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21 mai 2008

Le mobilier et les tableaux de la résidence d'Houphouët-Boigny à vendre

La République de Côte d'Ivoire, propriétaire de l'hôtel Masseran, vend son contenu pour financer la restauration.
Derrière un mur surmonté de hautes grilles, donnant sur le boulevard des Invalides, se cache l'un des plus beaux hôtels particuliers d'Alexandre-Théodore Brongniart, architecte prolifique de l'Ancien Régime connu pour avoir dessiné, sous l'Empire, les plans de la Bourse de Paris. Ce bel hôtel de 3 000 m2, édifié en 1787 pour le prince Masserano, cousin de Louis XVI, fut la propriété de l'ex-président de Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, dès les années 1970, après avoir été, après 1945, celle d'Élie et Liliane de Rothschild.

Mais quelle désolation de voir cette résidence de l'ancien président de Côte d'Ivoire tomber en ruine, depuis sa mort, en décembre 1993 ! Dans la cour intérieure, où s'amassent vieux meubles et tas de bois récemment coupé dans le jardin devant l'élégante façade rythmée de pilastres trône encore sa vielle Lincoln qui n'a pu être sortie sous peine de voir s'écrouler le portail de l'entrée. Bien loin est l'époque où le président ivoirien recevait, avec faste, dans la suite des salons richement meublée en XVIIIe qui inspira à l'écrivain Raymond Radiguet le décor du Bal du comte d'Orgel.

Une commode transition de J. F. Œben avec son bouquet de fleurs en marqueterie en côtoyait une autre estampillée J. H. Riesener, provenant de la collection Charles Stein. Des bas d'armoires d'après un modèle d'André-Charles Boulle, ayant appartenu à Jean-Baptiste Roslin Ier, baron d'Ivry, se mariaient à de grands vases en porphyre début XIXe, à une paire de coupes en agate calcédoine, montée en pot-pourri, provenant de la collection du prince Demidoff de San Donato à Florence, à des rafraîchissoirs en porcelaine dure de la Manufacture impériale de Saint-Pétersbourg ayant fait partie du service de la grande duchesse Maria Pavlona.


Une huile de Renoir
L'ensemble de ce mobilier, auquel s'ajoute un portrait de la reine Marie Leckzinska par Alexis Simon Belle, une huile de Renoir, Femme au fagot, et plusieurs Vlaminck, Bonnard et Van Dongen , va être vendu aux enchères, le 29 juin, à Fontainebleau, sur décision de Me Sanogo Yaya, avocat franco-ivoirien mandaté par le président Laurent Gbagbo. Jean-Pierre Osenat a décroché cette vente, une des plus importantes de la saison. On s'étonne que Sotheby's ou Christie's qui ont déjà vendu, dans l'anonymat, il y a une dizaine d'années, à New York, des meubles, notamment Boulle, venant de la succession Houphouët-Boigny ne se soient pas emparées de cette vente séduisante mais dont les modalités leur ont paru un peu nébuleuses…

L'ex-président ivoirien, qui avait un goût prononcé pour le luxe, faisait entretenir à grands frais cet hôtel. Il faut aujourd'hui pallier les dégradations du temps. Estimé prudemment à 8 ou 10 millions d'euros, le produit servira à la restauration de cet hôtel classé en partie monument historique.

(Source Le Figaro.fr)

A toute fin utile voir "le règlement de la succession privée de Félix Houphouet Boigny"

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