topblog Ivoire blogs

02 juin 2008

The Black Napoleon (1830-1900)

Samory Toure- The Black Napoleon of the Western Sudan 19th Century AD

Né vers 1830 à Sanankoro, Mali, Samory Touré débuta une carrière de commerçant. Les courants d'échange (vente d'esclaves et achat d'armes à feu), greffés sur la Sierra Leone et sur l'Océan Atlantique, dynamisent l'ancien commerce local et à longue distance (échange d'or, d'esclaves et de noix de kola tirés des pays forestiers, contre des armes et des tissus acquis dans les pays méditerranéens et sahéliens, le sel saharien et le bétail).
Ce commerce permet aux plus audacieux de s'enrichir et leur donne aussi, avec les armes à feu, les moyens de la guerre et de la puissance et, grâce à la redistribution des prises de guerre et des profits commerciaux, la possibilité de réunir autour d'eux des dépendants à la fois ambitieux et dévoués. Samory Touré saura exploiter ces opportunités.

Vers 1850, sa mère, Masorona Kamara, est capturée au cours d'une guerre et emmenée en captivité par Séré-Burlay, l'un des fils de Moriule Cissé, qui cherchait à se créer un état puissant. Ce malheur fut peut-être la chance de Samory Touré, obligé de louer ses services aux Cissé pour libérer sa mère de l'esclavage. Il s'engage dans l'armée des Cissé et se rend compte que sa vraie vocation n'est pas le commerce, mais la guerre.

Au service des Cissé, il restera, selon la tradition,"7 années, 7 mois, 7 jours", avant de s'enfuir, avec sa mère, un jour de 1858 ou 1859.

Il entre aussitôt dans l'armée des Bérété, un autre lignage puissant, opposé à celui des Cissé ; mais il n'y restera que deux ans (1858 - 1960).
Il se tourne alors vers les siens, les Kamara, impuissants face aux Cissé et aux Bérété, et leur propose de les défendre contre toute agression. Un serment solennel, prêté à Dyala en 1861, vient sceller l'alliance entre Samory Touré et les siens : il est reconnu comme kélétigui (chef de guerre), premier échelon d'une ascension qu'il va gravir à marches forcées.
L'armée qu'il crée à cette occasion se dote d'une structure et de caractéristiques qui ne changeront plus, sur l'essentiel, jusqu'à la fin de sa carrière politique. Il s'agit, pour la première fois dans la région, d'une véritable armée de métier.

On y trouve des hommes du pays ainsi que des aventuriers mercenaires. Tous ces hommes sont équipés d'armes à feu. Le commandement des soldats est confié à des personnes que Samory Touré choisit scrupuleusement (ses frères, ses amis d'enfance, plus tard ses fils).
Samory Touré est proclamé faama en 1867.

Homme de guerre redoutable, Samory Touré alterne la guerre et la diplomatie, menaçant, flattant et trompant tour à tour tous ses voisins. Cette stratégie va l'occuper pendant vingt ans, jusqu'au milieu des années 1880. Il élimine ainsi les Bérété, les Cissé, les Kaba de Kankan...
Vers 1878, il a conquis tout le Haut Niger.

Il a établi des contacts avec l'état Toucouleur, dirigé par les fils d'El Hadj Omar Tall.
Samory Touré prend soin de conserver la société antérieure à sa conquête, en particulier les Kafu auxquels il superpose des gouvernements militaires, chargés de lever les hommes et le tribut.

Les anciennes coutumes sont ainsi maintenues, quoique le conseil du roi, proclamé alminy en 1884, comporte une proportion significative de musulmans. Quant au personnel politique, il se recrute en partie seulement dans sa famille : une autre partie est formée d'hommes choisis par Samory Touré en raison de leur compétence et de leur loyauté.
On peut ainsi décrire cet empire comme un état militaire et marchand. Tout est subordonné aux besoins de l'armée et de la guerre. Guerre pourvoyeuse d'esclaves et garante de la sécurité de l'état, commerce fournissant les armes à feu et générateur de profits : les deux bases qui faisaient la force de l'état vu par Samory Touré.
Les puissances européennes entreprirent alors de pénétrer à l'intérieur du continent.

A leur tête se trouvaient la France et la Grande Bretagne, engagés dans une féroce concurrence à partir des années 1870.
Même s'il n'avait jamais quitté l' Afrique, l'almany mesurait assez bien les implications de la nouvelle donnée internationale et essaya au mieux de se protéger. Comment interpréter autrement ses efforts incessants, à partir de 1885 environ, pour se libérer de la dépendance technologique à l'égard des Européens ?
Sous son impulsion, les forgerons et artisans locaux parviennent à fabriquer des fusils à répétition, copiés sur les fusils achetés aux Anglais. De même, il attire à lui d'anciens tirailleurs des troupes coloniales françaises et britanniques, pour encadrer ses hommes.

Fidèle à sa stratégie, Samory Touré voulut mener parallèlement la guerre et la diplomatie avec les Européens. Mais, ses tentatives pour jouer les Britanniques contre les Français se révélèrent vaines, car les deux puissances avaient tout intérêt à s'entendre sur le dos des Africains.
Samory Touré se trouva aux prises surtout avec les Français, désireux de rattacher leurs possessions du Sénégal et de la Côte d'Ivoire aux pays de la boucle du Niger.
De 1886 à 1889, il accepta de signer plusieurs traités avec les Français et en 1886 il envoya même son fils Dyaulé Karamogho en France.
Ce fut au moment où il avait le plus besoin de la cohésion de son empire que celle-ci vint à lui manquer. En 1889-1889, ses états furent ravagés par la"guerre du refus", menée par les groupes animistes contre l'imposition autoritaire de l'islam.

Sa propre famille fut tellement déchirée par des querelles fatales entre partisans et adversaires de la négociation avec la France, que Samory Touré dut trancher dans le vif en faisant exécuter Dyaulé Karamogho, soupçonné de trahison à l'égard de la France.
La tactique de la guérilla et de la"terre brûlée" se révéla aussi inefficace face aux généraux Français, instruits par les précédents de l'Algérie. En 1892, dans un sursaut désespéré, Samory Touré partit vers l'Est, avec le gros de ses troupes, pour fonder un nouvel empire dans le Nord de la Côte d'Ivoire actuelle. Mais en pleine période de partage coloniaux, le nouvel état était trop fragile pour résister aux troupes coloniales françaises.

Ce fut le 29 Septembre 1898 qu'une petite colonne de reconnaissance, sous le commandement du capitaine Gouraud, le captura.
Le vieux combattant, qui négociait une capitulation honorable, espérait sans doute pouvoir se retirer comme une personne privée. Il fut en réalité déporté au Gabon, dans un milieu totalement différent du sien, où une pneumonie l'emporta le 2 Juin 1900 à N'Djolé .

Source africa-onweb.com

Les commentaires sont fermés.