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29 août 2008

Une femme "accomplie"

PORTRAIT
constance 1.jpgMicro à la main, la voix débordante de joie et d’harmonie, le sourire captivant, Constance Coumoin épouse Aman, séduit la salle du palais des congrès de l’hôtel ivoire qui est devenue soudainement silencieuse. Au cours de ce concert «en faveur des enfants victimes de l’ulcère de burili», «la chantre de l’Eternel», séduit par son talent que lui connait depuis près de deux décennies la Côte d’Ivoire entière.
Plus connue sous le nom de «Constance Aman», celle qu’on surnomme «la pionnière de la musique chrétienne» ne captive pas uniquement que par sa voix. Sa vie quotidienne est un modèle pour toutes les autres femmes. Elle est une «femme totalement accomplie», ne manque pas de dire son ancien manager, Ambroise Kouassi.
Constance au-delà de la voix, allie sa profession d'enseignante à son statut de femme mariée et sa vie d’artiste chantre.

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21 août 2008

Coup d’Etat au Nord ?

Plusieurs évènements tendent à tourner nos pensées vers cette hypothèse.

1- D’abord le soulèvement depuis trois jours déjà des ex-combattants qui ne réclament plus leurs 90 000 francs par mois mais désormais… "5 millions de francs" qu’on leur a promis au début de la crise. Et surtout, la convocation de leur patron à la table des discussions comme condition au débrayage.

2- La rumeur de la disparition de Issiaka Ouattara alias ‘‘Wattao’’ , Chef d’Etat major-Adjoint des Forces nouvelles. Annoncé pour mort, puis pour grièvement blessé à la suite d’un «terrible accident», Wattao a atterri (sain et sauf) à New York pour dit-il «voir sa famille».


Connaissant son attachement au maintien de l’ordre et de la discipline dans les zones ex-assiégées, il aurait reporté son voyage de vacance. Que cache donc ce voyage en ces heures aussi chaudes à Bouaké ?
3- Et puis où se cache le Chef d’Etat major des Forces nouvelles, Soumaila Bakayoko dont le silence se fait retentissant depuis le début du soulèvement… au lieu de lui
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4- … c’est Chérif Ousmane qui prend la tête de la médiation et tente de calmer le jeu.

5- Il y a aussi la soudaine apparition (d’on ne sais où ?) du Général Michel Gueu, conseiller spécial de Guillaume Soro envoyé pour le représenter.

*(Interview réalisée par Abidjantv.net)

Note de fin

Fn.JPG«C’est nous qui tenons la paix, il faut que vous le sachiez !» Cette menace lancée par «Ablo», un des hommes en uniforme (des Forces nouvelles, Fn) au barrage (sud) à l’entrée de Bouaké m’a beaucoup fait réfléchir.
Alors que nous avions une «autorisation du cabinet civil des Forces nouvelles» signée de leur Secrétaire Général – et Premier ministre ivoirien –, les soldats au barrage exigeaient que nous payions le droit de passage de… «5000 F cfa». «On s’en fout de leurs signatures», ont-ils hurlé tout le temps.
Les discussions furent rudes et souvent couvertes de menaces de la part de ces hommes en armes. Pour qu'en fin de compte nous leur laissions la somme de 2000 francs et que nous nous en allions.
La menace de «Ablo» était sérieuse et au sortir de ce voyage, riche en tourisme, il faut relever que la paix est encore trop fragile dans l’autre Côte d’Ivoire.
Une paix qui balance aux rythmes des humeurs des anciens rebelles qui sont devenues (trop) changeantes ces derniers temps.
Les hommes en armes postés aux différents barrages jurent que c’est eux qui maîtrisent la situation. Mais dans cette atmosphère, les populations ne se sentent plus en sécurité.
Il y a ceux qui sont restés dans les zones du centre et du nord pendant les cinq années de guerre. Ces populations voyaient en l’accord de Ouaga l’espoir d’un retour à la normale. Elles qui ont tellement souffert. «Aujourd’hui, c’est la désillusion !», confesse Seydou O. «Chaque fois que les soldats des Fn se révoltent, nous avons le sentiment que la flamme de la paix est en train de mourir à petit feu», poursuit cet étudiant en faculté de sciences juridiques à l’université de Bouaké.
La peur est encore plus grande chez ceux qui ont été redéployés ou ramenés. Ce sont les fonctionnaires de l’Etat, mais également ceux qui avaient fuit les combats et dont le ministère de la Réconciliation nationale (et des Relations avec les institutions) a favorisé le retour. «Nous avons accepté de revenir ici parce qu’on nous avait garanti que le calme serait revenu. Mais de plus en plus nous avons peur. Est ce que nous ne devions pas attendre le désarmement total des anciens combattants rebelles avant de revenir ?», se demande encore Faustin N, employé dans une banque de Bouaké qui a ouvert ses portes récemment.
Plusieurs d’entre les habitants de Bouaké font de plus en plus l’amer constat que «les chefs des Fn ne contrôlent plus rien». «Ici c’est nous qui tenons la ville», lance fièrement un des ex-rebelles. «Les autres eux, ils sont assis dans les bureaux et dorment dans des maisons luxueuses à Abidjan (…) Ils ne savent pas ce que nous vivons comme problèmes ici», reproche en colère un garde au "poste de Niakaramadougou" (ville situé à une centaine de kilomètres au nord de Bouaké).
Et les «réclamations musclées» de ces derniers jours à Bouaké en sont peut être la confirmation.
Les zones du centre et du Nord ressemblent en réalité à des territoires sans lois véritables. Tout semble être dirigé et géré par les biais militaires des Forces nouvelles «qui règne en maitre absolus dans la zone».

En somme, je crois qu’aujourd’hui la paix est à la merci des anciens rebelles (encore en arme) qui obéissent de moins en moins à leurs mentors. Il peuvent la défaire à tout moment.
Si de "notre côté", nous avons l’impression qu’il y a un air de paix qui plane, ce n’est pas tellement le cas de l’autre côté. Car en réalité, la partition du pays en deux est toujours effective et les ex-rebelles n’ont toujours pas désarmé. Loin de moi l’idée d’être pessimiste, mais parler de paix (durable) dans cette ambiance c’est se voiler la face.

19 août 2008

Les ministres de Côte d'Ivoire en grève ?

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"Grogne chez les ministres (ivoiriens)". Tel est l'intitulé d'un article que j'ai lu quelque part et qui m'a fait sourire.
Je vous en donne lecture.
«Le mécontentement grandit chaz les ministres ivoiriens après la décision prise le 20 juillet de diminuer leurs salaires de moitié.
"Nous voulons bien montrer l'exemple, mais nous ne servirosn pas de boucs émissaires", explique l'un d'entre eux (qui ?). "Nos traitements sont de loin inférieurs» à ceux de beaucoup de fonctionnaires", (ajoute t-il).
Les membres de l'équipe emmenée par Guillaume Soro se plaignent aussi des retards dans les versements qui sont réccurents depuis plusieurs mois et peuvent atteindre plusieurs semaines. Le 8 août, ils n'avaient toujours pas reçu leur salaire de juillet».

Epilogue en photo

Après un très long voyage...quelques photos.

A Yamoussoukro, beaucoup de nostalgie.

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Il y a aussi Bouaké, la plus grande ville du pays après Abidjan.
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Et puis Katiola, la ville fantôme.
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Et...Ferkessédougou
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Tout ce périple donne soif !
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17 août 2008

1000 voitures, pas de routes

c446beeb337c0ffddb9a3936d62cbc84.jpg«1000 voitures à écouler», pour l’année 2008 ! Tel est l’objectif que s’est donné le constructeur (d’automobile) iranien Siepa, après avoir signé un partenariat de distribution avec la Compagnie ivoirienne d’entretien et de réparation d’automobiles (Ciera).
Dans un article paru dans «la semaine de l’Ecofinance» de l’hebdomadaire «Jeune Afrique n° 2482», Hubert Nassa Kotchi, Directeur général de la Ciera, indique que leur objectif «est de permettre aux Ivoiriens d’acquérir des véhicules neufs à moindre coût, avec une garantie constructeur de douze».
Voilà ce que j’appelle une opportunité qu’il faudra saisir le moment venu.
Pourtant, je trouve que cette offre n’est pas du tout adaptée à une ville (Abidjan) où il n’existe presque plus de routes (digne de ce nom). «Abidjan est saturé», disent les gens de la rue. Et pourtant c’est vrai.
«Les voitures sont plus beaucoup que les hommes de ce pays», pour emprunter l’expression du célèbre rappeur ivoirien Billy Billy.
Dans une ville où les rues et avenues sont encombrées, où les embouteillages sont de plus en plus kilométriques, où l’on a rangé au placard le projet du troisième pont, je pense qu’il faudrait accorder la priorité à la réfection – et à la construction – des voiries plutôt qu’à l’acquisition de voitures. A moins que ces engins soient prévus pour servir de décors pour nos garages.
Parce qu’il n’y aura bientôt plus de routes pour circuler. C’est ce que je crois ! Pas vous ?

15 août 2008

Un espoir pour les Zones ex-assiégées ?

Dans un reportage que j’ai lu sur le site web de Xinhuat (une agence de presse chinoise spécialisée dans l’actualité francophones), le PNUD a initié des projets afin de faciliter la réintégration des anciens déplacés de guerre qui ont fuit les zones de Bouaké et de Korhogo.
Une initiative qui doit également s’étendre à ceux qui n’ont pas quitté les zones en conflits et qui sont également démunis.

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Extrait(s)
«Au milieu de ses plantations de tomate, d'ignames, de haricots verts et d'arachides, Djaha Yao Ferdinand, 33 ans, a le sourire aux lèvres, fier des fruits de son travail.
J'ai commencé à vendre les produits de mon champ, aujourd'hui je suis autonome et je peux même aider ma maman, mes parents. Ce projet est bien venu pour moi", assure ce déscolarisé qui a dû quitter Bouaké (centre, fief de l'ex-rébellion) pour Abidjan après le déclenchement de la crise en septembre 2002 en Côte d'Ivoire.
Djaha Yao Ferdinand a bénéficié d'un fonds du projet d'aide au retour volontaire des personnes déplacées dans leurs localités d'origine ou de résidence habituelle en zone sous contrôle de l'ex- rébellion des Forces nouvelles (FN).
Le projet est mis en oeuvre depuis novembre dernier par le ministère ivoirien de la Solidarité et des Victimes de guerre avec l'appui technique du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le soutien financier de la Suède à hauteur de 270 millions de FCFA»
.

(…)
«Dans sa phase pilote, le projet a convoyé à Bouaké près de 340 personnes déplacées de guerre qui ont bénéficié d'activités génératrices de revenus, sans compter 160 autres personnes retournées d'elles-mêmes et prises également en compte par le projet.
Au total, 112 activités génératrices de revenus ont été financées par le projet au profit de 494 bénéficiaires pour un montant global de 24,2 millions de FCFA.
Selon une mission conjointe du PNUD et du ministère de la Solidarité et des Victimes de guerre effectuée du 28 juillet au 4 août à Bouaké, sur 27 activités visitées, 17 génèrent déjà des revenus, sept ont déjà acquis le matériel d'exploitation et seulement trois n'ont pas démarré».


Lire l’intégralité de l’article ici

14 août 2008

Barrages à mendiants

Depuis une trentaine de minutes, notre car est immobilisé au barrage principal de la ville de Bouaké (fief des Forces nouvelles, Fn).
Les passagers de notre convoi commencent à s’impatienter.
Renseignement pris, des soldats des Fn, exigent que nous payions le «droit de passage» qui est de «5000 francs».
C’est une situation que nous avions déjà vécue dans les différents «Cheick point» que nous avons rencontré à l’allé comme au retour. Que ce soit à Ferké, Tafiéré, Niakaramadougou, Katiola. Les soldats ont toujours exigé «un petit quelque chose». En leur remettant 200 francs – ou même rien – le problème était résolu.
«Ce n’est plus des postes de police, mais des nids de mendiants», lâche quelqu’un dans le car.
Des soldats amaigris par la faim vous réclament toujours quelque chose. De l’argent ou des habits. Un des nôtres a due laisser son tee-shirt pour qu’on nous laisse passer dans un barrage entre Ferké et Tafiéré.
Ils sont de tous ages : enfants, jeunes, vieux et parfois très vieux. Vêtus dans des uniformes aussi différents les uns que les autres.
Les populations qui traversent à vélo – ou à pied – leurs barrages, doivent payer environ «la dîme» de ce qu’ils transportent.
«Si c’est de l’igname ou de la viande, ou du tchapalo (boisson alcoolisée faite à base de mil), vous devez leur donner une part», explique une quinquagénaire que nous avons rencontré à un "poste de police". «Il faut le faire sinon vous ne passez pas», prévient-elle. «Souvent, ils sont très violents quand vous essayez de refuser», conclu t-elle avant de s’éclipser rapidement à l’approche d’un "élément" qui avance dans notre direction.
A Bouaké où nous avons été immobilisé nous avons dû payer 2000 francs malgré le fait que nous avions un «laissez-passer» signé du «Cabinet civil des Forces nouvelles».
«Ici on s’en fout de cette signature, si tu ne paie pas vous allez dormir avec nous», menace «Adam’s», l’un des rebelles.

Après la paix, l’anarchie

J’ai fait trois nuits et quatre jours dans la ville de Ferkessédougou ville frontalière au Burkina Faso.
Ferké présente un tableau qui est le propre de la majeure partie des villes ex-assiégées par les Forces nouvelles (ex-rébellion).

A chacun son «courant»

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Selon ce qui nous avait été annoncé, la Compagnie Ivoirienne d’électricité (Cie) avait commencé à exercer et à recueillir auprès des populations, les fonds de règlement des factures d’électricité. Pourtant, le constat que nous avons fait tend à démentir cette information.
Dans le «quartier Douane» (comme dans bien d’autres quartiers populaires de la ville) sur les bois de bambous qui servent de mats, des fils électriques de plusieurs couleurs sont suspendus à seulement quelques mètres de la tête. Personne ne semble s’en soucier.
«En général, deux ou trois maisons servent à alimenter tout le secteur», explique Silué. «Une trentaine voire une quarantaine de ménage peuvent être connectés à ces quelques maisons», poursuit-il.
Exempts de factures, ces riverains reversent une modique somme (allant de 300 f à 500f par mois) au propriétaire du compteur principal.
Quand à certains propriétaires rencontrés, ils disent payer leurs factures chaque fin de mois auprès des agents de la Cie.
«Chaque fin de mois je me rends dans leurs locaux pour payer ma facture d’électricité», affirme avec empressement Doubouya B.
Nous avons cherché à rencontrer les agents de la Cie de Ferké en vain. Mais de source sûre, l’on nous a laissé entendre que les agents de la (seule) compagnie d’électricité en Côte d’Ivoire «ne mettent pas trop de pressions aux propriétaires de compteurs par peur de représailles des éléments des forces nouvelles (encore en service dans la zone)». En réalité, les auteurs de ces délits sont des «amis» de certains membres du cabinet civil de Ferké.
En ce qui concerne les dangers qu’elles encourent, les populations de Ferkéssedougou nous rassurent. «Nous prenons toutes nos dispositions pour ne pas que quelqu’un soit électrocuté», rassure Matthieu N. Soro, forgerons dans un français teinté de sénoufo (la langue locale).
Pourtant, pendant les saisons pluvieuses les drames se comptent par dizaines.

L’essence sur le marché noir
e950516146c037b7bd94880a5dc74168.jpgDans une des stations services les pompistes sont assis la tête entre les mains. Vêtus d’uniformes noircis par le fuel, ces gérants de ces stations d’essences donnent l’impression de s’ennuyer. Pas du tout. Il n’ y a plus de carburant !
En réalité, elles sont rares les stations où l’on peut trouver encore du gasoil. La raison ? Il existe à Ferké un gros trafic d’essence qui se fait entre les stations et des revendeurs.
Les premiers livrent du carburant aux seconds dans des fûts en plastic (généralement de couleur jaune) aux prix de gros. (C’est-à-dire le prix fixé en zone ex-assiégés : 681 f pour le gasoil). Les revendeurs à leurs tours vont séparer leurs acquisitions en trois. «Il y a le super, le gasoil et le mélange que nous faisons pour les cyclomoteurs», explique un détaillant.
Pour le litre de super et pour le gasoil il faut débourser entre 700 et 775 francs chez les détaillants. Quand au mélange le litre est à 650 francs.
Les quelques automobilistes rencontrés se plaignent de cette anarchie occasionnée par les stations d’essence. «Quand vous vous rendez dans une station d’essence pour prendre du carburant, ils vous diront qu’il y en a plus. Soit parce qu’ils ont tous donné aux détaillants, soit parce qu’ils en ont mais que c’est réservé à leurs clients favoris que sont les détaillants», dénonce en colère J. Aké fonctionnaire redéployé à Ferké.
Selon des informations recueillies, les détaillants reversent une rente journalière (en fonction du nombre de litres vendus) aux gérants des stations. Ainsi, ces derniers gagnent autant que les détaillants.

Prolifération des produits de contrefaçon
En s’arrêtant dans une boutique pour prendre de quoi à boire, l’on peu se rendre compte de la prolifération des produits de contrefaçon. Tout y passe. Cigarettes, boissons, chocolats, biscuits, riz, laits, huiles, piles électriques… en provenance (en général) du… Burkina Faso.
Vous lirez sur les canettes de boisson gazeuse de «Fanta» ou de «Coca» - de goûts médiocres – «un produit de Coca Cola Compagny du Burkina Faso».
Le trafic ne se limite pas qu’aux produits comestibles. Vous trouverez sur le marché des marques de chaussures «Naike», «Abbiba» ou «ebbebas», des postes à radio de marques «Naiwa», «Sonica», «Sunny» ou même «Soni», et pourquoi pas des piles «Every Day», «Duravell» ou «Energie vraie».
Dans le domaine des motos c’est le même constat. Les noms des marques se font la concurrence les unes aux autres. Idem pour les habits, les boissons alcoolisées et les médicaments. Et tout ceci «pour des prix défiant toutes concurrences».C’est sûre, il n’y a pas encore de service de douane dans cette zone. Et en la matière, ce sont les éléments des forces nouvelles qui font la «collecte (journalière) de fonds» auprès des vendeurs et commerçants.

L’hôpital général à l’abandon
f5e2db19517a486a8c13d82adc7b1887.jpgSi nous parlons d’anarchie, nous parlerons également de délaissement et d’abandon des services publiques encore fonctionnels. L’hôpital général de Ferké en est un prototype.
Bâtit sur une superficie de quelques hectares, «l’hôpital Général de Ferké» est en piteux états. Ces bâtiments délabrés et «repeints» par la crasse sont le témoignage de sa non activité pendant la guerre.
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Aujourd’hui malgré que certains médecins et infirmiers y ont été redéployés, les malades «boudent ce service» et se tournent vers l’hôpital Baptiste tenu par les américains. Un hôpital dont les populations apprécient le cadre, la qualité des soins et l’efficacité des services.
Alors que nous faisions une petite visite au sein de l’hôpital général, nous avons compté 13 malades. «3 en médecine générale, 8 en chirurgie et une en maternité», nous confirme Monsieur Kéita, l’économe dudit hôpital.
Même si le service minimum est assuré «les gens préfèrent aller (voir) "ailleurs"», se lamente l’infirmier général du service «médecine générale».
Dans la cour de l’hôpital, une ambulance a du mal à démarrer. Après quelques "éternuements", elle s’arrête. «Et il faut souvent la pousser. Vous comprenez que ces difficiles quand il faut évacuer des malades au Chr de Korhogo», explique meurtri le chauffeur de l’ambulance. «Pourtant, c’est le village de Guillaume Soro (le chef des Forces nouvelles et premier ministre)», indiquent certains «Ferkois» pour montrer que «leurs autorités» ne s’occupent pas d’eux.

Force est d’observer que la vie en zone ex-assiégée n’est pas reluisante. La pauvreté est «couchée à la porte» des populations. Des zones où pour (sur)vivre, tout le monde vit dans l’anarchie totale.
C’est vrai que l’on crie partout la réunification du pays. Mais mon constat est que c’est seulement dans les textes. Elle n’est pas effective en réalité.
Parce qu’il n’y a aucune administration «loyaliste» qui fonctionne.
Bien qu’elles aient été redéployées, ces différentes administrations sont obligées de fermer les yeux sur certaines situations afin de ne pas entrer en "collision" avec les Forces nouvelles.
Il faut sauvegarder la paix à tout prix. Il faut entretenir la flamme de la paix au prix de …l’anarchie.
Quel avenir pour cette partie de la Côte d’ivoire où les postes de police (des FN) sont des nids de mendiants en uniformes (voir prochain post)?
Chantons la paix, mais souvenons-nous que quelque part en Côte d’Ivoire, il y a une anarchie qui tourne le dos à l’unicité des caisses de l’Etat. Mais il y a aussi des populations qui sont parfois contraints d’emprunter des raccourcis pour vivre et faire vivre leurs familles.
Il faut sauver la paix, il faut aussi sauver les caisses de l’Etat. Mais il faut surtout sauver les hommes et les femmes de ces zones toujours assiégées.

13 août 2008

Embouteillage et indiscipline

Alors que le soleil se couche doucement sur Abidjan et que nos montres affichent "17 heures 55", un accident se produit à Cocody, au "Carrefour (de) la vie". Un piéton est violemment renversé par un véhicule qui roule à tombeau ouvert - selon des témoignages. Les Sapeurs pompiers à quelques pas de là, interviennent rapidement et évacuent le blessé qui est gravement atteint. Une situation qui entraîne momentanément l'arrêt de toute circulation sur les différentes voies du "Carrefour (de) la vie".

La situation aurait bien pu être améliorée si les chauffeurs de "Gbakas" (mini bus) - toujours eux - et de "Wôrô-wôros" (taxis communaux) ne manifestaient pas leurs indisciplines notoires qu'on leur reconnaît. Malgré l'intervention de certains volontaires (pour désengorger les voies) la situation est difficilement maîtrisée et la file d'attente devient de plus en plus longue. Obligeant ceux qui étaient à bord de certains transports en commun à traverser le bouchon à pied.

Un de mes pères disait toujours (à juste titre d'ailleurs): "Ils conduisent comme ils se conduisent".

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11 août 2008

D'une pompe à l'autre

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«700» ! C’est le prix du litre du gasoil à Bouaké et à Katiola.
Nous avons été désagréablement surpris alors que nous avions presque épuisés notre réserve d’essence. Pourtant sur les pompes, il y a une affiche qui indique «681 F». «C’est pour le service des contrôles», explique le gérant de la station située à la sortie de la ville. «Sinon, tout le monde connait le prix ici», poursuit-il.
Selon les informations données par plusieurs personnes, le carburant, même s’il est de mauvaise qualité, est «une denrée extrêmement rare». Au point où «pour toute la ville Katiola il y a une seule station service qui fonctionne». Cela fait donc grimper les enchères. Simple logique d’économie. Une logique qui crée beaucoup de désagréments aux usagers qui sont excédés par cette hausse qui varie d’une station à une autre.
De ce point de vue, Abidjan et «l’autre côté» de la Côte d’Ivoire sont au même niveau de souffrance.

La vie dans l’autre Côte d’Ivoire

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Une semaine après que l’on ait soufflé la première bougie de «la flamme de la paix», le nord essaie (à sa façon) de suivre le chemin inexorablement lancé de la paix.
De Bouaké à Ferkessédougou, les populations savent désormais que «leur» Côte d’Ivoire est engagée dans un processus qui doit aboutir à la réunification véritable du pays. Pourtant, les évènements nationaux ne sont pas forcément vécus et (suivis) là-bas comme ici à Abidjan la capitale économique.
J’en veux pour preuve la 48ème édition de la fête nationale de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Bouaké lentement dans la danse
La deuxième plus grande ville s’est parée aux couleurs nationales. Quelques artères principales ont été revêtues des plus beaux «orange-blanc-vert».
Quelques défilés et cérémonies ont marqué cette journée du 7 août 2008 à Bouaké.
Dans le fief des Forces nouvelles (ex-rébellion) les autorités ont tenues à être dans le (bon) ton.
Cependant, pour les populations, cette journée a été vécue comme bien d’autres. «Les populations ont vaqué tranquillement à leurs occupations sans forcément se soucier que «aujourd’hui est un jour exceptionnel», ne manque pas de relever un «Bouakois».
Le marché ne s’est pas désengorgé comme à son habitude. «Les commerçants ne sont pas restés chez eux», comme l’indique le correspondant à Bouaké d’un quotidien abidjanais. «Ils ne veulent pas perdre quelques sous en restant chez eux rien que pour une fête dont ils n’en voient pas forcément la teneur», explique t-il.
Bouaké pourtant semble prendre son indépendance des anciennes Forces nouvelles. Les banques et les quelques agences d’entreprise de télécommunication ont repris du service. Même si ce jour elles ont fermé, on peut se rendre compte de la récente rénovation de leurs bureaux. Signe que la vie reprend peu à peu dans cette ancienne cité de «la vallée du Bandama» fortement assiégée pendant 5 ans. Aujourd’hui, même si les «FN» sont toujours présentes – avec leurs uniformes sombres – «les gens sont plus libres de circuler sans se soucier», se réjouit une jeune commerçante d’origine burkinabé.

Katiola ville morte.
Situé à quelques kilomètres au nord de Bouaké, Katiola est la capitale des «Tagbanas» (nom du peuple et de l’ethnie vivant dans cette ville).
La ville n’a pas célébré le 48ème anniversaire de la Côte d’Ivoire.
«Nous profitons pour nous reposer», se réjouit un vendeur de motocyclettes.
Les rues désertes de Katiola en disent long sur comment on vit les évènements nationaux ici. «C’est important pour nous mais je ne sais pas pourquoi je vais faire tout un ‘‘boucan’’ pour l’indépendance», se demande Yayoro B. Pour lui, comme pour beaucoup d’ailleurs, les «affaires d’Abidjan» sont des «choses pour accorder des congés aux gens».
Katiola a respecté le «jour férié», sans pour autant accorder une quelconque importance à l’évènement lui-même. Pas de rues pavoisées, pas d’atmosphère de fête : l’air est au repos.

Ferkessédougou joue le jeu
A Ferkessédougou, à la frontière du Burkina Faso, le mouvement a plutôt été bien suivi. Quelques cérémonies pour «saluer les couleurs» en présence des autorités de la ville ont ponctué cette journée.
Cela n’a pas pourtant pas gêné le caractère «jour de marché» de cette ville. Après les différentes cérémonies les populations ont vaqué normalement à leurs occupations en ce jour de marché.
Bien que les rues soient joliment vêtues aux couleurs nationales l’indépendance ne semble pas intéresser beaucoup. Cependant, les «Ferkois» ont tenue à jouer le jeu en sacrifiant à la tradition.

Le nord n’a pas encore (totalement) l’habitude des «bonnes habitudes». Mais il (pour)suit le chemin de la paix. Doucement, la vie administrative et politique reprend son souffle. Suivant de loin l’actualité d’Abidjan qui est désormais le point de repère du chemin à suivre pour la côte d’Ivoire de demain.
De l’autre côté de la Côte d’Ivoire ont vit parfois sans les couleurs nationales, mais la vie continu.

PS: Il n' y avait pas de connection internet à Ferkessédougou où j'ai séjourné 5 jours durant. C'est pourquoi ce post "atterrit" aujourd'hui.

06 août 2008

En route !

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Il semble que c'est l'été et beaucoup de bloggeurs en profite pour prendre des vacances.
Eh bien, pourquoi pas moi ?
Je serai en "vacance" (de quelques jours). Mais pas totalement. Je m'en irai quelque part dans la Côte d'Ivoire (très) profonde pour vous faire découvrir l'autre Côte d'Ivoire. Vous comprendrez bientôt.
Alors souhaitez-moi bon voyage et attendez-vous à faire (avec moi) une traversée passionnante (du moins je l'espère) en partant du sud vers le nord.

A bientôt alors.

04 août 2008

Quelle Poste pour demain ?

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«La Poste de Côte d’Ivoire va-t-elle continuer à (sur)vivre ?» Telle est la question que je me pose chaque fois que je passe devant un bureau de la poste.
Mettons dans un premier temps en relief, les fonctions et l’utilité de la Poste et faisons une petite comparaison avec les «nouveaux outils» qu’offrent les Ntics aujourd’hui pour se passer de la Poste.
La poste de Côte d’Ivoire (comme dans bien de pays francophones) a trois métiers (ou activités) essentiels.

03d0873a60def514cb9ea909867eb770.jpgIl y a le métier colis. Il s’agit (évidemment) d’envoyer par le biais de la poste un colis à un destinataire.
Aujourd’hui de nombreuses compagnies de transports font une concurrence rude à la mère-poste. Ces compagnies misent sur le coût qui varie entre 500 F et 1000 F maximum. En plus, tous les types de colis peuvent être envoyés.
Pour ce service, la poste tient encore la route et essaie tant bien que mal de s’accrocher.
Pourtant en international, la poste est submergée par des géants de la distribution comme DHL qui sont présents désormais partout dans le monde.

a570006e1673600681beb83bd4d9eea3.jpgEnsuite, il y a le métier des services financiers. La Poste ivoirienne se constitue en caisse d’épargne et en structure d’envoi d’argent. On se souvient encore des services de mandats (express).
Mais quand on a des entreprises de transfert d’argent comme Western Union, Money Gram et désormais Cash Express, on se dit qu'on peut se passer du traditionnel mandat qu’on fait par la poste.
Pourtant, en la matière, elle a amélioré son service et l’on peut recevoir de l’argent assez rapidement. En plus, elle est la seule qui est véritablement présente dans toutes les contrées de la Côte d’Ivoire. Mais pour combien de temps ? Surtout après la crise qu’elle a connu.

Le service le plus important est celui du métier courrier que chacun de nous un jour où l’autre a eu à utiliser. Ce service permet en deux ou trois jours (ou une semaine ou deux selon la destination – en national ou en international) d’envoyer une lettre à un tiers destinataire.
Je me se souviens que dès la classe primaire on nous initiait à la rédaction d’une lettre et on nous enseignait la méthode d’envoi…par la Poste.
A propos de ce service voici ce que dit un internaute. C’est rigolo mais tellement vrai.
« J’ai découvert un service intéressant, qui à l’ère du Web 2.0 est assez osé! Je ne comprends pas bien le business model mais c’est impressionnant. Tu vas voir c’est très contraignant pour écrire un mail (Courrier pour le service de la poste).
1) Tu dois acheter du papier, c’est cher,
2) Tu dois aussi acheter un stylo, c’est pratique. Pour gagner du temps, tu peux faire l’achat du papier et du stylo en même temps,
3) Ensuite tu dois écrire sur ton papier ce dont tu as envie. Là c’est à peu près aussi facile que sur internet, avec une série d’inconvénients,
a) tu ne peux pas effacer à moins que tu écrives avec un crayon dans ce cas là, il faut acheter une gomme en plus du papier et du stylo,
b) si tu veux garder une copie, il te faut du papier carbone que tu mets en dessous ton courrier avec une autre page en dessous. Dans ce cas là il faut acheter du papier carbone en plus de la gomme, du papier et du stylo et du crayon
c) il faut que tu ranges la copie, mais le pire, si tu oublies où tu as mis ton courrier tu n’a pas de recherche automatique, il faut vraiment que tu ne sois pas bordélique,
d) Pour corriger l’orthographe, il faut que tu ais un Bescherelle et un dictionnaire analogique, et même avec ça t’es pas sûr de tout corriger. C’est comme sur internet, mais il faut que tu achètes tout ça en plus du papier carbone, de la gomme, du papier, du stylo et du crayon
e) Si tu veux ajouter un paragraphe au milieu de ton courrier tu dois tout recommencer,
f) Si tu veux envoyer le courrier à plusieurs personnes tu dois recommencer tout le processus,
g) En plus de tout cela, tu dois terminer ton courrier par des phrases complètement stupide, qui commencent généralement par “Veuillez agréer” avec des trucs du 18ièmes siècle. Style, «salutations dévoués», entrecoupé de «monsieur, madame». On doit appeler cela la «courriertiquette» en analogie avec le «netiquette»,
e) Y a quand même un truc rigolo, tu peux écrire au verso de ton courrier, chose qu’on ne peut pas faire sur internet. Ca fait au moins économiser du papier,
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4) Une fois ton courrier terminé , tu dois mettre tout cela dans une enveloppe (que tu achète aussi en plus du dictionnaire, du Bescherelle du papier carbone, de la gomme, du papier, du stylo et du crayon),
5) Tu dois écrire l’adresse de la personne à qui tu veux envoyer le courrier, si tu n’as pas l’adresse, j’espère que tu as un bottin (c’est un annuaire analogique),
6) Après tout ça tu dois mettre un timbre, c’est une petite étiquette autocollante que tu dois acheter, oui tu as bien compris, il faut en plus payer pour se service on croit rêver.
7) Une fois terminé le courrier, tu vas à la poste, tu pourras acheter l’étiquette autocollante sur place. Pour cela tu devras faire la queue pendant des fois une bonne demi-heure,
Attends le meilleur est pour la fin, si tu veux être sûr que la personne va recevoir le courrier, il faut que tu paye encore plus,
9) Mais le pire, c’est que ton courrier va mettre au moins 24 heures pour arriver dans le meilleur des cas. Si tu veux m’écrire au Brésil ça va mettre quinze jours minimum!!!!
Il faut vraiment avoir du courage pour lancer un service pareil de nos jours. En fait je me suis renseigné, la poste est une entreprise qui appartient à l’état, maintenant j’ai tout compris. Pas forcément besoin d’être rentable, mais je me demande qui va adhérer à un tel service. J’ai compris également que ton papier et ton enveloppe voyageait jusqu’au destinataire, il n’y a pas de numérisation du tout. Y a des personnes qui se déplacent pour mettre ça dans un dispositif que tu dois acheter pour recevoir ce courrier. (en plus du papier, du crayon, su stylo, du carbone, du dictionnaire, du Bescherelle, de l’enveloppe et du timbre!!!!!!!)».

Moi je crois en somme, que la Poste de Côte d’Ivoire a le choix.
Ou bien elle adapte ses services aux normes que requiert l’essor des Ntics et continue à survivre, ou alors elle se fait harakiri en offrant ses services traditionnels qu’on lui reconnait en espérant que nos villages resteront toujours des villages sans électricité, ni téléphone et Internet, ni écoles et ordinateurs, ni cadres issus de ces villages qui aient des projets de développement.
Parce qu’en réalité si la Poste est (encore) «vivante» en Côte d’Ivoire, c’est bien parce qu’il y a des endroits qui n’ont pas encore de couverture Internet ou qui n’ont pas de service comme Western Union ou money Gram. Ce qui ne saurait tarder d’ailleurs.

Post-post
Aujourd’hui en France la poste offre des services en ligne. Une sorte de e-commerce. La Poste de Côte d'Ivoire peut s'en inspirer.
Elle avait commencé à prendre quelques initiatives avant que la crise ne survienne. Découvrez le projet «Alert’courrier»

Incendie au grand marché d'Abengourou

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e2e24b135c76ad190d5473eff422a0c1.jpgLe lundi 04 Aout restera à jamais gravé dans la mémoire des populations de l’indénié (région royale de l'est de la Côte d'Ivoire). Pour cause le Grand Marché de la ville est parti en fumée.
Selon les informations recueillies c’est à 07H 30 minutes que le ciel s’est assombri dans le royaume de l’indénié. Sous le pouvoir dévastateur des flammes le Grand Marché a brulé.
Selon les témoignages recoltés ça et là, le feu se serait déclenché au niveau supérieur du marché à partir du magasin de friperie tenu par un certain Adou.
Marie François Gragbé, Préfet de région et Préfet du département d’Abengourou, rencontré sur place ne pouvait faire autrement face à la fureur des flammes qui ont réduit à néant les efforts consentis par les commerçants et les commerçantes. «C’est le grand marché de la ville, pour se ravitailler ce sera difficile(…). Dommage, on va réfléchir pour éviter que cela arrive prochainement», a déploré le Préfet.
L’autorité municipale représentée par son premier adjoint, Amoikon Kouamé estime que la municipalité a joué sa partition en créant des bouches d’eau pour contrer d’éventuels incendies, sous les conseils avisés des sapeurs pompiers, lors de la construction du grand marché. Sur le terrain les tuyaux de raccordement qui relient les bouches d’eau tenus par des jeunes volontaires en vue de maitriser le feu ont montré leurs limites. Par manque de simulation depuis au moins trois ans, la pression d’eau s’est avérée très insuffisante. L’action d’une unité industrielle de bois présente sur place a favorisé la canalisation du feu. Ainsi le tiers du marché est quand même resté intact.
Contre vents et marrées les victimes ont envisagé sauver ce qui pouvait l’être.
Tandis que ceux-ci pleuraient les marchandises parties en fumée, d’autres s’activaient à des scènes de pillages. Avec l’action vigoureuse des forces de l’ordre, des dizaines de personnes ont été interpellées.
Quant à la source de l’incendie on se perd en conjecture (Comme d'habitude). S’agit-il d’un incendie criminel ou d’un court-circuit ? les enquêtes nous situeront.

Photo R.r, prise avec un téléphone portable

(Renard renard, envoyé spécial à Abengourou)

Réponse appropriée

Voici copie d’une lettre que vous avez certainement reçu où que vous recevrez un jour. Ce qui est marrant c’est la réponse à ce mail. Suivons…
(Nous avons ‘‘plaqué’’ le mail tel qu'il est parvenu, sans enlever un iota).

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02 août 2008

Bizarre comme "Une"

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(ça se passe de commentaires)

01 août 2008

Elle fait rêver

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(Abidjan, boulevard Valéry Giscard d'Estaing)

... Trop canon !

Sur un air de typhoïde

941c3d72eb9882f0d840f909a556e717.jpgJ’ai appris aujourd’hui une nouvelle triste au sujet d’un ami qui a perdu sa fille cadette à la suite d’une maladie : La fièvre typhoïde.
J’ai été choqué d’autant plus que c’est la ixième nouvelle de décès dû à la cette maladie que j’entends pour le mois de juillet uniquement.
Et franchement j’en suis troublé de plus en plus. Est-ce une épidémie ou des coïncidences trop macabres ?
Personnellement, je penche plus pour le fait que nous devons faire face à une épidémie (silencieuse) de fièvre typhoïde (une maladie du reste très contagieuse).
Et cela n’est pas étonnant vu les odeurs de déchets qu’il y a ici à Abidjan… vu l’environnement trop crasseux de tous les coins de rue (on en parlera jamais assez).
J’ai fait un tour dans la cour de la mairie de Cocody. Une poubelle à ciel ouvert s’est formée à l’intérieur de ladite mairie. Pourtant, la commune regorge d’espaces verts et de routes (approximativement) (ré)peaufinées.
Je ne vous parlerai même pas des communes d’Adjamé et d’Abobo ou même de Yopougon ou d'Attécoubé. Des zones (populaires) où les caniveaux rejettent les eaux usées sur les routes, tout près des vendeuses de nourritures. Et vous verrez des enfants patauger à cœur joie dans ces "piscines de la mort".

Certains gestes élémentaires semble t-il, peuvent limiter les dégâts et nous sauver la vie. «Se laver les mains une fois rentré à la maison avant toute autre activité, éviter de manger dans les rues, éviter d’acheter des aliments non couverts», conseille le docteur Assouman, médécin généraliste.
Pour le Pr. Alexandre N'Guessan, du ministère de la Santé et de l'Hygiène publique, la montée en puissance de cette maladie est due au «fait que l'amélioration du niveau de l'hygiène n'ait pas suivi la prolifération des établissements de restauration. Qui sont fréquentés par bon nombre de travailleurs ivoiriens». «La non application des mesures d'hygiène dans ces endroits est, à l'origine de certaines épidémies dont la fièvre typhoïde», a-t-il regretté lors du 2è symposium des sciences et hygiènes alimentaires qui s’est tenu en avril 2008 à Abidjan.

Pourtant, même si l’attitude hygiénique des Ivoiriens change, le risque demeurera tant que l’atmosphère n’aura pas été assainie par ceux que nous avons choisis pour cette tâche.
Selon Pr Loukou, chef du département de microbiologie à l'UFR des Sciences pharmaceutiques et biologiques, l'incidence de la fièvre typhoïde en Côte d'Ivoire est évaluée à 35 pour 100.000 habitants. Et le taux de mortalité est estimé à 5%. Il est donc important, au dire de Pr. Eba Aoussi , enseignant à l'UFR des Sciences médicales «d'assurer la sécurité alimentaire» des Ivoiriens.

Que chacun donc joue sa partition et prenne ses précautions pour ne pas que nous suffoquions tous – et succombions – à cet air de typhoïde.