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12 décembre 2011

Journalistes et remise d'enveloppes

Depuis le temps qu'on traîne sur notre dos (nous journalistes ivoiriens et certainement africains de façon générale) la réputation de mendiants lors des reportages. Mais rien a changé. Je me souviens encore quand, jeune journaliste, je couvrais mes premiers reportages et que je constatais qu'à la fin des cérémonies, les confrères attendaient toujours un petit..."perdiem". Je vous invite à lire cet article de Slate Afrique qui décrit assez bien la situation de bons nombres de journalistes sous nos cieux. Extrait.

[les troisièmes responsables de cette situation sont les journalistes eux-mêmes. La plupart d’entre eux n’ont aucune formation de journaliste et ne cherchent pas à se former pour remédier à leurs lacunes. Par voie de conséquence, ils acceptent d’être sous payés, exploités et dévalorisent eux-mêmes leur profession par des pratiques qui n’honorent pas le journalisme en Afrique. Certains se sont spécialisés dans les articles élogieux et démagogiques des acteurs politiques et économiques pour arrondir les fins de mois toujours difficiles. La tendance actuelle est plus perverse. Il s’agit d’écrire des articles à charge contre des acteurs influents et susciter leur exacerbation. Ensuite, moyennant une enveloppe, l’auteur de l’article refait un autre papier beaucoup plus flatteur que le précédent. Ces journalistes mal payés sont peut-être maintenus ainsi volontairement dans ce système par ces remises d’enveloppe, à chacune de leur couverture médiatique par les institutions, les ministères ou les organismes qui les sollicitent. Ce qui était une habitude est devenu de fait, une « Obligation ». Aucune couverture médiatique ne peut se faire sans cette pratique étonnante.

De fait, à chaque évènement, on assiste à une ruée de « journalistes », parmi lesquels de nombreux « Rats » comme on les appelle dans le milieu de la presse en Côte d’Ivoire. C’est-à-dire, des « journalistes » ou se faisant passer pour « journaliste », qui s’invitent eux-mêmes dans l’espoir de recevoir une enveloppe. Si ces pratiques surprenantes ne sont pas dénoncées et combattues par les journalistes reconnus, elles finiront par compromettre l’ensemble de la profession et discréditer davantage tous ceux qui s’efforcent malgré toutes ces incertitudes de faire du journalisme une profession noble et respectable, en attendant d’être un jour peut-être, ce quatrième pouvoir que nous espérons tous].

Lire l'intégralité de l'article de Macaire Dagry sur SlateAfrique.com

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