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18 février 2011

Sur les antennes de France Culture

Hier jeudi 17 février (en compagnie de Dana Diminescu, sociologue, directrice du Programme d’études sur l’usage des TIC dans les migrations), j’étais invité à l’émission Culture Monde sur (la radio) France Culture pour parler des Migrants et des TIC. L’occasion d’expliquer pourquoi le concept des Avenues Afrique a été lancé. Mais surtout d’expliquer comment fonctionne notre web émission (Radio Avenue Web) qui est diffusée chaque semaine à partir de lundi sur Avenue225.

Je vous propose un extrait de l’émission.

Vous pouvez écouter l’intégralité de l’émission.

14 février 2011

Avec des mots (bien) de chez nous

mortderire.jpgCes dernières semaines de nouvelles expressions sont apparues sur facebook pour exprimer les joies, les rires, les étonnements et les colères. Avec cette mention en prime «mintnan la on fè en ivoirien, c bouclé sur les...» (Traduction : Maintenant on fait en version ivoirienne. Fini les…) lol, Mdr, vdr, ptdr...

Pour ceux qui ont raté le train il n’est pas tard. Je vous propose de vous abreuver de ces nouvelles lettres qui traduiront tout ce que vous ressentez. Avec des mots tirés des expressions quotidiennes et urbaines des Ivoiriens. Lool. Euh, je voulais dire ysvdrrrrrrr

YR = yé ri (je ris)

YRJYM = yé ri jikaaaa yé mourir (Je vais rire jusqu’à je vais mourir)

YRJYMOV = yé ri jikaaa yé mal o ventre (Je ris jusqu’à j’ai mal au ventre)

......TMD = ta me dja ou ta me douf (tu me tue)

TMK : ta me kill ou tu me kill (Tu vas me Kill, tu me tue)

YREF = ya rien en face (Il y a rien en face) à completer avec CM : cé maïs (C’est maïs, je sais pas comment traduire ça hein)

YRJYC = yé ri jikaaa yé chiéééé (Je ris jusqu’à je chie)

YRJYP= yé ri juska y péter (Je ris jusqu’à je pète)

YSV= yé si versé (Je suis versé, euh je crois que ça veut dire je suis dépassé non ?)

YSVDR = yé si versé de rire (Je suis versé de rire)

YSF = yé si fan - yé si fier (Je suis Fan, Je suis fier)

CPA = cé pa affaire (C’est pas affaire, à comprendre aussi par « C’est terrible ! »)

MD = Mal doux (Très intéressant)

CCS = Cè Cohan SAHé (C’est comme ça ça y est, on peut pas (le) changer)

RML= Rehade Mogo La (Regarde Môgô là, regarde ce gars là)

CR= Ca Roule (ça roule)

YSE= Ye sui enjailéé (Je suis enjaillé, je suis content)

CG= Cè Gatéé (C’est gâté, tout est mélangé ou C'est du bon selon les cas)

La liste n’est pas exhaustive et je laisse à votre imagination le soin de nous dénicher de nouvelles trouvailles que je completerai volontiers.

11 février 2011

Mesdames devenez Ayana !

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Couleurs chaudes, design classe et dans l’air du temps, actu intéressante, informations utiles et fouillées. Voici Ayana… le nouveau Webzine féminin. Je crois d’ailleurs que c’est le tout premier en Côte d’Ivoire non ? bon personnellement j’en connais pas d’autres.  En tout ce webzine est en ligne. Et je tiens ici à féliciter toute l’équipe qui a mis tout en œuvre pour que cette idée devienne vivante.

Pour sa sortie ce vendredi 11 février, je me permets donc d’en faire la pub tambour battant. Oui. Quand c’est bon et quand c’est beau et pro, pourquoi s’en priver.

Ayana, se veut « un webzine féminin, tendance et lifestyle, qui met un accès prépondérant sur la proximité avec ses lectrices. Car en général, les magazines africains féminins et/ou dédiés à la mode, négligent bien trop souvent cet aspect » (ça c’est vrai, ndlr).

Ayana s’adresse donc en priorité aux jeunes femmes africaines branchées, dynamique, qui s’activent et s’affirment, qu’elles soient des jeunes cadres dynamiques, des entrepreneurs ou des mères de famille ‘’new génération’’. Ayana est le webzine des jeunes africaines actives et branchées.

Mesdames soyez In. Soyez Ayana car cette fois vous êtes servies… accourez donc alors !

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06 février 2011

Drôle de façon d'aimer les Ivoiriens

 

Alassane-Ouattara-et-Laurent-Gbagbo_articlephoto copy.jpg

Jusqu’il y a quelques jours j’étais convaincu de pouvoir imaginer les meilleurs scénarios de sortie de crise en Côte d’Ivoire. Jusqu’il y a quelques jours, je me disais : « après tout, ils finiront par s’asseoir autour d’une table et discuter ». Hélas, je pense comme de nombreux Ivoiriens, je nageais dans une sorte de fantasme soci-politique que j’espérais se voir accomplir.

Le soir du jeudi 3 février j’ai été modérateur d’un débat sur la crise ivoirienne. Ambiance électrique, parfois surchauffée. On a essayé, au rythme des passions et réactions dans la salle, de calmer le jeu pour rester dans la courtoisie et dans le débat. Mais dans le fond, on a bien compris que les deux parties ne veulent pour rien au monde faire des concessions.

Dans le camp du président Gbagbo on s’appuie sur la constitution et à la proclamation du Conseil constitutionnel. Du côté du premier ministre Alassane Ouattara on s’agrippe à l’annonce de la commission électorale indépendante, à la certification de l’Onu et à la reconnaissance de certains pays étrangers.

Pourtant, j’ai eu l’impression au cours de cette soirée, et je l’entends de plus en plus, que toutes les parties protagonistes disaient aimer (et agir pour) les Ivoiriens. En même temps on ne veut pas faire de sacrifice.

D'un côté on est prêt à de se faire sanctionner au risque de voir couler l’économie. De l''autre côté on active les réseaux (parfois obscures) pour "asphyxier" la Côte d’Ivoire et plonger les populations dans la faim. Et on dit qu’on aime les Ivoiriens.

Parfois j’en viens à me demander comment est-on passé du « débat historique » entre les deux hommes à un langage de sourds aujourd’hui ? Au point où d’un côté comme de l’autre le dialogue devient de plus en plus difficile.

La tache du panel des 5 Chefs d’Etat est lourde. Mais je pense que ce qu’ils doivent arriver à obtenir, c’est « un dialogue direct » entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. «Si on enferme les deux dans une pièce, sans conseillers ni médias, il en sortira une solution pour cette crise », me disait à juste titre, un de mes confrères en France. Et je suis d’accord avec lui. Mission impossible ? Non je ne crois pas. Si les Chef d’Etats le veulent vraiment, ils arriveront à mettre à table les deux hommes que le fauteuil présidentiel oppose.

Mais le constat est là. En arrière plan, les puissances étrangères s’activent elles aussi avec leurs armes (militaires, médiatiques, diplomatiques, économiques) pour imposer leurs volontés. Déclaration, actes et attitudes qui mettent à mal les missions de médiation.

C’est peut être aussi de notre faute. Je pense qu’on a suffisamment lavé notre linge sale sur la place publique. Je pense qu’en trois mois on a suffisamment exhibé nos dessous déchirés et tâchés.

Quand on se rend compte que tout le monde se moque de nous. « Pays à deux… puces », nous appelle t-on par-ci. « Y voit double », nous lance t-on par là avec éclats de rires. Et ça n’a pas l’air de nous déplaire.

Que les prix des denrées alimentaires augmentent, que chaque jour soit une interrogation sur le lendemain, qu’on soit dans une totale angoisse  ça n’a pas l’air de nous déplaire non plus. Puisque désormais on prend gout à transposer les clivages politiques dans nos amitiés, dans nos communautés religieuses et même dans nos foyers.

Je ne sais pas pour les lecteurs de ce post, mais moi je suis fatigué. Fatigué de ne pouvoir exécuter les nombreux projets qu’on a pour la Côte d’Ivoire. Fatigué d’être toujours à se demander comment ça va finir. Je suis fatigué de voir le sourire des policiers dans les aéroports quand ils voient sur mon passeport « Côte d’Ivoire » et de me lancer « Ah vous, c’est trop rigolo votre pays ».

Ils disent qu’ils nous aiment, et qu’ils veulent tous notre bonheur. Mais diantre, si vous partagez cette même vision, asseyez-vous et discutez. Au lieu de regarder les Ivoiriens mourir chaque jour à petit feu.