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05 mai 2011

On aurait donc pu éviter la guerre ?

Côte-dIvoire_Présidentielle_Cérémonie-dinvestiture-du-nouveau-Président-de-la-République-Laurent-Gbagbo-au-palais-présidentiel-à-Abidjan-Plateau-le-samedi-04-décembre-2010_V2.jpgJe cherche une explication logique à l'attitude du président du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire, Yao Paul N'Dré, sans en trouver. Finalement, je crois fondamentalement que "Pablo" a commis un grave péché. Celui d'avoir laisser la situation pourrir alors qu'il avait les clés entre ses mains pour stopper tout ça. Je ne vais pas revenir sur le débat "de se dire et se dédire". La dessus, je suis formel, il aurait dû se taire et démissioner. En tout cas pas l'ouvrir aujourd'hui. Ce temps là est passé.

Après cinq mois, après tant de morts, après tant de destructions de biens, après tant de d'exilés, le président du Conseil Constitutionnel reconnait que "les normes et dispositions internationales acceptées par les organes nationaux compétents ont une autorité supérieure à celle des lois et aux décisions juridictionnelles internes sous réserve de leur application par l`autre partie".

Après avoir laisser les deux camps (LMP/RHDP) en arriver aux armes, "Pablo" se souvient soudain que "M Alassane Ouattara est déclaré président de la République de Côte d'Ivoire". Mais de qui se moque t-on finalement ? Des Ivoiriens qui ont cru bien faire en allant voter à deux reprises ?

Le 10 mars 2011 le panel des chefs d'Etat de l'Union africaine rendait son avis à Addis-Abéba lors d'un mini sommet de l'organisation. Alassane Ouuattara était, selon eux, "le seul président de la Côte-d'Ivoire". Le panel demandait même à la cour constitutionnelle "d'organiser son investiture". C'était le 10 mars. Un mois jour pour jour avant la capture de Laurent Gbagbo.

ADO_Yaondre_21avr11 (1).JPGCe jour-là, Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (fondé par Gbagbo) s'interrogeait: "sur quelle base peut-on dire que Monsieur Alassane Ouattara a été élu, cette question est restée sans réponse ou du moins avec des réponses insatisfaisantes". En ce temps-là, qu'est ce qui empêchait le président du Conseil constitutionnel de répondre en donnant les Considérations qu'il a évoquées en grande pompe dans sa déclaration de ce 5 mai 2011. Lui, le même Paul Yao N`Dré qui avait proclamé "Laurent Gbagbo réélu président avec 51,45% des suffrages au scrutin de novembre", invalidant les résultats de la commission électorale indépendante, certifiés par l'ONU, qui donnait M. Ouattara vainqueur avec 54,1% des votes. Lui ce professeur de droit (précisement de relations internationales) "invite 'aujourd'hui, ndb) le président Alassane Ouattara à prêter serment en audience solennelle dans les meilleurs délais".

"Habituellement la prestation de serment se fait lors de la cérémonie d`investiture, mais dans ce cas précis (...) le Conseil constitutionel va jouer son rôle demain", vendredi, a déclaré Paul Yao N`Dré après avoir présenté à M. Ouattara la décision du Conseil le proclamant chef de l`Etat. [extrait dépêche AFP]

Aujourd'hui, après une crise de 3000 morts et des millions de déplacés, "Pablo" arrive (littéralement) comme un médécin après la mort. On aurait donc pu éviter tout cela. Yao Paul N'dré aurait donc dès le 11 mars faire cette déclaration qui approuve la décision de l'UA.

Heureusement, que nous sommes là pour la voir et la vivre. Parce que cette histoire là, personne ne viendra la falsifier. Trop de morts et de dégâts qu'on aurait pu éviter et qui pèsent aujourd'hui sur la mémoire de la Côte d'Ivoire et sur les mains de Laurent Gbagbo et son "frère" Alassane Ouattara. Quel gachis, Pablo. Quel gâchis !

Décembre 2010

 

Mai 2011

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