topblog Ivoire blogs

27 juin 2011

Saison des pluies à Abidjan. Remake

[Ceci est une piqûre de rappel... comme à chaque mois de juin de chaque année]

Et revoilà le mois de juin ! Avec ses pluies diluviennes et ses morts, ses déplacés... et les dégâts matériels. J'ai lu ce matin à la Une de Fraternité matin (le quotidien gouvernemental ivoirien) "Les glissements de terrain font 5 morts". Alors, comme chaque année je vais rechanter la même chanson avec le même refrain. Comme en 2008 ou en 2009. On attend encore qu'il y ait des morts avant de réagir. Dans les jours à venir nos autorités vont faire des tournées de consolation auprès des familles éprouvées.

Dès le début des premières pluies, ce blogueur a commencé à tirer la sonnette d'alarme. Le Plan Orsec a peut être été réactivé trop tard. Dans tous les cas, pour les nouvelles autorités, voici un autre challenge: "éviter que les saisons des pluies soient des remakes chaque année". Il est encore tant de limiter les dégâts. A l'année prochaine pour un mois de juin sans dégât. Espérons-le.

19 juin 2011

Réponse d'une journaliste togolaise à ceux qui connaissent mieux l'Afrique que les Africains

Rarement sur ce blog je m'écarte des sujets de la Côte d'Ivoire. Mais voici un post que j'ai lu sur le blog d'une amie et collègue journaliste, Marthe Fare, qui a rédigé un gentil droit de réponse à Jacques Mouriquand (je ne le connaissais pas jusque-là), journaliste et auteur suisse de "QUE SAIS-JE SUR L'ECRITURE JOURNALISTE". L'histoire est simple. La journaliste africaine a posté un lien sur son profil twitter. Cela lui a valu injure et méprise de la part du grand "Savant Blanc Journaliste".

Cet incident comme que vous allez lire et comme le mentionne la journaliste Togolaise est monnaie courante. J'en ai vu des "spécialistes de l'Afrique" qui ignore tout de ce continent (bon mais ça c'est pas nouveau). Le pire c'est lorsqu'ils prétendent mieux connaitre un pays africain que les habitants de ce pays qui y sont nés et y ont vécu.

Voici son droit de réponse. Bonne lecture !

08 juin 2011

Web, liberté d'expression et notre responsabilité

freedomofexpressionr.jpgJe suis à Johannesburg pour participer (du 8 au 9 juin) à un atelier sur la liberté d’expression en ligne. Un « Workshop » parrainé par Google et organisé par « Global Voices et le Committee to Protect Journalists ». « Freedom of Expression in Sub-Saharan Africa ».

Les organisateurs justifient l’opportunité d’une telle rencontre par le fait qu’il y a « un besoin croissant pour une sensibilisation accrue » à la liberté d’expression en Afrique. Surtout sur Internet. «Cette nécessité, souligne Google South Africa, est devenue plus urgente à la lumière des actes de plus en plus agressifs et sophistiqués de la part de certains gouvernements africains en vue supprimer la liberté d'expression ».

Et les exemples sont légions. Les méthodes de blocages aussi. Espionnage, le blocage des accès aux plateformes de réseaux sociaux, fermeture de services mobiles tels que SMS (On a connu ça pendant des mois en Côte d’Ivoire).

Le Workshop va se concentrer sur les journalistes et les blogueurs et les risques qu’ils encourent dans certains pays. Objectif, trouver des tactiques et les meilleures pratiques en matière de protection de la liberté d’expression.

Des pratiques qui peuvent nous être utile, à l’heure où la Côte d’Ivoire veut sortir de longs moments de crises (qui ont sévèrement touchés la presse). Des journalistes sont encore aujourd'hui dans la peur et dans la crainte de sortir leurs plumes. Les quatre derniers mois ont été terribles. Assassinats, emprisonnement, enlèvement, agression physique, menace de mort. Des journalistes de tous les camps ont été traqués par des partisans du camp adverse. (Ils sont moins nombreux aujourd’hui, mais toujours aussi (volontairement ou non) censurés).

C’est désormais aussi l’un des challenges qui attendent les nouvelles autorités : Réconcilier (toute) la presse avec la (vraie) liberté d’expression, mais aussi les journalistes avec le professionnalisme et la responsabilité.

Sur le Web, les choses sont moins pénibles. Les agressions se limitent à des injures, des menaces en ligne. Certains blogueurs ont vu parfois leur appareils photos confisqués. [D'autres blogueurs préfèrent ne pas se montrer à visage découvert au regard de leur prise de position en faveur (ou contre) un camp].

C’est sûr, c’est une opportunité pour les blogueurs (et ceux qui utilisent le web) qu’Internet échappe (pour l’instant) aux autorités. Sur les blogs et les réseaux sociaux, tout se dit. Il y a seulement qu’à regarder sur le hashtag #civ2010 (twitter) pour s’en rendre compte.

Les sites et blogs se sont multipliés par 50, voire même plus au cours de ces derniers mois. C’est une bonne chose ! Ce à quoi tous doivent être sensibilisés, c’est la responsabilité. Liberté TOTALE d’expression OUI ! mais tous les acteurs doivent mesurer à quel point un simple mot ou une simple phrase sur internet ou sur du papier peut être aussi destructrice qu’un obus. C’est la leçon que je garde.

 

05 juin 2011

Communiqué de Presse - "Une Minute de Silence"

une minnute de silence.jpg

Soutenons le Projet « Une minute de Silence »

Montrer les inconvénients et incidences des conflits armés sur les populations civiles. Tel est l’objectif du projet de court métrage « Une Minute de silence » initié par Armand Bray un jeune ivoirien de 23 ans qui vit à Abidjan en Côte d’Ivoire. « Une minute de Silence » est un récit de fiction mais les faits qui y sont relatés (en dehors de la mort du personnage principal), sont inspirés d’une histoire vécue.

Ce court métrage tient à présenter les faits sans parti pris et appréhender de la façon la plus simple possible (à la façon d’un civil apolitique qui y a laissé sa peau) la journée du 04 avril 2011 qui fût une grande première dans l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Synopsis :

Quatre jours après de violents combats, les activités semblaient reprendre. Innocent K, muet de naissance, fils ainé d’une femme divorcée ayant deux enfants à sa charge, sort se ravitailler en vivres à l’instar des habitants de son quartier et en profite pour rendre visite à certains proches dont il était resté sans nouvelles depuis un long moment.

Il ignore qu’il prend rendez-vous avec la mort…

 

Le coût total de la production est estimé à 3000 euros. En moins de 72 heures, le projet a déjà rassemblé 150 euros. Soit 4% du montant total. Arman Brey se dit confiant même s’il reconnaît que le temps est court.

«J’ai jusqu’au 30 juin pour rassembler cette somme sinon ça tombe à l’eau », précise t-il. Pour aider et soutenir ce projet c’est simple. Il suffit de se rendre sur http://fr.ulule.com/minute-de-silence/. Les montants varient entre 3 et 100 euros ou plus.

A quoi va servir le financement ?

Afin de mettre toutes les chances du coté du projet, entre système D et méthode « pédagogique », le financement servira à garantir la bonne production du court métrage.

Depuis le casting, la distribution des rôles, les répétitions, la location de la camera, du matériel de son, de lumière, la machinerie, la création des décors, le tournage en lui-même, les déplacements, le cartering, la paie des acteurs et figurants, des techniciens, le montage, le mixage et l’exportation définitive sur support de diffusion.

La plupart des films qui sont réalisés en Afrique, par des réalisateurs Africains ne sont pas toujours de belles factures. Mauvaise préparation, mauvaise logistique, manque de moyens, les raisons diffèrent d’un réalisateur à un autre mais l’alibi du manque de moyens revient assez souvent. Et pourtant beaucoup d’entre nous, réalisateurs Africains avons de bonnes intentions pour nos films mais le résultat se fait toujours attendre.

Le message que véhicule Une minute de Silence et l’objectif de carrière visé pour ce court métrage (festivals de cinéma en priorité) sont si sérieux, si important qu’il serait préjudiciable de retomber dans le piège classique du « j’ai fais de mon mieux » pour justifier un résultat d’une piètre qualité au moment de l’aboutissement du projet.

Aussi l’idée n’est pas non plus de s’inscrire dans le schéma de ce qu’on peut appeler la haute bourgeoisie cinématographique (camera red one ou autre chose du genre ça serait l’idéal) afin de ne pas se retrouver avec un immense budget. Non.

Ce projet est une aventure passionnante. En le subventionnant ou en le faisant circuler autour de vous, vous contribuez à l’expansion du message qu’il véhicule et lui donnez plus de chance de voir le jour…

 

A propos du porteur de projet

Armand Brey est un réalisateur ivoirien de 23 ans, vivant en Côte d’ivoire.

Il est employé dans une agence d’événementiel depuis Janvier 2010. Mais actuellement, il a décidé de se consacrer pleinement à l’élaboration et à la préparation de son futur court métrage. Mais Armand n’est pas un nouveau venu dans le cinéma.

COURT METRAGE

Octobre 2010, assistant opérateur sur le court métrage BABI de la réalisatrice SIAM MARLEY.

REPORTAGE

  • Réalisateur d’une d’interview-reportage d’environ 15 min dénommé 2009, LE BIILAN, film qui retrace l’activité culturelle HIP HOP en cote d’ivoire depuis son apogée en 96-99 jusqu'à 2OO9 et qui a vu la participation d’activistes du milieu (Artistes, animateurs…) http://lnp.sn/Zcf http://lnp.sn/ZcY
  • Cadreur Making of pour le concerto festival (un festival de musique qui a lieu chaque année à l’occasion de la fête de l’indépendance de la Côte d’Ivoire), édition 2009 et 2010.

CLIP VIDEO

  • Octobre 2010, réalisateur du clip TEGUE LE SON du groupe de rap AFROVIZION dont voici le Teaser. http://lnp.sn/Zcg
  • Chargé de la coordination et du repérage, participation à la réalisation du clip vidéo RAP FRANC CFA de l’artiste franco-congolais YOUSSOUPHA, de passage à Abidjan dans le cadre de sa tournée internationale en début du mois d’octobre 2010. http://lnp.sn/ZcM
  • Réalisateur du clip ON EST FATIGUE de l’artiste rappeur SMATCHY courant 2008. http://lnp.sn/ZcQ

SERIE TV

En 2008, assistant réalisateur sur 24 épisodes du téléfilm SIGNATURE, déjà passé sur la chaine Nationale ivoirienne, certaines chaines de la sous région, sur Cfi et peu être bientôt sur TV5. Un téléfilm du réalisateur Alain GUIKOU.

Arman Brey explique davantage dans cette interview

Ouest Afrika Blog, et de 2 !

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, a accueilli la formation de 8 journalistes des radios communautaires de 3 pays de l’Afrique de l’Ouest. Venus du Togo, du Mali et du Burkina Faso, ils ont été sélectionnés sur concours avec l’aide des réseaux des radios communautaires de ces différents pays.

Du 23 au 27 mai donc, ces 8 nouveaux Ouestafrikablogueurs ont été sensibilisés à rechercher des informations locales simples (parfois même ordinaires) mais qui témoignent de la vie de leurs communautés.  Ils ont été également formés à la maitrise des appareils photos et enregistreurs qui ont été mis à leur disposition avec le soutien de la coopération française et des ambassades de France dans les pays qui participent à ce projet.

Les blogueurs ont été très souvent sur le terrain pour apprendre à recueillir des informations, à faire de bonnes images mais aussi à capter du son. Ils ont passé encore plus de temps derrière leurs ordinateurs à « écrire pour le web », à « redimensionner une image», à « monter un son » et à mettre tous ces éléments sur la plateforme de blog « Wordpress » qu’utilise Ouest Afrika Blog.

Après cinq jours d’intenses ateliers, quelques articles ont été produits (lire les premiers exercices) par des blogueurs heureux de découvrir ce nouvel outil du web et de voir à quel point il peut servir de support pour tout média.

Désormais ils retournent chacun dans leurs villes et pays respectifs où ils seront suivis et encadrés par l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille pendant les deux années que va durer le projet.

Tous les Ouestafrikablogueurs

[La première édition avait eu lieu à Bamako ]