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26 février 2008

Quand sonne l'indépendance de la Fesci !

7529487338fdd15b937c006e5d7c5d19.jpgDans un article paru dans le «Jeune Afrique n°2459», Augustin Mian, nouveau Secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci), annonce la «rupture» avec l'ancienne image que la communauté ivoirienne (et internationale) s'est faite de cette organisation depuis sa création le 21 avril 1990.
Le nouveau ''général'' de la Fesci, a réussi un certain nombre d'actions qui laissent penser que l'ère du changement est peut-être arrivée.
Déjà, il a réussi avec son prédécesseur, Serge Koffi, à tenir le pari d'organiser des élections «fescistes» sans effusions de sang. Ensuite récemment, environ 550 chambres détenues par les éléments de cette organisation estudiantine, ont été rendues au Centre régional des oeuvres universitaires (Crou) afin que les ayants droit en bénéficient.
Pour Augustin Mian, 32 ans étudiant en Licence de droit privé, «la Fesci a 18 ans. C'est l'âge de la maturité». «Il faut jeter les bases d'une lutte responsable, qui reflète nos valeurs : une Fesci qui respecte tout le monde et se fait respecter», affirme t-il.
Il n'est donc plus question pour la Fesci de «s'acoquiner avec un quelconque parti». Mian veut une fédération indépendante, libre de ses choix politiques qui n'auront que pour but l'amélioration des conditions de vie des étudiants. «Les élections ne nous concernent pas», rassure t-il. En ajoutant que «chaque étudiant vote selon sa conscience».
Pourtant Augustin Mian avoue que la Fesci est une voix électorale à vendre au prix du bien être des étudiants. «Nous soutiendrons celui qui nous mettra au centre de ses préoccupations et nous nous réservons le droit de nous prononcer sur les questions qui engagent l'avenir du pays», souligne t-il. Cette affirmation de Mian semble crépiter comme un air de rupture. Rupture avec les tendances politiques, mais également rupture avec les comportements traditionnels que l'on reconnaît à la Fesci. «Nous devons rompre avec les vielles méthodes qui donnaient de l'étudiant l'image d'un être inintelligent, violent, violeur, voleur et casseur (...) Je n'accepterai pas de m'humilier devant un commissaire de police pour demander la libération d'un étudiant qui a violé ou violé», lance t-il. Pour Mian, la Fesci doit redevenir correcte mais également il faut que les étudiants aient les moyens pour être épanouis. C'est pourquoi il ne manque pas de dénoncer les lacunes qui subsistent sur le grand «U» (Campus universitaire). «À peine 5 milliards de F CFA de bourses et seulement 9600 lits pour 250 000 étudiants... les bibliothèques universitaires sont vides (...) tandis que les professeurs vendent des fascicules et que le ''photocopillage'' fait florès...».
Le nouveau ''Général'' n'y va pas avec le dos de la cuillère : c'est le temps de la rupture. «... il n'est plus question que la Fesci soit financée par les hommes de pouvoir», assure t-il. Quant à savoir d'où viendra l'argent qui fera vivre l'organisation, Augustin Mian répond : «nous bénéficions de dons, de legs et des cotisations des membres».
Cette annonce d'indépendance de la Fesci intervient alors que - sans que le ton ne soit donné -, les campagnes électorales ont démarré. Et cette atmosphère ne rassure pas les ivoiriens sur la crédibilité de ce qu'avance le nouveau Secrétaire Général de la Fesci.
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Avec ses 522 sections, 10 000 adhérents (officiels) et plus d'un million de membre de facto, la Fesci fait peur. Car, elle est une organisation puissante. Une force de mobilisation.
Depuis 18 ans elle a toujours fait ''danser'' le pouvoir en place et la classe politique en général à son rythme. En plus, ce syndicat s'est dignement présenté comme une milice, mieux, une mafia. Longtemps la chasse gardée du Front populaire ivoirien (FPI, Parti au pouvoir), la Fesci (version Augustin Mian) semble vouloir s'affranchir de «ses maîtres» et devenir indépendante. Mais à quelles fins ? Serait-ce pour faire monter les enchères à l'occasion des prochaines élections ?. Car libre, elle pourra juger les offres et choisir celle qui lui convient. Seulement espérons que cette convenance sera à l'avantage des étudiants et élèves de Côte d'Ivoire. Et que Augustin Mian et son bureau ne vont pas se bâtir un empire riche et puissant avec l'argent des politiques, la faim des étudiants et le sang d'innocents.
Les souvenirs des barbaries ''fescites'' sont encore trop vivaces dans les esprits pour que les déclarations du nouveau «patron» de cette organisation trouvent des oreilles crédules.

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