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31 janvier 2008
Et si on cessait d’être muet
Entre deux causeries de femmes, j’ai ouï dire que bientôt «les prix des denrées alimentaires vont (encore) augmenter». Après le pain, le lait, l’huile et la viande, d’autres produits comestibles seront désormais ‘‘attaqués’’.
Cette situation n'est pas nouvelle. Et elle produira les mêmes effets et les mêmes réactions. «Chez nous, se plaignait un ami, quand on augmente les prix, on se plaint dans nos salons et puis après, on fini par l'accepter».Pour preuve, il y a quelques temps en arrière, le prix du carburant avait augmenté de 10f sur le litre. Le coût du transport a subi du coup une hausse allant de 25 à 100 f sur les prix habituels. Et puis, on a grogné, on a menacé de marcher, de casser, de ne plus acheter, et puis...rien. Et pourtant le prix de l'essence quelques mois après a légèrement baissé, mais pas les frais de transport.
C'est une (mauvaise) habitude que nous avons cultivée de toujours nous taire et subir les "intempéries" des hausses faramineuses des prix sur les denrées.
Il semblerait que les organisations et associations de consommateurs sont pléthores, mais ô combien inactives, à la limite, invisibles. Dommage !
Dommage aussi pour nous consommateurs, qui ne mangeons plus à notre faim. Dommage pour nous consommateurs qui ne voyons pas nos salaires (devenus désormais insuffisants) grimper. Mais Dommage surtout pour notre mutisme légendaire.
Je sais qu'après lecture de ce post on dira «Bof, il n'est pas le premier à en parler et il ne sera pas non plus le dernier». Dommage! Parce qu'un jour, nous nous lèverons pour parler tous ensemble et d'une seule voix. Mais il sera peut-être trop tard. L'heure ne sera plus à la parole, mais aux achats. Et il n'y aura plus de places pour nous (autres) qu'ils ont rendu pauvres.
14:05 Publié dans Réflexion rapide | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : hausse de prix, consommateur, denrée, transport
30 janvier 2008
Jeux de maux pour le Kenya
Les Etats-Unis ont dénoncé les violences en cours dans la vallée du Rift, dans l'ouest du Kenya, parlant d'«épuration ethnique», sans employer l'expression de «génocide» comme ils l'ont fait pour le Darfour soudanais.
«Il existe des efforts concertés visant à chasser des gens de la vallée du Rift (...) Il s'agit bien de nettoyage ethnique», a déclaré à la presse Jendayi Frazer, secrétaire d'Etat adjointe chargée de l'Afrique, à Addis-Abeba.Cette déclaration choquante à mon goût, mérite quelques interrogations.
«Quel est le critère de distinction entre une ''épuration ethnique'' et un ''génocide'' ?». «Quelle est la limite (en terme de nombre) à franchir pour atteindre un niveau génocidaire ? Les milliers ou le million ?» «L'espace géographique détermine t-il le choix du mot à employer ?».
Au moment où l'histoire kenyane est en train de vivre un ''Rwanda bis'', la Communauté internationale gagnerait à éviter ce genre de jeux de mots qui prêtent à confusion et qui visent exclusivement à atténuer au yeux du monde la situation gé-no-ci-daire (!) au Kenya.
Le Kenya à mal, il faut le soigner. Et il est inopportun, je trouve, d'employer ce genre d'euphémisme pour cacher les maux des kenyans.
16:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Petite randonnée sur le site web du congrès du Rdr
Le rassemblement des républicains organise du 1er au 3 février son deuxième congrès qui semble t-il, sera «un congrès de vérité».
Ce n'est pas tant le congrès qui m'intéresse au premier plan. Mais pour un amoureux du web, c'est surtout les "Ntic" utilisées pour la réussite de ce congrès.
Je me suis permis de m'aventurer sur le site web du dédié au congrès et honnêtement je dois leur tirer mon chapeau.
C'est site est «pro» et beau. En plus de sa simplicité et de ses couleurs, il offre des services très variés. Aussi, toute la documentation, le programme complet, le prix des chambres d'hôtel et la liste des participants du congrès sont disponibles sur cet espace.
Il y a même une annonce qui montre que le congrès pourra être suivi «en live».
A cela, il faut ajouter que sur le lieu du congrès il y aura une connexion Internet sans fil.
C'est (tout simplement) professionnel !
15:40 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Can et commerce
Abobo-baoulé (quartier populaire d'Abidjan), il est précisément 13 heures ce mardi 29 janvier. A quelques heures du match Côte d'Ivoire-Mali, Sonia Naounou s'active pour mettre en ordre son maquis. «D'ici une heure ou deux les clients viendront s'installer pour regarder le match des éléphants», affirme t-elle.
Le maquis «Zéléphants» est construit sur une surface pas très grande. Mais «capable d'accueillir au moins 150 personnes», certifie Sonia. A l'intérieur, plusieurs chaises (en plastique et en bois) sont bien disposées autour de petites tables. Par endroit, des casiers de boissons servent de tables ou de chaises. Dans un coin du maquis, en face de l'entrée principale, une grande télévision (neuve) est déposée. Sonia vient de l'allumer, mais le son a été muté. Et pour cause, le ''Dj'' fait des tests afin de choisir les chansons les plus en vogue «pour savourer la victoire certaine des éléphants», ne manque t-il pas de clamer. «Nous sommes sûrs que face au Mali c'est la victoire assurée. C'est pourquoi nous nous préparons pour la fête de ce soir», ajoute-il visiblement heureux.
Ce n'est pas Sonia qui le contredira. Propriétaire du maquis depuis plus d'un an, elle trouve que la période de la Can est une bonne saison. Et surtout «quand les éléphants jouent et gagnent, l'argent entre», lance t-elle avec un grand sourire. Chez elle, les provisions en boissons et nourritures sont doublées «le jour où l'équipe nationale joue».
14 heures 20, les premiers clients (fidèles) font leurs entrées. A la vue de ceux-ci, le «Dj» diffuse du «Fatigué Fatigué !» (danse urbaine). Les clients à peine arrivés, exécutent quelques pas sous les ovations de Sonia qui par la suite leur propose de s'asseoir.
Ernest Kouamé, un fidèle client du «zéléphants», ne manque pas d'avouer à qui veut l'entendre qu'il préfère regarder le match dans le maquis de Sonia plutôt que chez lui à la maison. «Je suis plus à l'aise ici et l'ambiance est bonne», affirme ce comptable d'une quincaillerie, père de trois enfants.
Pendant le match, Sonia et «son» «Dj» vont entretenir leurs clients en leurs servant constamment à boire et en distillant en alternance de la musique et les commentaires télévisés du match.
Comme elle, beaucoup de propriétaires de maquis et autres restaurants savent que la Can est une période de «vaches grasses». Alors, tous les moyens sont mis pour attirer et retenir la clientèle.
Chez Faustin Akré, propriétaire d'un maquis à la riviera, quartier huppé d'Abidjan, la décoration est aux couleurs nationales. Les jeux de lumières et les affiches sont «orange-blanc-vert». «Il ne faut rien négliger», déclare Faustin, «nos clients aiment bien ce qui est beau. Ils aiment être à l'aise et nous faisons tous pour leur faire plaisir», ajoute-il. Pour mieux attirer la clientèle, Faustin s'est payé les services d'une dizaine de serveuses toutes aussi belles que jovialement plaquées aux couleurs du pays. «Nous sommes embauchées juste le temps de la Can, après, on dégage», confie l'une d'entre elles. A la question de savoir si elles gagnent beaucoup d'argent, elles répondent «la Can nous fait manger...chaque jour».
Pas gaie pour les transports en commun
Alors que les maquis sont bondés de monde, à la grande joie des leurs propriétaires, les chauffeurs de véhicules de transport en commun font la moue. «Quand la Côte d'Ivoire joue, nous n'avons aucun client. Chacun est chez soi pour suivre le match, ce qui fait que les rues sont vides», témoigne Ousmane Diarra, chauffeur de taxi.
En effet, ce mardi 27 janvier, comme les autres jours où les «éléphants» ont livré un match, les Abidjanais sont descendus pour la plupart vers midi. «Ainsi, à partir de 13 heures ou 14 heures, il n'y a plus personne à transporter», signale t-il. Et cela ne fait pas l'affaire des chauffeurs. «Pendant la Can, nos recettes baissent surtout quand la Côte d'Ivoire joue», soutient Ousmane, pourtant supporteur farouche de l'équipe nationale.
Cette situation est la même dans presque tous les quartiers d'Abidjan. Au point où certains préfèrent garer leurs véhicules et ne rouler que la matinée quand la Côte d'Ivoire joue.
Cependant, dans cette ambiance de Can, tous les commerçants sont d'un même avis que les «éléphants» doivent arriver en finale et décrocher le titre continental. Pourtant, cette situation n'arrangera pas forcément tout le monde. A chacun son prix à payer !
14:15 Publié dans Reportage | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : can, commerce, abobo, maquis
Souvenir ... 60 ans après la mort de Gandhi
En cette ère où l'Inde est de plus en plus courtisée, arrêtons nous un court instant sur la vie de celui qui aura marqué ce vaste pays. Mohandas Karamchand Gandhi.
Cet apôtre de la non-violence a consacré toute sa vie à démontrer au monde que la violence ne résout pas (forcément) les problèmes. Mais il sera violemment assassiné un soir du 30 janvier 1948, à Delhi, par un homme. Ce dernier lui tire trois coups de revolver alors que Gandhi alors se rendait comme chaque jour à la prière. Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions d'indiens assisteront à ses funérailles nationales.
Après toute une vie consacrée à l'émancipation de l'Inde, Gandhi a eu la douleur de voir son pays se déchirer dans des guerres religieuses sanglantes entre hindous et musulmans. Lui-même hindou, il n'a cessé de plaider pour la réconciliation des deux communautés, ce qui lui a valu d'être accusé de trahison par les fanatiques de sa communauté.
Avec sa fin tragique, Gandhi accède au panthéon des plus grandes personnalités du XXe siècle.
Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.
Quelle Inde après Gandhi ?
Selon un article de "ouest-france", l'Inde est un pays avec lequel les puissances veulent de plus en plus collaborer. L'Inde pourrait devenir incontournable.
Tous les grands de ce monde, ces temps-ci, passent par New Delhi. Nicolas Sarkozy y était pour deux jours, sur les traces de l'Anglais Gordon Brown, venu un peu plutôt. L'Inde est en passe de devenir aussi courtisée que la Chine. Il est vrai que la Péninsule talonne l'empire du Milieu en tête de la croissance mondiale.
(…)
L'Inde a, par rapport à la Chine, l'avantage d'être une démocratie, la plus grande au monde, dit-on. Ses élites parlent anglais et ont été formées aux us et coutumes britanniques. Elles comprennent mieux que les Chinois la nécessité de respecter des règles juridiques et commerciales. Cela n'empêche pas les investisseurs indiens de se battre sans complexe pour la défense de leurs intérêts à travers le monde. Les sidérurgistes mosellans d'Arcelor Mittal en font, en ce moment, l'amère expérience.
(…)
…l'Inde, qui exporte beaucoup moins qu'elle n'importe, contrairement à sa voisine du Nord, souffre de déficits publics et commerciaux gigantesques. Elle reste aussi l'un des pays les plus inégalitaires au monde. Un quart, au moins, du milliard d'Indiens vit au-dessous du seuil de pauvreté, tandis que 70 millions de cadres ont un revenu équivalent à celui des Occidentaux, sans compter quelque 100 000 millionnaires en dollars. C'est la nature même des pays émergents d'avoir un pied dans l'économie mondialisée la plus avancée, l'autre dans le sous-développement.
En dépit des handicaps qu'il leur faut encore surmonter, la Chine et l'Inde, fortes de leurs progrès, s'efforcent de jouer un rôle accru sur la scène internationale. Elles sont, l'une et l'autre, de plus en plus présentes sur les autres continents, en particulier l'Afrique et l'Amérique latine, dans des pays susceptibles de leur fournir le pétrole et les matières premières dont leurs économies insatiables sont gourmandes. Elles modifient aussi l'échiquier politique international en faisant alliance avec d'autres émergents, comme le Brésil ou l'Afrique du Sud.
Lorsque, comme Jacques Chirac ou comme Gordon Brown, Nicolas Sarkozy propose d'élargir à cinq de ces États le club des huit pays les plus industrialisés (le G8 devenant G13), il ne fait que prendre en compte la nouvelle réalité du monde. Sans la Chine et l'Inde, dont la croissance engendre une pollution phénoménale, on ne gagnera pas la bataille contre le réchauffement climatique. (…)
10:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 janvier 2008
Société Générale: Tout sur Jérome Kerviel
La remise en liberté de Jérôme Kerviel et l'abandon de l'incrimination d'escroquerie ouvrent de nouvelles perspectives à l'enquête judiciaire visant la perte de 4,9 milliards d'euros que la Société générale impute à son trader.
Mais en attendant, j’ai trouvé des vidéos hyper sympathiques sur la question.
15:35 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Le Nouchi et nous
Loin d'être un langage vulgaire et un assemblage d'expressions "d'hommes-bon-à-rien", le nouchi est un véritable argot, propre à la Côte d'Ivoire.
Ce langage dont on retrouve certains mots dans des dictionnaires de langue française, évolue avec le temps et les circonstances. Et de plus, il est en train de s'imposer comme la «langue nationale» du pays au point où l'on se demande s'il ne faudrait pas l'intégrer dans l'enseignement.
Le Nouchi est né en Côte d'Ivoire et s'est inspiré de toutes les influences que subit le pays, carrefour de l'Afrique de l'Ouest. Ce langage est la transformation du français au contact de l'Afrique pour mieux traduire les réalités du quotidien.
Il est vrai qu'il y a des situations que la langue française n'arrive pas à traduire ou traduit mal.
Par exemple, lorsque énervée, une personne estime que ce qu'elle a fait (de mal), elle l'a bien fait et qu'elle recommencera, la langue officielle ne donne pas d'expression qui puisse le traduire clairement. Alors, cette personne dira «j'ai djin, j'ai loupé (lèpè) ou j'ai gô !».
Facilement repérables, les phrases seront privées de leurs articles et des adverbes du type «là» viendront ponctuer les fins de phrase. Un «Faut laisser affaire-là» fusera pour demander à quelqu'un d'accorder son pardon au regard d'un tort qui lui aura été fait.

Au-delà du langage imagé, il est aussi question de traduire la sagesse de l'homme de la rue qui s'inspire de son quotidien. Pour exprimer le fait qu'à Abidjan, le «système D» prévaut, on affirmera : «Abidjan, c'est technique !». Pour exprimer également que quelqu'un parle dans le vide (pour ne rien dire) on emploiera «c'est discours, c'est hobahoba».
Le Nouchi, tout en s'inspirant du français, magnifie aussi nos langues africaines (le Baoulé, le Dioula ou le bété) qui ont besoin d'être promues parce que de plus en plus délaissées par la jeunesse. "Awoulaba" est un terme tiré du Baoulé qui désigne la plantureuse femme africaine. Exemple tiré d'une chanson populaire : " Bôtchô, awoulaba. Qui n'aime pas ça ? " (Une paire de fesses, une jolie nana... Qui n'aime pas ça ?). «Ya (nan de) Foyi» (en Dioula), «ya likéfi» (en Baoulé) pour signifier qu'il n'y rien ou que rien n'arrivera.
Le Nouchi est aussi un langage de jeunes. Parler Nouchi traduit le fait qu'on est " branché ". Pour illustration, un étudiant évoluant en dehors de la Côte d'Ivoire pendant l'année scolaire s'attachera à se renseigner sur les dernières expressions à la mode pour ne pas se faire traiter de "gaou". Un mot qui a d'ailleurs évolué. Au lieu de gaou, on emploie désormais «brézo», >«gnata» et aujourd'hui «souahé».
Vocabulaire immensément riche et composite, langage facile à apprendre et à comprendre, le Nouchi se présente comme une volonté manifeste de notre génération de s'affirmer, mais surtout de rejeter la colonisation linguistique que veut imposer l'occident. Véritable créole ivoirien, il développe toute une philosophie qui nécessite de connaître l'environnement ivoirien pour percer ses mystères.

Le Nouchi, c'est la langue de demain. L'interdire serait occulté à notre jeunesse, une culture propre à elle-même qui épouse notre temps, nos langues locales et les situations que nous vivons. Le Nouchi n'est pas une langue morte, mais elle vit de génération en génération. «Celui ki nè pas enjaillé na ka béou !».
11:15 Publié dans Ce que je crois | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : nouchi, côte d'ivoire, langage
28 janvier 2008
Regard sur Raoul Follereau, une vie au service des lépreux
Alors que le monde entier a célébré la 55ème journée mondiale des lépreux, nos pensées s’empressent de regarder celui qui a fait des victimes de cette maladie le centre de sa vie. Raoul Follereau.
Né à Nevers le 17 août 1903 et décédé à Paris le 6 décembre 1977, écrivain français , Raoul Follereau est le fondateur de la «Fondation Raoul-Follereau» qui depuis 1967 aide et défend les lépreux, en particulier dans les pays d'Afrique.
J’ai aimé la présentation qu’une association a faite de lui.
Le monde entier connaît l'œuvre colossale de Raoul Follereau en faveur des lépreux et l'ardeur avec laquelle il mena sa mission.
D'une maturité plus que précoce, il se distingue dès l'âge de 15 ans par ses qualités littéraires et sa conscience des autres. « Vivre, c'est aider les autres à vivre » s'écrie le jeune poète qui a déjà compris que « le seul moyen d'assurer son bonheur, c'est d'assurer celui d'autrui ». Un rêve que l'adolescent ne tarde pas à concrétiser puisqu'il fonde la « Jeune Académie » puis « l'Union Latine » qui permettent à plus de 300 poètes, auteurs et interprètes de concrétiser leur rêve.
Suscitant l'admiration d'un journaliste argentin qui lui propose de suivre les traces du père Foucauld à Tamanrasset, Raoul Follereau se rend en Afrique et découvre ainsi l'existence des lépreux. Eprouvé par le spectacle douloureux de l'exclusion, de la misère et de la maladie, il n'a désormais qu'un seul dessein : œuvrer en faveur des lépreux du monde entier.
Soutenu par une canne, il fera trente fois le tour du monde en compagnie de sa compagne de cœur et de « combat », pour dénicher les exclus de la lèpre partout où ils se trouvent. En messager de l'Amour, il serre tendrement leurs mains. « Je ne pouvais pas les soigner mais je pouvais les aimer » dira-t-il simplement. Mais c'est aussi en orateur d'exception qu'il donne plus de 1200 conférences plaidant leur cause et défiant l'engrenage de l'exclusion. Bouleversant son auditoire, il provoque un immense élan de solidarité recueillant ainsi les fonds nécessaires à la construction d'un premier village pour lépreux, lequel abrite aujourd'hui l'Institut National de la Lèpre de Côte d'Ivoire.
Raoul était aussi un brillant intellectuel.
Après une licence de droit et de philosophie à la Sorbonne, il renonce à une carrière d'avocat pour finalement devenir journaliste. Homme de lettres, il s'intéresse au théâtre mais aussi à la poésie et fonde la Ligue d'Union latine qui permet la publication de jeunes auteurs. En 1936, il consacre un reportage à l'oeuvre du Père Charles de Foucaud au Niger et décide de poursuivre le travail de ce dernier auprès des lépreux. 'Le vagabond de la charité', comme le surnomment les américains, parcourt le monde et fait près de 1.200 conférences pour collecter des fonds et sensibiliser l'opinion mondiale en faveur des lépreux. Follereau encourage les traitements médicaux contre la lèpre, se rend dans de nombreux villages touchés par la maladie et lutte pour une meilleure intégration des malades dans la société. En 1954, il crée la Journée Mondiale des lépreux, fonde plusieurs associations à travers le monde.
11:40 Publié dans Collé dans l'esprit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : raoul follereau, lèpre, jeune académie
Drogba perdra t-il pour sa «belle famille» ?
Au Mali, le pays de l’épouse de l’international ivoirien, le débat est très enlevé sur «l’attitude» que leur gendre aura vis-à-vis de l’équipe de la belle famille, demain au cours du dernier match du premier tour de la 26ème Can. D'autant plus que la Côte d'Ivoire est qualifiée. Et elle peut "favoriser" une qualification des "aigles du Mali".
Il y a aussi débat sur «est ce que , Lalla Diakité, leur fille va supporter les éléphants», l’équipe de son cher et tendre époux.
Dilemme ? Non ! répond Didier Drogba.

Le capitaine Mahamadou Diarra a estimé samedi que le Mali «est qualifié à 75%» pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique, au lendemain de son nul contre le Nigeria (0-0), même s'il lui faut encore prendre un point mardi contre la Côte d'Ivoire.
Alors que les dirigeants nigérians craignent un arrangement entre les deux entraîneurs français Gérard Gili (Côte d'Ivoire) et Jean-François Jodar (Mali), il n'y aura «pas d'arrangement» contre les Eléphants, a ajouté le milieu récupérateur du Real Madrid et des Aigles du Mali, mais le match ne sera pas «aussi ouvert et spectaculaire que si les deux équipes avaient vraiment envie de remporter les 3 points».
Le défenseur malien, Cédric Kanté se veut lui aussi réaliste ‘’Je ne pense pas que le match contre la Côte d'Ivoire sera plus facile parce qu'ils sont déjà qualifiés (un nul suffit au Mali pour passer aussi). Ils veulent aller au bout et les joueurs (les remplaçants) qui vont jouer vont vouloir gagner leur place, donc je ne pense pas qu'il faille compter sur leur démobilisation.
10:15 Publié dans Sportivement | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : can, drogba, mali, football, côte d'ivoire
26 janvier 2008
La rumeur qui a failli le tuer
Vous vous souvenez sans doute de cette folle rumeur qui s’est répandue hier dans tout le pays.
Eh ben, elle est partie d’une seule personne (une fille) qui a fait des suppositions. De bouche en bouche, l'information est tombée entre les oreilles de "lyncheurs", qui ont voulu en finir avec ce prétendu "sorcier".
Un "scoop" pour certains, à voir tout le remue-ménage qu'il a créer au Plateau et dans tout Abidjan. Toute la presse était là pour couvrir "l'évènement".
Un "scoop" qui en fin de compte a failli coûter la vie au pauvre N’Cho Qwachi Léon, 76 ans, père de huit enfants, natif de Dabou.
Selon l’article que j’ai lu dans le numéro de ‘’Frat-mat’’ de ce week end :
«L’homme dont il est question (…) est à la retraite. Ce septuagénaire, selon sa fille Qwachi Micheline, souffre de la maladie d’Alzheimer (maladie qui fait perdre à l’homme la mémoire). Depuis trois jours, le vieux qui vit chez sa fille à Cocody était porté disparu et faisait l’objet d’un avis de recherche. Alors que ses parents faisaient le tour des postes de police, des hôpitaux et des morgues, le vieux Léon errait dans les rues du Plateau. A jeun (il n’a rien mis sous la dent depuis qu’il est parti de la maison), malade et très affaibli, N’Cho Qwachi Léon s’est endormi très tôt hier matin sous l’un des grands manguiers situés derrière le palais de l’Assemblée nationale au Plateau. C’est là qu’une jeune femme de passage, qui ne sait pas tenir sa langue, s’est exclamé en fixant des yeux l’homme qui n’avait plus de force pour parler : « Ce vieux m’a l’air de quelqu’un qui n’est pas clair. On dirait que c’est un sorcier qui s’est transformé en chauve-souris et qui, tombée de l’arbre, a retrouvé son aspect normal. » Tout est donc parti de là. En un clin d’œil, un grand attroupement s’est formé autour du vieil homme devenu, du fait de la rumeur amplifiée, un sorcier qui s’est transformé en une chauve-souris et qui a retrouvé son état d’homme en tombant de l’arbre. Les commentaires fusaient de toutes parts et les gens accouraient de partout pour voir et vivre le phénomène. Autour du vieux traité de grand sorcier, des gens ne demandaient qu’à lui porter le coup fatal. Fort heureusement, le CeCOS, informé, déploiera ses hommes sur les lieux et, c’est le cas de le dire, réussira à exfiltrer le prétendu sorcier de la foule qui ne cessait de grossir. A la Préfecture de police où l’homme a été conduit, les badauds y ont déferlé pour voir le sorcier transformé en chauve-souris. A la police, les choses vont s’éclaircir avec l’arrivée des enfants du vieux, avec à leur tête, Mlle Qwachi Micheline. Celle-ci tenant en main la pièce d’identité de son père, a tout expliqué au préfet de police et ses collaborateurs. C’est sous bonne escorte du CeCOS que les enfants ont pu ramener leur père à la maison».
Et dire qu’il a failli y laisser la vie !
Décidément, Abidjan sera toujours le numéro "Un" des rumeurs qui tuent!
L'on se souvient encore qu’une année, Abidjan s’est réveillé dans la nuit avec la folle interdiction de boire de l’eau. «Elle aurait été empoisonnée». L'on se souvient aussi qu’il y avait cet homme-serpent qui embarquait les filles et les transformaient en cadavres.
Quelqu’un disait hier «Je crois aux sciences occultes mais j'ai conscience qu'elle ne s'adresse qu'aux initiés, à ceux "qui voient" comme on dirait dans mon patois.
Dans le cas présent je pense que certains journalistes en mal d'inspiration exploitent jusqu'à la moelle un filon qui sera toujours lucratif en Afrique et particulièrement en RCI… là preuve, on en parle...».
Eh oui, et là je lui donne raison. Le quotidien de notre chère cité aime se nourrir des «il parait que». Abidjan est fait ainsi. «Quand y'a rien à se mettre dans les colonnes, il faut trouver la moindre étincelle pour en faire un feu», me disait quelqu’un. Il avait encore en mémoire la rumeur sur «la mort de Chirac».
Cette fois quand même, ils y sont allés un peu trop fort, je trouve.
12:00 Publié dans On dit quoi ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rumeur, abidjan, sorcier







