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11 avril 2008

Frontière ivoiro-Ghana-: «Masta toi pas payer pas passer !»

d39d8147349f466e1975006b716a2272.jpgL'un des épisodes les plus redoutés par tous ceux qui empruntent l'axe Abidjan-Ghana en passant par Noé, c'est bien l'autre versant de la frontière. C'est-à-dire le côté Ghanéen. Au-delà des arnaqueurs qui se dressent et qui attendent leurs proies, le poste à passer est lui-même un véritable «poste à payage».

Premier ''obstacle'': le contrôle sanitaire.
De la longue file d'attente qui s'étend à quelques dizaines de mètres, de nombreuses personnes s'impatientent et commencent à grogner. Certains se plaignent de «la lenteur des choses» quand d'autres (et c'est le plus grand nombre) refusent de payer ce qu'on leur demande.

Dans un bâtiment peint en bleu et blanc, deux policiers ghanéens réclament aux voyageurs leurs carnets internationaux de vaccination. Dans un français approximatif, les deux hommes en tenues aussitôt le contrôle fait, vous intiment l'ordre de payer. «500», crie l'un deux avec sa corpulence impressionnante qu'on peut apercevoir derrière la grille qui sépare les voyageurs des "contrôleurs". Les plus pressés s'exécutent. Certains par contre préfèrent négocier «comme on fait à Abidjan». D'autres encore (moins pressés sûrement) n'hésitent pas à faire des histoires. «Moi, je ne peux pas payer. J'ai fait tous mes vaccins et encore je dois payer», se plaint une jeune dame, la vingtaine, de teint claire.

Comme elle, ils sont nombreux à ne pas vouloir s'exécuter. Et cela entraine une lenteur dans le rang qui ne finit pas de s'allonger.

Un peu plus en arrière, des individus crient pour que les premiers dans le rang se dépêchent. «Si vous ne voulez payer laisser nous passer», hurle une voix forte. Après quelques bousculades et quelques injures, chacun finira par passer cette première étape. Car les policiers Ghanéens ne démordent pas «500 ou rien».

Le contrôle d'identité

A l'extérieur du bâtiment ''bleu blanc'' deux tables sont posées les unes à côté des autres. Deux hommes vêtus de leurs uniformes verts (parés de leurs galons "2 ou 3 étoiles") sont assis et attendent patiemment les passagers qui ont pu passer le «heal control». Les pièces sont tout de suite demandées avec «des billets de CFA» à la suite.

L'ambiance est toujours la même. Et la chaleur ( dans les 38 à l'ombre) ne fait qu'augmenter la nervosité des voyageurs.

«Pour ceux qui ont le passeport c'est 1000 F et ceux qui n'en n'ont pas paient 2000F», informe un homme. C'est un ivoirien qui a l'habitude de faire la traversée. Mais cette situation irrite encore plus les voyageurs. «Pourquoi doit-on payer alors qu'on a tous nos papiers au complets ?», s'interroge une dame, une commerçante. «C'est comme ça», lui répond le contrôleur ghanéen qui semble bien comprendre le français. Pourtant, ce calvaire n'est pas seulement réservé à ceux qui vont pour le voyage. Certains entreprennent la traversée pour faire quelques achats et revenir quelques heures après. Pour ceux-là, les pièces sont confisquées et il leur est demandé la «petite somme» de 100 francs.

Et à ceux qui refusent de payer, les hommes en tenues leur répondent gentiment «...toi pas payer, toi pas passer». Dès ce moment, le passant sait que quoi qu'il fasse (dans la colère comme dans le silence) il paiera avant de traverser.

En plus du périple que les voyageurs vont entreprendre entre Elubo (première ville ghanéenne) et Accra (la capitale) - et qui leur coutera quand même 130 000 ... cedis par personne (hors «taxe» environ 6000 Frcs CFA) - ils savent (ou peut être pas pour les novices) qu'ils devront débourser de l'argent à certains endroits.

Ainsi, le Ghana conserve sa légendaire réputation...

Ps: Quand on sqit que 1000 frcs CFA font environ 23 000 cedis. Faites le calcul des gains recoltes en une journee.

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