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30 décembre 2008

A qu(o)i servent les chargeurs d'Abidjan ?

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A quoi servent les "chargeurs" ? Cette question, les Abidjanais qui empruntent les véhicules de transports en commun - Gbaka (mini car) ou Wôrô wôrô (taxi communal, appelé aussi Warren) - se la posent tous les jours. Ils sont à tous les carrefours et autres feux tricolores. Ils envahissent les gares et les parcs de stationnement pour réclamer de l'argent aux apprentis ou aux chauffeurs des dits véhicules. Qui les envoie ? Ou va cet argent ? Les questions, il y en a des centaines sur ce phénomène qui ne semble inquiéter personne. Ils se font appeller "Syndicats". Que défendent-ils ? Ou plutôt, qui défendent-ils ? A chaque stationnement ils réclament entre 50 et 300 francs. "En fonction du nombre de personnes que nous prenons, le prix varient", témoigne un apprenti.
"Il existe en réalité des syndicats pour les chauffeurs à qui on verse des droits journaliers qui vont dans les caisses dudit syndicat", explique Ousmane O, il est conducteur de Warren à Portbouet, le quartier qui abrite la plage et l'aéroport.

Ces "mendiants" d'une autre espèce ne sont pas des syndicats. Pourtant, ils sont organisés. "Il y a un chef, qui a ses éléments sur le terrain. Et ces derniers doivent lui verser une certaine somme à la fin de la journée", témoigne un ancien "chargeur". "C'est en fonction de ce quota fixé par le grand chef que chaque chargeur est payé", précise t-il.
Dans les commune d'Abidjan, chaque territoire appartient à un "clan" de chargeurs. Ainsi, on assiste parfois à des guerres terribles (souvent à la machette ou l'arme à feu) pour conquérir un tel ou un tel "territoire qui est juteux".
"A Abidjan il y a des zones qui sont considérées comme de véritables mines d'or", affirme un conducteur averti. "Il y a le grand carrefour de Marcory, le grand carrefour de Koumassi, Adjamé-liberté, Yopougon Siporex, le grand rond point d'Abobo, le carrefour de la riviera 2", indique t-il.
C'est tout de même dommage que cette nouvelle race de mafia exerce elle aussi, aux côtés de nos forces de l'ordre sans que ceux-ci ne lèvent le petit doigt. On pourrait comprendre pourquoi. N'est ce pas ?

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