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13 juin 2009

Juin et ses drames à Abidjan

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Et revoilà le mois de juin... et revoilà ses pluies diluviennes avec leurs lots de dégâts.  Hélas, 19 morts pour cette fois-ci ! "Quinze morts au Banco I, un à Boribana deux quartiers précaires de la commune d’Attecoubé, et trois autres à Gobélé dans la commune de Cocody", voilà le détail du bilan que révèle Fraternité Matin, le quotidien gouvernemental. Selon le même journal, "la pluie a provoqué des glissements de terrains et des éboulements de maisons". Et c'est ce qui a occasionné ce drame. Juin 2009, la "tradition" macabre s'est malheureusement vérifiée.

Plus les années passent, plus le bilan s'alourdit.

En 2005, sept personnes issues d'une même famille trouvaient la mort lors des pluies diluviennes.  Il y a eu aussi 2007. En 2008 également d'autres morts étaient enregistrés.

Cette année encore, le sinistre aurait pu être évité.

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Longtemps l'on a tiré la sonnette d'alarme pour que des mesures soient prises afin que de tels drames soient évités. J'en parlais déjà ici, les autorités ont toujours eu du mal à lever les pas quand il s'agissait de prévenir ce genre de catastrophe. Mais c'est au pas de course qu'elles se rendent sur les lieux des sinistres pour faire les constats. Les expériences des années antérieures n'ont pas servi. Il est vrai que les populations de ces quartiers précaires construisent (de façon anarchique) sur des terrains dangereux. C'est vrai que leurs constructions sont fragiles et faites de plus de terre que de ciments. C'est vrai que leur responsabilité est aussi engagée dans ce qui est arrivé une fois de trop à Abidjan.

Mais je pense pour ma part, que la plus grosse part de responsabilité doit revenir au gouvernement. Je proposais l 'année dernière qu'une table de discussions soit dressée entre les populations des bidonvilles (parfois installées depuis des décennies) et les autorités pour qu'un terrain d'entente soit trouvé et que l'on arrive enfin à trouver des solutions. Je pense que l'Etat à les moyens s'il le désire, de résoudre progressivement la question de bidonvilles à risque. C'est une question de volonté politique. On pourrait par exemple, sacrifier les milliards dépensés pour les monuments (qui encombrent trop souvent les rues) pour trouver des solutions à ce problème de quartiers précaires. On pourrait pourquoi pas, abandonner pour un temps les projets de jardinages sur les voies pour prévenir ce genre de drame en saison pluvieuse. [Pour information, la commune présidentielle de Cocody compte à elle seule un peu plus de 13 quartiers précaires]

Mais, en Côte d'Ivoire, nous avons l'art de l'indemnisation et des "décisions après la mort". Pour cette année, ça en fait un drame de trop ! Les jours à venir seront consacrés à des hommages aux familles des victimes, à des indemnisations et puis on annoncera de nouvelles mesures et puis... on attendra (je n'espère pas) le drame d'un autre juin d'une autre année.

 

 

Commentaires

Il faut malheureusement croire qu'en politique comme dans la vie quotidienne, l'Afrique n'arrive pas à tirer les leçons des erreurs du passé ; tellement elle se complait dans le fatalisme et l'improvisation. Quand Sarko dit qu'on n'est pas sorti de l'Histoire, voilà des exemples qu'il peut brandir... La conscience historique, ce n'est pas se contenter de relater les glorieuses épopées de Soundjata, c'est aussi "traiter" cette Histoire pour qu'elle nous aide à bâtir l'avenir...

Écrit par : Théo | 14 juin 2009

triste nouvelle, pour ce problème qui a du mal à se régler, décidément...

Écrit par : Marie | 14 juin 2009

Il faut malheureusement croire qu'en politique comme dans la vie quotidienne, l'Afrique n'arrive pas à tirer les leçons des erreurs du passé ", oui tu as malheureusement raison, mais je dirais plutôt ne veux pas à la place de n'arrive pas.
Depuis 1958 à nos jours , la même bétise et quant on en parle , il y aura des gens pour vous dire que d'autres l'on fait.Il faudrait que pour une fois ici , on accepte de parler de responsable , car il y a le responsable avant le coupable.
Devant de tels faits , seul la démission des responsables se présente comme la seule alternative, pour éviter que demain , d'autres ne puissent continuer.On n'a pas puni hier, on peut le faire aujourd'hui, ça aussi c'est le sens d'un changement.
Chaque maire fait son monument, pour exprimer je ne sais quoi, tandis que là à quelques mêtres , la mort est en suspension.Oui , j'ai deja lu cela:" milles morts à gauche, milles morts à droite, nous on avance"...Avançons

Écrit par : hilaire | 15 juin 2009

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