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20 juillet 2009

Café Baoulé, la recette low cost à l'ivoirienne

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Le café, on connaît. Le mot ‘‘Baoulé’’, pas forcément. Il s’agit d’une ethnie du centre de la Côte d’Ivoire. Le café baoulé n’est pourtant pas une recette propre à ce peuple. les Baoulé sont certes de gros planteurs de caféiers mais leur enthousiasme pour le breuvage tonifiant n'est pas des plus évidents.
Il y a plus bizarre. La recette en elle-même est atypique pour certains et originale pour d’autres.
Pas besoin de faire de grandes courses pour se procurer les ingrédients. Du sucre et de l’eau suffisent à préparer cette fameuse recette. Dans toutes les maisons de la Côte d’Ivoire, on trouvera au moins une personne qui cuisine et déguste ce plat.
À l’origine, il était fait pour les personnes qui ont peu de ressources. Celles qu’on retrouvait dans les villages et qu’on retrouve de plus en plus dans les bidonvilles situés aux pieds des immeubles et autres villas de luxe.
Pour deux personnes, achetez dix carrés de sucre et prévoyez un litre d’eau. Mais attention. Si les ingrédients sont aussi faciles à trouver et si ‘‘ma’’ recette semble banale, la préparation demande une dose de chimie ajoutée à un sens aigu de la mesure. Si vous mettez trop d’eau, vous la ratez. Et si vous ajoutez un peu trop de sucre (ou même moins) vous passez à côté.
Pas besoin d’un récipient gradué pour réussir le bon mélange (au passage, vous pouvez utiliser un canari en terre cuite de Korhogo dans le nord, ou un tablier en bois de Gagnoa dans l’ouest ou encore une calebasse. Vous pouvez également utiliser les verres en plastique appelés communément «gobelets» ou «Côpe»). Peu importe ! Il faut donc juger au regard.
Surtout pas d’eau chaude, ni d’eau trop froide. Elle ne doit pas être tiède non plus. «Elle doit être naturelle», vous dira t-on. Je sais que cela semble très aléatoire. Parce qu’une eau naturelle au village est celle qui sort de la rivière ou du puits. Mais en ville, c’est une eau qui coule du robinet. Dans un cas ou dans l’autre, la température peut varier. Soit. Il faut qu’elle soit naturelle.
Autre chose. Ne mettez pas le sucre avant l’eau. Il faut dans un premier temps verser votre eau naturelle dans un récipient. Ajoutez ensuite les 10 carrés de sucre. De préférence, utilisez le sucre qui provient des cannes à sucre et non celui qui est industriellement fabriqué. Une fois dans l’eau, laissez dissoudre. Deux minutes. Là encore, vous n’avez pas forcément besoin de regarder votre montre ou votre minuteur. Autrefois, les villageois n’avaient pas de montre. Il fallait faire appel au chrono du cerveau pour savoir que le moment est venu de faire le mélange. Il faut remuer, remuer, remuer jusqu’à ne plus apercevoir un quelconque grain de sucre.
À ce niveau, la recette est quasiment finie. Il faut alors choisir l’accompagnement. Mais pas n’importe lequel ! Du pain, vous me direz. Eh oui, du pain. Mais pas n’importe lequel. Il faut choisir celui qui a été fabriqué depuis au moins trois jours et qui croupit aux «invendus» des boulangeries. En Côte d’Ivoire, ça s’appelle du «Pain Godio».
Le pain Godio coûte six fois moins cher que le ‘‘vrai’’ pain vendu en boulangerie à 150 francs (environ 22 centimes d’euro). À 25 francs CFA ( 0,33 centimes) vous pourrez vous en procurer.
Avant de l’utiliser, vérifiez que les fourmis, les cafards et autres insectes friands de cette nourriture n’y ont pas installé leur demeure.
Dès à présent, votre recette est prête. Mais pour bien faire, il faut savoir la déguster.
Là aussi, il s'agit d'un autre style. D'une habitude à prendre.
Ne prenez pas la peine de découper le pain Godio en deux ou en plusieurs autres morceaux. Ne servez pas le café baoulé dans des verres individuels. Si vous êtes deux à manger, trempez (chacun à son tour) le pain dans l’eau sucrée jusqu’à ce que vous sentiez le bout immergé suffisamment mouillé. Puis, portez-le à votre bouche. Au départ, c’est sûr, c’est un exercice délicat pour votre mâchoire. Mais au fil de trois petit-déjeuners, vous vous rendrez compte de l’aisance avec laquelle vous arrivez à mettre le pain mouillé dans votre bouche et à le mâcher.
Et si vous n’arrivez pas à finir votre pain, vous pouvez le conserver pour le petit-déjeuner du lendemain matin. Il sera encore plus « Godio » et certainement plus appétissant pour un autre café baoulé.

Commentaires

Bravo Yoro! Mais attention tout de même car ici, un canari peut aussi bien être un oiseau.

Donc, pour ceux qui ne sont pas de chez nous, le canari c'est le pot en terre, qui sert à conserver l'eau.


En tout cas ta recette du café baoulé est bien facile à assimiler.

Écrit par : willykean | 21 juillet 2009

je crois que je suis trop fan du vrai café pour vouloir goûter !

Écrit par : Marie | 21 juillet 2009

@ willy, merci. Pour le canari je savais que ça pouvais prêter à confusion. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai précisé "en terre cuite". Mais j'espère que tu as déjà goûter au "café-baoulé".
@Marie, tu ne sais pas ce que tu rate ! loool

Écrit par : yoroba | 21 juillet 2009

Yoro,
Ton texte est tout simplement génial !!!
Bon courage

Écrit par : Nad | 24 juillet 2009

Puriste de l'expresso, et notamment de café ivoirien et guatémaltèque, j'ai tout de même envie d'essayer. Merci pour votre recette low cost.

Un fou de café (et de foie gras).

Écrit par : foie gras | 19 août 2009

à encore, vous n’avez pas forcément besoin de regarder votre montre ou votre minuteur. Autrefois, les villageois n’avaient pas de montre. Il fallait faire appel au chrono du cerveau pour savoir que le moment est venu de faire le mélange

Écrit par : Generic Viagra | 20 juin 2011

le bon cafE de che ns

Écrit par : thonnyen | 03 mai 2013

le bon cafE de che ns

Écrit par : thonnyen | 03 mai 2013

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