09 octobre 2011
Si le BarcampAbidjan 2011 m’était compté…
Un, deux, et … TROIS ! le Barcamp Abidjan 2011 a tenu toutes ses promesses. Pour cette troisième édition l’équipe d’Akendewa que préside JP Ehouman, n’a pas lésiné sur les moyens, ni sur les speakers encore moins sur l’organisation de façon globale. On a des entendu des rires, on vu des larmes, on a senti des silences, on a touché des stars, on a goûté de bons plats (au sens réel comme intellectuel). On a vécu tout simplement à ce BArcamp.
De 1 ! choix d’un "directeur-araignée"
Je reste convaincu que le choix de Cyriac Gbogou (le Chef du village #kpakpatoya) n’était pas fortuit ni le fruit d’un hasard. C’est un homme à 6 bras et à 6 pieds. Véritable chef d’orchestre, il ne manque pas de se mettre lui-même à la tâche quand il le faut. Au four et au moulin, « Krikri » (ou Siriki) a été la pièce maîtresse de la réussite de cette 3e édition du Barcamp Abidjan. Tantôt en pagne traditionnel, tantôt en tee shirt, c’était lui, l’homme de la situation. Le capitaine du bateau. A l’écoute de certains et au secours des autres.
De 2 ! Des Speakers de qualité…
…venus d’ici et (parfois de très) loin, les intervenants tous aussi intéressants les uns que les autres ont enseigné, conseillé, orienté et souvent évangélisé. Pour ma part, ici en Côte d’Ivoire, je retiens la participation du ministre de la jeunesse, Alain Lobognon, qui les jours ouvrables était sous le costume de ministre et le samedi dans son jean de geek. Il n’a pas manqué de suivre physiquement ou on line les différentes articulations de cette rencontre. Les organisateurs le diront, il a été d’un appui fort (et concret) dans l’organisation.
Je ne parlerai même pas des activistes du web qui se sont entassés dans la salle devenue trop petite depuis le premier jour pour contenir tout le monde. (Bon sur toutes les lèvres semblent se dessiner le palais de la culture pour le #BarcampAbidjan2012).
Je ne parle même pas de ces orateurs de talents qui ont suscité ovation et cris d’admiration dans la salle. Je ne parle même pas de ces speakers qui ont imposé le silence par leur démonstration, qui ont tenu en haleine l’assemblée parfois pendant plus d’une heure. Je ne parlerai même pas enfin, de ces simples utilisateurs et curieux qui sont entrés dans la grande famille Web de Babi (mot pour désigner « Abidjan » en nouchi, argot ivoirien).
Et de 3 ! Lieux de rencontre et de découverte
S’il y a un élément fascinant qu’on observe dans chaque rassemblement de ce genre, c’est le côté découverte. Un peu comme à la fin d’un jeu d’invisibilité. Sauf que dans les rassemblements d’acteurs ou d’utilisateurs du web, on a l’impression de se connaitre depuis longtemps. J’étais heureux de voir Nnenna, Francis Pisani. De rencontrer Anicet le Chorégraphe et toutes ces personnes qui de façon rapide te disent (avec un large sourire) "bonjour je suis …". Et tout de suite vous vous mettez à raconter vos vies. Parce que vous êtes « e-potes » depuis de longues années sur la toile.
Le BarcampAbidjan2011 a réussi à resserrer les liens entre les membres de la webcommunauté ivoirienne, mais aussi avec d’autres amis d’ailleurs.
Ce que je retiens :
« Innovation » ! A n’en point douter, c’est le mot qui est revenu le plus souvent. J’ai suivi avec beaucoup d’attention l’intervention de Mohamed Diaby. Et la définition que j’en garde : « L’innovation, c’est prendre des choses futiles pour en faire quelque chose d’utile ». Je salue donc tous les innovateurs ivoiriens, qui ont réussi à transformer notre vie, nos habitudes par ce qu’ils ont apporté. Quand j’entends (par exemple) #CIVSocial, je vois des vies sauvées, je vois des catastrophes évitées.
La Côte d’Ivoire a amorcé une ascension fulgurante depuis ces 3 dernières années… de grandes choses nous attendent en 2012 : l’année du Web ivoirien.
13:12 Publié dans A l'honneur, Abidjan de maintenant, Blog, Ce que je crois, Coup d'coeur, Web | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : barcamp 2011, barcamp abidjan 2011, akendewa, abidjan, côte d'ivoire, web
23 septembre 2011
Un point de + pour Facebook
Je ne sais pas si Google s'en remettra, mais je suis bluffé par le nouveau visage de Facebook. Le Géant Google - en ouvrant son réseau social à tout le monde - avait cru courcicuiter la conférence du patron de Facebook (qui s'est tenu hier). Comme me l'indiquait un de mes collaborateurs ce matin, nous sommes en train de tendre inexorablement vers le "Livre de notre Vie"... Notre LifeBook. Une idée qui je crois, a guidé et conduit Marck Zuckerberg et sa troupe jusqu'à présent. Mais cette fois en plus grand. Avec ce que les spécialistes appellent "L'arme Fatale": l'Open Graph.
J'ai donc testé. J'ai une "Timeline". Pas mal du tout. Pas du tout compliqué à installer. J'ai utilisé le "tuto" mis à dispositon par Presse-citron (Merci Eric DUppin!).
Mais qu'est ce que ça change ?
Beaucoup. D'abord j'ai un archivage (et un visuel) plus vaste mais bien précis de mes "activités" sur Facebook. Par exemple, je peux revoir des anciens post en me souvenant de la date. Plus besoin de passer des heures à cliquer sur "Publication plus ancienne" avant d'espérer trouver l'article recherché. Je peux aussi voir dans le même temps sur la même page ce que font mes amis (avant il fallait cliquer au préalabre sur "Accueil"). POur la confidentialité, vous pouvez choisir de montrer votre "nouveau visage" à tout le monde ou de le garder pour vous seul ou pour vos "amis".
Mais ce qui m'enchante le plus, c'est le design. je le trouve plus... chic. En plus, je peux choisir (comme sur un blog) le type d'affichage que je veux, où je veux disposer mes colonnes etc...
En attendant les (Noooombreuses) mises à jour qui vont suivre, je me plais à explorer cette nouveauté.
L'orgueil de Facebook semble avoir été touché depuis le lancement de Google+. La tactique de "l'armée" Facebook semble avoir été de faire semblant de copier les applications de leur "nouveau" rival et de provoquer une riposte sur ce terrain. Et pendant ce temps, des "snipers" bossaient librement pour sortir ce "truc de Ouf". A la guerre comme à la guerre, je me demande bien quel coup Google pourrait donner de PLUS ?
10:01 Publié dans Blog, Bon à savoir, Ce que je crois, Duo ou duel, Tchié !, Tout nouveau tout beau!, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : facebook, timeline facebook, mark zuckerburg
08 juin 2011
Web, liberté d'expression et notre responsabilité
Je suis à Johannesburg pour participer (du 8 au 9 juin) à un atelier sur la liberté d’expression en ligne. Un « Workshop » parrainé par Google et organisé par « Global Voices et le Committee to Protect Journalists ». « Freedom of Expression in Sub-Saharan Africa ».
Les organisateurs justifient l’opportunité d’une telle rencontre par le fait qu’il y a « un besoin croissant pour une sensibilisation accrue » à la liberté d’expression en Afrique. Surtout sur Internet. «Cette nécessité, souligne Google South Africa, est devenue plus urgente à la lumière des actes de plus en plus agressifs et sophistiqués de la part de certains gouvernements africains en vue supprimer la liberté d'expression ».
Et les exemples sont légions. Les méthodes de blocages aussi. Espionnage, le blocage des accès aux plateformes de réseaux sociaux, fermeture de services mobiles tels que SMS (On a connu ça pendant des mois en Côte d’Ivoire).
Le Workshop va se concentrer sur les journalistes et les blogueurs et les risques qu’ils encourent dans certains pays. Objectif, trouver des tactiques et les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d’expression.
Des pratiques qui peuvent nous être utile, à l’heure où la Côte d’Ivoire veut sortir de longs moments de crises (qui ont sévèrement touchés la presse). Des journalistes sont encore aujourd'hui dans la peur et dans la crainte de sortir leurs plumes. Les quatre derniers mois ont été terribles. Assassinats, emprisonnement, enlèvement, agression physique, menace de mort. Des journalistes de tous les camps ont été traqués par des partisans du camp adverse. (Ils sont moins nombreux aujourd’hui, mais toujours aussi (volontairement ou non) censurés).
C’est désormais aussi l’un des challenges qui attendent les nouvelles autorités : Réconcilier (toute) la presse avec la (vraie) liberté d’expression, mais aussi les journalistes avec le professionnalisme et la responsabilité.
Sur le Web, les choses sont moins pénibles. Les agressions se limitent à des injures, des menaces en ligne. Certains blogueurs ont vu parfois leur appareils photos confisqués. [D'autres blogueurs préfèrent ne pas se montrer à visage découvert au regard de leur prise de position en faveur (ou contre) un camp].
C’est sûr, c’est une opportunité pour les blogueurs (et ceux qui utilisent le web) qu’Internet échappe (pour l’instant) aux autorités. Sur les blogs et les réseaux sociaux, tout se dit. Il y a seulement qu’à regarder sur le hashtag #civ2010 (twitter) pour s’en rendre compte.
Les sites et blogs se sont multipliés par 50, voire même plus au cours de ces derniers mois. C’est une bonne chose ! Ce à quoi tous doivent être sensibilisés, c’est la responsabilité. Liberté TOTALE d’expression OUI ! mais tous les acteurs doivent mesurer à quel point un simple mot ou une simple phrase sur internet ou sur du papier peut être aussi destructrice qu’un obus. C’est la leçon que je garde.
10:06 Publié dans Blog, Ce que je crois, Web | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : #fxafrica #foeworkshop, google south africa, liberté d'expression, freedom of expression, global voices, cpj
07 mai 2011
Maintenant allons de l’avant
Hier vendredi 6 mai 20111, Alassane Ouattara a prêté serment comme « Président de la république de Côte d’Ivoire ». Au nombre des invités présent à cette cérémonie brève mais « pleine d’émotions » (selon les participants), on a aperçu le président de l’Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly, le président du Conseil constitutionnel, Yao Paul N'dré, le président du Conseil économique et social, Laurent Donat Fologo, le président de la Cour suprême, TIa Koné, le Grand Chancelier, le Chef d’Etat Major des armées (et tous les généraux), le doyen des diplomates, le Nonce Apostolique, (une partie de) la presse nationale et internationale.
Désormais, je l’espère en tout cas, le film d’horreur « crise Post-électoral » doit être loin derrière nous. Quelqu’un me disait au téléphone, « si on aime ADO, on doit se mettre au travail pour l’accompagner dans son programme. Et si on ne l’aime pas, on doit lui accorder le bénéfice du doute et si c’est trop dur pour nous, alors vengeons-nous dans le travail en travaillant plus ». J’en ai rit. Mais je trouve que mon interlocuteur avait raison.
Il nous faut nous mettre rapidement au travail. Nous avons perdu trop de vies humaines, trop de temps, trop d’argent et surtout trop de confiance réciproque entre Ivoiriens. Et tout ça « grâce » au Conseil constitutionnel. Pendant 4 mois les deux camps (LMP Vs RHDP) se sont bagarrés à coup de médias, de menaces et d’armes (très souvent ) lourdes.
Aujourd’hui avec cette prestation de serment, Ouattara prend officiellement la fonction suprême de la Côte d’Ivoire. Qu’on le veuille ou pas, il va falloir faire avec. Et c’est dans l’intérêt de la Cöte d’Ivoire que nous avancions tous les mains dans les mains. Sinon, on peut choisir de continuer encore de se bagarrer et de faire davantage reculer la Côte d’Ivoire. Ou alors on peut décider de mettre tout en œuvre (chacun à son niveau et dans son domaine) pour que l’éléphant d’Afrique se remette sur ces pattes.
C’est sûr Ouattara tout comme Gbagbo ont beaucoup de chose à nous expliquer. J’espère que la plateforme « Vérité & réconciliation » nous permettra de mieux comprendre ces quatre mois de crises profondes, dont on en garde encore les stigmates.
La pensée de la semaine : "Satan nous a possédé", Yao Paul N'dré, président du conseil constitutionnel de Côte d'Ivoire, à propos de la crise.
09:10 Publié dans Abidjan de maintenant, Ce que je crois, les 5 grands - 1, On dit quoi ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : alassane ouattara, côte d'ivoire, abidjan, prestation de serment, conseil
05 mars 2011
Et si on sortait de la crise par cette porte
J’ai retourné la situation ivoirienne dans tous les sens. Avec toutes les données (internes et internationales). Je me demande bien par quelles solutions pacifiques on pourrait sortir. Les médiations ont quasi échoué. Le Panel des Chefs est d’Etat est obligé de jouer les prolongations parce que le match est difficile. La fin semble infernale. Jamais en Côte d’Ivoire on n'avait atteint un tel niveau de violence. Jamais on n’avait été aussi divisé. JAMAIS ! Aujourd’hui, ce n’est plus le Nord contre le Sud, ni les musulmans contre les chrétiens, comme veulent le faire croire les charognards. La fissure est partout. Dans les bureaux, dans les communautés, dans les foyers chez les religieux. C’est grave !
C’est encore plus grave parce que chaque jour des personnes meurent de façons atroces. Et les spécialistes des calculs macabres ne sont pas loin. Attendant de nouveaux morts, de nouveaux blessés, ou de nouveaux réfugiés pour noircir leurs feuilles de rapports et incriminer tel ou tel camp. J’ai suivi avec attention les débats, les échanges qui se font lors des rencontres, et sur internet plus généralement. Je constate combien certaines mentalités sont profondément pourries par la haine, la rancœur et la vengeance. Tout çà pourquoi ? Tout ça pour qui ? La Côte d’Ivoire ? De toute part on prétend qu’on lutte pour les Ivoiriens. De parts et d’autres c’est « l’intérêt de la Côte d’Ivoire » qui est mis en avant. Mais alors, si on aime tant la Côte d’Ivoire, pourquoi on ne réussi pas à trouver une voie de dialogue afin d’épargner à ce pays cette flambée de violence et d’être l’objet de raillerie des gens d’à côté. Voulons-nous que l’on retienne de la Côte d’Ivoire un épisode atroce. Et qu’on parle de « massacre ivoirien », «génocide ivoirien » « meurtre à l’ivoirienne ».
Je le disais quelque part d’autre, c’est parce que nous avons lavé notre linge sale en publique que les « Kpakpatos » ont « mis leurs bouches dans nos affaires ». Et aujourd’hui, parce qu’on estime qu’on a des soutiens par-ci ou par-là alors on campe sur sa position : « Moi pas bouger ! ». Pendant ce temps ceux qui se déplacent en masse ce sont les populations qui fuient les affrontements, la faim et les épidemies.
Je crois pour ma part que si la situation n’a pas encore totalement explosé, c’est simplement parce qu’ils sont nombreux ces Ivoiriens qui veulent dépasser tout ceci et continuer à (sur)vivre. Mais alors comment sortir de cette crise appelée affectueusement «Post-électorale » ?
Quoiqu’il en soit, Le président Gbagbo sur la base des résultats du Conseil Constitutionnel qui s’appuie sur la Constitution croit dur et fer qu’il a gagné et qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Un point de vue partagé par une partie de la population ivoirienne. Le premier ministre Alassane Ouattara est convaincu d’être le nouveau président de la Côte d’Ivoire parce que la Commission électorale indépendante l’a dit et que l’Onu l’a certifié et qu’enfin la communauté internationale ( ?) le reconnait comme tel. Il croit à son tour qu’il contrôle une administration, une armée et des médias. Et cette vision des choses, une partie des Ivoiriens la partage. J’en viens à la conclusion (évidente donc ) que ce sera difficile de faire accepter à l’une ou l’autre partie un résultat défavorable à son camp. En plus, les deux parties sont allées trop loin pour faire machine arrière.
Le débat aujourd’hui, n’est donc plus de savoir qui a gagné et qui a perdu. Mais comment on stoppe l’hémorragie. Comment on n’arrête tout ça ? Et nous pouvons choisir de sortir par le sang ou par le bon sens.
Je pense pour ma part, qu’il faut un troisième homme. Et en le disant, je pense à Mamadou Koulibaly, le président de l’Assemblée nationale. Pour moi, c’est sur lui que le (fameux) Panel des Chefs d’Etat africains devait s’appuyer pour une issue pacifique.
Au plan ethnico-socio-géographique (pour satisfaire ceux qui aiment voir la Côte d’ivoire en mode ‘‘Nord-Sud’’), le président de l’Assemblée nationale est originaire du nord. Mais ce musulman est né à Azaguié dans le sud. Mam’Cool, comme on aime bien le surnommer est le deuxième homme fort du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti de Laurent Gbagbo. Mais c’est aussi, la voix d’opposition de ce parti. C’est celui qui dénonce sans état d’âme les mauvaises pratiques de son parti. Il ne poserait donc aucun problème au Rhdp (rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, coalition d’Alassane Ouattara), qui d’ailleurs ne s'en prend pas à lui.
Mamadou Koulibaly est économiste comme Alassane Ouattara. C’est l’un des meilleurs de sa génération en matière économique et monétaire. Mais c’est également un très grand politicien comme Laurent Gbagbo. Mamadou Koulibaly sait parler aux hommes de « en haut de en haut », mais aussi on l’a déjà vu convaincre les foules de « en bas de en bas ».
A plusieurs reprises Mam’Cool a montré qu’il est un vrai patriote et un rassembleur. D’ailleurs son silence depuis l’éclatement de la crise le met dans une posture de (ré)conciliateur. Il pourrait entrer et sortir de l’Hôtel du Golf sans en être inquiété. Il pourrait parler aux « jeunes patriotes » et les convaincre. Pour moi, il est donc l’homme de la situation. En plus, constitutionnellement, les deux parties pourraient lui accorder le pouvoir, le temps d’une transition.
Regardons de près l’article 40 de notre constitution :
«En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l'intérim du Président de la République est assuré par le Président de l'Assemblée nationale. Pour une période de quarante cinq jours à quatre vingt dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l'élection du nouveau Président de la République.
L'empêchement absolu est constaté sans délai par le Conseil Constitutionnel saisi à cette fin par une requête du Gouvernement, approuvée à la majorité de ses membres. ».
En l’état actuel des choses, je pense les gouvernements mis sur pied devraient saisir le Conseil Constitutionnel et faire la requête de « l’empêchement absolu ». Au moins les deux parties se seraient entendues sur ce point.
Une fois au pouvoir, Mamadou Koulibaly aurait un cahier de Charge sur une période de 3 ans maximum :
Faire un gouvernement de technocrates qui ne sont pas affiliés à un parti politique. Il aura les mains plus libres pour travailler.
Favoriser la levée des embargos économiques
Poursuivre et achever le désarment et reformer l’armée.
Réconcilier les Ivoiriens entre eux.
Réconcilier les bailleurs de fond à la Côte d’Ivoire
Renouer les contacts diplomatiques
Reformer les médias de Côte d’Ivoire
Nommer un Conseil constitutionnel fait de juristes qui ne sont affiliés à un parti politique
Créer un comité de réflexion autour de certains codes. Notamment électoraux. Pour que soit défini clairement qu’elle organe désigne le vainqueur d’une élection et qui la valide, dans quelles normes.
Dissoudre l’actuelle Commission électorale indépendante (Cei) et mettre une autre sur pied exempte de toutes personnes affiliées à un parti politique.
(enfin) organiser des élections libres, justes et transparentes. Elections auxquelles il ne se présenterait pas, ni Laurent Gbagbo, ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni Guillaume Soro, ni Charles Blé Goudé.
Pendant ces trois ans donc, les Ivoiriens devraient profiter pour reconstruire leurs rapports, se réconcilier, changer leurs mentalités et se mettre réellement au travail.
Voilà pour ma part les propositions que je peux faire. Et si vous en avez d’autres. Faites-les savoir. Privilégions le dialogue à l’affrontement. Parce qu’enfin de compte, sur le chemin de la guerre, c’est la Côte d’Ivoire qui perd.
Dieu Bénisse notre Nation !
11:51 Publié dans Ce que je crois, Duo ou duel, Fatigué de parler..., les 5 grands - 1 | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : côte d'ivoire, sortie de crise, laurent gbagbo, alassane ouattara, mamadou koulibaly, panel des chef d'état
18 janvier 2011
Epitre à un Grand Inconnu
Je ne t’ai pas connu
Mais ce soir je verse une larme pour toi,
Cher inconnu
D’une forêt assiégée de putois.
Je ne t’ai jamais connu
Car je n’étais pas encore né.
Et pourtant,
Je ressens ton combat de l’indépendance AB-SO-LUE
Qu’à l’Afrique tu as voulu donner.
Et Pourtant…
L’histoire a chaussé ses mêmes ablacons.
Ce qui te tiraillais hier,
Me chiffonne aujourd’hui.
Le Temps
Est redevenu sombre du haut de mon balcon.
Ceux qui te mitraillaient hier
Ont gardé l’habitude du Chien-maudit.
Et je dis,
L’histoire a gardé ses mêmes ablacons sales.
Les Assassins de la forêt
Sont devenus maîtres dans les crimes de nos villes.
L’histoire a conservé ses « Sauvages » dans les malles
Les Vautours de ton corps fusillé, brulé puis transformé en engrais
Sont restés des manipulateurs habiles.
Et pourtant,
Je ne t’ai jamais connu
Ô toi « GRAND INCONNU ».
Mais je ressens sur mon cœur
Les goûts acides du sourire de tes « torpilleurs »
Et pourtant,
Je les reconnais :
Communauté Internationale
Casques
Bleus et Blancs
Sang rouge vif
Forêt noire…
Pluie meurtrière
Je les revois.
Encore
Aujourd’hui
Entassés
Relookés
Entrelacés
Autour de nos vies…
De nos survies.
L’histoire n’a pas changé d’ablacon.
Poils pourris
Sexe meurtri
Cacao, Café, Coco, Beauté
Hévéa, Or, Dictat, morts.
Diamant, Cuivre et Fer
Savamment arrachés à nos pères.
Nos mémoires ont de la mémoire
Vives ou mortes
Elles retiennent.
Pour nous et pour nos enfants,
Patrice tu auras existé.
Lille le 17 janvier 2011, pour celui que je n’ai jamais connu
(Israël Yoroba GUEBO)
02:18 Publié dans A l'honneur, Ce que je crois, Coup d'coeur, Coup d'larmes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : patrice lumumba, assassinat, communauté internationale, onu
08 septembre 2010
Doit-on se faire vacciner contre la grippe A ?
Une campagne contre la grippe A H1N1 a été lancée depuis le 2 septembre à Abidjan pour vacciner les « les enfants de 0 à 5 ans, les personnes vivant avec des maladies chroniques (diabète, hypertension artérielle, drépanocytose, asthme), le personnel de santé, les femmes enceintes, les hommes de média, les forces de l'ordre ».
Selon le directeur de cabinet du ministre de la santé de Côte d’Ivoire, le Professeur Ehilé Etienne "malgré la déclaration de la fin de l'épidémie par l'OMS, le virus circule toujours et nul n'est à l'abri d'une flambée épidémique". "La surveillance épidémiologique et la vaccination sont toujours d'actualité", s’est d’ailleurs justifié Dr. Kalilou, représentant le représentant résident de l'OMS en Côte d'Ivoire. Ainsi, pendant une semaine (la campagne de vaccination s’achève ce mercredi 8 septembre), des milliers de personnes sur toute l’étendue des districts sanitaires devaient recevoir des doses du vaccin. Précisément 2 millions de doses offertes à la Côte d'Ivoire avec l'appui de l'USAID et des autres partenaires du pays.
Quand on sait que ce vaccin a fait des vagues et a été boudé dans les pays européens, on est en droit de s’interroger ? Quand on sait que des pays comme la France se sont retrouvés avec de nombreuses doses du vaccin sous la main, ne faut-il pas s’inquiéter de cette générosité médicale ?
En France, le vaccin n’a pas été très bien accueilli par la population parce que plusieurs avaient estimé qu’il (le vaccin) avait été concocté avec trop de précipitation et sans vraiment respecter des tests dans la durée. Le débat avait fait rage. Mais ici en Côte d’Ivoire, on a tout de suite plongé sur le cadeau qui nous a été offert sans forcément se poser des questions.
« Depuis le début novembre 2009, les autorités françaises ont compris que le nombre de doses commandées - 94 millions pour un montant officiel de 675 millions d'euros - serait beaucoup trop important. Cette commande correspondait en effet à deux injections par personne, un schéma de vaccination abandonné par l'OMS définitivement le 20 novembre. (…) Les Pays-Bas, qui avaient commandé 34 millions de doses, ont également annoncé leur intention d'en revendre 19 millions », écrivait le journal français le Figaro. Les grandes puissances désormais se livrent une réelle bataille pour écouler les stocks restants. Ventes, dons, etc… tout y passe.
La bataille du "largage"
En janvier 2010, le Quai d'Orsay a acheminé près d'un million de doses de vaccin, destinées aux communautés françaises expatriées. Accessoirement, «de manière ponctuelle, lorsque des gouvernements cherchent à s'en procurer et nous sollicitent», dit-on au ministère des Affaires étrangères, les représentations françaises à l'étranger «font remonter l'information» vers le ministère de la Santé, «qui y répond». 300.000 doses ont été vendues au Qatar, 2 millions de vaccins étaient en passe d'être cédés à l'Égypte. L'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, le Mexique étaient également aussi sur les rangs.
D'autres pays sont en concurrence pour leur fournir des vaccins, notamment l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse. Mais «ce n'est pas une compétition commerciale», soulignait en début d’année Bernard Valéro, le porte-parole du Quai d'Orsay.
Alors, faisons-nous partie de ces pays à qui on livre ces « restangolots » de doses vaccins ? Les populations ont-elle eu suffisamment d’informations sur le vaccin qu’on leur injecte ? Je crois que le ministère de la santé ne devrait pas se précipiter de (nous) vacciner. Pour ma part, je crois qu’il faut faire attention (surtout en matière de santé) aux substances qu’on nous injecte trop vite. Aux vaccins fabriqués à la hâte. Rien ne presse. Il faut prendre le temps de bien cerner tous les contours du vaccin. Pour ne pas que les doses qu’on nous donne gratuitement deviennent finalement des cadeaux empoisonnés. Vigilance !
17:22 Publié dans Affairage, Bon à savoir, Ce que je crois, Santé et environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grippe a h1n1, abidjan, côte d'ivoire, santé, vaccin, dose
31 août 2010
Cité Mermoz, zone interdite ?
Depuis un peu plus d’un an que j’ai lancé le projet des Avenues et particulièrement Avenue225, mon objectif était d’essayer de montrer le quotidien de la Côte d’Ivoire, les vraies réalités. J’ai voulu avec la belle équipe d’Avenants (les rédacteurs web d’Avenue) qui m’accompagnent sortir du quotidien chargé des agendas politiques et rester concentré sur « l’information de proximité ». Le journalisme citoyen est notre cheval de bataille et nous essayons de faire chaque jour un peu mieux en comptant sur les encouragements, les remarques et critiques (parfois dures) de nos lecteurs.
Dans cette logique nous touchons tous les sujets qui nous paraissent intéressants. Ce qu’il y a de beau, de bon mais aussi ce qui ne nous honore pas en tant qu’Ivoirien et qu’il faut dénoncer et changer. Mais voilà, il semble qu’il y a des sujets ou des zones dans lesquelles il ne faut pas s’aventurer. Et aujourd’hui l’un de nos Avenants paie les frais de ses écrits.
Judik-Hael Dahé est un jeune étudiant en licence de droit. Il est aussi l’un des rédacteurs web d’Avenue225. « Judik » réside à la cité universitaire de Mermoz où de temps en temps il rapporte des situations intéressantes et parfois surprenantes sur la vie en cité. Le 8 juille t dernier, il a écrit un article sur le restaurant de la cité. « Le restaurant universitaire de Mermoz bientôt fermé? ».
« La situation du restaurant universitaire de Mermoz dans cette période était très critique. Si bien que certains étudiants qui résident au sein de la cité trouvaient dans le fait d'aller chaque midi et soir prendre leur nourriture, un véritable calvaire », affirme Judik. Il prend sur lui l’initiative de mettre à nu cette situation. Manque d’hygiène, nourriture fade et faite sans grand soin etc. L’article met le doigt sur la situation désastreuse du restaurant d’une cité universitaire jadis enviée. Le Centre régional des oeuvres universitaires d’Abidjan (CROU-A) et la société prestataire se rejettent mutuellement la faute. Les photos qui illustrent le papier font vomir. L’article de l’Avenant est reprit par le quotidien ivoirien Le Nouveau Courrier.
« Sans le savoir je mettais donc le pieds dans un plat qui allait être difficile pour moi à digérer ». L’auteur de l’article contre toute attente va être convoqué. « Un matin, en cours, mon portable se met à sonner. Je décroche, une voix me dit de rentrer d'urgence sur la cité universitaire (...) Une trentaine de minutes plus tard, une autre voix, que je reconnais d'ailleurs me dit avec insistance la même chose ».
Sur la cité, il est au banc des accusés. En face de lui, des responsables du CROU-A, la société prestataire mais aussi des responsables de la Fedération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci, principal syndicat). Judik est accusé dans un premier temps d’avoir diffusé les propos du responsable du CROU-A sans son autorisation et dans un second temps d’avoir fai ;/script> t son reportage sans avoir obtenu la permission de la Fesci. En guise de réparation, les éléments de la Fesci écrivent eux-mêmes un article qu’ils nous somment de diffuser. L’article dit en résumé que tout va bien et que ce que nous avons publié est faux.
Je dépêche donc une équipe pour calmer les esprits. Et leur faire comprendre qu’un tel papier ne peux passer dans notre espace, parce qu’il ne reflète pas la vérité et va contre notre ligne éditoriale. Nous leur propo sons donc de revenir quand les choses se seront améliorées afin d’indiquer sur notre site et dans le Nouveau Courrier les avancées dans le Resto’ U. Une proposition qui trouve l’assentiment de tous.
Une semaine après cette rencontre, Judik se rend compte que (subitement) les choses sont en train d’évoluer. Le Chef cuisinier est remplacé par un autre diplômé d’une école professionnelle d’hôtellerie. Le menu est amélioré. « Les étudiants ont même été étonnés par ce changement soudain ». Judik fait un autre papier « Restaurant universitaire de Mermoz : Les choses s’améliorent ! ». L’article est repris par Le Nouveau Courrier et tout rentre dans l’ordr e… mais par pour longtemps.
Quelques semaines plus tard, nous organisons une formation à Abidjan pour les Avenants régionaux. Ils sont logés à proximité de la cité Mermoz. L’un d’eux dans le cadre d’un exercice fait un détour par la cité et se rend compte qu’elle n’est plus la résidence qu’il a connue il y a des années en arrière.
Son papier est publié le 22 août sur le site Avenue225 et il est repris le lendemain par Le Nouveau Courrier. "Cité Mermoz, la vie universitaire en décadence". C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Des éléments de la Fesci font irruption dans la chambre de Judik pour manifester leur mécontentement. «Ils m’ont demandé de révéler le lieu où ils peuvent retrouver l’auteur de l’article ». Pour eux, si l’article a été diffusé dans la presse, c’est bien parce que Judik-Hael Dahe l’a autorisé. Son appareil photo est confisqué et un ultimatum lui est donné pour qu’il « livre celui qui a raconté ces choses sur la cité Mermoz ». L’Avenant dort d ésormais d’un œil, ne sachant comment cela va finir.
La cité Mermoz et les sujets des étudiants apparaissent comme des dossiers à ne pas toucher. Des enquêtes à ne pas mener. Sans avoir la prétention de vouloir faire de l’investigation dans le style « Les Experts Miami », je crois que tout citoyen à le droit de dire ce qu’il pense et de présenter aux yeux du monde son environnement immédiat où il vit. Et c’est ce qu’a fait cet Avenant. C’est d’ailleurs pour cela qu’Avenue225 est né. Donner la parole aux citoyens qui vivent en Côte d’Ivoire. Visiblement, cette mission a ses limites dans des zones comme la cité Mermoz, au point de recevoir des menaces et de confisquer le matériel de ceux qui font leur travail.
Pour nous, ce n’est pas un élément dissuasif. C’est plutôt un encouragement à persévérer car en fin de compte c’est bien la preuve que nous sommes écoutés et que nous pouvons à notre façon faire bouger les choses. Aujourd’hui, le restaurant de la cité universitaire de Mermoz est fermé pour rénovation. Et nous sommes heureux et fiers d’avoir contribué à faire changer les choses.
Cependant, pour ne pas mettre la vie des Avenants en danger (puisque certains vivent en résidences universitaires), je leur ai demandé (pour l’instant) de ne pas écrire sur tout ce qui touche aux étudiants et à la Fesci. Il y a bien d’autres aspects de la vie quotidienne des Ivoiriens que nous pourrions montrer. Et c’est ce que nous allons nous atteler à faire.
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08:51 Publié dans Ce que je crois, Coup d'poing, Fatigué de parler... | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : cité mermoz, cocody, fesci, judik dahe, avenue225, liberté de la presse, abidjan, côte d'ivoire
26 octobre 2009
Blogophobie ?
Au sortir des discussions qui se sont déroulées à Stockholm dans le cadre des Journées Européennes de développement, j’ai eu le sentiment qu’une grosse crainte subsiste encore dans certains cœurs au sujet de « l’invasion » des médias en ligne et du web 2.0 en général.
Doit-on avoir peur des blogs (plus spécifiquement) ? Au moment où j’écris ces lignes, je lis sur le blog de Kouamouo cet article qui peut confirmer cette crainte. « Ah ! le journalisme à l'ère d'Internet, des clics et de la gratuité ! », s’écrit-il.
« Ah les blogs !», pourrait-on renchérir.
Du fait de la facilité avec laquelle on peut créer et gérer son propre média, on a une pléthore d’informations qui circulent minute après minute. Du fait de la (TOTALE) liberté d’expression qui s’offre aux internautes, on a des contenus variés qui sont mises en lignes avec une rapidité que « d’autres n’ont pas ».
Pourtant, il faut l’avouer, c’est la porte ouverte à toutes les dérives. Comment distinguer le bon grain de l’ivraie dans ce vaste champ d’informations ? Quelle crédibilité accorder donc à ces nouveaux types de média ? La question mérite qu’on y réfléchisse sérieusement.
Cela dit, je m’insurge contre ces esprits qui tentent de (de)montrer que la manipulation de l’information et de l’irresponsabilité éditoriale est née avec les médias en ligne et surtout avec la promotion des blogs.
Le paysage est le même dans la sphère des médias traditionnels. Parfois même pire. On ment, on manipule, on intoxique et on désinforme à souhait par jounaux, radios ou télévision interposé.
Il pourrait exister une solution pour les deux types de médias. La formation et la sensibilisation. Comme les journalistes, les blogueurs doivent être formés à l’écriture journalistique. Les journalistes (dits traditionnels) doivent l’être encore plus sur des sujets spécifiques tels que l’éthique et la déontologie journalistique, le droit de la presse, le droit à l’image et aussi et surtout… les médias en ligne.
Journalistes traditionnels et journalistes « citoyens » doivent de toute façon être sensibilisés et incités à la responsabilité quand aux contenus diffusés.
Les journalistes doivent percevoir les blogs comme un complément (d’information) plus que comme des concurrents. Il faut qu’on arrive à aboutir à une cohabitation entre « l’ainé » et le nouveau-né.
Doit-on avoir peur des blog(eur)s ? Non. Nous sommes bien obligés de vivre avec et d’arriver à intégrer ce nouveau type de média dans nos habitudes et dans notre environnement médiatique.
16:50 Publié dans Blog, Ce que je crois, Web | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : blog, médias traditionnels, journalisme citoyens, web2.0
16 septembre 2009
Report des élections : ce que gagnent les partis
Chez les citoyens ivoiriens, le doute s’installe de plus en plus sur la tenue effective des élections présidentielles à la date du 29 novembre.
Une chose est sûre. S’il y a des personnes qu’un report ne déplaira pas, ce sont les acteurs comédiens politiques de quelques bords qu’ils soient.
Pour le Président Gbagbo, un report (à 2010 ?) serait le couronnement de 10 années de pouvoir auquel il s’est fortement attaché agrippé. «Je reste à la barre», disait-il quelques années en arrière. La constitution lui sert d’appui et la guerre d’excuse. Plus elle dure, la loi fondamentale lui donne le droit de rester (aussi longtemps) au pouvoir.
A ses côtés, le premier ministre (ex-chef rebelle), Guillaume Soro. Ennemie de Gbagbo qu’il était, on assimile désormais l’ancien SG de la Fesci à son «bon petit !» (expression ivoirienne signifiant "son
protégé"). En plus, l’une des missions que s’est assignée le Chef du Gouvernement ivoirien, est d’aider à sortir de la crise par les élections. Lui aussi est accroché. Il ne veut rien lâcher.
Il sera encore premier ministre (avec tous les honneurs et les avantages) jusqu’à ce qu’on «sorte par les élections». Pas question pour lui, on imagine, de passer la main si sa mission n’est pas achevée.
Du côté de l’opposition, on fait fi de ne pas apprécier la posture de ce tamdem mariage Gbagbo-Soro. Pourtant, tous les partis politiques sont heureux d’avoir (au moins) un poste dans ce «gouvernement de consensus réconciliation». Et cette "salade" ministérielle va continuer à fonctionner avec ses tares et ses scandales. En attendant, les élections effectives et la formation d’un nouveau gouvernement par celui qui aura remporté.

2010 semble être pour tous ceux-là, une bonne année. Gbagbo fera "ses" 10 ans de pouvoir (avec à son actif, la victoire des éléphants à la Can et au Mondial). Et le pouvoir aura lui-même été partagé avec tous les partis (qui en auront tiré de très grands profits)… ceux qui le haissent, ceux qui l’aiment, ceux qui rasent les murs de la présidence.
En plus, 2010 sonnera (mieux dans les oreilles) «50 ans de la Côte d’Ivoire». Ça pourrait être un beau créneau et une belle période pour célébrer (en grande pompe, avec plus de jours fériés à l’appui) la sortie définitive de la crise. On pourra faire des «Giga fêtes» jumelées…trimelées, quadrimelées etc.
Mais au fond, qu’en est-il de ces populations qui sont fatiguées des conséquences de cet état de stagnation qui ne sert qu’à engraisser les politiques…
On organise des pseudos campagnes électorales, des semblants de cérémonies d’investitures, on se précipite pour déposer les candidatures, on reste aussi chez soi dans les salons présidentiels à raffiner peaufiner des blocages… et au finish, on va nous annoncer dans quelques jours le report des élections avec comme excuse «des élections propres». Et toutes les parties vont se rendre à l’évidence (en chœur) qu’«effectivement, c’est la meilleure chose à faire». De qui se moque-t-on ?
19:05 Publié dans Abidjan de maintenant, Ce que je crois, Coup d'poing, Elections présidentielles, les 5 grands - 1 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : élections présidentielles 2009 côte d'ivoire reportées, abidjan, gbagbo, cei, soro guillaume, ado, bébié, partis politiques
13 juin 2009
Juin et ses drames à Abidjan
Et revoilà le mois de juin... et revoilà ses pluies diluviennes avec leurs lots de dégâts. Hélas, 19 morts pour cette fois-ci ! "Quinze morts au Banco I, un à Boribana deux quartiers précaires de la commune d’Attecoubé, et trois autres à Gobélé dans la commune de Cocody", voilà le détail du bilan que révèle Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental. Selon le même journal, "la pluie a provoqué des glissements de terrains et des éboulements de maisons". Et c'est ce qui a occasionné ce drame. Juin 2009, la "tradition" macabre s'est malheureusement vérifiée.
Plus les années passent, plus le bilan s'alourdit.
En 2005, sept personnes issues d'une même famille trouvaient la mort lors des pluies diluviennes. Il y a eu aussi 2007. En 2008 également d'autres morts étaient enregistrés.
Cette année encore, le sinistre aurait pu être évité.
Longtemps l'on a tiré la sonnette d'alarme pour que des mesures soient prises afin que de tels drames soient évités. J'en parlais déjà ici, les autorités ont toujours eu du mal à lever les pas quand il s'agissait de prévenir ce genre de catastrophe. Mais c'est au pas de course qu'elles se rendent sur les lieux des sinistres pour faire les constats. Les expériences des années antérieures n'ont pas servi. Il est vrai que les populations de ces quartiers précaires construisent (de façon anarchique) sur des terrains dangereux. C'est vrai que leurs constructions sont fragiles et faites de plus de terre que de ciments. C'est vrai que leur responsabilité est aussi engagée dans ce qui est arrivé une fois de trop à Abidjan.
Mais je pense pour ma part, que la plus grosse part de responsabilité doit revenir au gouvernement. Je proposais l 'année dernière qu'une table de discussions soit dressée entre les populations des bidonvilles (parfois installées depuis des décennies) et les autorités pour qu'un terrain d'entente soit trouvé et que l'on arrive enfin à trouver des solutions. Je pense que l'Etat à les moyens s'il le désire, de résoudre progressivement la question de bidonvilles à risque. C'est une question de volonté politique. On pourrait par exemple, sacrifier les milliards dépensés pour les monuments (qui encombrent trop souvent les rues) pour trouver des solutions à ce problème de quartiers précaires. On pourrait pourquoi pas, abandonner pour un temps les projets de jardinages sur les voies pour prévenir ce genre de drame en saison pluvieuse. [Pour information, la commune présidentielle de Cocody compte à elle seule un peu plus de 13 quartiers précaires]
Mais, en Côte d'Ivoire, nous avons l'art de l'indemnisation et des "décisions après la mort". Pour cette année, ça en fait un drame de trop ! Les jours à venir seront consacrés à des hommages aux familles des victimes, à des indemnisations et puis on annoncera de nouvelles mesures et puis... on attendra (je n'espère pas) le drame d'un autre juin d'une autre année.
24 avril 2009
Facebook en question

A quoi nous sert Facebook ? C’est la question que j’ai soumise sur ma page Facebook en vue de réaliser un sondage. L'objectif de ce sondage était de prendre le maximum d'avis de tous (et surtout des Africains) pour déterminer comment les nouveaux outils du Web 2.0 comme Facebook prennent de la place dans notre vie. Sont-ils utiles, nécessaires, indispensables ? Il fallait dire en quelques mots pourquoi l’on utilise Facebook et qu'est ce qui fait son charme (si l’on lui en trouve un).
Avant de donner les résultats de cette petite enquête, rappelons d’abord ce qu’est Facebook.
13:25 Publié dans Blog, Ce que je crois, Tout nouveau tout beau!, Web | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : facebook, a quoi sert facebook, sondage, facebook en question, facebook en afrique, facebook en côte d'ivoire, abidjan, yoroba, facebooker, facebookains







