13 octobre 2008
Il était une fois…Angybell !
Une fois n’est pas coutume. Je me suis introduit dans l’antichambre d’un dinosaure de la mode africaine. Styliste et couturière autodidacte, Angybell est de nouveau sur la scène avec une nouvelle collection de vêtements qu’elle va présenter officiellement lors du "Yéhé 2008" cette semaine.
Angybell, un nom qui rappelle une époque. Un nom qui réveille des souvenirs chez les amateurs de modes mais aussi et surtout un nom qui salue le travail d’une artiste autodidacte au sommet de son art.
Dans son appartement situé à la Riviera 3, un quartier chic d’Abidjan, Angybell nous serre la main avec sourire comme pour dire «je suis encore là». Sur la terrasse, des robes et des chemises de différents motifs vous souhaitent la bienvenue.
Le salon superbement décoré est pour la circonstance transformé en loge pour essayage.
«Angybell n’a pas changé», vous diront ses proches. Toujours aimable et travailleuse, l'inspectrice des douanes ivoiriennes continue de créer des modèles toujours originaux et inspirés. «Elle tient à ce que ce qu’elle fait soit un carrefour de culture», révèle un de ses proches. «Pour elle, ajoute t-il, la mode doit pouvoir transcender les cultures». «C’est d’ailleurs pour cela qu’elle tient en général à mélanger les pagnes traditionnels avec d’autres tissus», précise son couturier.
Pourtant, ce nom avait été éclipsé par des années de maladies et d’épreuves.
Mais, après ce long moment passé hors des "T" «Maman Raffia» réapparait avec une nouvelle collection.
«Je ne suis pas morte», dit-elle. J’ai (sur)vécu (à) des moments pénibles mais tout cela est dans le plan de Dieu et c’est vraiment riche en enseignements», avoue t-elle avec assurance.
Grande croyante, Angybell assure que ses succès sont «la marque de Dieu dans sa vie» et ses déceptions «le moyen que Dieu choisit» pour lui faire comprendre des choses et la ramener sur le droit chemin.
Désormais, Angybell est là. Toujours avide de travail, d’idées nouvelles et lumineuses.
«Elle aime le travail, mais surtout le travail (très) bien fait», explique Diana, sa fille et son responsable de communication et marketing. «En plus, elle a cette facilité d’expliquer ce qu’elle veut aux autres, ça rend le travail plus facile», souligne Diana.
Dans quelques jours, Angybell s’envole pour la France «pour des raisons personnelles», avant de revenir sur la scène ivoirienne qu’elle n’a d’ailleurs jamais quittée.
«C’est vrai que j’ai été absente, mais mes modèles et mes initiatives ont fait le tour du monde», affirme t-elle avec fierté.
En effet, c’est elle qui pour la première fois arrive à transformer des écorces d’arbres en tissus. Une innovation qui réjouira le monde entier. «Mes tenues faites à base de raffia ont été portées par des stars mais surtout ont été reprises par beaucoup de stylistes-modélistes».
Pour Angybell , c’est tant mieux que ses idées soient reprises. «Il faut éviter les esprits de concurrence, c’est dépassé», déclare t-elle.
Dans un entretien ô combien enrichissant, Angybell lève un coin de voile sur ces années de gloire, ces périodes noires, mais aussi elle nous livre en exclusivité le contexte de la création de sa nouvelle collection (avec des photos à l’appui que vous ne trouverez, pour l’instant, nulle par ailleurs).
Voir quelques photos.
10:25 Publié dans A l'honneur, Art & Culture, Reportage | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : mode, angybelle, côte d'ivoire, abidjan, couture





