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02 mai 2011

Western Union de retour en Côte d'Ivoire

trans_western.jpgCe matin sur mon mobile je reçois ce message du 10044 (je suis abonné à la newsletter de Western Union): "Flash Info Western Union: Le service transfert d'argent vers  la Côte d'Ivoire est de nouveau disponible!". Très heureux donc, je porte le message à la connaissance de tous via mon profil Facebook et Twitter. Mais les commentaires et autres interrogations sur la véracité de cette info m'emmènent à rechercher confirmation.

[Un ami m'a dit inbox: "Yoro, pardon, il y a trop rumeurs maintenant à Abidjan. Donc confirme-moi s'il te plait"].

J'appelle donc le siège de Western Union en France au 08 00 900 407. J'ai au bout du fil le sevice client à qui je demande confirmation de l'information. "Pour quelle(s) ville(s) Monsieur ?", me demande la dame au bout du fil. Je lui indique que je voudrais savoir s'il est possible d'envoyer de l'argent à Abidjan, où à partir d'Abidjan. Elle me repond que oui en ajoutant "pour Abidjan, mais aussi Yamoussoukro et quelques villes du pays".

C'est une assez bonne nouvelle. Bientôt donc, ce sera l'ensemble des (Plus de) 570 points de vente en Côte d'Ivoire qui seront disponibles "pour envoyer et recevoir de l'argent rapidement et avec fiabilité".

18 avril 2011

Abidjan retrouve ses lundis

Abidjan_normale.JPG

La vie est en train de reprendre, on ne peut plus en douter. Ce matin j’ai entendu les nombreux klaxons des taxis et autres wôrôs wôrôs (taxis communaux). J'ai vu les gbakas (mini bus) et leur apprentis-accrobates. J'ai revu la vendeuse de "pain-condiments". Oui, elle aussi est de retour. Sur les trottoirs, des personnes attendaient patiemment des taxis pour certainement se rendre au travail. Dans les véhicules, les discussions sont bonne enfant. On revient sur les derniers évènements en Côte d’Ivoire, le changement de régimes, les peurs, les craintes mais aussi les espoirs pour demain.

woro woro.jpg

Pour certains, c’est leur première sortie après 3 semaines de « réclusions » rythmées de tirs, de bombardements, de rumeurs et de souffrances. «ça chauffé ici on dirait », s’exclame une dame à bord d’un véhicule qui l’emmène de Treichville à Bassam en montrant du doigt un bâtiment littéralement saccagé.. «Ce sont les bureaux de Côte d'Ivoire télécom», rétorque le chauffeur du véhicule.

Par moment j'aperçois à certains arrêts de bus des gens adossés sur les bords de l’abri. «Ils attendent le bus », lance quelqu’un. Dans la rue j'en vois très peu d’ailleurs. Mais il y en a quand même. La vie à Abidjan est en train de reprendre on ne peut pas plus en douter. Désormais, il faut que les banques ouvrent et il faut que le Plateau (centre administratif et des affaires) se mette en marche.

Finalement, je pense qu’il est important de se (re)mettre rapidement au travail. Laissons aux politicienx de régler les questions politiques, aux militaires et policiers de s’occuper de l’aspect militaire et sécuritaire. Mais nous, réconcilions-nous avec le travail et mettons de côté nos rancœurs car comme on aime bien le dire ici à Abidjan « Nous sommes obligés de vivre ensemble ». Si pour une fois de plus, nous avons l’occasion de relever la Côte d’Ivoire, n’hésitons pas. La vie continue et elle peut être meilleure pour tous, si et seulement nous décidons de mettre fin à tout sorte de belligérance.

Dieu bénisse la Côte d’Ivoire !

Crédit photo 1: Abidjan.net

 

15 avril 2011

Paypal va débloquer les fonds du #civsocial

Dans mon précédent post, on parlait de comment les fonds du #civsocial avait été bloqués par l'entreprise Paypal. Aujourd'hui 15 avril 2011 les choses semblent avoir bougé dans le bon sens.

Je vous propose l'article de Jean Patrick Ehouman qui nous explique comment "Paypal s’est rachetée une image en Côte d’Ivoire grâce à Akendewa et ".

14 avril 2011

Quand Paypal "sabote" #civsocial

 

paypal.jpgL'opération #civsocial lancé par l'Ong Akendewa risque de prendre un sacré coup. Et si tel est le cas, ce sont des milliers de personnes en detresses qui souffriront encore plus dans ce climat de crise humanitaire aigue. A l'origine du frein de cette action humanitaire, Paypal.

Depuis ce matin de nombreux messages circulent sur la toile, nous invitant à signer une pétition, mieux à demander à paypal de débloquer les fonds d'Akendewa qu'ils retiennent. Pour mieux comprendre ce qui se passe, j'ai demandé à Jean Patrick Ehouman, président de l'Ong, de m'éclairer. Je partage avec vous l'état des lieux et les conséquences si rien n'est fait.

Combien avez vous "entre les mains" de Paypal ?

"Nous n'avons pas grand chose. Il reste environs 3 000€ lorsqu'on enleve les taxes et aussi les premiers achats que j'ai réussi à faire juste avant qu'ils ne bloquent le compte"

Paypal n'était-il pas au courant du fait qu'Akendewa n'est pas une association française quand vous les sollicitiez pour ce projet ?

Comme mentionné dans la pétition, Akendewa n'est pas de droit français. Mais en attendant de créer une asso affiliée, dans l'urgence, j'ai utilisé mon compte et je les ai eu au téléphone lors d'un premier blocage pour leur expliquer le problème. Car nous ne pouvions pas créer un compte pour Akendewa vu que le système bancaire ivoirien est hors service. J'ai eu paypal au téléphone hier (mardi 12 avril, ndb) qui m'avait assuré que compte tenu de la situation bancaire en Côte d'Ivoire et de l'urgence humanitaire, les fonds seraient débloqués dans les heures qui suivaient. Et aujourd'hui, je les appelle ils me disent qu'en fait non".

Peux-tu expliquer aux internautes ce à quoi devrait servir cet argent ?

Oui. Avant que nous commençions la collecte, nous avions utilisé notre propre argent (qui n'appartient pas à Akendewa car les banques ivoiriennes fermées) pour acheter les premiers téléphones + 2 ordinateurs + 600 cedis d'unité téléphonique pour commencer. Mais les dons qui ont été octroyés par des personnes de bonnes volontés (et je les en remercie) servent à payer des unités téléphoniques. C'est avec ces unités que nous arrivons à (re)contacter les personnes qui ont besoin de secours soit pour les localiser ou pour trouver quelqu'un qui peut les aider. Les dons servent aussi à acheter des denrées de premières nécessité tels que le lait, le pain que nous donnons aux victimes lorsque nous arrivons sur place".

En conclusion, tant que Paypal bloque cet argent, ce sont de nombreuses personnes victimes de balles perdues, de manques de médicaments, en attente d'accouchement, qui meurent de faim ou de soif etc... qui seront livrées à elles-mêmes dans un environnement d'insécurité digne d'un film western. Je nous exhorte à signer la pétition et pour ceux qui le peuvent à harceler Paypal, au nom de toutes ces vies que cette entreprise va mettre en danger.

 

09 avril 2011

Chœurs unis pour la Paix en Côte d'Ivoire

choeur unis pour la paix.jpg

L’objectif était de réunir des jeunes ivoiriens qui vivent à l’extérieur, épris de paix et qui voulaient poser leurs voix sur le projet : Un Chœur pour la Paix. Un véritable Coeur à Choeur... avec des jeunes de divers pays de résidence, mais surtout sans considération religieuse, ni ethnique ou sociale.

Le jour même où l’idée a germé, j’ai lancé un appel sur Facebook. J’ai automatiquement reçu une dizaine de réponses d’au moins 5 pays différents et 3 continents différents. Amérique, Europe, Asie. 10 jeunes ivoiriens en tout ont particpé de façon bénévole mais avec leur cœur à ce projet.

L’idée était aussi de réussir avec des moyens amateurs à faire passer le message de paix. Les arrangements ont donc été fait sur un Yamaha MM3 avec comme logiciel le basic Audacity. La table de mixage qui a servie a capter le son est un Behringer Xenyx 1204USB avec une option USB. Je prenais donc directement les sons comme dans un vrai studio.

J’ai écris le texte et j’y ai mis la mélodie. J'ai voulu les paroles simples et la mélodie facile à retenir.

Refrain:

Tu es mon frère, prends-moi dans tes bras

Tu es ma soeur, j'ai besoin de toi

d'un même accord, cultivons la paix

d'un même choeur (ou choeur) préparons demain

Après un premier jet, chaque participant a reçu la chanson mais aussi le script avec les parties où chacun devait intervenir. Selon leur sensibilité mais avec talents, ils m’ont renvoyé leur voix (sans la musique). J’ai donc simplement collé sur ce qui existait au fur et à mesure que ça tombait.

En une semaine, on avait tous les éléments en place. Puis, deux longues nuits pour le mixage, histoire d’ajuster les sons et voilà !

Le clip !

Faire le clip était un autre challenge. J’ai donc décidé de prendre des vidéos amateurs de chaque chanteur. Les films ont été faits parfois avec des téléphones portables, souvent avec des webcams parfois aussi avec des appareils photos numériques ou des caméscopes.

L’une des difficultés étaient de rassembler ces vidéos parfois très lourdes. Nous avons donc utilisé deux services. Sendspace.com ou, pour les fichiers plus lourds, sendbox.fr.

Une fois rassemblés, les éléments ont été mis sur Dvd puis envoyé par la Poste à Paris pour le Mastering et la conception du clip par les soins de Sotty.

La conception de l’Affiche a été faite à Abidjan par mon p’tit frère qui me sert d’infographe (Son blog) et m'a été envoyée par mail via Gmail.

Voici donc le résultat de tout ce processus qui aura duré un peu plus de 15 jours et qui au final m’a été envoyé de la France à Abidjan via Internet grâce à Free..

C’est quoi la suite ?

Le Chœur unis pour la Paix avait souhaité au-delà d’une large diffusion sur Internet vendre le Dvd qui sera conçu et de reverser les bénéfices des ventes à une bonne œuvre. Finalement, nous mettrons cette vidéo en Open Source pour une plus large diffusion. Mais l'idée est de réaliser plus tard un bien meilleur clip et arriver à réunir tous ces jeunes qui ont participé à ce projet. Alors pour ceux qui voudraient contribuer à notre action nous accepterons vos dons. (Contacter le + 225 02 50 39 32 ) ou isyoroba@gmail.com

Crédit :

C’est l’occasion pour moi de remercier

Joelle Coulibaly, à Bangalore en Inde

Prisca Toti à Paris en France

Joas Adou à Bangalore en Inde

Tanguy Anegbele Indianapolis aux Usa

Armel Zadi à Fès au Maroc

Gerarld Kouassi à Rabat au Maroc

Le Chœur Zélikazé à Paris en France

Dany Assounh à Lyon en France

Landry Kouakou à Bruxelles en Belgique

Edja Marius à Paris en France

Israël Yoroba à Lille en France

Samuel G, pour la belle affiche

Guyguy pour les longues nuits à travailler sur le mastering et le Clip

Valerie pour ses encouragements

08 avril 2011

Abidjan : tragédie humanitaire à l’ombre de la guerre

Depuis quelques mois, je savais la situation difficile en Côte d’Ivoire et plus particulièrement à Abidjan. Aujourd’hui, elle est plus que jamais alarmante. C’est peu de le dire. Dans la cacophonie des bombardements aériens, à l’ombre de la bataille entre les deux camps, ce sont des centaines voire des milliers de victimes qu’on dénombrera quand tout redeviendra calme. Si bien sûr tout redevient calme.

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«Diallo, je voudrais deux litres d’huile et du riz », ai-je demandé il y a quelques jours au seul « boutiquier mauritanien » qui avait osé ouvrir. «C’est fini », m’a-t-il lancé. Les prix des seuls produits que j’ai pu acheter ont quasiment triplés de prix. Dans de nombreux quartiers comme le mien, les denrées alimentaires commencent à manquer. Les supermarchés et autre surface qui ont pu ouvrir ont été pris d’assaut par les clients ou même par des pillards. «On a pris ce qu’on pouvait. On espère que ça va suffire pour les jours à venir », me lance Adou un de mes amis que j’ai eu au téléphone. Il venait de faire ses provisions. Dans sa maison à la riviera, en plus de sa femme et de ses deux enfants, ce sont ajoutés deux familles. «Nous sommes 20 dans la maison, un deux chambres salon ».

Aujourd’hui, à Abidjan, chaque famille est déplacée ou accueille des familles déplacées. Il faut donc doubler les rations alimentaires qui se font de plus en plus rares.

Dans certains quartiers, il n’y a plus d’eau ni d’électricité. «Le courant est revenu seulement hier après plus d’une semaine de coupure », m’apprend Stéphane, un ami qui habite la Riviera 2. «Chez nous il n’y a plus d’eau. On se demande comment on va faire », s’interroge Dramane qui habite lui un quartier de la commune de Yopougon.

 

La santé au point mort !

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« Nous sommes débordés. Il y a des blessés par balles, des morts, des femmes enceintes. Mais le pire c’est qu’il n’y a pas de médecins », déplore N’Goran A. Il est l’un des rares médecins au CHU de Cocody. Les derniers bombardements de l’armée française ont aggravé les choses. Des maisons ont été détruites, des écoles aussi. Des hôpitaux aussi. «On a pas encore de bilan, mais croyez moi j’ai pu voir de nombreux corps à terre », raconte Partick S, sans pouvoir donner plus de précisions sur leurs nombres. « Je n’ai pas pu prendre des photos, moi aussi je fuyais », raconte t-il. Il fait partie de ceux qui ont voulu braver les bombardements aériens et qui sont sortis dans les rues. «L’un des dangers, craint-il, c’est qu’il y a encore des cadavres dans les rues et qui sont là depuis plusieurs jours. Bonjour l’épidémie de choléra ». Un autre ami qui, lui, habite Koumassi, m’a envoyé une photo d’un corps en putréfaction. «Ça fait 5 jours qu’il est là », précise t-il dans son mail. Dans les rues de la capitale désormais, cadavres et tas d’ordures se disputent les voies et trottoirs.

«Nous sommes débordés », lance Mohamed Diaby qui, avec d’autres blogueurs gèrent un « Call Center » pour les urgences. « Les appels à l’aide sont telles que sur notre échelle de crise, un blessé par balle est un incident mineur », témoigne t-il. Le manque de médicaments est criard. Quelques pharmacies ont ouvert. Mais il n’y a pas tous les médicaments. «Et même quand il y en a, combien sont ceux qui ont encore les moyens de se payer un médicament. Les banques sont fermées depuis plus d’une semaine », rappelle en colère Dr Blé, pharmacien.


L’insécurité est partout, la mort aussi

Cocody, Adjamé, Abobo, Marcory etc. Aucune commune n’est épargnée par ce climat d’insécurité grandissante. «Dans notre parking, ils ont fait coucher tous ceux qu’ils rencontraient avant de les dépouiller de tous leurs biens », raconte une habitante de la riviera Golf. Selon elle, les voitures étaient tâtées au fur et à mesure et certaines emportées par des hommes armés. «Surtout les 4×4 » précise t-elle.

Il y a quelques semaines des milliers de prisonniers ont été libérés des prisons. Certains se sont retrouvés avec des armes à la main. Abidjan a désormais encore plus peur. C’est désormais la porte ouverte à l’insécurité avec des braquages et pillages à l’arme lourde et à l’arme automatique. «C’est devenu la jungle », lance craintif un de mes collègues journalistes. «Moi j’évite de sortir. Parce qu’on raconte que les hommes en armes tirent sur les passants. C’est grave », s’indigne t-il.

Sur ce blog j’ai pu lire ce témoignage :

«Lorsque des coups de feu, souvent à l’arme lourde, ont commencé à tonner dans notre zone jeudi dernier, ma famille et moi avons choisi de nous enfermé dans la maison le temps que la situation redevienne normale. Le samedi, dans la matinée, nous avons reçu une visite de cinq hommes armés qui ont réussi à forcer notre portail. Ils ont ensuite fait irruption au salon et ont pu emporter tout ce qui était à leur porté, après m’avoir intimé l’ordre de leur remettre la clé des deux véhicules stationnés dans la cour», témoigne cet habitant du sous quartier Angré les Arcades. »

Abidjan perle des lagunes, est devenue délétère. Catastrophe humanitaire ? Oui. Je ne parle même pas de ces quartiers où désormais, être un homme valide c'est être une proie idéale à l’enrôlement dans une milice. Je ne parle même pas de tous ces nouveaux-nés qui naissent chaque jour et qui voient leur espérance de vie raccourcie. Je ne parle même pas de ces vieux et des malades qui n’attendent (ou n’appellent) que la mort.

A Abidjan, aujourd’hui c’est un climat de guerre. Le silence fait encore plus peur. « Car on ne sait pas si c’est le calme avant la tempête ». Et chaque jour on s’éloigne de plus en plus d’une voie de sortie pacifique. Et en arrière plan, les victimes commencent à se compter par milliers.

05 mars 2011

Et si on sortait de la crise par cette porte

J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !

jeveuxlovelapaix.pngC’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».

Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.

Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?

Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.

Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.

Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.

1222694817.jpgAu plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.

Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».

A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.

Regardons de près l’article 40 de notre constitution :

«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu
est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».

En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.

Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :

Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.

Favoriser la levée des embargos économiques

Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.

Réconcilier les Ivoiriens entre eux.

Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire

Renouer les contacts diplomatiques

Reformer les médias de Côte d’Ivoire

Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique

Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.

Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.

(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.

Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.

Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.

Dieu Bénisse notre Nation !

14 février 2011

Avec des mots (bien) de chez nous

mortderire.jpgCes dernières semaines de nouvelles expressions sont apparues sur facebook pour exprimer les joies, les rires, les étonnements et les colères. Avec cette mention en prime «mintnan la on fè en ivoirien, c bouclé sur les...» (Traduction : Maintenant on fait en version ivoirienne. Fini les…) lol, Mdr, vdr, ptdr...

Pour ceux qui ont raté le train il n’est pas tard. Je vous propose de vous abreuver de ces nouvelles lettres qui traduiront tout ce que vous ressentez. Avec des mots tirés des expressions quotidiennes et urbaines des Ivoiriens. Lool. Euh, je voulais dire ysvdrrrrrrr

YR = yé ri (je ris)

YRJYM = yé ri jikaaaa yé mourir (Je vais rire jusqu’à je vais mourir)

YRJYMOV = yé ri jikaaa yé mal o ventre (Je ris jusqu’à j’ai mal au ventre)

......TMD = ta me dja ou ta me douf (tu me tue)

TMK : ta me kill ou tu me kill (Tu vas me Kill, tu me tue)

YREF = ya rien en face (Il y a rien en face) à completer avec CM : cé maïs (C’est maïs, je sais pas comment traduire ça hein)

YRJYC = yé ri jikaaa yé chiéééé (Je ris jusqu’à je chie)

YRJYP= yé ri juska y péter (Je ris jusqu’à je pète)

YSV= yé si versé (Je suis versé, euh je crois que ça veut dire je suis dépassé non ?)

YSVDR = yé si versé de rire (Je suis versé de rire)

YSF = yé si fan - yé si fier (Je suis Fan, Je suis fier)

CPA = cé pa affaire (C’est pas affaire, à comprendre aussi par « C’est terrible ! »)

MD = Mal doux (Très intéressant)

CCS = Cè Cohan SAHé (C’est comme ça ça y est, on peut pas (le) changer)

RML= Rehade Mogo La (Regarde Môgô là, regarde ce gars là)

CR= Ca Roule (ça roule)

YSE= Ye sui enjailéé (Je suis enjaillé, je suis content)

CG= Cè Gatéé (C’est gâté, tout est mélangé ou C'est du bon selon les cas)

La liste n’est pas exhaustive et je laisse à votre imagination le soin de nous dénicher de nouvelles trouvailles que je completerai volontiers.

11 février 2011

Mesdames devenez Ayana !

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Couleurs chaudes, design classe et dans l’air du temps, actu intéressante, informations utiles et fouillées. Voici Ayana… le nouveau Webzine féminin. Je crois d’ailleurs que c’est le tout premier en Côte d’Ivoire non ? bon personnellement j’en connais pas d’autres.  En tout ce webzine est en ligne. Et je tiens ici à féliciter toute l’équipe qui a mis tout en œuvre pour que cette idée devienne vivante.

Pour sa sortie ce vendredi 11 février, je me permets donc d’en faire la pub tambour battant. Oui. Quand c’est bon et quand c’est beau et pro, pourquoi s’en priver.

Ayana, se veut « un webzine féminin, tendance et lifestyle, qui met un accès prépondérant sur la proximité avec ses lectrices. Car en général, les magazines africains féminins et/ou dédiés à la mode, négligent bien trop souvent cet aspect » (ça c’est vrai, ndlr).

Ayana s’adresse donc en priorité aux jeunes femmes africaines branchées, dynamique, qui s’activent et s’affirment, qu’elles soient des jeunes cadres dynamiques, des entrepreneurs ou des mères de famille ‘’new génération’’. Ayana est le webzine des jeunes africaines actives et branchées.

Mesdames soyez In. Soyez Ayana car cette fois vous êtes servies… accourez donc alors !

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06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

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Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.

01 décembre 2010

Concours du Meilleur blogueur de Côte d'Ivoire

 

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Afin de soutenir la production d’informations alternatives et l’expression des citoyens, l’Association Avenue Afrique organise Ivoire Blogs Awards. Le premier concours de blog à l’intention des blogueurs ivoiriens, ou des blogs sur la Côte d’Ivoire.

L’Association Avenue Afrique vise à offrir un espace d’expression et de débat alternatif et participatif, ouvert à tous les citoyens africains à travers le monde. Elle propose également de se saisir des nouvelles technologies, et particulièrement de plates-formes collaboratives d’édition et de publication web de contenus tel que les blogs, pour montrer le quotidien de ces pays le plus souvent défavorisés du point de vue des médias et en déficit d’informations critiques.

La compétition est donc ouverte ! Pour connaitre les critères, le calendrier, les prix, les membres du Jury ... rendez-vous sur le site du concours.

25 novembre 2010

Débat présidentiel télévisé: la leçon de la Côte d’Ivoire au monde

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Le souhait de tous ceux qui ont regardé avec attention ce débat télévisé, est que toutes ces promesses d’appel au calme et de l’acceptation des résultats du vote soient respectées. Le Chef de l’Etat et l’ancien premier ministre ont d’ailleurs pris l’engagement de respecter les résultats de la Commission électorale indépendante (Cei). C’est la Côte d’Ivoire qui en sortira grandie, et ça sera pour le bonheur de tous les Ivoiriens.

01 novembre 2010

Les élections présidentielles ivoiriennes à l'heure du WEB 2.0

Les élections présidentielles ivoiriennes ont bien eu lieu. Après des mois d'agitations et tergiversations, les Ivoiriens ont pris part au premier tour du scrutin qui s’est déroulé le dimanche 31 Octobre 2010.
La tenue du premier tour dans climat général apaisé a été salué par la plupart des commentateurs de la presse traditionnelle internationale et des observateurs. Une présence des internautes ivoiriens sur les réseaux sociaux et les outils de diffusion de contenus en ligne a aussi été observée.

Une nouveauté cette année, la participation en ligne de nombreux citoyens de Côte d’Ivoire qui ont organisé une couverture de la journée électorale en utilisant la palette d’outils Internet à disposition.

"Réglons tous nos problèmes dans la paix"

A noter surtout cette initiative de Diaby Cheik Mohamed qui traduit bien l’ambiance générale de la rue ivoirienne cette semaine : la volonté de transformer cette période électorale en moment de réconciliation. Le projet Peacevote incite les visiteurs du site à laisser des messages pacifiques pour la Côte d’Ivoire. La promotion du site a été assurée par de nombreuses voix de la culture en Côte d'Ivoire: Aïcha Koné, Ismaël Isaac ...

CoverItLive sur le site d'Avenue225


Israël Yoroba, étudiant en journalisme et bloggeur et son équipe d’Avenue225, site d’information ivoirien, ont fait le récit des opérations de vote et du climat général prévalent en divers lieux de Côte d’Ivoire. La couverture en dehors des grandes métropoles apportait notamment une richesse d’information supplémentaire. Pendant toute la journée, l’information en temps réel des évènements était assurée grâce à l’application coveritlive.

Le Buzz des élections sur Twitter.

Sur le réseau social Twitter, les hashtag #civ2010, #wonzomai et #peacevote, repris plusieurs centaines de fois, sont également une source d’information permettant d’obtenir en temps réel l’actualité électorale vue par les citoyens ivoiriens : Pour preuve, les incidents survenus dans les bureaux de vote en Région Parisienne ont été immédiatement signalés par des abonnés Twitter via leurs téléphones portables. L'utilisatrice @MaryMary225 a signalé les bousculades et les dégradations effectués dans son bureau de vote à Créteil.


La plateforme Wonzomai

La plateforme mise en place par Akendewa et Internet sans Frontières, Wonzomai, est une expérience inédite en Afrique Francophone. Plus d'un milier de visiteurs uniques se sont ainsi connectés le jour du scrutin, moins d’une semaine après son lancement. Elle a surtout permis au citoyen ivoirien de l’extérieur d’avoir un apperçu des informations capitales récoltées via Twitter.

Une difficulté cependant est apparue pour cette prmière utilisation : la réplication automatique des informations reçues via SMS n’a pas correctement fonctionné le jour du scrutin pour des raisons techniques. Cependant, une retranscription manuelle des incidents importants et vérifiés reçus a été opérée par l'équipe d'Akendewa et d'Internet Sans Frontières. La nécessité également de mettre en réseau les différentes organisations d’observation électorale présentes sur le terrain et les équipes chargées de faire fonctionner la plateforme est devenue évidente.

Lire l'intégralité de l'article sur Internet sans Frontière

02 octobre 2010

Evitez ce chemin, c’est du suicide !

C’est de la bêtise tout simplement. Bêtise quand des individus qui ont la vie des gens entre leur main, s’en foutent et préfèrent gagner du temps à nos risques et périls.

«Monsieur, ne vous inquiétez pas », me lance le conducteur du taxi que j’ai emprunté des 2-plateaux à la Riviera (deux quartiers chics de la commune présidentielle d’Abidjan). Normalement, le trajet classique ne présente aucun danger. Seulement, depuis quelques mois, la voie campus-riviera est fermée à la circulation. La raison : le pont qui relie ces deux points menace de s’effondrer. Après les pluies diluviennes qui se sont abattues ces vacances sur la capitale et les inondations qui ont suivie, des parties du bitume se sont effritées. L’alerte a été donnée par plusieurs médias. Et même si elles ont réagit un peu tardivement, les autorités abidjanaises ont décidé de se pencher sur ce cas. Première mesure : « Accès interdit ! ». Et pour bien signifier cette interdiction, de grandes barres de bétons (colorées de rouge et de blanc) ont été dressées à chaque extrémité du pont. Qu’à cela ne tienne ! Les chauffeurs de taxis (et même de véhicules personnelles) ont décidé de braver néanmoins cet interdit.

Ce mardi donc je suis assis dans le taxi, plongé dans mon téléphone, quand soudain, je le vois rouler en direction de la « route interdite ». Je m’étonne. Et en colère, j’intime l’ordre au chauffeur de faire demi-tour. «C’est un bon raccourci. On va éviter les embouteillages », se justifie t-il. Quand à savoir s’il n’a pas conscience du danger il me répond : «Où est le danger, tout le monde passe par ici… même les gros camions ».

Je décide alors de tenter l’expérience pour avoir le film. Mais ce que j’ai vu m'a donné à réfléchir. Au niveau de la partie affaissée, vous sentez bien la voiture descendre puis remonter. De part et d’autre de la route, on peut s’apercevoir que le pont ne tient qu’à un bout de terre. Qu’à cela ne tienne ! Tant qu’on peut vite passer, gagner du temps et donc de l’argent, notre vie et celle des personnes qu’on transporte n’a plus trop d’intérêt.

Alors que nous atteignons l’autre bout du chemin, je vois une file de véhicules qui n’attendait que nous libérions la route pour passer. Et parmi ces véhicules, un camion chargé de sable ronfle son moteur prêt à affronter ce pont à ses risques et périls. Bêtises tout simplement !

 

13 septembre 2010

Abidjan-Lomé: récit d’une traversée tumultueuse

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C’est parfois plaisant de faire des voyages par la route. Surtout quand vous devez traverser deux pays (Côte d’Ivoire et Ghana) pour atteindre un autre. Mais des fois, un tel voyage peut s’avérer ennuyeux, voire périlleux. D’Abidjan à Lomé en passant par Accra, le chemin n’est pas toujours facile à aborder. Des surprises peuvent vous attendre dans ce tourisme qui peut vite se transformer en cauchemar. Récit d’une traversée qui peut servir de « code de la route d’Abidjan à Lomé ».

Lire la suite

08 septembre 2010

Doit-on se faire vacciner contre la grippe A ?

 

grippea.jpgUne campagne contre la grippe A H1N1 a été lancée depuis le 2 septembre à Abidjan pour vacciner les « les enfants de 0 à 5 ans, les personnes vivant avec des maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, drépanocytose, asthme), le personnel de santé, les femmes enceintes, les hommes de média, les forces de l'ordre ».

Selon le directeur de cabinet du ministre de la santé de Côte d’Ivoire, le Professeur Ehilé Etienne "malgré la déclaration de la fin de l'épidémie par l'OMS, le virus circule toujours et nul n'est à l'abri d'une flambée épidémique". "La surveillance épidémiologique et la vaccination sont toujours d'actualité", s’est d’ailleurs justifié Dr. Kalilou, représentant le représentant résident de l'OMS en Côte d'Ivoire. Ainsi, pendant une semaine (la campagne de vaccination s’achève ce mercredi 8 septembre), des milliers de personnes sur toute l’étendue des districts sanitaires devaient recevoir des doses du vaccin. Précisément 2 millions de doses offertes à la Côte d'Ivoire avec l'appui de l'USAID et des autres partenaires du pays.

Quand on sait que ce vaccin a fait des vagues et a été boudé dans les pays européens, on est en droit de s’interroger ? Quand on sait que des pays comme la France se sont retrouvés avec de nombreuses doses du vaccin sous la main, ne faut-il pas s’inquiéter de cette générosité médicale ?

En France, le vaccin n’a pas été très bien accueilli par la population parce que plusieurs avaient estimé qu’il (le vaccin) avait été concocté avec trop de précipitation et sans vraiment respecter des tests dans la durée. Le débat avait fait rage. Mais ici en Côte d’Ivoire, on a tout de suite plongé sur le cadeau qui nous a été offert sans forcément se poser des questions.

« Depuis le début novembre 2009, les autorités françaises ont compris que le nombre de doses commandées - 94 millions pour un montant officiel de 675 millions d'euros - serait beaucoup trop important. Cette commande correspondait en effet à deux injections par personne, un schéma de vaccination abandonné par l'OMS définitivement le 20 novembre. (…) Les Pays-Bas, qui avaient commandé 34 millions de doses, ont également annoncé leur intention d'en revendre 19 millions », écrivait le journal français le Figaro. Les grandes puissances désormais se livrent une réelle bataille pour écouler les stocks restants. Ventes, dons, etc… tout y passe.

La bataille du "largage"

En janvier 2010, le Quai d'Orsay a acheminé près d'un million de doses de vaccin, destinées aux communautés françaises expatriées. Accessoirement, «de manière ponctuelle, lorsque des gouvernements cherchent à s'en procurer et nous sollicitent», dit-on au ministère des Affaires étrangères, les représentations françaises à l'étranger «font remonter l'information» vers le ministère de la Santé, «qui y répond». 300.000 doses ont été vendues au Qatar, 2 millions de vaccins étaient en passe d'être cédés à l'Égypte. L'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, le Mexique étaient également aussi sur les rangs.

D'autres pays sont en concurrence pour leur fournir des vaccins, notamment l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse. Mais «ce n'est pas une compétition commerciale», soulignait en début d’année Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d'Orsay.

Alors, faisons-nous partie de ces pays à qui on livre ces « restangolots » de doses vaccins ? Les populations ont-elle eu suffisamment d’informations sur le vaccin qu’on leur injecte ? Je crois que le ministère de la santé ne devrait pas se précipiter de (nous) vacciner. Pour ma part, je crois qu’il faut faire attention (surtout en matière de santé) aux substances qu’on nous injecte trop vite. Aux vaccins fabriqués à la hâte. Rien ne presse. Il faut prendre le temps de bien cerner tous les contours du vaccin. Pour ne pas que les doses qu’on nous donne gratuitement deviennent finalement des cadeaux empoisonnés. Vigilance !

 

 

03 septembre 2010

Gbagbo à Agboville, internet non plus

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Les populations d’Agboville qui pratiquent internet sont en colère. Depuis le jeudi 2 août la connexion internet a disparu. Et cela dans toute la ville. «Au départ je pensais que c’était juste une coupure momentanée, mais jusqu’à 23 heures il n’y avait toujours pas d’accès au web », raconte Wenceslas Achi, un habitant de la ville.

Une situation qui a occasionné une baisse des bénéfices dans les cybercafés. « Je me suis rabattu sur le traitement de texte et l’impression. Mais ça ne nous arrange pas », se plaint un gérant de cybercafé.

Les journalistes « handicapés »

Ceux qui ont le plus souffert de cette coupure sont les journalistes et autres agents de médias qui ont fait nombreux le déplacement dans l’Agnéby à la faveur de la visite du chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, dans la région.

16 heures les cybercafés sont bondés de monde. Pour la plupart des journalistes qui souhaitent saisir leurs comptes rendus et les envoyer par mail à leurs rédactions respectives. A leur grande surprise, «internet ne fonctionne pas ». C’est la panique. Certains appellent leurs rédactions pour les tenir informées. Il faut se dépêcher si l’information doit passer dans le journal du lendemain. D’autres improvisent. Ils saisissent leurs textes puis le dictent par téléphone à un autre journaliste resté à Abidjan. Ils sont tous dépités. Dégoutés. Tous sauf certains « grands médias » qui ont prévus des « clés internet ». Pour eux, c’est la quiétude et la sérénité. Les textes et les photos sont envoyés en quelques heures.

Un des correspondants d’un organe de presse écrite qui n’a pu transmettre ses photos et ses textes est amer et accuse. «Je ne crois pas en une coïncidence. Ce n’est pas la première fois. Lorsqu’il y a un grand évènement dans la région, c’est comme si les grands groupes de presse et la télévision font tout pour être les seuls à avoir l’exclusivité ».

« Quel pouvoir avons-nous pour suspendre la connexion dans toute une ville juste pour avoir la primeur de l’infos ? », se demande un journaliste de la première chaîne en rigolant.

Dans tous les cas, ce matin du vendredi 3 août, seul Fraternité Matin, le journal gouvernemental a pu faire un large compte rendu (avec photos) sur la première étape de la visite du président. La télévision également a diffusé de larges extraits de cette première journée de la tournée.

Simple coupure ou acte de sabotage ? Voilà deux jours que ça dure. Et les commentaires vont bon train pendant que le président poursuit paisiblement sa tournée dans l’Agneby.

 

31 août 2010

Cité Mermoz, zone interdite ?


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Depuis un peu plus d’un an que j’ai lancé le projet des Avenues et particulièrement Avenue225, mon objectif était d’essayer de montrer le quotidien de la Côte d’Ivoire, les vraies réalités. J’ai voulu avec la belle équipe d’Avenants (les rédacteurs web d’Avenue) qui m’accompagnent sortir du quotidien chargé des agendas politiques et rester concentré sur « l’information de proximité ». Le journalisme citoyen est notre cheval de bataille et nous essayons de faire chaque jour un peu mieux en comptant sur les encouragements, les remarques et critiques (parfois dures) de nos lecteurs.

Dans cette logique nous touchons tous les sujets qui nous paraissent intéressants. Ce qu’il y a de beau, de bon mais aussi ce qui ne nous honore pas en tant qu’Ivoirien et qu’il faut dénoncer et changer. Mais voilà, il semble qu’il y a des sujets ou des zones dans lesquelles il ne faut pas s’aventurer. Et aujourd’hui l’un de nos Avenants paie les frais de ses écrits.

Judik-Hael Dahé est un jeune étudiant en licence de droit. Il est aussi l’un des rédacteurs web d’Avenue225. « Judik » réside à la cité universitaire de Mermoz où de temps en temps il rapporte des situations intéressantes et parfois surprenantes sur la vie en cité. Le 8 juille t dernier, il a écrit un article sur le restaurant de la cité. « Le restaurant universitaire de Mermoz bientôt fermé? ».

« La situation du restaurant universitaire de Mermoz dans cette période était très critique. Si bien que certains étudiants qui résident au sein de la cité trouvaient dans le fait d'aller chaque midi et soir prendre leur nourriture, un véritable calvaire », affirme Judik. Il prend sur lui l’initiative de mettre à nu cette situation. Manque d’hygiène, nourriture fade et faite sans grand soin etc. L’article met le doigt sur la situation désastreuse du restaurant d’une cité universitaire jadis enviée. Le Centre régional des oeuvres universitaires d’Abidjan (CROU-A) et la société prestataire se rejettent mutuellement la faute. Les photos qui illustrent le papier font vomir. L’article de l’Avenant est reprit par le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.

reastomermoz.jpgUn plat indigeste

« Sans le savoir je mettais donc le pieds dans un plat qui allait être difficile pour moi à digérer ». L’auteur de l’article contre toute attente va être convoqué. « Un matin, en cours, mon portable se met à sonner. Je décroche, une voix me dit de rentrer d'urgence sur la cité universitaire (...) Une trentaine de minutes plus tard, une autre voix, que je reconnais d'ailleurs me dit avec insistance la même chose ».

Sur la cité, il est au banc des accusés. En face de lui, des responsables du CROU-A, la société prestataire mais aussi des responsables de la Fedération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci, principal syndicat). Judik est accusé dans un premier temps d’avoir diffusé les propos du responsable du CROU-A sans son autorisation et dans un second temps d’avoir fai ;/script> t son reportage sans avoir obtenu la permission de la Fesci. En guise de réparation, les éléments de la Fesci écrivent eux-mêmes un article qu’ils nous somment de diffuser. L’article dit en résumé que tout va bien et que ce que nous avons publié est faux.

Je dépêche donc une équipe pour calmer les esprits. Et leur faire comprendre qu’un tel papier ne peux passer dans notre espace, parce qu’il ne reflète pas la vérité et va contre notre ligne éditoriale. Nous leur propo sons donc de revenir quand les choses se seront améliorées afin d’indiquer sur notre site et dans le Nouveau Courrier les avancées dans le Resto’ U. Une proposition qui trouve l’assentiment de tous.

Une semaine après cette rencontre, Judik se rend compte que (subitement) les choses sont en train d’évoluer. Le Chef cuisinier est remplacé par un autre diplômé d’une école professionnelle d’hôtellerie. Le menu est amélioré. « Les étudiants ont même été étonnés par ce changement soudain ». Judik fait un autre papier « Restaurant universitaire de Mermoz : Les choses s’améliorent ! ». L’article est repris par Le Nouveau Courrier et tout rentre dans l’ordr e… mais par pour longtemps.

Quelques semaines plus tard, nous organisons une formation à Abidjan pour les Avenants régionaux. Ils sont logés à proximité de la cité Mermoz. L’un d’eux dans le cadre d’un exercice fait un détour par la cité et se rend compte qu’elle n’est plus la résidence qu’il a connue il y a des années en arrière.

Son papier est publié le 22 août sur le site Avenue225 et il est repris le lendemain par Le Nouveau Courrier. "Cité Mermoz, la vie universitaire en décadence". C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Des éléments de la Fesci font irruption dans la chambre de Judik pour manifester leur mécontentement. «Ils m’ont demandé de révéler le lieu où ils peuvent retrouver l’auteur de l’article ». Pour eux, si l’article a été diffusé dans la presse, c’est bien parce que Judik-Hael Dahe l’a autorisé. Son appareil photo est confisqué et un ultimatum lui est donné pour qu’il « livre celui qui a raconté ces choses sur la cité Mermoz ». L’Avenant dort d ésormais d’un œil, ne sachant comment cela va finir.

La cité Mermoz et les sujets des étudiants apparaissent comme des dossiers à ne pas toucher. Des enquêtes à ne pas mener. Sans avoir la prétention de vouloir faire de l’investigation dans le style « Les Experts Miami », je crois que tout citoyen à le droit de dire ce qu’il pense et de présenter aux yeux du monde son environnement immédiat où il vit. Et c’est ce qu’a fait cet Avenant. C’est d’ailleurs pour cela qu’Avenue225 est né. Donner la parole aux citoyens qui vivent en Côte d’Ivoire. Visiblement, cette mission a ses limites dans des zones comme la cité Mermoz, au point de recevoir des menaces et de confisquer le matériel de ceux qui font leur travail.

Pour nous, ce n’est pas un élément dissuasif. C’est plutôt un encouragement à persévérer car en fin de compte c’est bien la preuve que nous sommes écoutés et que nous pouvons à notre façon faire bouger les choses. Aujourd’hui, le restaurant de la cité universitaire de Mermoz est fermé pour rénovation. Et nous sommes heureux et fiers d’avoir contribué à faire changer les choses.

Cependant, pour ne pas mettre la vie des Avenants en danger (puisque certains vivent en résidences universitaires), je leur ai demandé (pour l’instant) de ne pas écrire sur tout ce qui touche aux étudiants et à la Fesci. Il y a bien d’autres aspects de la vie quotidienne des Ivoiriens que nous pourrions montrer. Et c’est ce que nous allons nous atteler à faire.

 

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21 août 2010

Bien fini le temps où le temps ne compte pas

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L'hôtel du Golf d'Abidjan a accueilli le vendredi 20 août dernier, la cérémonie de remise de diplômes aux Avenants régionaux (rédacteur d'Avenue225). Une cérémonie placée sous la présidence de l'Ivoirien Alfred Dan Moussa, président en exercice de l'Union Internationale de la Presse Francophone et par ailleurs Directeur du développement des rédactions du groupe Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental.

Au delà, de toutes les articulations sympathiques, rythmées et ponctuelles de cette rencontre, les invités ont été frappés et épris d'admiration par la qualité et l'orientation du discours d'Alfred Dan Moussa. Je vous en donne ici un extrait d'un texte remarquablement bien écrit et bien apprécié par l'assistance.

"Commencer une expérience n'est pas toujours choses aisée. Et voilà que, de surcroît, vous commencez cette aventure dans un contexte surchauffé: contentieux électoral, dénonciations calomnieuses, radiations de la liste électorale, réhabilitations, campagne électorale, promesses électorales à l'infini, petites phrases assassines.

Vous voici, en mission dans une atmosphère de passion, de tension et de grands enjeux que ceux liés à la conservation et à la prise de pouvoir. Vous allez en mission dans un environnement de cases voisines où tout le monde se connaît et où tout le monde vous connaît et vous connaîtra encore davantage. Vous ne passerez plus inaperçus. Vous n'avez donc plus droit à l'erreur. Seule, la qualité de vos productions va assurer avec efficacité votre sécurité. Seuls le fond et la forme de vos écrits seront le policier, le gendarme et le gardien de jour ou de nuit, appelés à garantir votre sécurité. Soyez prudents. Soyez honnêtes.

(...) Fini vraiment, le temps où le correspondant local doit recourir au transport en commun, pour faire parvenir son article au siège du journal. Pourvu que le car ne tombe pas en panne, avant d’avoir atteint Abidjan. Pourvu qu’à l’arrivée du car, le chauffeur n’oublie pas de déposer le hors sac au siège du journal. Pourvu que la rédaction, non plus, n’oublie d’envoyer un coursier, pour récupérer, à la gare routière, l’article tant attendu".

Fini vraiment, le temps où le correspond, en France, du seul quotidien ivoirien de l’époque, Fraternité Matin, doit se rendre à l’aéroport Charles De Gaulle de Paris, pour remettre son article à un passager de bonne volonté, pour le remettre à son tour au siège du journal, à son arrivée à Abidjan. Pourvu que le vol soit à l’heure. Pourvu que le passager, porteur de la nouvelle exclusive, transmette le message, malgré la joie des retrouvailles avec ses amis et sa famille, à l’aéroport Houphouët-Boigny, une joie susceptible de le conduire dans une direction opposée à celle qui mène au siège du journal.

Fini vraiment, le temps où un article pouvait être acheminé par voie postale. Pourvu que les agents des postes et télécommunications, au départ ou à l’arrivée, ne soient pas en grève.

Fini, bien fini, le temps où le pellicule, support des différentes prises de vue d’une cérémonie, doit passer en laboratoire, et où les photos ne peuvent être livrées qu’au bout de 24 à 48 heures, dans le meilleur des cas. Fini, bien fini, le temps où le temps ne compte pas. Voici, arrivé, le temps où le temps est de l’or. Celui des technologies de l’information et de la communication".

Lire l'intégralité du discours.

 

17 août 2010

L'aventure continue pour Notre Avenue

logo_avenue225.pngAprès un long mois de "vacances" je reviens pour vous donner quelques news. Après avoir relancé la machine "Avenue223" à Bamako en juin dernier, le cap a été mis sur Abidjan où nous avons lancé un concours. Il visait à choisir 20 correspondants dans toutes les 19 régions de la Côte d'Ivoire.

Nous avions beaucoup d'inquiétudes parce que la fracture numérique est grande et profonde en Côte d'Ivoire. Il y a encore des villes où l'accès à internet relève du luxe. Il y a encore des contrées où on ignore qu'il existe à côté de notre monde réel un autre monde...virtuel. Il existe des citoyens qui n'ont pas d'adresse mail. Ne leur parlez même pas de réseaux sociaux du style Facebook, twitter et j'en passe.

Dans ce décor un peu "analphabète" nous avions pour challenge de trouver dans chaque région des Avenants qui auraient pour mission de rapporter et de raconter le quotidien de leur population. Des Avenants dont le rôle premier serait d'être des médiateurs entre les populations et le monde extérieur via le web. Avenue225 servirait donc de plateforme pour véhiculer leurs petites histoires à travers des textes, des photos, des vidéos etc...

Au total, nous avons reçu une centaine de candidatures. Parmi eux, 22 correspondants (dont une fille) ont été sélectionnés. Sur 19 régions 15 ont répondu à l'appel. C’est encourageant ! Voir la liste des séléctionnés.

Pour nous c'est un grand pas dans la démocratisation et la décentralisation de l'information en Côte d'Ivoire. Avenue225, veut enraciner et confirmer son statut de premier site ivoirien d'informations de proximité. Mais nous entendons le faire avec les citoyens, premiers témoins de tous les évènements. Ces Avenants régionaux recevront une formation et du matériel de base qui leur permettra de mener à bien leur mission.

Et pour la suite...

Ceci fait, ce n'est qu'une première étape. Bientôt nous irons dans les régions pour former d'autres citoyens à la pratique du web et à la découverte de nouveaux outils (utiles) sur la toile. Une caravane sera organisée dans les mois à venir pour renforcer les "troupes" des Avenants régionaux, mais aussi pour en susciter dans les zones non couvertes.

C'est l'occasion pour nous de remercier le Président de l'Union internationale de la presse Francophone, l'Ivoirien Alfred Dan Moussa, qui n'a pas hésité à présider cette formation et la cérémonie de remise de diplôme. Mais aussi, l'Instittut Universitaire d'Abidjan (IUA) qui a mis à notre disposition ses locaux pour la formation.

22 mai 2010

Voici comment aider Tatiana

Je reviens ici sur l'aide que l'on doit apporter à Tatiana de Mac'ensira. Depuis mon dernier post (Tatiana doit guérir) qui a fait suite à l'interview de Tatiana dans top visages du 11 mars un elan de solidarité est né. J'ai reçu de nombreux mails et commentaires me demandant comment est ce qu'on pouvait l'aider. Sur le profil Facebook de Adrienne Koutouan, une artiste comédienne ivoirienne célèbre, j'ai pu lire que "ceux qui ont envie d'apporter leur aide à tatiana sont priés de contacter Marie-louise Asseu au 07 32 35 56"

15 mai 2010

Ave "Le Nouveau Courrier" !

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Vous avez entendu dire que "Le Courrier d'Abidjan" est mort. Mais moi je vous dis, "Le Nouveau Courrier" est né. Théophile Kouamouo fait l'annonce sur son blog et a accordé une interview à Avenue225.

 

14 mai 2010

Faites votre buzz au JNTIC

 

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Dans le cadre des JNTIC 2010 qui auront lieu du 01 ou 04 Juin au Palais de la Culture (Abidjan), Akendewa a été choisie pour animer le STAND INNOVATION. Un stand que cette structure ouvre à toutes les Start-up dans le domaine du web ou les entrepreneurs ayant un projet innovant dans le domaine des TIC. De même, ceux qui ont développé un service web novateur ou un site de e-commerce génial.

Vous pouvez avoir l’opportunité d’être l'invité spécial sur le stand INOVATION pendant ces 4 jours. C’est la garantie de présenter votre produit ou votre projet-maquette à plus de 5000 professionnels et participants. Faites-vous connaitre en envoyant un mail à contact@akendewa.org en expliquant votre projet ou votre concept (fini ou maquette).

En plus, en marge des activités des différentes start-up du STAND INNOVATION au JNTIC 2010, un concours de la Meilleure Start-up de Côte d'Ivoire sera initié et les 3 meilleures d'entre elles seront récompensées au cours du Gala de Clôture des JNTIC, le 4 juin 2010.

Voici les éléments que vous devez fournir rapidement par mail (contact@akendewa.org)

*un dossier de présentation de maximum 2 pages de votre concept ou projet-maquette
*un brief résumant en 5 lignes maxi, votre concept ou projet
*un ou des visuels présentant votre concept ou projet-maquette
*une présentation de l'équipe de votre start-up, de votre entreprise High-tech ou de votre web-entreprise
.

 

Zangalewa Vs Shakira...ça swing !

Je m'autorise aujourd'hui sur ce blog à sortir de mes post habituels et m'arrêter sur ce qui fait le buzz en moment sur la toile. Vous le savez certainement la chanteuse colombienne Shakira a composé l'hymne de la Coupe du monde. "Waka waka", c'est le titre de cette chanson qui va nous bercer pendant toute la coupe du monde. D'ailleurs le mot "composé" sonne mal à l'oreille de plusieurs personnes. Certains parlent de plagiat. D'autres d'inspirations. Quoiqu'il en soit la chanson originale Zangalewa (tube sorti dans les années 80 par des gendarmes camerounais) se reconnait fort bien dans cet hymne officiel.

"Les Camerounais se sont rendus compte que le refrain "Zamina mina éé waka waka éh éh zamina mina zangualewa a nawa ah ah!" leur disait quelque chose. Et pour les musiciens auteur du tube "Zangalewa", il n'y a aucun doute, la chanteuse a adapté leur succès sans leur en demander la permission", revèle France24.

Mohamadou Houmfa, un journaliste free-lance au Cameroun affirme que les Camerounais "sont au final extrêmement fiers de cette adaptation. Dans les cybercafés, les internautes regardent les deux versions en boucle".

"Le groupe a fait une conférence de presse pour calmer les esprits. D'après leurs dernières déclarations, ils ont trouvé un accord avec la chanteuse et seront probablement dédommagés".

Voici ce qu'en pense un juriste ivoirien.

"Super, si elle a l'honneté de reconnaitre et de proposer une transaction, afin que ce ne soit pas un procès qui tranche.... Car sur qu'elle allait perdre... En tant que spécialiste de la PI (propriété intellectuelle), je pus ainsi l'affirmer. Car les preuves requises un peu partout dans les legislations nationales et dans les conventions internationales sur le droit d'auteur et les droits connexes seront facilement reunies dans ce cas. L'exemple des USA est l'un des meilleurs... et elle en sait quelques choses...

 

Je serais le Groupe ZANGALEWA, que J'exigerai dans la transaction d,etre desormais cité dans le générique (C,est d'ailleurs la règle et la pratique générale )... Mais également demander à etre cité à la cérémonie d'ouverture en Afrique du Sud...

 

Leur manager , mais aussi le gouvernement camerounais, auront intéret a les faire partir en Afrique du Sud, profiter pour faire quelques concert qui seront très primés par le public..."

Pour ma part c'est une chanson que je connaissais mais ici en Côte d'Ivoire avec "Les oiseaux du monde". Un groupe d'enfants qui l'avait aussi repris. ça d'ailleurs été un franc succès. (à écouter à partir de 05mn)

 

Il y a eu aussi cette reprise brésilienne.

 

Et sur le web on fait ce Medley assez intéressant.

11 mai 2010

Les acteurs ivoiriens du web créent un syndicat

sipcol.jpg

Le secteur du web en Côte d’Ivoire s’organise de plus en plus. Au point d’en arriver aujourd’hui à la création, le 8 mai dernier, d’un « Syndicat Ivoirien des Producteurs de Contenus en Ligne » (SIPCOL).

Selon la blogueuse ivoirienne Edith Brou, présidente de ce syndicat, il y a tant de revendications légitimes à faire dans le domaine du web en Côte d’Ivoire. Au-delà, c’est aussi donner une couleur plus« glamour et saine » à l’activité du « Syndicalisme ».

Pour Edith Brou, le SIPCOL va permettre à la Côte d'ivoire de connaître « un accroissement des vocations dans les métiers du web et en conséquence, une éclosion de son économie numérique»Interview -

 

07 mai 2010

Un photographe ivoirien sur CNN

C'est mon coup d'coeur... J'avais déjà reçu ce talentueux photographe ivoirien dans une de mes émissions (web)radio sur Avenue225. Paul Sika fait toujours honneur et parcours le monde pour présenter ses travaux d'une beauté parfaite. C'est sur le plateau de "Inside Africa", un émission de CNN, la chaîne américaine qu'il a exposé et expliqué ses prises de vues assez lumineuses.

Bravo Paul !

06 mai 2010

Polémique autour de la découverte d'un arsenal de guerre à Abidjan

 

arsenaldeguerre2.JPG
Dans un communiqué, le service de communication de la gendarmerie annonce que «Cet arsenal qui a été découvert dans une maison située au quartier RAN de cette commune est composé de 05 RPG (Roquettes Propulsées par Gaz), 05 fusils de type SIG, 02 fusils de calibre 12, 03 kalachnikovs, 03 fusils mitrailleurs, 01 arme automatique modèle 52 (AA52), 01 bande de munitions AA52, 18 charges propulsives, 04 roquettes anti personnel, 16 roquettes anti chars, 04 cartouches de fusil calibre 12, 11 chargeurs de fusil kalachnikov, 02 chargeurs de fusil SIG, 13 paquets de munitions de 7,62 mm, 10 munitions en vrac de 7,62 mm, 10 sacs de treillis différents et 04 cartons de treillis différents »
Toujours selon les sources de la gendarmerie, un individu répondant au nom de FOFANA BAYA né le 05 Septembre 1979 à DABAKALA a été interpellé.
notrvoie.jpgSi cette annonce est de nature à rassurer les populations abidjanaises, la presse a fait un échos avec des voix plutôt discordantes.
nouveaureveil.jpgNotre Voie le journal du FPI (Front populaire ivoirien, parti au pouvoir) écrit que«cette cache d’armes a été découverte à 10 jours de la marche du RHDP. Et avec les discours guerriers tenus ces jours-ci, cela donne froid dans le dos».
En effet le RHDP prévoit une grande marche le 15 mai prochain pour«réclamer l’organisation des élections». Et Anyama est indexé comme un bastion du Rassemblement des Républicains (RDR, principal parti d’opposition).
Du côté de l’opposition, on voit en la découverte de cette poudrière une manipulation. Le Nouveau Réveil, le journal du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ancien parti au pouvoir) titre à sa Unece jeudi 6 mai :
« A 10 jours de la marche du RHDP, le FPI invente un faux complot». Lire la suite de l'article ici

 

05 mai 2010

Que devient le blog des Forces armées ?

 

Armee drapeau.jpg

En 2005 alors qu’on ne parlait pas (à haute voix) de blog ou de blogosphère ivoirienne, les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (Fanci aujourd’hui FDS, Forces de défense et de sécurité) avait déjà un blog qui leur était consacré. Un espace intéressant qui leur permettait de communiquer sur les actions de l’armée ivoirienne en période de paix ou même dans des climats d'hostilité.

Créé en septembre 2005, 3 ans après le début du la crise politico militaire, ce blog fournissait des informations intéressantes et utiles sur les sujets d'actualité de la vie des militaires en Côte d'Ivoire. Des projets sociaux aux attaques des camps militaires en passant par les nominations effectuées au sein des FDS, le blog balaie tous les sujets.

« Ce site est dédié aux Fanci c'est-à-dire aux Forces Armées Nationales de Côte D'iVoire qui depuis le 19 septembre ont vaillamment résisté face à l'agression de rebelles soutenus par une coalition régionale et internationale. Ce n'est point un site officiel ».

L’auteur affirme à cette époque que «c'est un blog de discussion sur la refondation de la nouvelle Armée ivoirienne, sur ses chefs les plus charismatiques ainsi que sur les défis qui lui seront imposés dans la décennie à venir..»

Pourtant, tout semble s’être arrêté depuis le 22 avril 2008. Un an après la signature des Accords politique de Ouaga. Alors que la Côte d’Ivoire a sa propre blogosphère . L’alimentation du blog s’arrête sur une question essentielle : «Doit on reformer ou réformer l'armée ivoirienne? »

Je pense que le blogueur (militaire ou non) aurait dû continuer. Surtout que le débat (militaire) est d’actualité. Et surtout qu’il ne faut pas attendre qu’il y ait des affrontements pour communiquer. J’ai cherché en vain sur le web un site ou un blog appartenant aux Forces armées ivoiriennes (quelqu’un pourrait-il m’aider ?) Soit.

Même si le blog a cessé d'être alimenté, son contenu mérite qu’on y fasse un détour.

J'ai fait une petite sélection pour vous.

 

- L’armement des Fanci (à cette époque)

- Les Fanci en chiffre

 

Bonne promenade sur ce blog !

 

 

 

01 mai 2010

La Côte d'Ivoire de 1893 à 2007

un petit document chronologique qui permet de retrouver des dates importantes depuis la Côte d'Ivoire "Colonie française" jusqu'à l'Accord politique de Ouagadougou, en passant par l'indépendance de 1960, au coup d'Etat de 1999 et à la naissance de la deuxième république. Des données que chacun devrait avoir, (parfois) corriger et même compléter.

Lire cette documentation

22 avril 2010

Le ciel se dégage, les habitudes reprennent

planevion.jpg

Ce mercredi soir j’ai pris mon vol d’Abidjan à Paris via Tripoli en Libye. Pourtant, jusqu’à la veille rien ne laissait prévoir que mon voyage aurait effectivement lieu. L’épisode du volcan islandais avait créé la panique chez de nombreux voyageurs qui craignaient d’être bloqués à Abidjan. Moi en premier. Jusqu’au Mardi matin, l’agence de la compagnie que je devais emprunter ne pouvait me confirmer l’effectivité du vol.

Finalement, tout semble rentré dans l’ordre. Mon avion décolle d'Abidjan avec quelques heures de retard (comme d'habitude). Je retrouve les fouilles intempestives de l’aéroport de Tripoli, les longues files d’attentes, les questions dans un français avec une dose d’arabe. Je retrouve la même ambiance dans les files d’attente. Des voyageurs énervés qui se crient dessus...

Je survole comme d’habitude le désert puis la mer. Je ne sais pas si nous avons emprunté un de ces couloirs aériens pour atterrir enfin à l’aéroport Roissy Charles De Gaulle de Paris. Là, tout est normal. Comme s’il n’y avait jamais eu cette semaine difficile. L’effet du volcan semble s’être dissipé. L’ambiance est la même. Avec des voyageurs qui arrivent et d’autres qui sont sur le point d’embarquer. Avec des quidams qui cherchent des voyageurs « légers » pour leur confier des colis à transporter vers l'Afrique. La « vie aéroportuaire » a bien repris.