/#!/stevybeko. Et il n’est pas seul à mobiliser.

Abel Naki, est l’Initiateur de « FACEBOOKERS POUR GBAGBO », "Directeur de Campagne Adjoint du Président Laurent GBAGBO" en France chargé de la communication. Sa page « Facebook » lui sert également de lieu de promotion des évènements organisés et des idées pour « continuer la lutte ».

Avec Abel NakiMande Massa ou en encore Wazi Guepié ou encore le journaliste Théophile Kouamouo investissent la toile de fond en comble. Le patron du journal (désormais en ligne) « Le Nouveau Courrier » marque sa présence sur « Facebook » ou sur « Twitter » sur lequel plus de 3000 comptes sont abonnés au sien. Mais son espace de prédilection reste son blog où ses idées anticolonialistes restent à la page. C’est là qu’il diffuse ses éditos, ses coups d’gueule. C’est là aussi qu’il fait la promotion de ses voyages ou de ses ouvrages.

Et si on parlait des groupes de pression !

laurent gbagbo,alain toussaint,cybercactiviste,opposition,fpi,lmp,politique,webolitiqueLe plus dynamique reste le « ACC ». Action Concrète de Communication. Sur cette page « Facebook » la plupart du temps, ce sont des vidéos et des photos qui sont mises en valeur. Rassemblement, reportage, émission… Ce groupe est un relais de toutes les activités des partisans de l’ancien Chef de l’Etat. 

Il y aussi et surtout « La majorité présidentielle ». Avec ses 31260 fans, elle est certainement la plus célèbre page « Facebook » des cyberactivistes Pro-Gbagbo. Constamment mis à jour, cette page suit de près l’actualité en Afrique tout en indexant ouvertement la « Françafrique » et en mettant en avant leur poulain : Laurent Gbagbo

Mon point de vue

De cette ballade, je retiens que depuis avril 2011, l’offensive des partisans de Laurent Gbagbo a baissé. Cela est certainement dû au fait que la plupart des cyberactivistes qui résistaient pendant la crise post-électorale sont en exil, emprisonnés ou séquestrés. Je ne revois plus, par exemple, le célèbre Facebooker pour Gbagbo (et mon ami personnel) Claudus. Si les Cyberactivistes de l'opposition se font discrets sur « Twitter », ils sont bruyants sur « Facebook » qu'ils ont décidé d'investir de fond en comble. Il leur faut, à mon sens, mieux synchroniser leurs actions pour plus d'efficacité dans la communication On Line. Quoiqu’il en soit, et comme je l’avais affirmé lors de mon premier article, le Web reste incontestablement l’aire de bataille politique en Côte d’Ivoire aujourd’hui. C’est là que tout ce gagne. « Tweet » après « tweet », « post » après « post » sur « Facebook » et/ou sur les blogs. 

 

06 juillet 2012

Éliminatoires Can2013: gros stress pour Lamouchi

lamouchi.JPGAh, comme je n’aimerais pas être à la place de Sabri Lamouchi au lendemain du tirage au sort du dernier tour des éliminatoires comptant pour la Coupe d’Afrique des Nations (Can) 2013. Le Sénégal se met sur le chemin de la Côte d’Ivoire. « Le Choc » !  comme l’a titré la plupart des journaux ce matin. Un choc aussi pour le nouvel entraîneur Malouchi Lamouchi qui devra "marcher" sur les Lions de la Terenga pour nous emmener à la prochaine Can. Où la Côte d’Ivoire, meilleure équipe africaine au classement FIFA, ne peut se permettre d’être absente.

Et connaissant les Ivoiriens, ils ne feront pas cadeau au remplaçant de François Zahoui qui dès sa nomination à été fortement controversé. ‘’Malouchi’’ est donc averti. S’il ne veut pas rentrer dans la liste des « entraineurs détestés », il devra se surpasser. Car en face, le Sénégal dernier de la dérnière CAN entend prendre sa revanche.  Nous attendons donc tous Sabri sur ce challenge. Et il a intérêt à faire mouche !

22 juin 2012

La Côte d’Ivoire à l’heure de la « Webolitique » (1)

 

4m.JPGJe suis à Montpellier, invité par CFI et l'ESJ-PRO, pour participer à des tables rondes et des ateliers autour du thème "E-Politique après les révolutions, les élections". Il est vrai que l'ombre des "révolutions arabes" plane encore sur ce colloque. Avec une nuance faite par la "révolution soft" du Sénégal. 

Au delà des débats enrichissant du 4M et des participants de qualité que j'ai pu rencontrer, un fort constat est ressorti. Désormais les pouvoirs politiques s'emparent des médias sociaux pour "contre-attaquer" les citoyens.

Le web est neutre, m'a lancé Pierre Haski, le fondateur de Rue89 lorsque de je lui ai demandé s'il ne craignait pas une récupération des réseaux sociaux par les pouvoirs politiques, qui ont bien pris conscience de la force de ses outils Online. Pour lui, tout le monde a le droit de les utiliser. Même les politiques. Et cela se voit de plus en plus en Côte d'Ivoire avec le nouveau régime. C'est comme s'ils s'étaient passés le mot. "Si tu n'est pas sur Facebook ou twitter tu peux être grillé"

Les élections de 2010 en Côte d’Ivoire et la crise post-électorale qui s’en est suivie a laissé des traces et des habitudes sur le web. On a encore en mémoire comment les différents groupes politiques – et leurs partisans – s’étaient affrontés par réseaux sociaux interposés. Au fil du temps, du web comme outil de guerre – et de guérilla – on est vite passé au web comme outils de débats en ligne.  Utile pour les citoyens, (désormais) nécessaire pour les hommes politiques qui ont (com)pris tout le poids de ces outils numériques. Le web qu’ils ne quittent d’ailleurs plus, depuis le sommet de l'Etat jusqu’aux ministres. Je me suis donc autorisé à faire une petite ballade sur la toile et voir ce que le régime en place fait du web en général et des réseaux sociaux en particulier. C'est l’ère de la « Webolitique » !

C'est la mode ! Et tout le monde la suit. Il y en a qui savent ce que s'est et comment s'en servir, et d'autres qui créent juste des profils ça et là pour juste pouvoir crier à haute voix: "facebook, je connais; Twitter, j'y suis". Pour l'heure, je vais me contenter de ce qui utilisent les nouveaux médias, parce mesurant effectivement la pertinence.

ados.JPGLe président de la république ivoirienne donne le ton avec un site web constamment mis à  jour. Une page Facebook et un compte twitter gérés bien entendu par son service de communication. [petite confidence qui ressort des bruits de couloir. Depuis qu’on l’a vu apparaître avec son Ipad, tous les ministres s’y sont mis].

Le plus (pro)actif est Alain Lobognon. Ministre de la promotion de la jeunesse et du service civique. Ipad à la main droite, Galaxy Note dans l’autre, le « jeune ministre » n’hésite pas à interagir quasi en temps réel surtout avec ses 3000 « abonnés » sur twitter. Initiant des débats, répondant aux questions. Il sait que les jeunes sont sur les réseaux. Et c’est là qu’il veut aller les « évangéliser ». Taguez-le, il vous répondra illico. Alain lobognon n'hésite pas parfois à s'érriger en "porte parole de l'actuel gourvenement" lorsqu'une question est soulevée. Ce fut le cas lors de mon article sur le pont de Bouaflé. 

Au parlement aussi

Les réseaux sociaux sont devenus un lieu de consultation pour les députés ivoiriens. Pour avoir le point de vue des citoyens les parlementaires n’hésite à poser des questions via twitter et Facebook. L’ancien premier ministre et désormais chef du parlement GUILLAUME SORO est de plus en plus actif sur la toile. Avec des grandes séances de discussions à tweets ouverts. Un compte twitter qu’il gère lui-même depuis (aussi) son Ipad. Un autre compte « piloté » par son service de Com’ vient appuyer ses discussions et parfois réagir quand il ne le fait pas aussitôt. Et pour chaque activité du « PAN » comme on le surnomme, un compte rendu multimédia est aussitôt disponible sur son « Blog officiel »

Les femmes politiques dans le bain

yasYes.JPGElles ne sont peut être pas très nombreuses mais elles font parler d’elles. MAH SOGONA BAMBA a été la porte parole du président ivoirien pendant la campagne. Elle c’est « Madame Facebook ». C’est son outil préféré d’expression Online. La député de Tafieré donne son point de vue sur les sujets d’actualité d’ici comme ailleurs. Sa page Facebook est un peu devenue son carnet de bord. Parfois les réactions sont violentes. Mais en générale la parlementaire préfère ne pas les supprimer et y répondre.

Elle est plutôt discrète. Yasmina Ouégnin, la jeune député de la commune de Cocody (commune présidentielle), a utilisé les réseaux sociaux surtout durant les élections législative. De l’outil de campagne Twitter et Facebook sont devenus son « espace perso » où ses électeurs peuvent suivre ses déplacements. Après elle... j'en oublie certainement. 

Un tel accaperement des réseaux sociaux par les pouvoirs politiques visent-ils réellement à ouvrir un VRAI débat politique sur la toile ? Je reste convaincu que de plus en plus de citoyens doivent se mettre on line. Qu'ils soient ici à Abidjan, ou ailleurs dans les villes de l'intérieur du pays ou dans la diaspora, les citoyens doivent participer à cet agora en ligne auquel se sont invités les hommes politiques. Car le gros risque réside dans l'unilatéralisation des idées, si les plus connectés et les plus réactifs sont ces pouvoirs publiques (ou leurs services de communication). 

Je le repère, il faut un vrai débat. C'est pour cela que s'impose la formation et l'évangélisation de toute la Côte d'Ivoire. Pour que les citoyens des villes réculées donnent leurs points de vue via twitter ou Facebook (on peut maintenant twitter via SMS). Et les autorités en place, ont le devoir de favoriser d'aider ces idées de formations. Ne pas le faire, serait donner raison à ceux qui disent que le pouvoir publique veut désormais rester seul maître de la parole sur la toile. Et ça, c'est inacceptable ! 

12 juin 2012

Yakro E-School 2012 : que retenir ?

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Et nous revoilà de retour à Abidjan après 3 ou 4 jours passés à Yamoussoukro, dans la capitale politique de Côte d’Ivoire. Fatigués, exténués, courbaturés, mais heureux d’avoir tenu le pari et d’avoir rencontré des personnes engagées et passionnées. Après deux (courtes nuits de sommeil) je ressasse encore les jours et les nuits passés dans les chambres, les salles, les couloirs de l’Institut National Polytechnique (INP) de la ville. C’est là que se tenait le YES 2012.

Le choix du thème « Le Web sur l’air du temps » était fait à dessein. L’idée derrière, était de montrer comment internet et les TIC en général pouvait soutenir et aider les étudiants, les futurs entrepreneurs ou les futurs étudiants. C’est pourquoi le choix d’une ville autres qu’Abidjan nous paraissait nécessaire. Les élèves et étudiants, ainsi les populations des autres villes de la Côte d’Ivoire ont besoin d’être informés et formés sur ce  qui se fait sur la toile. Sur les nouveaux outils des TIC, utiles pour eux. Nous avons voulu les sensibiliser. Et Yakro n’est que le départ de ce qui se prépare pour 2013. J’y reviendrai vers la fin de ce post.

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25 mai 2012

Axe Bouaflé-Daloa, voici le pont de tous les dangers

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[Article mis à jour le 25 mai à 9h27] Suite au post ci-dessous, le ministre Alain lobognon, ministre de la jeunesse et de la promotion du service civique a réagi sur son compte twitter. "Le financement de ce pont est bouclé depuis 2011... Longtemps avant les Législatives. Appel d'Offres en coursLire l'appel d'offre. ]

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Cela ne semble préoccuper personne. Ça fait des années que ça dure. Aucun drame n’a été signalé. Et donc on laisse (per)durer les choses. 16 ans après, je suis revenu sur le tronçon qui relie Bouaflé à Daloa, deux villes du Centre-Ouest de la Côte d’Ivoire. J’ai été frappé par la même peur d’antan. Par les mêmes craintes d'alors. En fait, rien a changé depuis toutes ces années.

C'est un pont à voie unique dont le bitume aux deux extrémités s’est fortement dégradé. Une grande frayeur s’empare de vous lorsque votre voiture le traverse. C’est pire avec les cars de transport en commun. Les glissières de sécurité de part et d’autre de la voie ne tiennent que par miracle. Le risque d’un drame est imminent. En dessous du pont c’est un fleuve dont le courant est fort. Très fort. Je n’ose même pas imaginer un engin se renverser dans l’eau. Ça serait une catastrophe !

Dans ce pays on aime bien attendre les catastrophes avant de prendre les choses en main. Les autorités qui traversent ce « pont de la mort » attendent patiemment qu’un car de 70 places fasse le grand saut. On pourra alors décréter (tambour battant) 3 jours de deuil, et prendre en charge les parents de victimes. Alors qu’une simple décision politique peut nous éviter ces gymnastiques funéraires.

Je sais que toute notre attention est focalisée sur le « 3e Pont » à Abidjan. Mais n’oublions pas que quelque part au centre-ouest, il y a pont qui mérite d’être refait entièrement… au nom des promesses de campagnes électorales mais surtout au nom de la sécurité des usagers et du droit à la vie. 

16 mai 2012

La RTI toujours dans la manip ?

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Elle a été fortement critiquée pendant la crise post-électorale. Accusée d’être à la solde d’un camp et de tirer sur un autre. "La RTI du mensonge, la RTI de la manipulation". Telles étaient ses tares révélées, indexées et décriées à côté de son manque de professionnalisme.

Les temps ont changé, le régime a changé, les têtes ont changé… mais la RTI surtout la 1ère renommée RTI1 semble ne pas avoir changé sa manière de travailler.
Pour les rares personnes comme moi qui ont suivi le JT de 20 heures de ce mardi 15 mai 2012, elles ont du être aussi choquées que moi par cette vidéo diffusée en plein cœur du Journal. L’idée était de montrer que François Hollande, le nouveau président français, ne soutient pas Gbagbo. Surtout que depuis l’élection de François Hollande, les pro-Gbagbo et les Pro-Ouattara se l’arrachent par presse interposée.

David Mobio le présentateur annonce dans son lancement « avant d'accéder à la Présidence, le nouveau président français s'est prononcé sur l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo ». Vient ensuite la vidéo.


Mais que veut dire « avant d’accéder à la présidence ? ». A quel moment le présentateur veut que le citoyen lambda se situe ? Pourquoi ne pas signifier clairement que cette vidéo a été faite le 22 décembre 2010 en pleine crise post-électorale ? Quel est le point de vue aujourd’hui de l’International Socialiste vis-à-vis de l’ancien parti au pouvoir ? Je me demande bien pourquoi avoir fait sortir cette vidéo de son époque pour la brandir de façon sournoise comme datant de juste avant l'élection du candidat du parti socialiste.

La Rédaction de ce 20 heures aurait pu trouver une autre parade que celle-ci pour indiquer que Hollande ne changera pas d’avis sur Laurent Gbagbo.
Je trouve cela maladroit, inopportun et peu honnête. Et qui au final vient démontrer le contraire de ce que la Maison Bleue voulait faire passer comme message.

Le rôle de la RTI n’est pas de prendre partie pour un camp dans cette bataille « Hollandaise ». Son rôle faut-il le rappeler, est de nous informer sur la vie des citoyens et des évènements qui les touchent. De nous donner une information dépourvue de toute attache politique au sens militant du terme.

Je reste convaincu que si la RTI le voulait, elle aurait pu obtenir une interview de François Hollande qui se serait prononcé sur ce qu’il pense de Gbagbo et du FPI à l’heure actuelle. Si la RTI le voulait, j’ai bien dit.

10 mai 2012

Hollande et la fin de la Françafrique, mes propositions

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"Que doit faire François Hollande pour mettre fin à la Françafrique ?", C'est la question qui m'a été posée par la rédaction des Observateurs de France 24. Personnellement la volonté (?) de Hollande est un remake des propos de Sarkozy lorsqu'il annonçait "LA RUPTURE" en 2007.  Rupture qui finalement n'a jamais eu lieu en ce qui concerne la Françafrique en tout cas. 

"La France répudiera sans regrets les miasmes de la Françafrique", a promis le candidat François Hollande le 22 octobre dernier. On attend de voir ce que ça donnera. Pour l'heure voici ce que j'en pense".

27 avril 2012

Taylor reconnu coupable, à qui le tour ?

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 « Coupable de crime contre l’humanité et de crimes de guerre en Sierra Leone entre 1996 et 2002». C’est le verdict rendu hier jeudi 26 avril par le Tribunal Spécial pour la Sierra Leone à l’endroit de l’ancien président du Liberia Charles Taylor. Il devient ainsi le premier ex-chef d’Etat condamné par une justice internationale.

La condamnation de Charles Taylor, qui sera fixé sur sa peine le 30 mai, a été saluée par la communauté internationale et de nombreuses ONG qui y voient une «décision historique» dans la lutte contre l’impunité. C’est sûr, Taylor a du sang sur les mains et il doit payer pour les crimes qu’il a commis.

Cette « acclamation » internationale du verdict est le symbole d’une unanimité de la lutte contre les atteintes aux droits de l’homme. Pourtant, je reste convaincu que nous sommes ici dans le cas d’une justice à deux vitesses.

De quoi accuse-t-on Charles Taylor ?  Jai relu avec attention les « faits retenus » contre lui.

184451_vignette_charles-taylor1990bis.jpgIl « a exercé par le passé une énorme influence dans un pays voisin où des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, mutilées, violées, volées et déplacées à plusieurs reprises pendant des années ». Il a été aussi reconnu coupable d’avoir «aidé et encouragé» une campagne de terreur visant à obtenir le contrôle de la Sierra Leone, dans le but d’exploiter ses diamants, lors d’une guerre civile ayant fait 120 000 morts entre 1991  et 2001. Enfin, « M. Taylor n'était pas poursuivi pour avoir commis lui-même ces crimes mais il était accusé d'avoir soutenu deux groupes rebelles, l'Armée du Conseil des forces révolutionnaires et le Front uni révolutionnaire, en leur fournissant des armes et des munitions, du personnel militaire et un soutien opérationnel et moral lors de la longue guerre civile en Sierra Leone ».

C’est drôle, mais le cas Taylor ressemble étrangement aux agissements d’autres Chefs d’Etat ici en Afrique ou ailleurs dans le monde. Que faisons-nous de ces Chefs d’Etat des pays occidentaux, qui arment les rebellions, apportent appui financiers, logistiques et matériels aux groupes armés qui sèment terreurs et confusions dans les pays africains ? Je vois. Ce sont des chefs de « grandes puissances ». Donc intouchables.

Que faisons-nous donc de ces Chefs d’Etats africains, qui s’impliquent corps et âmes armes dans la déstabilisation de leurs voisins ?

J’ai encore en mémoire, la crise ivoirienne de 2002. Je revois encore d’ici des pays voisins aidant la rébellion (en hommes, en armes et en terrain d’entraînement etc…) pour jouir des trésors enfouis dans certaines régions du nord de la Côte d’Ivoire.

Je revois encore ces rebelles soutenus par ces Chefs d’Etat voisins, violer, tuer, piller les innocentes populations. Pourtant, rien n’a été fait. Aucune action n’a été entreprise par ces ONG internationales. Ces Chefs d’Etat sont intouchables. Ce sont les amis des grandes puissances.

Le cas de Charles Taylor va servir, je l’espère de jurisprudence pour épingler tous ceux qui ont commis des crimes de sang et des crimes contre l’humanité de façon directe, en agissant eux-mêmes, ou de façon indirecte en apportant un soutien. Pour ne pas donner l’impression que finalement, les grandes puissances en veulent systématiquement à l’ex-Président liberien.

NB: Deux faits à conserver dans notre mémoire: 

1- Taylor n'est pas jugé pour les crimes commis lors de la rébellion qu'il a créée au Liberia et qui a causé les mêmes (peut-être pires) crimes qu'en Sierra Leone.  

2- Taylor (du moins le criminel qu'il est) est le produit des USA. N'oublions pas que c'est la CIA qu'il l'a aidé à s'évader sous le Président Doe, à immigrer aux States, à revenir le combattre et à s'installer au pouvoir...

Pour en savoir davantage (avec l'aide TV5.org)

 Les tribunaux internationaux. Que font-ils ? Quelle est leur histoire ?

Qu'est-ce que le TSSL ?

Le 16 janvier 2002, l’ONU et l’Etat de la Sierra Leone signent un accord pour mettre en place leTribunal Spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Il est chargé de juger tous ceux responsables de violations graves du droit international humanitaire et du droit national sierra-léonais depuis le 30 novembre 1996. Son statut est donc celui d’un tribunal hybride relevant du droit international et national sierra-léonais. Ainsi, parmi les onze juges de cette cour spéciale, sept dépendent du Secrétariat général des Nations Unies et quatre du gouvernement sierra-léonais. 
Le 30 juin 2006, Charles Taylor est transféré à La Haye au Pays-Bas sur décision du président du tribunal de délocaliser le TSSL loin de l'Afrique par mesure de sécurité. 

Charges retenues contre Charles Taylor

Crimes de guerre : 
- Actes de terrorisme 
- Violence en particulier meurtre 
- Violence en particulier traitement cruel 
- Outrage à la dignité humaine 
- Pillage 

Crimes contre l’humanité : 
- Meurtre 
- Esclavage sexuel et violence 
- Viol 
- Autres actes inhumains 
- Esclavage 

Violation du droit humanitaire international : 
- Utilisation et enrôlement d’enfants soldats 

24 avril 2012

Casting payant, la grosse arnaque

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Hier encore, j’ai reçu un autre message d’un ami. Je vous en donne le contenu :

« ivoircasting, le numero 1 des casting de Côte d’Ivoire est désormais représenté au studio Dana aux 2 plateaux... Tu Rêves de faire de la publicité, le cinéma, le mannequinat, nous sommes là. Contacte-nous au 01 XX XX XX. Passe le sms à tes amis ».

Voici le genre de message qui fait courir les jeunes sous nos tropiques. Quand leur passion rencontre le chômage, les opportunités de faire carrière dans le cinema, la publicité ou le mannequinat restent leurs principaux rêves. Les promoteurs de ce genre d’appels le savent. Et ils n’hésitent pas à y mettre un prix. Pour cette annonce ci-dessus présentée, il faut payer 10 000 F CFA pour l’inscription. Ensuite 10 000 francs supplémentaires. « Cela va servir à la formation des jeunes talents », indiquent les responsables de cette structure joints au téléphone. Bien entendu, pour ceux qui seront sélectionnés. Pour le reste, les frais ne sont pas remboursés. (Avec des risques que personnes ne soient retenus).

Il y a un mois, une amie avait répondu à une annonce d’une « Agence de mannequinat ». La structure en question recrutait des jeunes filles (uniquement) qui participeraient (une fois retenue) à des films, des clips et des publicités. 20 000 F CFA ! C’était le tarif demandé par personne. Cette somme devait servir à :

-          - Payer la location du studio photo

-          - Acheter des clés USB

J’ai eu l’occasion de travailler il y a quelques semaines avec le célèbre réalisateur Belge, Benoit Mariage qui était à Abidjan pour du repérage. Nous avions alors lancé un grand casting sur plusieurs jours. « Combien faut-il payer pour participer », n’ont pas arrêté de nous demander de nombreuses filles qui souhaitaient participer à cette aventure. Au moins 500 personnes ont pris part à ce casting. Plusieurs d’entre-elles, n’étaient pas à leurs premières fois. « Ça fait la quatrième fois que je participe à un casting. Et j’ai toujours payé », se lamentait une demoiselle, à peine la vingtaine.

L’équipe belge était chaque fois choquée d’entendre des gens leur demander à combien s’élevait la participation au casting. « Chez nous, c’est gratuit », lançaient-ils encore étonnés. Pendant nos semaines de travail, j’ai vu que non seulement aucun sou n’était pris, mais en plus pour les profils intéressants, un chauffeur était chargé de les prendre de chez eux au lieu du casting et les redéposer par la suite, lorsque les moyens de déplacements faisaient défaut. « Ils ont beaucoup plus de moyens » (me) diront certains. Eh bien oui, quand on n’a pas d’argent on ne se lance pas dans ce genre de business.

On paie en cash sexe aussi

Tous les moyens de paiement sont acceptés. En liquide ou en ébats. Certains « Agents » eux préfèrent « offrir plus de chances d’être retenues ». Celles qui n’ont pas peur de poser nue… devant le « sélectionneur ». Celles qui veulent bien passer quelques minutes de plaisir avec le directeur du casting, savent qu’elles augmentent leurs chances de succès( ?).

Le pire, c’est que sous nos cieux, les filles ne sont (bien souvent) jamais rappelées. Elles auront offerts gracieusement leurs corps et leurs argents.

Les « Casteurs » eux, continuent de se remplir ainsi les poches (et leurs lits) toutes les semaines, convaincus qu’il y aura toujours des jeunes filles prêtes à tout pour réaliser leurs rêves : Vendre leurs images.

 

 

04 avril 2012

DJ Arafat, 8500 volts de lâcheté et de stupidité

Il se nomme Dj Arafat. Surnommé aussi commandant Zabra. Lui, l'icône de certains jeunes ici comme ailleurs. (Je me demande bien pourquoi). Ils lui copient sa coiffure, son accoutrement, ses pas de danses. Il est adulé.

C'est cet homme qui s'est illustré (une fois de trop) de la manière la plus lâche dans une vidéo diffusée sur internet. Le "Commandant" a décidé de mettre au pas une demoiselle (qu'il dit être sa copine) de façon sauvage et inhumaine. On le voit sur cette vidéo, briser des assiettes en porcelaine sur le crâne de sa "dulcinée"(?). La raison de cette torture : Elle l'aurait trompé. (Ah bon ?)

Preuve que le courage est une qualité qui manque à l'individu, Arafat est obligé de boire quelques gorgées de liqueurs avant de la battre à nouveau. Quel lâche !

Et c'est cet individu-là, qui est écouté, célébré, applaudi et copié à longueur de journée ! Ne soyons pas étonnés que ce (mauvais) modèle déteigne sur ses suiveurs. Bientôt le taux de femmes et filles battues va augmenter. "On va faire comme Arafat"... Peut être aura-t-on droit à un nouveau concept né de cette frasque : "Le Cassé cassé" ou encore "le Kpatra Kpatra*"

Je n'ai pas encore entendu les nooombreuses associations de défenses des droits de l'Homme (et des Femmes) lever la petite voix pour dénoncer de tels agissements. Pourquoi le ferait-elle ? Après tout, c'est le Commandant Zebra. Celui qui nous fait bouger. Celui qui nous donne des volts d'ambiances dans des chansons des cris et des singeries vides de sens. Que voulez-vous ? On l'aime comme ça. Même s'il doit battre nos filles et nos soeurs. Shame on You !

 

26 mars 2012

Macky Sall élu. Les leçons que je tire

wada-sall.jpgLe bruit a couru toute la nuit de ce 25 au 26 mars 2012 traversant tout le Sénégal et toute l’Afrique pour atteindre les autres contrées du monde. «  Macky Sall sera le 4e Président de la République du Sénégal » jubilait un supporter de l’ancien premier ministre en apprenant que Wade, le Président (sortant) avait félicité son adversaire. Bonne nouvelle donc quand on se rappelle les derniers épisodes avant le scrutin.

Au moment où l’on attend les résultats officiels et définitifs, je m’autorise à en tirer quelques leçons.

Ce qui arrive au Sénégal est dans l’ordre normal des choses quand on se veut un Etat démocratique. Si on se surprend entrain de jubiler du dénouement heureux à l’issue de ce combat de coqs, c’est que l’alternance est une denrée rare à l’école de la démocratie en Afrique.

La première leçon est que le peuple sénégalais fait montre de sa maturité démocratique et de sa capacité à résoudre ses problèmes par les urnes. Après la victoire de l’opposition et de la société civile le 23 juin dernier, le refus de Wade de ne pas abandonner sa candidature avait fait craindre le pire. Pourtant, les populations ont préféré ne pas tomber dans des affrontements partisans, sanglants et meurtriers et ont fait le choix de «combattre » dans les urnes. Au final, un vote-sanction pour écarter enlever Abdoulaye Wade. « Il faut comprendre que les Sénégalais ont voté contre Wade. Ce n’est pas systématiquement un vote d’adhésion à Macky Sall, même s’il faut le reconnaître, ce dernier a les compétences et le charisme pour assurer ses (nouvelles) fonctions », commentait avec nuance un observateur sur une chaîne étrangère.

La deuxième leçon est qu’au bout du compte, l’ancien président Sénégalais s'en sort par la grande porte. (J’en connais un qui n’a pas eu cette chance. Coup d’Etat oblige). Un simple geste. Un coup de fil. Des félicitations. Il est vrai que cela ne peut effacer de nos souvenirs les dérives notées (surtout) vers la fin de son mandat. Pourtant, il faut saluer bien fort le « coup de fil  de Wade» qui fait baisser les tensions et remet Dakar sur les rails encore fragile de la démocratie.

Troisième leçon : « Personne n’a mis sa bouche dans les affaires sénégalaises » comme on le dirait dans les rues d’Abidjan. Des questions sénégalaises, résolues entre Sénégalais au Sénégal.

Tout est bien qui finit bien donc. Les élections Sénégalaises de 2012 se seront achevées sans trop de dégâts. Un pas de plus vient d’être fait par les Sénégalais. Un petit pas. Mais un pas tout de même. Là où certains ont réculé en courrant. Le plus dur commence pour Sall. Prions pour qu’au fil des années son intégrité et ses bonnes idées en faveur de ses citoyens restent intactes, comment on le voit souvent rarement avec certains présidents africains.

Crédit Photo : wadr.org

 

04 janvier 2012

Et si on utilisait le Hashtag #CIV?

Les utilisateurs de twitter de façon générale (et en Côte d’ivoire de façon particulière) savent ce que c’est qu’un « Hashtag ». C’est un « moyen pour ajouter des informations additionnelles aux tweets (post sur twitter), pour les catégoriser selon un contexte. C’est une information permettant de les lier à un groupe de tweets décrivant un événement ou un lieu, une chose ou une personne». (Plus loin dans la définition). Le hashtag Twitter est créé en rajoutant un symbole diése # devant le mot-clé.

Dans la « twittosphère » ivoirienne c’est le hashtag #civ2010 qui a longtemps régné. Il a été utilisé à la faveur des élections et boosté lors de la crise post-électorale. Et depuis, les utilisateurs de twitter et ceux qui s’intéressent à l’actualité ivoirienne n’ont pu se défaire de ce mot-clé qui n’était plus forcément rattaché à l’actualité politique uniquement. D’autres hashtag ont été fortement utilisés mais n’ont pas eu le même succès. #civsocial (pour aider les personnes dans le besoin) #kpakpatoya (pour se faire des amis dans une ambiance bonne enfant, pour toutes les blagues et pour déconner parfois sans tabou) pour ne citer que c’est deux-là.

votehastagciv.jpgA la fin de l'année 2011, l’utilisation du mot clé #civ2010 a été remis en cause par des twittos (utilisateurs de twitter) qui le trouvaient dépassé, antidaté et hors du contexte actuel. Les débats ont été portés sur la "place publique" pour aboutir finalement à un vote en ligne ce mardi 3 janvier 2012. Trois hastag en compétition : #côtedivoire, #civ et #civ225. Sur 115 votants 59% ont décidé d’adopter le #civ.

Pour ma part je le trouve très bien et efficace. D’abord parce qu’il est court, donc il nous fait gagner des caractères (il en faut 140 max seulement pour un tweet). Mais aussi parce qu’il n’est rattaché à aucun indice fixe. Le #civ2010 était cantonné à l’année 2010 et aux évènements qui ont suivi, le #civ225 est « aggripé » à l’indicatif de la Côte d’Ivoire et ne peux être modulé. Et comme l’affirme @kanazan « avec #civ on peut le décliner à l’infini… genre #civTech #civBiz #civEco » et j’ajoute #civsocial, #civzik, #civsport.

Pourtant, une question se pose. « Nos » utilisateurs de twitter vont-ils suivre le mouvement. Vont-ils se départir du #civ2010 qui est devenu un nid de haines, d’injures et de palabres. Pourquoi ne pas d’un commun accord adopter un mot clé plus constructif. Pourquoi ne pas de corps à cœur utiliser le #civ et rendre notre fil d’actualité plus sain et plus fédérateur ?

Une chose est sûre, la communauté twitter ivoirienne, si elle le désire peut faire adopter le #CIV. Le hashtag est dans notre camp.

13 décembre 2011

Les législatives c’est fini. Libérez les murs !

La campagne pour les législatives 2011 en Côte d’Ivoire, a donné lieu à de nombreux posters et autres affiches placardés parfois dans des espaces publiques ou sur les murs des maisons. Dans le feu de la campagne, personne n’a osé se plaindre. Et maintenant que c’est fini, il serait bien – et utile pour notre environnement – que les heureux élus députés tout comme les candidats malheureux viennent enlever de nos murs (de nos arbres et de nos panneaux de signalisation) leurs images et leurs slogans. Rien ne justifie qu’ils soient encore là.

 

08 décembre 2011

Ils sortent d’où ces candidats ?

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La campagne pour les élections législatives en Côte d'ivoire bat son plein. Timidement, mais elle se tient néanmoins. Mais ce n’est pas ce qui me frappe. C’est plutôt la tronche des candidat(e)s. Ces INCONNUS. Pour moi qui suis dans la commune de Cocody, je vois des visages que je n’ai jamais connus auparavant. J’ai demandé à quelques amis s’ils en connaissaient. Peu d’entre eux savent quelques choses sur ces prétendants à la députation.

Mais alors sur quelle base veulent-il qu’on les choisissent ? Sur quels critères doit-on désigner celui qui parlera en notre nom ?

Je ne vous connais pas, je ne vous ai jamais vu à l’œuvre nulle part et vous débarquez à travers les rues de mon quartier pour balancer des tee-shirts, nous parler par affiches et pancartes interposés. Je ne sais pas de quoi vous êtes capables. Pendant 10 ans, je ne vous ai pas aperçu vous rapprocher des populations que vous courtisez tant aujourd’hui. Et subitement, vous arrivez à la tête de longs cortèges pour quémander ma voix.

Désolé, je ne suis pas dupe. Deux semaines, c’est trop court pour que j’aie confiance en vous. Votre belle affiche et votre campagne bruyante (avec fanfare et majorette) sont trop insuffisantes pour que vous me représentiez à l’assemblée nationale. Ce dimanche, je ne voterai pour personne.

 

30 novembre 2011

Sales temps pour les journalistes ivoiriens

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Alors qu’on avait annoncé qu’ils seraient libérés, les trois journalistes du quotidiens « Notre Voie » croupissent toujours en prison pour un délit que j’ai du mal à comprendre : « "incitation au vol, pillage et destruction de biens d`autrui par voie de presse ». Selon les propos tenu par Me Serge Essouo à l’Agence France Presse.

César Etou, directeur de publication, Boga Sivori, chef du service politique, et Didier Dépry, secrétaire général de la rédaction ont été placés sous mandat de dépôt et devaient être "jugés dans une quinzaine de jours", ajoute Me Essouo.

Au départ, les trois journalistes convoqués le 24 novembre par la police avaient été placés en garde à vue pour « offense au chef de l`Etat » Alassane Ouattara dans un article et « atteinte à l`économie nationale » dans un autre.

Dans le premier article en cause, le journal affirmait que, "pendant que les Ivoiriens meurent de faim et de maladies, Ouattara s`offre 40 Mercedes à 1,04 milliard de FCFA" (1,6 million d`euros). Selon Notre voie, les véhicules sont destinés aux membres du gouvernement.

L`autre article incriminé évoquait une prochaine dévaluation du franc CFA, malgré les démentis des banques centrales d`Afrique de l`Ouest et Centrale. "Le franc CFA sera bel et bien dévalué. Voici les preuves", titrait en Une le quotidien.

La lueur d’espoir qu’avait apporté la décision du procureur d’Abidjan, s’est bien vite éteinte. « J'ai ordonné aux enquêteurs de la direction de la police criminelle de les relâcher », avait confié à jeuneafrique.com le procureur de la République, près le tribunal de première instance du Plateau, Simplice Kouadio Koffi, dans un entretien téléphonique. « La loi sur la presse protège en effet les journalistes pour ce qui est du délit de presse, ce qui est le cas de l'offense au chef de l'État » précisait le procureur.

Cela n’a rien changé.

Les dénonciations des institutions internationales des droits des journalistes n’ont également rien apporté. Reporter Sans frontière dresse un bilan négatif. «Le constat est amer. Six mois après l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir, Reporters sans frontières estime que le nouveau gouvernement ivoirien porte des atteintes régulières à la liberté de la presse. Mais pas n’importe laquelle : celle qui soutient ou est supposée proche de l’ancien président Laurent Gbagbo » écrit le site de Radio France International.

«On pouvait anticiper qu’il y aurait des sanctions contre des médias qui avaient soutenu ouvertement Gbagbo (...) mais là, ça tourne au règlement de compte », rapporte à Ambroise Pierre, responsable du bureau Afrique de RSF.

hermane aboua.jpgEt cela ne date pas d’aujourd’hui. Alors qu’intervient ce nouvel épisode de l’arrestation des journalistes proche de l’ancien Chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, un autre croupis en prison depuis des mois : Hermane Aboua, journaliste de la Radio Télévision ivoirienne (RTI).

RSF, qui a donc publié un communiqué s’inquiétant de la situation le 25 novembre, a été rejoint le même jour par la mission de l’ONU en Côte d’Ivoire, l’ONUCI, qui a dit « observer depuis quelques jours des développements peu rassurants sur le front médiatique avec des interpellations de journalistes suite à leurs écrits ».

Mais RSF pointe également la situation de quatre autres journalistes. Deux travaillent pour L’Inter, un quotidien connu pour ses sympathies pro-Gbagbo. Son rédacteur en chef Félix Bony aurait ainsi « été invité à se rendre dans les bureaux de Konaté Sidiki pour une "mise au point" ». Le même Konaté Sidiki aurait, toujours selon RSF, proféré des « menaces verbales » à l’encontre d’un correspondant de L’Inter, Achille Kpan.

D’autres voix se sont levées pour dénoncer cette arrestation des journalistes. Notamment celle du célèbre écrivain Serge Bilé. « C'est scandaleux qu'un président, qui se dit démocrate, puisse faire fi de la liberté élémentaire de la presse et laisser sa justice, forcément aux ordres, et son ministre de l’Intérieur, museler ainsi les médias », s’indignait-il.

La requalification des faits pour nos trois confrères inculpés, cache mal une réelle volonté de les inculper coûte que coûte alors que l’on approche vers la date fatidique des élections législatives. De telles actions sont de nature à créer un climat de tension.

J’ai encore en mémoire une « demande » d’Alassane Ouattara en 2010 alors que des journalistes du « Nouveau Courrier » étaient arbitrairement incarcérés. « Je demande la libération de ces journalistes », scandait-il, affirmant partout que la liberté de la presse devrait être respectée. Et pourquoi aujourd’hui en tant que Chef de l’Etat, Alassane Ouattara est-il si silencieux ?

["Les Etats-Unis s'étaient dits "troublés" par la "détention continue" des trois journalistes, dont l'opposant Alassane Ouattara avait réclamé la libération" (Source France 24 du 27 juillet 2010)].

C'est sûr, tous les journaux ne sont pas logés à la même enseigne. Et d’ailleurs où sont passés les organisations et associations de journalistes. C’est bizarre, il y a un grand silence autour de la situation de nos confrères. Qu’est devenu le si bavard Comité Ivoirien de protection des journalistes (CIPJ) ? Où sont passés les bouillants CNP (le Conseil National de la Presse), UNJCI (Union Nationale des Journalistes de Côte d’Ivoire) et GEPCI (Groupement des Editeurs de Presse de Côte d’Ivoire). ET où est passée la solidarité des autres journalistes ?

Pour l’heure nos trois confrères de "Notre voie" sont derrière les barreaux à faire la grève de la faim et à ruminer toute cette histoire qui de toutes les façons cache bien des raisons inavoués par le pouvoir en place. Qui seront les prochains ?

04 novembre 2011

Inscription en ligne via Celpaid, galère et rumeur au rendez vous

celpaid.jpgCette année les responsables de l’éducation nationale ont décidé d’installer une nouvelle donne concernant les inscriptions. Elles se feront en ligne. « Cette procédure permettra d’avoir des données fiables sur le nombre des élèves, mais aussi d’avoir une gestion transparente de la gestion du fonds que constituent les frais d’inscription », indiquait Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale Kandia Camara. C’était durant le mois d’octobre lors de la signature dune convention entre le ministère et une entreprise de paiement en ligne. (Nous y reviendrons). Concrètement, l'Etat dit vouloir avoir une idée sur le nombre d'élèves, mieux gérer les fonds que constituent les frais d'inscription. Bref, lutter contre les recrutements parallèles.

Personnellement je trouve que la procédure d’inscription en ligne est une gymnastique de trop pour les parents d’élèves ou les élèves eux-mêmes, pas forcément habituez à ces nouveaux moyens de paiment. Jugez-en vous-même ce que j’ai pu lire sur le site de Celpaid.

 

Pour les villes ou communes où il n'existe pas d'établissement financier partenaire de CELPAID.

Etape1:

Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F à l'économat de l'étabissement. Un reçu CELPAID d'une valeur de 6.000 f lui sera remis.

Etape2:

Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:

Mlle/Mme/Mr:.................................................................

Contact:..........................................................................

Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.

Etape3:

A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.

Pour les villes ou communes où il existent la COOPEC et la CECP.

Etape1:

Le parent d'élève ou l'élève fait le versement des 6.000 F sur le compte bancaire de CELPAID.

Compte COOPEC N°............................................

Compte Caisse d'Epargne de Côte d'Ivoire (CECP): 01201 10952990001 48

Etape2:

Le parent d'élève muni du reçu de versement + le numéro matricule de l'enfant se rend chez le Représentant CELPAID de sa localité:

Mlle/Mme/Mr:.................................................................

Contact:..........................................................................

Pour procéder à l'inscription en ligne de son enfant.

Etape3:

A la fin de l'opération d'inscription, le Représentant CELAPID imprime le reçu électronique qu'il remet au parent d'élève ou à l'élève pour faire les formalités administratives à la scolarité de son établissement.

Et l’entreprise de préciser que :

« Toute inscription qui ne se fera pas selon les prescriptions ci-dessus ne sera pas prise en compte ».

Celpaid se fait de la pub. La galère pour les utilisateurs

"S’il y a une structure qui n'a plus besoin de publicité depuis l'annonce de la rentrée scolaire, c'est bien la Celpaid. Cette maison spécialisée dans les transferts d'argent et achats électroniques vient de décrocher un gros marché" écrivait un journal de la place. Et elle marque le coup. Affiche publicitaire, branding, insertion dans les jounaux, spot radio et télé, bannière sur le web…

Mais finalement, est ce que la procédure d’inscription en ligne a été admise par les concernés ? Et si oui, ont-ils bien perçu la procédure ? Pas si sûr.

Les écoles non concernées sont celles de la Dren1 à savoir Cocody, Adjamé, Williamsville qui s'inscrivent aussi en ligne mais via MTN money à raison de 5500 Fcfa. Par Celpaid, l'inscription s'élève à 6000 Fcfa. Pourtant, l’insuffisance d’agence d'agences Celpaid dans les communes est sû de tous.

Quelques exemples :

« A Koumassi Prodomo, la seule agence assez exigüe d'ailleurs, recevait tous les élèves de la zone. Désormais, elle est transférée au Lycée municipal de la même commune. Une situation qui n'arrange les élèves du Lycée moderne de Koumassi obligés de parcourir de longues distances pour pouvoir s'y inscrire. Cela occasionne des bousculades, de longues attentes devant les guichets qui ont souvent des problèmes de réseaux. Toute chose qui a provoqué un début tardif des inscriptions le jeudi 27 octobre 2011 au lycée municipal. La rentrée scolaire prévue pour le 24 octobre 2011 devient alors une illusion. Car plus de 70% des élèves passent deux à trois jours devant les guichets sans pouvoir s'inscrire. C'est le cas de T. Ali, élève admis en classe de 1ère A dans le semi-privé. Il affirme être dans le rang depuis trois jours sans être reçu. Car habitant un peu loin du lieu d'inscription, il est fréquemment confronté à des rangs kilométriques ». (Source Nouveau Navire)

« A Daloa, la rentrée tarde à être effective une dizaine de jours après la date officielle, suite à, explique-t-on au niveau des responsables administratifs, des difficultés pour effectuer le paiement des frais d’inscription en ligne.

Si au plan purement administratif tout est prêt (les personnels, les enseignants sont en place et disposent les emplois du temps), les élèves tardent à prendre le chemin des classes en raison, a soutenu un chef d’établissement, de la non maîtrise du système d’inscription en ligne.

A ce sujet, le proviseur du lycée 2 de Daloa, M. Diomandé Zibo Sopoudé, a évoqué des insuffisances d’information tant chez les parents que sur la procédure.

Il est reproché aux structures chargées de l’opération une certaine lenteur, a-t-il ajouté (…) » (Source AIP)

Un deal de « gré à gré » ?

Les rumeurs fusent de partout. Accusant le ministère de l’éducation national d’avoir offert ce marché à Celpaid, alors que les marchés de l’Etat devraient faire l’objet d’appel d’offre. Sans doute avec des ristournes et retro-commissions conséquentes.

Vrai ou faux, le journal français la lettre du continent met les pieds dans le plats.  « Le ministre ivoirien de l’Education nationale, Kandia Camara, vient de confier à la société Celpaid le marché du paiement en ligne des frais d’inscription de quelque 5 millions d’élèves ivoiriens », révèle le journal en ligne (et en PDF). Le journal continue pour écrire que « (.) le principal actionnaire de Celpaid n’est autre que son collègue, le ministre de la Construction et de l’Urbanisme Mamadou Sanogo », précisant que « ce contrat, obtenu de gré à gré, fait déjà grincer des dents au sein de la Banque mondiale », toujours selon La Lettre du Continent.

11 octobre 2011

Nouveaux bacheliers, bienvenus dans la galère !

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Il y a des jours comme ça où l’optimisme fout le camp. Surtout quand on parle d’éducation nationale et quand les résultats du baccalauréat sont à 80% d’échec. Les raisons d’une telle contre-performance ? On peut en trouver des tonnes et des tonnes toutes aussi fondées les unes que les autres. On peut rejeter la faute sur les élèves eux-mêmes qui préfèrent les maquis et autres loisirs aux études. On peut accuser le système éducatif d’être mal construit. On peut s’en prendre à la crise post-électorale qui a fait de nos élèves des traumatisés, qui les a empêché d’étudier, qui a obligé certains à devenir des « élèves-déplacés » ou « élèves-exilés ». La liste des raisons qu’on voudra trouver et imaginer est longue.

Pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence, jamais des résultats n’avaient été aussi catastrophiques pour les élèves en classe de terminale. Et pour emprunter la « Une » de « Fraternité matin » (le journal gouvernemental) de ce jour : « BAC, la débâcle ». Le mal est là. De plus en plus profond au fil des années. Touchant même les classes du cycle primaire.

« Les résultats de la session 2011 de l’examen du Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (CEPE) ont été proclamés le mardi 20/09/2011 et ont donné un taux d’admission de 58, 22%. Selon Madame le Ministre de l’Education Nationale, Kandia CAMARA, ces résultats ne sont pas fameux comparés à ceux de la session 2010 qui étaient de 68, 90%. » (Source site du ministère de l’éducation nationale)

Je me demande bien ce qu’il en sera pour les résultats prochains du BEPC (Brevet d'étude du premier cycle) et du BTS (Brevet de Techniciens supérieurs) ? Certainement, dans la même mouvance.

Pourtant, les nouveaux bacheliers ne sont pas forcément les plus heureux. Vers qu’elles universités iront-ils ? Certainement pas vers celles de Cocody ou d’Abobo-Adjamé. Elles sont (officiellement) fermées pour rénovation. Pour combien de temps ? Nul ne le sait. De nombreux étudiants, sont donc là, à attendre impatiemment qu’une date leur soit communiquée. « C’est une année blanche qui ne dit pas son nom » me lançait un étudiant en communication avant de tenter de me démontrer que « pour les tenants du pouvoir actuel, annoncer une année blanche est mauvais pour leur communication et pour leur image. Eux qui ont voulu montrer et prouver qu’en dépit de tout il pouvait sauver l’école ivoirienne ».

Je demandais à un de mes jeunes amis son année d’étude. Il m’a répondu avec un éclat de rire : « Je suis année de maitrise, si l’université ouvre. Sinon considérons que je suis en Licence de droit ». Derrière ce rire, se cachait une grosse angoisse. Celle d’un avenir académique incertain.

Pour les nouveaux bacheliers donc, rien de rassurant les attends. « A part ceux dont les parents ont les moyens pour une université privée –dont la scolarité est au bas mot à 700 000 Francs CFA (un peu plus de 1000 euros) - ou pour les envoyer à l'étranger ».

Il est donc temps de se poser un peu pour que tous les acteurs du système éducatif ivoirien fassent un vrai diagnostic. COGES, Parents d’élèves, associations estudiantine et scolaire, ministère de l’éducation nationale, partenaires de notre système éducatif. Et qu'à ce diagnostic on y apporte de vraies réponses et des solutions durables. Parce qu’avec de tels scores ne soyons pas étonnés qu’à l’extérieur nos diplômes perdent de la valeur.

09 octobre 2011

Si le BarcampAbidjan 2011 m’était compté…

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Un, deux, et … TROIS ! le Barcamp Abidjan 2011 a tenu toutes ses promesses. Pour cette troisième édition l’équipe d’Akendewa que préside JP Ehouman, n’a pas lésiné sur les moyens, ni sur les speakers encore moins sur l’organisation de façon globale. On a des entendu des rires, on vu des larmes, on a senti des silences, on a touché des stars, on a goûté de bons plats (au sens réel comme intellectuel). On a vécu tout simplement à ce BArcamp.

De 1 ! choix d’un "directeur-araignée"

Je reste convaincu que le choix de Cyriac Gbogou (le Chef du village #kpakpatoya) n’était pas fortuit ni le fruit d’un hasard. C’est un homme à 6 bras et à 6 pieds. Véritable chef d’orchestre, il ne manque pas de se mettre lui-même à la tâche quand il le faut. Au four et au moulin, « Krikri » (ou Siriki) a été la pièce maîtresse de la réussite de cette 3e édition du Barcamp Abidjan. Tantôt en pagne traditionnel, tantôt en tee shirt, c’était lui, l’homme de la situation. Le capitaine du bateau. A l’écoute de certains et au secours des autres.

De 2 ! Des Speakers de qualité…

…venus d’ici et (parfois de très) loin, les intervenants tous aussi intéressants les uns que les autres ont enseigné, conseillé, orienté et souvent évangélisé. Pour ma part, ici en Côte d’Ivoire, je retiens la participation du ministre de la jeunesse, Alain Lobognon, qui les jours ouvrables était sous le costume de ministre et le samedi dans son jean de geek. Il n’a pas manqué de suivre physiquement ou on line les différentes articulations de cette rencontre. Les organisateurs le diront, il a été d’un appui fort (et concret) dans l’organisation.

Je ne parlerai même pas des activistes du web qui se sont entassés dans la salle devenue trop petite depuis le premier jour pour contenir tout le monde. (Bon sur toutes les lèvres semblent se dessiner le palais de la culture pour le #BarcampAbidjan2012).

Je ne parle même pas de ces orateurs de talents qui ont suscité ovation et cris d’admiration dans la salle. Je ne parle même pas de ces speakers qui ont imposé le silence par leur démonstration, qui ont tenu en haleine l’assemblée parfois pendant plus d’une heure. Je ne parlerai même pas enfin, de ces simples utilisateurs et curieux qui sont entrés dans la grande famille Web de Babi (mot pour désigner « Abidjan » en nouchi, argot ivoirien).

Et de 3 ! Lieux de rencontre et de découverte

S’il y a un élément fascinant qu’on observe dans chaque rassemblement de ce genre, c’est le côté découverte. Un peu comme à la fin d’un jeu d’invisibilité. Sauf que dans les rassemblements d’acteurs ou d’utilisateurs du web, on a l’impression de se connaitre depuis longtemps. J’étais heureux de voir Nnenna, Francis Pisani. De rencontrer Anicet le Chorégraphe et toutes ces personnes qui de façon rapide te disent (avec un large sourire) "bonjour je suis …". Et tout de suite vous vous mettez à raconter vos vies. Parce que vous êtes « e-potes » depuis de longues années sur la toile.

Le BarcampAbidjan2011 a réussi à resserrer les liens entre les membres de la webcommunauté ivoirienne, mais aussi avec d’autres amis d’ailleurs.

Ce que je retiens :

« Innovation » ! A n’en point douter, c’est le mot qui est revenu le plus souvent. J’ai suivi avec beaucoup d’attention l’intervention de Mohamed Diaby. Et la définition que j’en garde : « L’innovation, c’est prendre des choses futiles pour en faire quelque chose d’utile ». Je salue donc tous les innovateurs ivoiriens, qui ont réussi à transformer notre vie, nos habitudes par ce qu’ils ont apporté. Quand j’entends (par exemple) #CIVSocial, je vois des vies sauvées, je vois des catastrophes évitées.

La Côte d’Ivoire a amorcé une ascension fulgurante depuis ces 3 dernières années… de grandes choses nous attendent en 2012 : l’année du Web ivoirien.

23 septembre 2011

Un point de + pour Facebook

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Je ne sais pas si Google s'en remettra, mais je suis bluffé par le nouveau visage de Facebook. Le Géant Google - en ouvrant son réseau social à tout le monde - avait cru courcicuiter la conférence du patron de Facebook (qui s'est tenu hier). Comme me l'indiquait un de mes collaborateurs ce matin, nous sommes en train de tendre inexorablement vers le "Livre de notre Vie"... Notre LifeBook. Une idée qui je crois, a guidé et conduit Marck Zuckerberg et sa troupe jusqu'à présent. Mais cette fois en plus grand. Avec ce que les spécialistes appellent "L'arme Fatale": l'Open Graph.

J'ai donc testé. J'ai une "Timeline". Pas mal du tout. Pas du tout compliqué à installer. J'ai utilisé le "tuto" mis à dispositon par Presse-citron (Merci Eric DUppin!).

Mais qu'est ce que ça change ?

Beaucoup. D'abord j'ai un archivage (et un visuel) plus vaste mais bien précis de mes "activités" sur Facebook. Par exemple, je peux revoir des anciens post en me souvenant de la date. Plus besoin de passer des heures à cliquer sur "Publication plus ancienne" avant d'espérer trouver l'article recherché. Je peux aussi voir dans le même temps sur la même page ce que font mes amis (avant il fallait cliquer au préalabre sur "Accueil"). POur la confidentialité, vous pouvez choisir de montrer votre "nouveau visage" à tout le monde ou de le garder pour vous seul ou pour vos "amis".

Mais ce qui m'enchante le plus, c'est le design. je le trouve plus... chic. En plus, je peux choisir (comme sur un blog) le type d'affichage que je veux, où je veux disposer mes colonnes etc...

En attendant les (Noooombreuses) mises à jour qui vont suivre, je me plais à explorer cette nouveauté.

L'orgueil de Facebook semble avoir été touché depuis le lancement de Google+. La tactique de "l'armée" Facebook semble avoir été de faire semblant de copier les applications de leur "nouveau" rival et de provoquer une riposte sur ce terrain. Et pendant ce temps, des "snipers" bossaient librement pour sortir ce "truc de Ouf". A la guerre comme à la guerre, je me demande bien quel coup Google pourrait donner de PLUS ?

08 juin 2011

Web, liberté d'expression et notre responsabilité

freedomofexpressionr.jpgJe suis à Johannesburg pour participer (du 8 au 9 juin) à un atelier sur la liberté d’expression en ligne. Un « Workshop » parrainé par Google et organisé par « Global Voices et le Committee to Protect Journalists ». « Freedom of Expression in Sub-Saharan Africa ».

Les organisateurs justifient l’opportunité d’une telle rencontre par le fait qu’il y a « un besoin croissant pour une sensibilisation accrue » à la liberté d’expression en Afrique. Surtout sur Internet. «Cette nécessité, souligne Google South Africa, est devenue plus urgente à la lumière des actes de plus en plus agressifs et sophistiqués de la part de certains gouvernements africains en vue supprimer la liberté d'expression ».

Et les exemples sont légions. Les méthodes de blocages aussi. Espionnage, le blocage des accès aux plateformes de réseaux sociaux, fermeture de services mobiles tels que SMS (On a connu ça pendant des mois en Côte d’Ivoire).

Le Workshop va se concentrer sur les journalistes et les blogueurs et les risques qu’ils encourent dans certains pays. Objectif, trouver des tactiques et les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d’expression.

Des pratiques qui peuvent nous être utile, à l’heure où la Côte d’Ivoire veut sortir de longs moments de crises (qui ont sévèrement touchés la presse). Des journalistes sont encore aujourd'hui dans la peur et dans la crainte de sortir leurs plumes. Les quatre derniers mois ont été terribles. Assassinats, emprisonnement, enlèvement, agression physique, menace de mort. Des journalistes de tous les camps ont été traqués par des partisans du camp adverse. (Ils sont moins nombreux aujourd’hui, mais toujours aussi (volontairement ou non) censurés).

C’est désormais aussi l’un des challenges qui attendent les nouvelles autorités : Réconcilier (toute) la presse avec la (vraie) liberté d’expression, mais aussi les journalistes avec le professionnalisme et la responsabilité.

Sur le Web, les choses sont moins pénibles. Les agressions se limitent à des injures, des menaces en ligne. Certains blogueurs ont vu parfois leur appareils photos confisqués. [D'autres blogueurs préfèrent ne pas se montrer à visage découvert au regard de leur prise de position en faveur (ou contre) un camp].

C’est sûr, c’est une opportunité pour les blogueurs (et ceux qui utilisent le web) qu’Internet échappe (pour l’instant) aux autorités. Sur les blogs et les réseaux sociaux, tout se dit. Il y a seulement qu’à regarder sur le hashtag #civ2010 (twitter) pour s’en rendre compte.

Les sites et blogs se sont multipliés par 50, voire même plus au cours de ces derniers mois. C’est une bonne chose ! Ce à quoi tous doivent être sensibilisés, c’est la responsabilité. Liberté TOTALE d’expression OUI ! mais tous les acteurs doivent mesurer à quel point un simple mot ou une simple phrase sur internet ou sur du papier peut être aussi destructrice qu’un obus. C’est la leçon que je garde.

 

07 mai 2011

Maintenant allons de l’avant

Hier vendredi 6 mai 20111, Alassane Ouattara a prêté serment comme « Président de la république de Côte d’Ivoire ». Au nombre des invités présent à cette cérémonie brève mais « pleine d’émotions » (selon les participants), on a aperçu le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, le président du Conseil constitutionnel, Yao Paul N'dré, le président du Conseil économique et social, Laurent Donat Fologo, le président de la Cour suprême, TIa Koné, le Grand Chancelier, le Chef d’Etat Major des armées (et tous les généraux), le doyen des diplomates, le Nonce Apostolique, (une partie de) la presse nationale et internationale.

Désormais, je l’espère en tout cas, le film d’horreur « crise Post-électoral » doit être loin derrière nous. Quelqu’un me disait au téléphone, « si on aime ADO, on doit se mettre au travail pour l’accompagner dans son programme. Et si on ne l’aime pas, on doit lui accorder le bénéfice du doute et si c’est trop dur pour nous, alors vengeons-nous dans le travail en travaillant plus ». J’en ai rit. Mais je trouve que mon interlocuteur avait raison.

Il nous faut nous mettre rapidement au travail. Nous avons perdu trop de vies humaines, trop de temps, trop d’argent et surtout trop de confiance réciproque entre Ivoiriens. Et tout ça « grâce » au Conseil constitutionnel. Pendant 4 mois les deux camps (LMP Vs RHDP) se sont bagarrés à coup de médias, de menaces et d’armes (très souvent ) lourdes.

Aujourd’hui avec cette prestation de serment, Ouattara prend officiellement la fonction suprême de la Côte d’Ivoire. Qu’on le veuille ou pas, il va falloir faire avec. Et c’est dans l’intérêt de la Cöte d’Ivoire que nous avancions tous les mains dans les mains. Sinon, on peut choisir de continuer encore de se bagarrer et de faire davantage reculer la Côte d’Ivoire. Ou alors on peut décider de mettre tout en œuvre (chacun à son niveau et dans son domaine) pour que l’éléphant d’Afrique se remette sur ces pattes.

C’est sûr Ouattara tout comme Gbagbo ont beaucoup de chose à nous expliquer. J’espère que la plateforme « Vérité & réconciliation » nous permettra de mieux comprendre ces quatre mois de crises profondes, dont on en garde encore les stigmates.

La pensée de la semaine : "Satan nous a possédé", Yao Paul N'dré, président du conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, à propos de la crise.

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

18 janvier 2011

Epitre à un Grand Inconnu

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Je ne t’ai pas connu

Mais ce soir je verse une larme pour toi,

Cher inconnu

D’une forêt assiégée de putois.

 

Je ne t’ai jamais connu

Car je n’étais pas encore né.

Et pourtant,

Je ressens ton combat de l’indépendance AB-SO-LUE

Qu’à l’Afrique tu as voulu donner.

 

Et Pourtant…

L’histoire a chaussé ses mêmes ablacons.

Ce qui te tiraillais hier,

Me chiffonne aujourd’hui.

 

Le Temps

Est redevenu sombre du haut de mon balcon.

Ceux qui te mitraillaient hier

Ont gardé l’habitude du Chien-maudit.

 

Et je dis,

L’histoire a gardé ses mêmes ablacons sales.

Les Assassins de la forêt

Sont devenus maîtres dans les crimes de nos villes.

 

L’histoire a conservé ses « Sauvages » dans les malles

Les Vautours de ton corps fusillé, brulé puis transformé en engrais

Sont restés des manipulateurs habiles.

 

Et pourtant,

Je ne t’ai jamais connu

Ô toi « GRAND INCONNU ».

Mais je ressens sur mon cœur

Les goûts acides du sourire de tes « torpilleurs »

 

Et pourtant,

Je les reconnais :

Communauté Internationale

Casques

Bleus et Blancs

Sang rouge vif

Forêt noire…

Pluie meurtrière

 

Je les revois.

Encore

Aujourd’hui

Entassés

Relookés

Entrelacés

Autour de nos vies…

De nos survies.

 

L’histoire n’a pas changé d’ablacon.

Poils pourris

Sexe meurtri

Cacao, Café, Coco, Beauté

Hévéa, Or, Dictat, morts.

Diamant, Cuivre et Fer

Savamment arrachés à nos pères.

 

Nos mémoires ont de la mémoire

Vives ou mortes

Elles retiennent.

Pour nous et pour nos enfants,

Patrice tu auras existé.

 

Lille le 17 janvier 2011, pour celui que je n’ai jamais connu

(Israël Yoroba GUEBO)

08 septembre 2010

Doit-on se faire vacciner contre la grippe A ?

 

grippea.jpgUne campagne contre la grippe A H1N1 a été lancée depuis le 2 septembre à Abidjan pour vacciner les « les enfants de 0 à 5 ans, les personnes vivant avec des maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, drépanocytose, asthme), le personnel de santé, les femmes enceintes, les hommes de média, les forces de l'ordre ».

Selon le directeur de cabinet du ministre de la santé de Côte d’Ivoire, le Professeur Ehilé Etienne "malgré la déclaration de la fin de l'épidémie par l'OMS, le virus circule toujours et nul n'est à l'abri d'une flambée épidémique". "La surveillance épidémiologique et la vaccination sont toujours d'actualité", s’est d’ailleurs justifié Dr. Kalilou, représentant le représentant résident de l'OMS en Côte d'Ivoire. Ainsi, pendant une semaine (la campagne de vaccination s’achève ce mercredi 8 septembre), des milliers de personnes sur toute l’étendue des districts sanitaires devaient recevoir des doses du vaccin. Précisément 2 millions de doses offertes à la Côte d'Ivoire avec l'appui de l'USAID et des autres partenaires du pays.

Quand on sait que ce vaccin a fait des vagues et a été boudé dans les pays européens, on est en droit de s’interroger ? Quand on sait que des pays comme la France se sont retrouvés avec de nombreuses doses du vaccin sous la main, ne faut-il pas s’inquiéter de cette générosité médicale ?

En France, le vaccin n’a pas été très bien accueilli par la population parce que plusieurs avaient estimé qu’il (le vaccin) avait été concocté avec trop de précipitation et sans vraiment respecter des tests dans la durée. Le débat avait fait rage. Mais ici en Côte d’Ivoire, on a tout de suite plongé sur le cadeau qui nous a été offert sans forcément se poser des questions.

« Depuis le début novembre 2009, les autorités françaises ont compris que le nombre de doses commandées - 94 millions pour un montant officiel de 675 millions d'euros - serait beaucoup trop important. Cette commande correspondait en effet à deux injections par personne, un schéma de vaccination abandonné par l'OMS définitivement le 20 novembre. (…) Les Pays-Bas, qui avaient commandé 34 millions de doses, ont également annoncé leur intention d'en revendre 19 millions », écrivait le journal français le Figaro. Les grandes puissances désormais se livrent une réelle bataille pour écouler les stocks restants. Ventes, dons, etc… tout y passe.

La bataille du "largage"

En janvier 2010, le Quai d'Orsay a acheminé près d'un million de doses de vaccin, destinées aux communautés françaises expatriées. Accessoirement, «de manière ponctuelle, lorsque des gouvernements cherchent à s'en procurer et nous sollicitent», dit-on au ministère des Affaires étrangères, les représentations françaises à l'étranger «font remonter l'information» vers le ministère de la Santé, «qui y répond». 300.000 doses ont été vendues au Qatar, 2 millions de vaccins étaient en passe d'être cédés à l'Égypte. L'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, le Mexique étaient également aussi sur les rangs.

D'autres pays sont en concurrence pour leur fournir des vaccins, notamment l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse. Mais «ce n'est pas une compétition commerciale», soulignait en début d’année Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d'Orsay.

Alors, faisons-nous partie de ces pays à qui on livre ces « restangolots » de doses vaccins ? Les populations ont-elle eu suffisamment d’informations sur le vaccin qu’on leur injecte ? Je crois que le ministère de la santé ne devrait pas se précipiter de (nous) vacciner. Pour ma part, je crois qu’il faut faire attention (surtout en matière de santé) aux substances qu’on nous injecte trop vite. Aux vaccins fabriqués à la hâte. Rien ne presse. Il faut prendre le temps de bien cerner tous les contours du vaccin. Pour ne pas que les doses qu’on nous donne gratuitement deviennent finalement des cadeaux empoisonnés. Vigilance !

 

 

31 août 2010

Cité Mermoz, zone interdite ?


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Depuis un peu plus d’un an que j’ai lancé le projet des Avenues et particulièrement Avenue225, mon objectif était d’essayer de montrer le quotidien de la Côte d’Ivoire, les vraies réalités. J’ai voulu avec la belle équipe d’Avenants (les rédacteurs web d’Avenue) qui m’accompagnent sortir du quotidien chargé des agendas politiques et rester concentré sur « l’information de proximité ». Le journalisme citoyen est notre cheval de bataille et nous essayons de faire chaque jour un peu mieux en comptant sur les encouragements, les remarques et critiques (parfois dures) de nos lecteurs.

Dans cette logique nous touchons tous les sujets qui nous paraissent intéressants. Ce qu’il y a de beau, de bon mais aussi ce qui ne nous honore pas en tant qu’Ivoirien et qu’il faut dénoncer et changer. Mais voilà, il semble qu’il y a des sujets ou des zones dans lesquelles il ne faut pas s’aventurer. Et aujourd’hui l’un de nos Avenants paie les frais de ses écrits.

Judik-Hael Dahé est un jeune étudiant en licence de droit. Il est aussi l’un des rédacteurs web d’Avenue225. « Judik » réside à la cité universitaire de Mermoz où de temps en temps il rapporte des situations intéressantes et parfois surprenantes sur la vie en cité. Le 8 juille t dernier, il a écrit un article sur le restaurant de la cité. « Le restaurant universitaire de Mermoz bientôt fermé? ».

« La situation du restaurant universitaire de Mermoz dans cette période était très critique. Si bien que certains étudiants qui résident au sein de la cité trouvaient dans le fait d'aller chaque midi et soir prendre leur nourriture, un véritable calvaire », affirme Judik. Il prend sur lui l’initiative de mettre à nu cette situation. Manque d’hygiène, nourriture fade et faite sans grand soin etc. L’article met le doigt sur la situation désastreuse du restaurant d’une cité universitaire jadis enviée. Le Centre régional des oeuvres universitaires d’Abidjan (CROU-A) et la société prestataire se rejettent mutuellement la faute. Les photos qui illustrent le papier font vomir. L’article de l’Avenant est reprit par le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.

reastomermoz.jpgUn plat indigeste

« Sans le savoir je mettais donc le pieds dans un plat qui allait être difficile pour moi à digérer ». L’auteur de l’article contre toute attente va être convoqué. « Un matin, en cours, mon portable se met à sonner. Je décroche, une voix me dit de rentrer d'urgence sur la cité universitaire (...) Une trentaine de minutes plus tard, une autre voix, que je reconnais d'ailleurs me dit avec insistance la même chose ».

Sur la cité, il est au banc des accusés. En face de lui, des responsables du CROU-A, la société prestataire mais aussi des responsables de la Fedération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci, principal syndicat). Judik est accusé dans un premier temps d’avoir diffusé les propos du responsable du CROU-A sans son autorisation et dans un second temps d’avoir fai ;/script> t son reportage sans avoir obtenu la permission de la Fesci. En guise de réparation, les éléments de la Fesci écrivent eux-mêmes un article qu’ils nous somment de diffuser. L’article dit en résumé que tout va bien et que ce que nous avons publié est faux.

Je dépêche donc une équipe pour calmer les esprits. Et leur faire comprendre qu’un tel papier ne peux passer dans notre espace, parce qu’il ne reflète pas la vérité et va contre notre ligne éditoriale. Nous leur propo sons donc de revenir quand les choses se seront améliorées afin d’indiquer sur notre site et dans le Nouveau Courrier les avancées dans le Resto’ U. Une proposition qui trouve l’assentiment de tous.

Une semaine après cette rencontre, Judik se rend compte que (subitement) les choses sont en train d’évoluer. Le Chef cuisinier est remplacé par un autre diplômé d’une école professionnelle d’hôtellerie. Le menu est amélioré. « Les étudiants ont même été étonnés par ce changement soudain ». Judik fait un autre papier « Restaurant universitaire de Mermoz : Les choses s’améliorent ! ». L’article est repris par Le Nouveau Courrier et tout rentre dans l’ordr e… mais par pour longtemps.

Quelques semaines plus tard, nous organisons une formation à Abidjan pour les Avenants régionaux. Ils sont logés à proximité de la cité Mermoz. L’un d’eux dans le cadre d’un exercice fait un détour par la cité et se rend compte qu’elle n’est plus la résidence qu’il a connue il y a des années en arrière.

Son papier est publié le 22 août sur le site Avenue225 et il est repris le lendemain par Le Nouveau Courrier. "Cité Mermoz, la vie universitaire en décadence". C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Des éléments de la Fesci font irruption dans la chambre de Judik pour manifester leur mécontentement. «Ils m’ont demandé de révéler le lieu où ils peuvent retrouver l’auteur de l’article ». Pour eux, si l’article a été diffusé dans la presse, c’est bien parce que Judik-Hael Dahe l’a autorisé. Son appareil photo est confisqué et un ultimatum lui est donné pour qu’il « livre celui qui a raconté ces choses sur la cité Mermoz ». L’Avenant dort d ésormais d’un œil, ne sachant comment cela va finir.

La cité Mermoz et les sujets des étudiants apparaissent comme des dossiers à ne pas toucher. Des enquêtes à ne pas mener. Sans avoir la prétention de vouloir faire de l’investigation dans le style « Les Experts Miami », je crois que tout citoyen à le droit de dire ce qu’il pense et de présenter aux yeux du monde son environnement immédiat où il vit. Et c’est ce qu’a fait cet Avenant. C’est d’ailleurs pour cela qu’Avenue225 est né. Donner la parole aux citoyens qui vivent en Côte d’Ivoire. Visiblement, cette mission a ses limites dans des zones comme la cité Mermoz, au point de recevoir des menaces et de confisquer le matériel de ceux qui font leur travail.

Pour nous, ce n’est pas un élément dissuasif. C’est plutôt un encouragement à persévérer car en fin de compte c’est bien la preuve que nous sommes écoutés et que nous pouvons à notre façon faire bouger les choses. Aujourd’hui, le restaurant de la cité universitaire de Mermoz est fermé pour rénovation. Et nous sommes heureux et fiers d’avoir contribué à faire changer les choses.

Cependant, pour ne pas mettre la vie des Avenants en danger (puisque certains vivent en résidences universitaires), je leur ai demandé (pour l’instant) de ne pas écrire sur tout ce qui touche aux étudiants et à la Fesci. Il y a bien d’autres aspects de la vie quotidienne des Ivoiriens que nous pourrions montrer. Et c’est ce que nous allons nous atteler à faire.

 

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