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29 septembre 2008

Revue de presse sur un air de mutinerie

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Le sujet du jour, est bien le film des coups de bottes qui ont se sont fait entendre ce week end dans le centre de la Côte d'Ivoire. Précisemment à Yamoussoukro (capitale politique et ville natale du premier président ivoirien Félix Houphouët Boigny) et à Daoukro (ville natale du deuxième président ivoirien, Henri Konan Bédié).

"Soir Info", le journal des faits divers prétend savoir ce qui s’est «réellement passé». Affirmant à sa Une que pendant ces «48 heures de Frayeur» il y a eu «des officiers séquestrés, des civils blessés et un officier arrêté». Un fait que confirme "Notre Voie", le journal du Front populaire ivoirien (Fpi, parti de l'acutel chef d'Etat), en indiquant à sa Une que des «soldats ont été arrêtés». Précisant même qu’ils sont détenus à la Maca (maison d’arrêt et de correction d’Abidjan). "Le patriote", le journal du Rassemblement des républicains (Rdr, parti d’opposition) donne des chiffres : «76 soldats arrêtés». Et situe le cadre des revendications des «mutins».
«(…)il s’agit d’une protestation contre la décision du ministre Amani Michel de la Défense , mais surtout rapportée dans les casernes militaires par le chef d’Etat Major, le général Philippe Mangou. «Cette mesure concerne le paiement de 50.000F par mois à chacun des éléments pendant 22 mois soit 1.100.000FCFA en lieu et place de 2.400.000 F CFA à chacun. Or, il était indiqué que les soldats qui étaient en avant poste avaient droit à 100.000 F par mois, et ceux qui sont en base arrière avaient quant à eux, droit à 50.000 F par mois. Le total des arriérés s’élève à 2.400.000 f cfa par personne pour les 1200 soldats que nous sommes », a précisé le porte-parole des manifestants. Poursuivant sa déclaration, notre interlocuteur a fait remarquer que le chef d’Etat Major et le ministre de la Défense, ont décidé de verser à tous les 1.200 soldats 50.000F, par mois sur le salaire pendant 22 mois. Soit 1.100.000 F CFA pour chacun des soldats. Or, au regard du montant initial, les soldats de la base arrière ne perdent que 100.000.F et ceux en poste avancé perdent 1.300.000F. «C’est contre cette décision, dit-il, que les soldats loyalistes que nous sommes, nous insurgeons».


Le quotidien "L’Inter" estime pour sa part ces «mutins font trembler le pouvoir» ajoutant que l’on craint désormais un coup d’Etat. C’est également ce que pense "Le temps" un autre quotidien du Fpi, en parlant d’une «insurrection avortée». Le journal prétend également savoir «comment le coup a été monté».

"Le Nouveau Réveil", quotidien du Patri démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci, ancien parti au pouvoir) s’interroge : «Et si Gbagbo voulait atteindre Bédié» ? Annonçant par la même occasion qu’un autre mouvement se prépare.
«Des éléments FDS et FAFN qui ont sécurisé les audiences foraines menacent de bloquer l`opération d`identification. Ils réclament le paiement des arriérés de primes et menacent de bloquer l`opération d`identification en cours actuellement si rien n`est fait. "Pour paiement incertain des arriérés de nos primes alimentaires quotidiennes des audiences foraines que nous attendons, nous FDS et FAFN (environ 2500 éléments) ayant assuré la couverture sécuritaire desdites audiences, projetons de nous rassembler incessamment à Yamoussoukro, au CCI. Le but est de nous faire entendre et voir, avec en ligne de mire l`interruption de l`opération d`identification afin que les autorités militaires et civiles des ministères de la Défense et surtout de la Justice prennent conscience de nos préoccupations, de notre ras-le-bol et notre indignation. Nous en avons marre», peut-on lire dans les colonnes de "Le Nouveau Réveil", précisant que «Des soldats n`ont pas hésité à exprimer leur peur de percevoir ces primes à titre posthume».

"L’intelligent d’Abidjan" lance pour sa part que «200 commandos ont été déployés par le Général Mangou (Chef d’Etat Major des Armées de Côte d’Ivoire)» «à la recherche des mutins». Même son de cloche chez "Nord Sud" qui titre à sa Une «les gendarmes "désarment" les militaires».

La révolte des militaires dans le centre du pays a fortement retenti dans la presse ivoirienne de ce jour, volant du coup la vedette au procès des déchets toxiques qui s’ouvrent aujourd’hui.

Commentaires

Si chaque fois que l'on juge qu'on n'est pas suffisamment payé on doit faire un coup d'état, il faut croire que les Ivoiriens sont tombés bien bas. Surtout ceux qui soutiennent pareil comportement. Une fois que ces soldats auront pris le pouvoir et qu'ils auront pris l'argent qu'ils prétendent leur revenir, que feront-ils du pouvoir qui sera entre leurs mains ?

Écrit par : St-Ralph | 29 septembre 2008

La leçon à retenir (pour les autres pays d'Afrique encore stables) c'est qu'il ne faut jamais encourager ou saluer un coup d'Etat, aussi légitime et aussi pacifique soit-il. Car, c'est la porte ouverte à ce genre de dérapages qui ne sont d'ailleurs pas prêts de s'arrêter. Et c'est dommage.

Écrit par : Yoro | 29 septembre 2008

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