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11 août 2008

La vie dans l’autre Côte d’Ivoire

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Une semaine après que l’on ait soufflé la première bougie de «la flamme de la paix», le nord essaie (à sa façon) de suivre le chemin inexorablement lancé de la paix.
De Bouaké à Ferkessédougou, les populations savent désormais que «leur» Côte d’Ivoire est engagée dans un processus qui doit aboutir à la réunification véritable du pays. Pourtant, les évènements nationaux ne sont pas forcément vécus et (suivis) là-bas comme ici à Abidjan la capitale économique.
J’en veux pour preuve la 48ème édition de la fête nationale de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

Bouaké lentement dans la danse
La deuxième plus grande ville s’est parée aux couleurs nationales. Quelques artères principales ont été revêtues des plus beaux «orange-blanc-vert».
Quelques défilés et cérémonies ont marqué cette journée du 7 août 2008 à Bouaké.
Dans le fief des Forces nouvelles (ex-rébellion) les autorités ont tenues à être dans le (bon) ton.
Cependant, pour les populations, cette journée a été vécue comme bien d’autres. «Les populations ont vaqué tranquillement à leurs occupations sans forcément se soucier que «aujourd’hui est un jour exceptionnel», ne manque pas de relever un «Bouakois».
Le marché ne s’est pas désengorgé comme à son habitude. «Les commerçants ne sont pas restés chez eux», comme l’indique le correspondant à Bouaké d’un quotidien abidjanais. «Ils ne veulent pas perdre quelques sous en restant chez eux rien que pour une fête dont ils n’en voient pas forcément la teneur», explique t-il.
Bouaké pourtant semble prendre son indépendance des anciennes Forces nouvelles. Les banques et les quelques agences d’entreprise de télécommunication ont repris du service. Même si ce jour elles ont fermé, on peut se rendre compte de la récente rénovation de leurs bureaux. Signe que la vie reprend peu à peu dans cette ancienne cité de «la vallée du Bandama» fortement assiégée pendant 5 ans. Aujourd’hui, même si les «FN» sont toujours présentes – avec leurs uniformes sombres – «les gens sont plus libres de circuler sans se soucier», se réjouit une jeune commerçante d’origine burkinabé.

Katiola ville morte.
Situé à quelques kilomètres au nord de Bouaké, Katiola est la capitale des «Tagbanas» (nom du peuple et de l’ethnie vivant dans cette ville).
La ville n’a pas célébré le 48ème anniversaire de la Côte d’Ivoire.
«Nous profitons pour nous reposer», se réjouit un vendeur de motocyclettes.
Les rues désertes de Katiola en disent long sur comment on vit les évènements nationaux ici. «C’est important pour nous mais je ne sais pas pourquoi je vais faire tout un ‘‘boucan’’ pour l’indépendance», se demande Yayoro B. Pour lui, comme pour beaucoup d’ailleurs, les «affaires d’Abidjan» sont des «choses pour accorder des congés aux gens».
Katiola a respecté le «jour férié», sans pour autant accorder une quelconque importance à l’évènement lui-même. Pas de rues pavoisées, pas d’atmosphère de fête : l’air est au repos.

Ferkessédougou joue le jeu
A Ferkessédougou, à la frontière du Burkina Faso, le mouvement a plutôt été bien suivi. Quelques cérémonies pour «saluer les couleurs» en présence des autorités de la ville ont ponctué cette journée.
Cela n’a pas pourtant pas gêné le caractère «jour de marché» de cette ville. Après les différentes cérémonies les populations ont vaqué normalement à leurs occupations en ce jour de marché.
Bien que les rues soient joliment vêtues aux couleurs nationales l’indépendance ne semble pas intéresser beaucoup. Cependant, les «Ferkois» ont tenue à jouer le jeu en sacrifiant à la tradition.

Le nord n’a pas encore (totalement) l’habitude des «bonnes habitudes». Mais il (pour)suit le chemin de la paix. Doucement, la vie administrative et politique reprend son souffle. Suivant de loin l’actualité d’Abidjan qui est désormais le point de repère du chemin à suivre pour la côte d’Ivoire de demain.
De l’autre côté de la Côte d’Ivoire ont vit parfois sans les couleurs nationales, mais la vie continu.

PS: Il n' y avait pas de connection internet à Ferkessédougou où j'ai séjourné 5 jours durant. C'est pourquoi ce post "atterrit" aujourd'hui.

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salut!

Chapeau pour se maintien du blog pendant ton séjour.

Écrit par : Paul & Mick | 12 août 2008

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