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03 juillet 2008

Pas comme les autres ?

Depuis quelques semaines que nos ‘‘parents planteurs’’ sont en prison, beaucoup de choses se disent et s’écrivent sur leurs trains de vie à la maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).
J’ai lu ici la semaine dernière une note qui racontait ‘‘l’univers de la Maca Beach’’.. avec coca light, pizza, vins et ‘‘forces nouvelles’’.

Ambiance de fête, visites interminables, Tapé Doh et ses «amis» ne veulent apparemment pas se sentir emprisonnés… dans cette prison. C’est la raison pour laquelle selon plusieurs témoignages, ils se permettent beaucoup de choses qui sont en principe refusées aux prisonniers ‘‘traditionnels’’.

«Tapé Doh, Henri Amouzou, Angeline Kili et les autres bénéficient d’un traitement de faveur. Ils ont sur eux leurs téléphones portables, chose strictement interdite en prison. Et ce n’est pas tout. Leur privilège s’étend même sur d’autres domaines pourtant strictement interdit aux autres détenus. C’est que ces ‘’prisonniers pas comme les autres’’ peuvent recevoir des visites tous les jours de la semaine. Ils peuvent même recevoir leurs visiteurs jusque tard dans la nuit. Or, il est bien écrit sur la façade de cet établissement pénitentiaire que les jours de visite sont les mardis, jeudis et samedis. Des faveurs que les autres prisonniers ne comprennent pas. Et qu’ils s’expliquent difficilement. Toute chose qui, selon des sources proches de cet établissement, pourrait entraîner la grogne des milliers de pensionnaires. Dans la mesure où Tapé Do et ses amis ont la permission de boire du vin et d’autres boissons alcoolisées. En somme les responsables de la filière qui croupissent à la Maca ont un train de vie qui n’est pas très différent de celui qu’ils menaient dans les rues de la capitale, chez eux et dans les bureaux(…)».In Le Patriote du jeudi 3 juillet 2008


Ces messieurs et ces dames sont-ils des prisonniers comme les autres ? Si non, qu'est ce qui fait qu'ils sont différents des autres pour mériter un tel traitement ? Un pensionnaire de la Maca est un prisonnier et il doit être traité avec les ''honneurs'' dûs à ce ''rang''.
Pourtant, il faut bien l'admettre, Tapé Doh et «ses sujets»... ne sont pas comme les autres. Ils sont des gens de «en haut de en haut». Les amis de «gens importants». En plus, il faut les chouchouter car, ils peuvent faire des révélations qui pourraient surprendre la nation entière.

Mais bien plus...
On les a vus dans les médias soutenir à coup de milliards la Côte d'Ivoire alors attaquée par la France chiraquienne à visage découvert.
On les a aussi vu faire souvent beaucoup de bien(s) (dans un sens comme dans l'autre) à plusieurs.
«Ils n'ont pas seulement volés, ils ont aussi aidé !», ne manquent pas de penser certaines personnes. Et pour ces dernières, les ''planteurs en prison'' doivent être traités avec beaucoup plus d'égards que les autres prisonniers dont les noms ne sont mentionnés nulle part dans l'histoire des héros «la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire».

Pendant ce temps dans les couloirs de la Maca cette attitude crée des frustrations chez les autres détenus et même chez les gardes pénitentiaires qui ne jouissent même pas du dizième des faveurs de ces détenus aux privilèges peu ordinaires.
Doit-on alors créer une prison spéciale pour les "hautes personnalités" ? La question reste posée.

24 juin 2008

La Côte d’Ivoire vend les bijoux de famille d’Houphouët

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Le 29 juin prochain, le gouvernement ivoirien vendra aux enchères, à Fontainebleau, chez Osenat, des meubles, tapisseries et tableaux de la résidence Masseran, un hôtel particulier près des Invalides (Paris 7ème) propriété de feu le président Félix Houphouët-Boigny, légué à sa mort à l’Etat ivoirien. La vente est estimée à plusieurs millions d’euros.

Les commissaires priseurs de la Maison Osenat vont mettre en vente, dimanche 29 juin à Fontainebleau, les collections d’œuvres d’art de l’ancien président de la Côte d’Ivoire Félix Houphouët-Boigny qui meublaient, depuis son décès, le 7 décembre 1993, son hôtel particulier parisien de 3.000 mètres carrés, rue Masseran dans le 7ème arrondissement.

Seront mis aux enchères plus de cent pièces : des meubles Louis XV et Louis XVI, des tableaux de Bonnard, Vlaminck, Van Dongen et Renoir (dont l’un est estimé à 2,2 millions d’euros), des tapis d’Ispahan, des béliers en or massif aux yeux en émeraude de chez Van Cleef & Arpels, ou encore neuf tentures rarissimes en broderie de soie polychromes ayant appartenu à Marie-Antoinette.

Explication selon la Lettre du Continent, une lettre confidentielle bien informée sur les dossiers africains : le président ivoirien Laurent Gbagbo vend ces «bijoux de famille» pour restaurer l’hôtel particulier de la rue Masseran, qui est toujours la propriété officielle de son pays, et en faire la résidence du chef de l'Etat lorsqu’il se rend à Paris. Voire pour acheter des appartements pour ses diplomates en poste dans la capitale.

(Capital.fr)

21 avril 2008

Gbagbo peut-il sauver les "maisons" d'Houphouet ?

690396c995b1d057e2f1e0f62db45180.jpgOn les disait bradés. Il n'en est rien. La somptueuse résidence du 7 rue Masseran, dans le 7è arrondissement à Paris - la résidence officielle du Président de la République, la chancellerie du 102 avenue Raymond Poincaré, la résidence du 10 rue de la Lota, dans le 16è arrondissement, celle de l'ambassadeur, etc. Ce sont au total, une quarantaine de palaces qui ont été recensés à travers l'Europe, sur ordre du Président Laurent Gbagbo.

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04 avril 2008

Rencontre Gbagbo-consommateurs: "à chacun son mot"

La concertation convoquée de façon improvisée par le chef de l’Etat suite aux manifestations de protestations (contre la cherté de la vie) c’est tenue dans une folle ambiance.
Chacun pris la parole…

Les Consommateurs … de gaz (au sens masculin du terme) à qui l’on refuse les audiences et contre qui «les portes sont verrouillées».

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Les consommatrices qui posent un diagnostic et réclament l’augmentation des salaires en dénonçant l’anarchie sur le marché de l’importation.

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Les vendeuses, elles, dénoncent les tracasseries routières. Elle souhaitent également qu’il y ait un contrôle sur le marché quant à l’application effective des mesures prises.

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Les industriels de leurs côtés souhaitent que la TVA soit revue à la baisse.

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Les ministres indexés selon leur porte parole, vont «immédiatement se mettre au travail».

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Le Chef du gouvernement Guillaume soro, pour sa part va veiller à ce que plusieurs «commissions» soient mises sur pied.

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Et enfin, le Président de la République himself a tenu à expliquer que le «crise alimentaire» est internationale...

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...et qu'il faut "cultiver" la concertation.

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15:45 Publié dans Affairage | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : gbagbo, consomateur

02 avril 2008

Et si "les gens-là" étaient méchants ?

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Ce matin j’ai entendu un bout de conversation entre deux individus au sujet des mesures prises par le Chef de l’Etat. Je vous en donne lecture (un peu paraphrasée tout de même).

-(...) Tu sais que tout va diminuer non ?
-Non non, qui t’as dit ça ?
-C’est à la télé hier que j’ai écouté.
-Ha, c’est une bonne nouvelle alors.
-Moi ça m’énerve…
-Haï, où est ce qu’il y a dedans qui peut faire fâcher quelqu’un ? on te dit que tout va diminuer et toi ça t’énerve. Vous les ivoiriens même…
-Nooonnn, c’est pas affaire de diminuer là. Ce qui me fait mal c’est que les gens-là, ils pouvaient diminuer les prix des trucs depuis-là ! Pourquoi les gens-là sont mauvais comme ça ? ils ont attendu on a souffert jusqu’àààà (…) Les gens qui ont marché deux jours là, on les a frappé jusqu’ààààà, d’autres sont morts. Et puis c’est maintenant-là ils vont nous parler de diminuer. Ça là si c’est pas sorcellerie-là, comment on appelle ça ?
-Vrai vrai là hein, c’est toi qui a raison, les gens-là sont mauvais quoi! (blablabla)

11:05 Publié dans Affairage | Lien permanent | Commentaires (0)

29 mars 2008

Le Président Gbagbo à la Rue princesse

C'est une information qui va réjouir les "affairés de 1ère classe". Le président de la République de Côte d'Ivoire a fait une tournée nocture dans la nuit de vendredi à samedi pour semble t-il "dire au Ivoiriens que la guerre est finie et qu'il peuvent sortir". Quoiqu'il en soit Laurent Gbagbo a tenu à "s'éclater au max". Suivons donc cette randonnée.

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26 mars 2008

Où est passée l’éthique ?

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Je vais partager avec vous un dialogue que j'ai lu ce matin dans le quotidien "Le Temps". Et c'est titré "Harcèlement des structures d’Etat sous tutelle - Comment les caisses de l’Etat sont pillées ?".
- Allo !
- Hum, mon petit
- Oui, monsieur le président
- La situation est trop tendue à mon niveau…
- Ah ?
- Mon bureau est envahi même.
- Président, laissons ça à demain, c`est compliqué !
- Han ?
- C`est compliqué, aujourd`hui.
- Non, non, non, il ne faut pas dire des choses comme ça. Lui même, il vient de m`appeler là…
- Oui, mais président, demain matin, on va faire…
- Houé pardon, faut pas faire ça.
- Bon, comme c`est comme ça, il faut appeler le DAF. Peut-être que si toi-même, tu l`appelles, il va savoir que je ne m`amuses pas.
- Ah ! ah ! ah !
- Il faut appeler le DAF.
- Non, non, écoute, le type, il nous fait entièrement confiance…
- Oui, oui. Il faut appeler le DAF. Il va savoir que je ne m`amuse pas. Je suis assis dans mon bureau comme ça. Je lui parle, il me dit que c`est compliqué…
- C`est combien son téléphone ?
- 02 03 71 20
- Vraiment, je ne peux pas, je lui ai dit qu`on peut avoir deux (2,5) cinq. Il a dit non, ce n`est pas suffisant, mais il faut que je fasse l`effort.
- Le DAF dit qu`il ne peut pas faire quelque chose, mais ce sera demain. Bon peut-être qu`il pense que je m`amuse. (Silence). Donc si toi-même…
- 0203…
- …71 20
- Bon je vais l`appeler. Je ne sais vraiment pas comment je vais faire, c`est pas amusement, hein.
- Oui, oui, président.
- A tout à l`heure.
Le lendemain, la conversation téléphonique entre les deux hommes reprend.- Allo !
- Oui, monsieur le président !
- Ah, il est 16h et quelques… et vraiment je suis inquiet.
- Non, non, non j`attends le DAF. Il m`a dit que les cinq millions (5 000 000 FCFA) étaient trop.
- Mais on aura combien, au moins ?
- Je ne sais pas, mais il dit qu`il va voir autour de deux millions (2 000 000 de FCFA).
- Ah là, ça ne peut pas aller…
- Non, je veux dire que… Je vais vous rappeler dans cinq minutes. Dès que je raccroche, je m`en vais le voir.
- Et si tu ne m`appelles pas ?
- Non, je vous rappelle tout à l`heure. Vous n`avez pas besoin de rappeler. Je vous rappelle.
- Ok ! A tout à l`heure.

N`ayant toujours pas trouvé de réponse à la requête du PCA, les deux responsables de la SONATT se rappellent.
- Allo !
- Allo !
- Oui !
- Monsieur le président ?
- Oui !
- Koné Harouna.
- Ah ! DG.
- Oui.
- Ça va ?
- Ouais, ça va un peu au niveau de la santé.
- (Rires) il ne faut pas me tuer comme ça (rires). Nouvelles ?
- Ah, je suis au regret de vous dire qu`aujourd`hui ça ne sera pas possible. Je suis avec le DAF, ce n`est pas possible.
- Non, non il ne faut pas faire ça.
- On n`a pas un copeck. On a des prêts qui vont être rejetés.
- Mais DG, il ne faut pas faire ça. Nous voyageons. Je voyage tout de suite. On devait voyager hier, je n`ai pas voyagé.
- Monsieur le président, si je peux même, je vais prendre crédit pour vous donner.
- Non, pardon, han ?
- Je vais vous passer le DAF, il va bien vous expliquer. Ne quittez pas.
- Bonjour, monsieur le président.
- Bonjour, nouvelles.
- Bêh, elles ne sont pas bonnes, hein. Elles ne sont pas bonnes, parce que quand on a fait la situation, heu, si on insiste, heu, heu, on va tous avoir honte. Or, ça ce n`est pas l`objectif.
- (Longue minute de silence). Bon, j`ai compris.
- Ok, bien merci.
Très embêté par le fait qu`il n`a pas encore réuni ce que son patron lui a demandé, le PCA rappelle encore son DG.
- Allo !
- Allo, mais ton téléphone là, c`est comment ?
-Ah, mon téléphone-là, ça y est là, ça marche un peu, un peu.
- Bonjour !
- Bonjour, monsieur le président !
- Ah, bon c`est ma diligence qui me fatigue.
- Heu, bon moi je viens d`arriver. Je vais aller au bureau du DAF. Je vous rappelle dans cinq (5) minutes.
- Vraiment, il faut me rappeler.
- Ouais, je vous rappelle.
- Je m`en vais vers l`Académie (Académie des sciences de la mer de Yopougon : ndlr), pour les mêmes problèmes. Donc vraiment heu, heu…essayez de me rappeler.
- Non c`est ici.
- Je vais vous appeler, à tout à l`heure.
- Oh, je m`étais trompé de route.
- Ah, vous vous êtes trompez de route.
- Bon à tout à l`heure.
- A tout à l`heure.


A la suite de cette rétranscription, il y a un commentaire qui s'intitule "Où est passé l'éthique?"
Je pense que cette question doit être adressée à ceux qui ont produit l'article. Au nom de quoi (si cette conversation est réelle) doit-on exposer la vie (avec le nom et le numéro de téléphone à l'appui) des individus aussi corrompus soient-ils ? Je trouve que là, ça manque franchement d'éthique "journalistique". Et ce genre d'atteinte à la vie privée de l'homme s'il entraîne des conséquences facheuses est sanctionné par le célèbre article 1382 du code civil ivoirien.

10:55 Publié dans Affairage | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sonatt, espion