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26 mars 2012

Macky Sall élu. Les leçons que je tire

wada-sall.jpgLe bruit a couru toute la nuit de ce 25 au 26 mars 2012 traversant tout le Sénégal et toute l’Afrique pour atteindre les autres contrées du monde. «  Macky Sall sera le 4e Président de la République du Sénégal » jubilait un supporter de l’ancien premier ministre en apprenant que Wade, le Président (sortant) avait félicité son adversaire. Bonne nouvelle donc quand on se rappelle les derniers épisodes avant le scrutin.

Au moment où l’on attend les résultats officiels et définitifs, je m’autorise à en tirer quelques leçons.

Ce qui arrive au Sénégal est dans l’ordre normal des choses quand on se veut un Etat démocratique. Si on se surprend entrain de jubiler du dénouement heureux à l’issue de ce combat de coqs, c’est que l’alternance est une denrée rare à l’école de la démocratie en Afrique.

La première leçon est que le peuple sénégalais fait montre de sa maturité démocratique et de sa capacité à résoudre ses problèmes par les urnes. Après la victoire de l’opposition et de la société civile le 23 juin dernier, le refus de Wade de ne pas abandonner sa candidature avait fait craindre le pire. Pourtant, les populations ont préféré ne pas tomber dans des affrontements partisans, sanglants et meurtriers et ont fait le choix de «combattre » dans les urnes. Au final, un vote-sanction pour écarter enlever Abdoulaye Wade. « Il faut comprendre que les Sénégalais ont voté contre Wade. Ce n’est pas systématiquement un vote d’adhésion à Macky Sall, même s’il faut le reconnaître, ce dernier a les compétences et le charisme pour assurer ses (nouvelles) fonctions », commentait avec nuance un observateur sur une chaîne étrangère.

La deuxième leçon est qu’au bout du compte, l’ancien président Sénégalais s'en sort par la grande porte. (J’en connais un qui n’a pas eu cette chance. Coup d’Etat oblige). Un simple geste. Un coup de fil. Des félicitations. Il est vrai que cela ne peut effacer de nos souvenirs les dérives notées (surtout) vers la fin de son mandat. Pourtant, il faut saluer bien fort le « coup de fil  de Wade» qui fait baisser les tensions et remet Dakar sur les rails encore fragile de la démocratie.

Troisième leçon : « Personne n’a mis sa bouche dans les affaires sénégalaises » comme on le dirait dans les rues d’Abidjan. Des questions sénégalaises, résolues entre Sénégalais au Sénégal.

Tout est bien qui finit bien donc. Les élections Sénégalaises de 2012 se seront achevées sans trop de dégâts. Un pas de plus vient d’être fait par les Sénégalais. Un petit pas. Mais un pas tout de même. Là où certains ont réculé en courrant. Le plus dur commence pour Sall. Prions pour qu’au fil des années son intégrité et ses bonnes idées en faveur de ses citoyens restent intactes, comment on le voit souvent rarement avec certains présidents africains.

Crédit Photo : wadr.org

 

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